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Jeudi 14 juillet 2005 4 14 /07 /Juil /2005 13:58
Depuis le 5 juillet, les téléspectateurs de TF1 peuvent retrouver chaque mardi vers 23h les palpitantes aventures de l’agent Bauer.
Après une première diffusion sur Canal + – sous le nom de 24 heures chrono – la saison 3 de 24 arrive enfin sur TF1, et devrait rapidement sortir en DVD.

24, c’est cette série réalité qui fait sensation ; le concept y est pour beaucoup, car c’est une seule et même journée qui occupe toute la saison, mais une journée qui tiendra en haleine le téléspectateur, plongé 24 heures durant, le temps de 24 épisodes d’une heure chacun (publicités incluses) dans la vie de l’agent Jack Bauer, de la Cellule Anti Terroriste (CAT) de Los Angeles.

Série à suspense, 24 bénéficie d’un budget digne des meilleurs films d’action et d’une réalisation soignée. Les créateurs de 24, Joël Surnow et Robert Cochran, ont multiplié les effets visuels : chronomètre qui apparaît et qui égrène les secondes, interminables, split screen – écran divisé en 3 ou 4 petites fenêtres – permettant de suivre parallèlement les actions de plusieurs personnages.

Durant la première saison, Jack Bauer (Kiefer Sutherland) doit empêcher un groupe de terroristes serbes d’assassiner le sénateur David Palmer (Dennis Haybert), un démocrate noir, le jour des élections primaires de Californie. Les terroristes poussent le raffinement jusqu’à enlever la femme et la fille de Jack Bauer qui devra assassiner lui-même le sénateur Palmer s’il veut les revoir vivantes. Jack Bauer est pris au piège, surveillé en permanence par un agent double de la cellule anti-terroriste dont l’identité ne nous sera dévoilée que dans les dernières minutes de l’ultime épisode…

En toile de fond, la guerre au Kosovo, lors de laquelle Palmer avait commandité l’assassinat d’un chef serbe coupable de crimes de guerres ; c’est l’agent Bauer qui avait dirigé l’opération sur le terrain, opération sanglante qui avait coûté la vie à une partie de la famille du chef serbe.

Si la première saison traitait des thèmes de la famille, de la vengeance et esquissait déjà une réflexion politique, la deuxième saison nous emmène encore plus loin puisque la menace vient cette fois de terroristes arabes décidés à faire exploser une bombe nucléaire à Los Angeles. Pendant ce temps, David Palmer, devenu président, prépare la riposte contre les pays du Moyen-Orient soupçonnés d’avoir planifié l’attentat.
La guerre peut-elle encore être évitée ? Et si les responsables de l’attentat étaient ailleurs ? L’agent Bauer et le président Palmer vont se retrouver bien seuls pour enrayer la mécanique de guerre qui se met en place.

Les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak ne sont pas loin…
La saison 3 que diffuse actuellement TF1 est, de l’avis unanime, un peu au-dessous des deux premières saisons, mais le spectacle est toujours au rendez-vous. Jack Bauer devra affronter des terroristes en possession d’un virus mortel dont la dispersion provoquerait une catastrophe sans précédent.

Plus qu’une série d’action, 24 est la série-miroir d’une Amérique inquiète, traumatisée par les attentats du 11 septembre 2001. Bien sûr, Jack Bauer et le président Palmer parviendront au final à sauver l’Amérique, happy end oblige, mais à quel prix ? Celui du mensonge d’Etat pour Palmer et d’une descente aux enfers pour un Jack Bauer devenu accro à l’héroïne et qui ira jusqu’à tuer un de ses partenaires pour préserver sa couverture et empêcher l’irréparable.

Quand les démocraties en viennent à agir comme leurs ennemis dans une guerre contre le terrorisme – le scandale de Guantanamo le rappelle tous les jours – qui semble ne pas avoir de fin, il y a besoin de fictions de la qualité de 24 pour ne pas se perdre.

Pour télécharger ma chronique télévisuelle sur 24 parue dans le numéro du 14 au 21 juillet de Liberté 62, cliquez sur le lien ci-dessous :

"24", série miroir d'une Amérique inquiète
Par David NOËL - Publié dans : Articles
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Mercredi 21 janvier 2004 3 21 /01 /Jan /2004 06:30

Les mouvements écologistes sont apparus après 1968, il convient poua la première fois de faire ici le panorama de ces partis éclectiques.

Les premiers pas

Dans le paysage politique français, l’écologie politique fait décidément figure d’objet politique non identifié. De fait, alors que le Parti Socialiste, le Parti Communiste mais aussi la droite républicaine et l’extrême droite possèdent tous un certain nombre de traits communs qui les rattachent à des cultures politiques bien identifiées, il n’est pas sûr que l’écologie politique constitue à l’heure actuelle une culture politique originale.
Apparue tardivement sur la scène politique, l’écologie politique ne s’est pas encore dotée de cet ensemble de codes et de référents plus ou moins diffus au sein de chaque famille politique et qui constituent la culture politique.
Cette spécificité des partis écologistes est liée à l’histoire des Verts : les Verts se sont constitués en parti politique en 1984, quatorze ans après la fondation par Brice Lalonde de la section française des Amis de la Terre et dix ans après la candidature à l’élection présidentielle de René Dumont.
La candidature de René Dumont en 1974 - pour la première fois, un écologiste se présentait à une élection présidentielle - recueillit 336 000 voix et 1,3 % des suffrages. Elle débouche sur la naissance du Mouvement écologique.
En 1979, la liste que présentent les écologistes aux élections européennes obtient 890 000 voix et 4,5 % des suffrages. Dans la foulée, les Assises de l’écologie réunies à Dijon entérinent la création du Mouvement d’Ecologie Politique (MEP) et du Comité de Liaison Ecologique (CLE) qui fédère le MEP et les Amis de la Terre.
Aux élections présidentielles de 1981, Brice Lalonde, candidat commun des écologistes, obtient 1 118 000 voix, 3,85 % des suffrages.

Ce relatif succès débouche en 1984 sur la fondation en 1984 d’une organisation regroupant tous les mouvements écologiques : les Verts.
Antoine Waechter, candidat des Verts à l’élection présidentielle de 1988 obtient 1 142 000 voix et 3,78 % des suffrages. Les Verts sont désormais une force qui compte sur le plan politique et François Mitterrand offre à Brice Lalonde le portefeuille de ministre délégué à l’environnement dans le gouvernement Rocard.
Brice Lalonde se sépare bientôt des Verts en 1990 et fonde, avec le soutien de l’Elysée – François Mitterrand est alors en guerre ouverte contre Michel Rocard et cherche par tous les moyens à l’affaiblir – Génération Ecologie qui obtient 7,1 % des voix aux élections cantonales de 1992, contre  6,8 % pour les Verts.

Recompositions

A partir de 1994, les Verts, désormais dirigés par Dominique Voynet, font le choix de s’allier avec le Parti socialiste et le Parti communiste ; l’arrivée de Dominique Voynet à la tête des Verts annonce d’ores et déjà la constitution de la « gauche plurielle ». Antoine Waechter, hostile à toute alliance électorale avec la gauche quitte alors les Verts ; le 03 septembre 1994, il fonde le Mouvement Ecologiste Indépendant (MEI).

Bien qu’ils soient tous trois les héritiers des mouvements écologistes apparus au début des années 70, les Verts, Génération Ecologie et le MEI se sont considérablement éloignés : tandis que les Verts, désormais dirigés par Gilles Lemaire comptent 8 500 adhérents et restent fidèles à une stratégie d’alliance avec les autres forces de gauche, Génération Ecologie, après s’être un temps rapprochée de Démocratie Libérale est aujourd’hui associée à l’UMP, alors que le MEI poursuit son aventure solitaire.

Au fond, l’écologie politique est aujourd’hui divisée en trois pôles recouvrant et des stratégies d’alliance distinctes, et des visions du monde différentes.

A gauche, les Verts et les Alternatifs – issus de l’AREV (Alternative Rouge Et Verte) fondée le 26 novembre 1989 par la fusion du PSU et de Nouvelle Gauche – sont des organisations bien structurées qui travaillent ensemble, notamment dans le cadre de l’appel pour une alternative à gauche, qui se reconnaissent également dans le mouvement altermondialiste.
A droite, Génération Ecologie – les Bleus est dirigée par France Gamerre, adjointe du maire de Marseille Jean-Claude Gaudin. Proche de l’UMP, Génération Ecologie avait l’ambition de devenir le pôle écologiste de la droite libérale et s’indigne que l’UMP ne la considère pas comme un partenaire à part entière.
Le rapprochement du MEI et des Verts, concrétisé par la participation d’Antoine Waechter à l’université d’été des Verts, bute sur la question de l’attitude à adopter entre les deux tours des prochaines élections régionales : alors que les Verts, qui se présentent dans la plupart des cas sous leurs propres couleurs, appelleront sans surprise leurs électeurs à voter pour la liste de gauche la mieux placée à l’issue du premier tour, le MEI pourrait appeler à voter pour l’UDF. Ce pourrait également être le cas de CAP 21, le parti fondé par l’avocate Corinne Lepage, ministre de l’environnement d’Alain Juppé entre 1995 et 1997. 

Au-delà des élections régionales à venir, les divisions des écologistes traduisent l’échec de l’écologie politique à se muer en une culture politique originale ; de fait, plus que la question environnementale, c’est la question sociale qui divise aujourd’hui les formations écologistes. Les Verts et les Alternatifs partagent la même vision du monde que les partis issus du mouvement ouvrier, avec lesquels ils concluent naturellement des alliances électorales ; au contraire, le MEI, CAP 21 et Génération Ecologie éludent la question sociale et privilégient des alliances avec la droite libérale et le centre droit.
Paradoxalement, les préoccupations écologistes ont aujourd’hui largement investi le débat public ; dans ce contexte, si l’avenir des formations écologistes de la droite et du centre paraît bien incertain, tant l’idéologie libérale du travail est en contradiction avec la volonté de préservation de l’environnement, les années à venir pourraient voir l’émergence autour des Verts et des Alternatifs, mais aussi du Parti communiste et de la LCR, d’une confédération de la gauche radicale, anticapitaliste et écologiste en mesure d’accéder au pouvoir.
Pour la première fois, l’écologie cesserait alors d’être la caution de politiques économiques désastreuses au plan social et environnemental pour être au cœur d’une politique radicalement nouvelle.

David NOËL 


Source : Le Bretzel
Numéro 16, janvier 2004

Par David NOËL - Publié dans : Articles - Communauté : Les antilibéraux
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Mercredi 19 novembre 2003 3 19 /11 /Nov /2003 06:30

L’événement politique de cette fin du mois d’octobre aura donc été l’abstention du groupe UDF sur le budget présenté à l’Assemblée Nationale par le gouvernement Raffarin, que l’UDF soutient pourtant et dans lequel elle a un ministre en la personne de Gilles de Robien, le ministre des transports.
Mais ce divorce entre les deux pôles de la majorité est en réalité un divorce en trompe-l’œil. De fait, l’ambition de François Bayrou et de ses proches semble être de reconstituer un  parti centriste puissant et respecté.

L’héritage démocrate-chrétien

De 1944 à 1966, le MRP de Marc Sangnier, George Bidault et Maurice Schumann a joué ce rôle ; avec 25,9 % des suffrages exprimés à l’occasion des élections législatives du 10 novembre 1946, le MRP faisait jeu égal avec la SFIO et le PCF. Mais les succès initiaux du MRP reposaient sur un malentendu : au lendemain de la guerre, les dirigeants du MRP  étaient des chrétiens attachés à la question sociale. Marc Sangnier, président d’honneur du MRP jusqu’en 1950 avait fondé le mouvement du Sillon, puis, après sa condamnation par Rome, le mouvement Jeune République. Pour la plupart, les dirigeants du MRP avaient milité à Jeune République et, comme le PCF et la SFIO, ils étaient favorables aux nationalisations et à une politique sociale volontariste. D’ailleurs, au début de 1945, les dirigeants du MRP et de la SFIO songeaient à fondre leurs organisations dans une Union travailliste de la Libération, grand parti social qui aurait annulé le clivage entre socialistes et chrétiens-démocrates. La tentative échouera sur l’obstacle de la laïcité.
Surtout, les électeurs du MRP étaient en décalage avec les objectifs de leurs dirigeants. Privés de représentation par la dissolution des partis de droite modérés compromis dans le régime de Vichy, les électeurs de droite se reportaient massivement sur le MRP. Mais l’apparition du gaullisme et la naissance de la Vème République ont progressivement réduit l’influence du MRP dont les derniers militants rejoignent le Centre Démocrate en 1966.
En 1976, le Centre Démocrate se mue en Centre des démocrates sociaux et adhère à l’UDF le 1er février 1978 aux côtés des libéraux du Parti républicain et des radicaux du Parti Radical dit « valoisien » pour le distinguer du Mouvement des radicaux de gauche.
Le ralliement des libéraux d’Alain Madelin et des derniers radicaux valoisiens à l’UMP à l’issue des élections présidentielles de 2002 renforce paradoxalement l’unité de l’UDF. Mais si François Bayrou songe sans doute à reconstituer un parti centriste aussi puissant que pouvait l’être le MRP, la comparaison s’arrête là ; bien sûr, au deuxième jour du débat sur le vote du budget, le position de François Bayrou quant à la baisse de l’allocation spéciale de solidarité versée aux chômeurs en fin de droit rejoignait les critiques formulées par la gauche : « Vous ne pouvez pas financer la baisse de l'impôt sur le revenu des catégories les plus favorisées par la suppression de l'allocation minimale allouée aux Français en fin de droits ». Est-ce à dire que l’UDF ambitionne de renouer avec l’héritage du MRP pour devenir le pôle social des majorités de droite ?

Un divorce en trompe-l’œil

En réalité, en matière économique, l’UDF et l’UMP sont toutes deux des formations libérales et les critiques adressées par les amis de François Bayrou au gouvernement Raffarin à propos de la baisse de l’ASS vont de pair avec la revendication d’une réforme de l’Etat – entendons de l’adaptation de la fonction publique au modèle néolibéral – poussée plus avant.
Et c’est Christian Blanc, ancien PDG et la RATP et d’Air France et député apparenté UDF des Yvelines qui a déposé au début du mois d’octobre une proposition de loi sur l’instauration du service minimum dans les transports publics, véritable machine de guerre contre le droit de grève.

Au fond, les raisons de la fronde du groupe parlementaire UDF ne procèdent donc pas d’une vision du monde et d’une culture politique distinctes de celles de l’UMP, mais bien d’un choc d’ambitions et de rivalités personnelles. C’est seulement a posteriori que François Bayrou et Jacques Chirac habillent ces rivalités d’un vernis idéologique en réalité factice.
Dans ces conditions, l’abstention du groupe UDF sur le vote du budget n’est évidemment qu’une mascarade et un divorce en trompe-l’œil. Les électeurs victimes de la politique ultra-libérale du gouvernement UMP-UDF ne s’y tromperont pas.

David NOËL


Source : Le Bretzel
Numéro 14, novembre 2003

Par David NOËL - Publié dans : Articles - Communauté : Les antilibéraux
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Mardi 21 octobre 2003 2 21 /10 /Oct /2003 06:30

Mauvaise surprise pour les libéraux : les syndicats français, que l’on disait divisés, moribonds et peu représentatifs ne sortent nullement affaiblis du conflit social du printemps dernier.

Bien sûr, l’adoption par le parlement du projet de loi sur la réforme des retraites est un revers pour les organisations syndicales qui dénonçaient à juste titre une réforme d’inspiration libérale.
De fait, la CGT, l’UNSA, la FSU, Force Ouvrière et l’Union syndicale G10 Solidaires qui avaient été de toutes les manifestations depuis le 1er février jusqu’au soir du 19 juin ont dû céder face à l’obstination d’un gouvernement bien décidé à conjurer le spectre des grèves de novembre et décembre 1995.
Jusqu’au bout, les syndicats avaient pourtant espéré faire reculer le gouvernement : dans un premier temps, les manifestations du 1er février avaient réuni plus de 500 000 personnes, et si la CFDT, la CFTC et la CGC, prêtes à un compromis avec le gouvernement n’avaient pas appelé à la manifestation du 03 avril, le front syndical se reconstitua à l’occasion de la journée d’action du 13 mai. Ce jour-là, ce sont près de deux millions de manifestants qui défilèrent pour exiger une autre réforme des retraites.
En vain.
La défection, deux jours plus tard, de la CFDT et de la CGC, bientôt suivies de la CFTC, ruina les espoirs de la CGT et de ses alliés de rouvrir les négociations avec François Fillon sur de nouvelles bases.
Assuré du soutien du patronat et de celui, déterminant, de la CFDT, le gouvernement avait beau jeu de clamer qu’au temps de la concertation devait succéder celui du débat politique. Débat politique que les députés de l’UMP entendaient d’ailleurs bien escamoter…
   
Pour autant, le mouvement syndical sort renforcé du conflit social du printemps. L’alliance de la CGT, de la FSU (Fédération Syndicale Unitaire), et de l’UNSA (Union Nationale des Syndicats Autonomes) s’est avérée durable, en dépit des divergences que pouvaient avoir les trois organisations.
Par la même occasion, l’UNSA et la FSU ont incontestablement élargi leur audience : l’UNSA, pourtant réputée « réformiste » a su se démarquer de la CFDT et pourrait accueillir une partie des opposants à François Chérèque ; Alain Olive, secrétaire général de l’UNSA s’en réjouit et se félicite que sont organisation donne désormais l’image d’un « réformisme conquérant ».
Le conflit social du printemps dernier constitue également un tournant pour la FSU ; la centrale dirigée par Gérard Aschieri est essentiellement représentée dans l’Education Nationale, mais pourrait bientôt s’implanter dans d’autres secteurs de la fonction publique. La probable affiliation à la FSU de deux syndicats CFDT en rupture de ban - le syndicat des fonctionnaires territoriaux du Val de Marne et le syndicat de la Météo - ouvre en tout état de cause de nouvelles perspectives de développement pour la FSU.

A la CGT, c’est la satisfaction qui prime : de fait, si la CFDT et ses 860 000 syndiqués surpassent toujours, en terme d’adhérents, les 650 000 militants de la CGT, la centrale de Montreuil, qui se targue d’apparaître comme « le syndicat de référence dans la société française » veut croire qu’entre les compromissions de la CFDT et le radicalisme supposé des syndicats SUD, existe un espace pour un pôle à la fois réformiste et sans concessions.

Si Force Ouvrière, en repli, reste à l’écart du mouvement de recomposition qui s’opère, la CFDT paie quant à elle le prix de son accord avec le gouvernement. Dans les années 70, la CFDT constituait, aux yeux de nombre de militants, une alternative au réformisme de Force Ouvrière comme à la subordination de la CGT au Parti communiste. Depuis la journée du 15 mai qui a vu François Chérèque parapher le projet gouvernemental de réforme des retraites, c’est toute l’aile gauche de la CFDT qui songe à quitter une organisation jugée coupable de trahison. Si la Fédération Générale des Transports et de l’Equipement (FGTE-CFDT) a finalement choisi de rester, certains syndicats ont d’ores et déjà décidé de rejoindre la CGT, l’UNSA, la FSU ou l’Union syndicale G10 Solidaires.
L’exemple lillois est à cet égard éloquent : le syndicat CFDT santé-sociaux de Lille-Armentières a ainsi choisi en juillet dernier de se désaffilier de la CFDT et a officialisé son adhésion à SUD santé-sociaux au début du mois de septembre. Ce sont plus de 1 000 adhérents qui viennent donc renforcer les rangs de l’Union syndicale G10 Solidaires.

La désaffection des militants CFDT les plus engagés envers leur organisation est telle que plusieurs responsables socialistes, comme Jean-Christophe Cambadélis ont pris position contre Gérard Filoche, qui dans sa revue Démocratie et Socialisme, appelait à la constitution d’un pôle syndical radical. Pour le théoricien de la gauche plurielle, « c’est une faute politique majeure », qui ne ferait qu’accentuer la dérive de la CFDT vers l’apolitisme et vers la droite. Jean-Christophe Cambadélis ajoute que « ce serait une erreur stratégique considérable de donner une base sociale à la droite, ce qu’elle n’a jamais eu en France ».

Loin de ces considérations stratégiques, les militants et les salariés qui étaient en grève le printemps dernier, qui ont participé au rassemblement du Larzac, ou qui se sont retrouvés les 13 et 14 septembre à la fête de l’Humanité, construisent aujourd’hui, là où ils sont le mouvement syndical qui sera capable de faire échec aux plans du Medef et du gouvernement.

La victoire en trompe-l’œil des VRP de l’ultra-libéralisme pourrait bien s'avérer moins durable qu'ils ne le croient…   

David NOËL


Source : Le Bretzel
Numéro 13, octobre 2003

Par David NOËL - Publié dans : Articles - Communauté : Les antilibéraux
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Lundi 21 avril 2003 1 21 /04 /Avr /2003 06:30

Pessin-15-03-03--illustration-11-.jpgLe 47ème Congrès de la CGT, qui se tiendra du 24 au 28 mars à Montpellier, devrait être déterminant pour les mobilisations à venir : depuis le congrès de Strasbourg de février 1999, Bernard Thibault a su faire évoluer la CGT, qui a intégré la Confédération Européenne des Syndicats en mars 1999 et a rompu les derniers liens organiques qui l'unissaient au Parti communiste.

En quatre ans, les effectifs de la CGT sont passés de 653 000 à 685 000 cotisants. Pour la direction de la CGT, cette progression des effectifs vient sanctionner une stratégie d'ouverture et de rapprochement avec la CFDT, parfois contestée à la base par une partie des militants. De fait, le rapprochement de la CGT et de la CFDT s'accompagne d'une montée en puissance de SUD et de la CNT qui s'opposent vigoureusement à ce qu'ils considèrent comme un syndicalisme d'accompagnement des réformes.

En dépit de ces critiques, la direction de la CGT entend poursuivre la mutation de la centrale : c'est ainsi que la prochaine commission exécutive fédérale passera de 90 à 50 membres, et s'ouvrira aux femmes et au secteur privé, traditionnellement peu représentés dans les instances dirigeantes du syndicat.

La CGT parviendra-t-elle à poursuivre sa mutation sans pour autant abandonner toute radicalité ? C'est là tout l'enjeu de ce 47ème Congrès qui suscite déjà l'attention - et la crainte - de la classe politique et du MEDEF...

David NOËL


Source : Le Bretzel
Numéro 11, avril 2003

Par David NOËL - Publié dans : Articles - Communauté : Les antilibéraux
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Jeudi 20 mars 2003 4 20 /03 /Mars /2003 06:30

Pancho 15-02-03 (illustration10)L’Assemblée Nationale a finalement rejeté le 18 février dernier la motion de censure déposée par les députés socialistes, communistes, verts et radicaux de gauche à l’encontre du gouvernement.

En choisissant mercredi 15 février de recourir à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, Jean-Pierre Raffarin engageait la responsabilité de son gouvernement sur le projet de loi de réforme des modes de scrutin.

L’ensemble des formations de gauche, associées pour l’occasion à l’UDF de François Bayrou et au MPF de Philippe de Villiers, avaient décidé de mener une véritable guérilla parlementaire contre le projet de loi du gouvernement, notamment en déposant 13 248 amendements. Alain Juppé et Philippe Douste-Blazy, les initiateurs de la réforme des modes de scrutin ambitionnaient à la fois de réduire la vie politique française à un duopole UMP/PS, de limiter l’influence de l’UDF qui obtient traditionnellement de bons scores aux élections européennes, et d’exclure le Front National des exécutifs régionaux en 2004.

François Bayrou et Philippe de Villiers qui étaient montés au créneau contre la réforme des modes de scrutin, se sont vivement opposés à leurs « alliés » de l’UMP, mais ont refusé de s’associer à la motion de censure déposée par la gauche.

Avec 177 voix – il en fallait 288 pour renverser le gouvernement – , la motion de censure est donc logiquement rejetée, mais la bataille parlementaire laissera des traces ; plus divisée que jamais, la majorité a étalé au grand jour ses divisions, tandis que l’image consensuelle de Jean-Pierre Raffarin, patiemment construite à coups de déclarations toutes plus grotesques les unes que les autres (la route est droite, mais la pente est forte…), commençait à se lézarder.

A cet égard, la journée du 18 février marquera sans aucun doute un tournant majeur pour le gouvernement Raffarin et annonce un  remaniement plus que probable afin de donner un  nouveau souffle à une équipe partiellement discréditée.

David NOËL


Source : Le Bretzel
Numéro 10, mars 2003

Par David NOËL - Publié dans : Articles - Communauté : Les antilibéraux
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Mercredi 19 mars 2003 3 19 /03 /Mars /2003 06:30

L’amendement est passé relativement inaperçu bien qu’il s’agisse d’une des dispositions les plus aberrantes du projet de Loi sur la Sécurité Intérieure : le 23 janvier dernier, les députés de droite comme de gauche présents à l’Assemblée Nationale ont adopté un amendement instituant un nouveau délit d’ « outrage au drapeau tricolore et à l’hymne national ». Ce délit est punissable d’une amende de 7 500 euros et d’une peine maximale de six mois de prison.

La plupart des syndicats de policiers ont d’ores et déjà fait part de leur scepticisme quant à la possibilité de mettre en œuvre cette nouvelle loi, tandis que de nombreuses organisations exprimaient leur indignation. C’est par exemple le cas du PCF qui interroge : « Accepterions-nous que l’on criminalise la liberté de contester la République et ses symboles ? Aurions-nous accepté que l’on défère devant les tribunaux tous ceux qui, des surréalistes à Serge Gainsbourg, ont usé de cette contestation ? ». Pour le président de la Ligue des Droits de l’Homme, Michel Tubiana, il s’agit tout simplement d’une « définition erronée de l’identité collective ».

Ce n’est pas l’avis du député socialiste de l’Essonne, Manuel Valls, pour qui « Il s’agissait de faire passer un message fort ».

Un message fort à destination de l’électorat lepéniste ? On eût préféré que les députés socialistes fassent preuve du même enthousiasme envers l’Internationale…

David NOËL


Source : Le Bretzel
Numéro 10, mars 2003

Par David NOËL - Publié dans : Articles - Communauté : Les antilibéraux
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Vendredi 21 février 2003 5 21 /02 /Fév /2003 06:30

Il y a un degré d’insomnie, de rumination, de sens historique qui nuit à l’être vivant et finit par l’anéantir, qu’il s’agisse d’un homme, d’un peuple ou d’une civilisation. 
(Friedrich Nietzsche, Deuxième considération intempestive, 1874)

Au lendemain de la conférence de Munich, qui vit le Royaume-Uni et la France abandonner la Tchécoslovaquie,  Winston Churchill avait prévenu « Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre ».
De fait, Edouard Daladier et Neville Chamberlain, réunis à Munich le 29 septembre 1938 à l’initiative de Mussolini, laissèrent Hitler s’emparer des Sudètes au grand dam de l’Union soviétique, exclue de la conférence. La Tchécoslovaquie impuissante fut démantelée quelques mois plus tard, et les troupes allemandes entrèrent à Prague le 15 mars 1939.

Le 18 janvier dernier, le déshonneur n’était pas dans le camp des centaines de milliers de manifestants qui ont défilé contre la guerre en Irak. Ils étaient plus de 50 000 à Washington, 25 000 à Paris, 15 000 à Marseille, 2 500 à Lille… Toute la journée, les manifestations se sont succédées dans une quarantaine de villes françaises, mais aussi dans les plus grandes villes d’Allemagne, du Canada, de Suède et d’Angleterre.

En déclenchant une guerre que rien ne justifie, alors même que les peuples se mobilisent en faveur de la paix, l’administration Bush a résolument choisi le camp du déshonneur.

Pourtant, étrangement, la plupart des dirigeants socialistes récusent le terme de pacifisme : « Il ne faut pas tomber dans un discours pacifiste bêlant » prévient Jean-Marc Ayrault ; Vincent Peillon est tout aussi catégorique : « Le pacifisme n’est pas la bonne attitude. Il y a des guerres qu’il faut mener ». Michel Tubiana, président de la Ligue des Droits de l’Homme affirme quant à lui que la LDH n’est pas pacifiste : « Nous y avons même perdu une partie de la LDH juste avant la seconde guerre mondiale, mais le débat a été tranché dans le sens inverse de celui du pacifisme ». 
Au fond, ces justifications reflètent la mauvaise conscience d’une grande partie de la gauche vis-à-vis du pacifisme : tout au long de la guerre froide, le pacifisme a, dans une certaine mesure, été instrumentalisé par le Parti Communiste qui dénonçait vigoureusement l’impérialisme américain alors même qu’il légitimait l’impérialisme soviétique.
Longtemps divisés, les socialistes se convertissent à la Realpolitik  au début des années 1980 :
en novembre 1983, au moment où les pacifistes français et allemands se mobilisent pour protester contre l’installation de missiles Pershing-2 en RFA, François Mitterrand constate que « Les missiles sont à l’Est quand les pacifistes sont à l’Ouest ». En 1991, malgré la démission de Jean-Pierre Chevènement, il engagera sans état d’âme la France dans la guerre du Golfe.

L’évocation de la conférence de Munich a longtemps paralysé les pacifistes français ;  de fait, en septembre 1938, la gauche française était profondément partagée quant à l’attitude à adopter vis-à-vis de l’Allemagne nazie. Il semblerait qu’une grande partie des militants socialistes et communistes aient plutôt ressenti un « lâche soulagement » en apprenant la signature des accords de Munich. Nous savons aujourd’hui que, loin de sauver la paix, les accords de Munich permirent à l’Allemagne de se renforcer en prévision de la guerre qu’Hitler et ses proches avaient d’ores et déjà l’intention de déclencher.
Fallait-il pour autant jeter l’opprobre sur les pacifistes au motif que leur « aveuglement » aurait largement contribué au succès des entreprises hitlériennes ? Evidemment non. D’ailleurs, les militants socialistes et pacifistes furent souvent les premiers à dénoncer le national-socialisme à un moment où une partie de la droite faisait sienne un slogan appelé à la postérité, « Plutôt Hitler que Blum » ; ce sont les idéologues du régime de Vichy, soucieux d’expliquer l’effondrement de mai 1940 qui ont vulgarisé la thèse de la responsabilité du pacifisme - comme d’ailleurs de « l’esprit de jouissance » - dans la défaite des armées françaises (1).

Que l’évocation de la conférence de Munich relève aujourd’hui du mythe politique, personne ne songe à le nier ; il reste que ce « complexe de Munich » possède une telle prégnance qu’il contribue à atténuer l’expression du pacifisme.
Les socialistes du vingt-et-unième siècle rejettent désormais le pacifisme intégral ; paralysés par le « complexe de Munich », ils professent un pacifisme relatif qui les a conduit à soutenir l’action de l’OTAN au Kosovo en 1999. Il est urgent de relire l’hallucinante déclaration de l’Internationale Socialiste à propos des frappes aériennes de l’OTAN au Kosovo :
« La tragédie qui eut lieu en Bosnie se répéta au Kosovo et, une fois de plus, la communauté internationale – après avoir épuisé toutes les voies politiques – dut faire appel à l’utilisation extrême de la force afin que soient respectés les droits fondamentaux de tous les individus et de tous les peuples. »    
L’Internationale Socialiste en restera là : pas un mot sur les centaines de civils victimes des fameux « dommages collatéraux » ; à aucun moment, l’Internationale Socialiste ne dénonça ce qui fut pourtant une guerre d’agression, violant ouvertement la charte de l’ONU – qui exige qu’une délibération du Conseil de Sécurité précède toute frappe militaire – et le Pacte atlantique – dont les paragraphes 1 à 7 engagent les Alliés à s’abstenir de régler leurs différends par la guerre, sauf s’ils sont attaqués.
Et pourtant, les signataires de cette déclaration s’appellent François Hollande, Tony Blair, Ehoud Barak, Gerhard Schröder… Et pourtant, l’Internationale Socialiste est la lointaine héritière de la Deuxième Internationale…
En novembre 1912, à l’occasion du Congrès de Bâle réuni par l’Internationale alors que la guerre des Balkans ensanglantait l’Europe, Jean Jaurès proclamait dans un discours magnifique : « Je briserai les foudres de la guerre qui menacent dans les nuées ».
Autre temps, autres mœurs…
Même si, à l’instar de Michel Winock, la plupart des historiens reconnaissent aujourd’hui qu’« Il est hautement probable que Jaurès, la vanité de ses efforts de paix étant avérée, eût adhéré à la politique de défense nationale », il reste que Jaurès a clairement inscrit le pacifisme au cœur de la culture politique socialiste. Il est symptomatique de constater que ceux-là même qui refusent le pacifisme intégral réclament en même temps un aggiornamento idéologique du PS sur une ligne sociale-libérale.

Les maladresses et l’arrogance de l’administration Bush lui ont semble-t-il durablement aliéné les opinions publiques et les gouvernements européens. La France et l’Allemagne iront-elles au bout de leur logique de refus de la guerre annoncée en Irak ?
Rien n’est moins sûr. Les quinze membres du Conseil de Sécurité de l’ONU doivent se réunir à l’issue de la remise du rapport des inspecteurs en désarmement, le 29 janvier. Dans l’hypothèse où une majorité se dégagerait en faveur d’une intervention militaire contre l’Irak,  Jacques Chirac et Dominique de Villepin pourraient hésiter devant le coût politique d’un veto français, qui empoisonnerait pour longtemps les relations entre les Etats-Unis et la « vieille Europe ».
Le succès de la manifestation nationale du 15 février contraindrait le gouvernement français à aller jusqu’au bout. A contrario, une faible mobilisation augurerait sans doute d’un ralliement prochain à une intervention militaire contre le régime de Bagdad.

Oublieux de ses racines, le Parti Socialiste a fait le choix du déshonneur en 1991, en 1999, en 2001. Les centaines de milliers de manifestants du 18 janvier, eux, n’ont pas fait le choix du déshonneur, ils récusent le pacifisme relatif, ils haïssent les « guerres humanitaires ».
Et si, enfin, nous parvenions à surmonter le « complexe de Munich » ?

David NOËL

(1) : cf. Le Bretzel numéro 6, pages 10-11.


Source : Le Bretzel
Numéro 9, février 2003

Par David NOËL - Publié dans : Articles - Communauté : Les antilibéraux
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Jeudi 20 février 2003 4 20 /02 /Fév /2003 06:30

C’est par un simple fax que les membres du Conseil d’administration du groupe Métaleurop ont annoncé le 17 janvier qu’ils ne financeraient pas le plan de restructuration de leur filiale Metaleurop Nord (ex - Pennaroya), implantée à Noyelles-Godault depuis 1894.

Métaleurop Nord est une des plus grosses fonderies de métaux non ferreux (cuivre, plomb, zinc…) d’Europe. Elle emploie actuellement 830 salariés, pour une production annuelle de 130 000 tonnes.

Le 16 juillet 1993, dix victimes avaient péri dans l’explosion de l’atelier de raffinage de zinc ; depuis lors, l’usine, classée à risques « Seveso 2 », était l’objet de vives controverses : 260 enfants de la région présenteraient des taux de plombémie anormalement élevés.  En octobre dernier, un comité de défense des riverains naissait à Evin-Malmaison et portait plainte auprès du tribunal de Béthune pour mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger et empoisonnement.

Les pertes élevées de Métaleurop Nord, estimées à 97 millions d’euros pour 2001 et 2002, avaient conduit ses dirigeants à engager un plan de restructuration.

La décision des actionnaires de Métaleurop SA condamne Métaleurop Nord au dépôt de bilan. Au-delà des 830 emplois directs, ce sont plus d’un millier d’emplois induits qui sont menacés, alors même que le taux de chômage dans le district d’Hénin-Carvin atteint 25 % de la population active.

La société suisse Glencore, qui possède 33 % du capital de Métaleurop, est une multinationale basée à Zug (un paradis fiscal suisse). Interrogé par La Voix du Nord, François-Xavier Verschave a longuement évoqué Marc Rich, le fondateur de Glencore : « En mettant la main sur l’ensemble des stocks de matières premières, il dicte toutes ses conditions d’achat et de vente. Il a simplement mis en place une criminalité épouvantable. […] les profits générés par son système de piratage sont colossaux ».

Ce n’est malheureusement pas en se rendant à l’Assemblée Générale du MEDEF que Jean-Pierre Raffarin nous convaincra de sa volonté de combattre les patrons-voyous… 

David NOËL


Source : Le Bretzel
Numéro 9, février 2003

Par David NOËL - Publié dans : Articles - Communauté : Les antilibéraux
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Jeudi 23 janvier 2003 4 23 /01 /Jan /2003 06:30

Les deux chocs pétroliers de 1973 et de 1978 qui font passer le baril de brut de 2,9 $ à 34 $ affectent durablement l’économie française. Les Français découvrent la « contrainte extérieure » : hausse du carburant, réduction de la température dans les locaux administratifs, réintroduction de l’heure d’été en 1976 (elle avait déjà été appliquée en France entre 1916 et 1940 et s’est généralisée dans l’Union Européenne à la fin des années soixante-dix) : on estime généralement que l’heure d’été permet d’économiser chaque année entre 150 000 et 300 000 tonnes de pétrole.
A une époque où la France importe 73 % de sa consommation d’énergie primaire, les chocs pétroliers amplifient les déséquilibres économiques qui existaient en réalité bien avant 1973 ; l’inflation déjà élevée en 1973 s’accroît rapidement et handicape considérablement les exportations françaises : entre 1971 et 1983, la part de la France dans les exportations mondiales fléchit, passant de 7 % à 5,8 %. Les entreprises licencient et le chômage explose : en février 1974, il y avait 450 000 demandeurs d’emploi ; il y en a plus de 900 000 à la fin de 1975.
Pour remédier à la hausse du prix du pétrole, la France s’en remet à l’énergie nucléaire : en 1970, les centrales nucléaires ne produisaient que 3,5 % de l’électricité consommée en France. En 1998, alors que la consommation d’électricité a été multipliée par trois, les centrales nucléaires produisent plus de 75 % de nos besoins en électricité.
Parallèlement, les années soixante-dix voient l’émergence de nouvelles forces politiques ; en 1974, pour la première fois, un candidat écologiste se présentait à l’élection présidentielle : René Dumont obtint 337 800 voix, soit 1,32 % des suffrages exprimés. Pour la petite histoire, il dépassait largement Jean-Marie Le Pen qui ne réunit que 0,75 % des suffrages.
Près de trente ans après le premier choc pétrolier, le chômage ne s’est pas résorbé, les politiques de rigueur ont affaibli les solidarités ouvrières, les énergies propres restent marginales, en dépit des succès électoraux des Verts. Au fond, rien n’a changé…
Jusqu’à quand ?

David NOËL


Source : Le Bretzel
Numéro 8, janvier 2003

Par David NOËL - Publié dans : Articles - Communauté : Les antilibéraux
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