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Le blog de la section d'Hénin-Beaumont
DÉCRYPTAGE - «20 Minutes» fait le point sur les accusations portées contre la fédération socialiste du département...
Après les Bouches-du-Rhône de Guérini, Arnaud Montebourg part en croisade contre la corruption dans le Pas-de-Calais. Martine Aubry a demandé l’ouverture d’une enquête, Jack Lang veut porter
plainte... Que se passe-t-il au PS? Le point avec 20 Minutes.
Quelles sont les accusations proférées ?
Des faits de corruption. Des élus du Pas-de-Calais sont accusés de financement occulte de la fédération PS du département. Les accusations font état de versements de sommes d’argent en échange de
l'attribution de chantiers publics à des entreprises de la région, qui pratiqueraient des surfacturations alimentant un système de rétrocommissions. Des emplois fictifs sont également
évoqués.
De qui viennent ces accusations ?
Arnaud Montebourg et Gérard Dalongeville. Le premier a adressé le 21 novembre un courrier à la Première secrétaire du PS, le second (ancien maire PS de Hénin-Beaumont, mis en examen en 2009 pour
«détournement de fonds publics, faux en écriture et favoritisme»), en a écrit plusieurs au juge d'instruction de Béthune.
Qui est visé ?
Jean-Pierre Kucheida et d’autres. Le député-maire PS de Liévin dirige la société d’économie mixte Adévia et l'Epinorpa, bailleur social qui gère les anciens logements miniers dans le
Nord-Pas-de-Calais par le biais de la Soginorpa. Ces deux sociétés seraient au centre du système dénoncé, qui bénéficierait de «complicités» à l’échelon national. Arnaud Montebourg a cité Jack
Lang, député du Pas-de-Calais, et ce dernier a annoncé son intention de porter plainte. Le nom d’un autre député local, Albert Facon, est également avancé.
Pourquoi sortent-elles maintenant ?
La période pré-électorale est propice au grand ménage. En 2012, outre l’élection présidentielle, les législatives auront également lieu. «Ces événements permettront [...] à nos adversaires
d’ouvrir un nouveau front contre la corruption d’élus socialistes», prévient Arnaud Montebourg dans son courrier, conseillant d'empêcher Jean-Pierre Kucheida de poser sa candidature. Martine
Aubry a décidé de la geler.
Pourquoi la région est-elle sensible ?
C’est le fief de Martine Aubry. Ces événements se tiennent «dans une région qui est la tienne et dont nul ne croira que tu pouvais ignorer la gravité de tels faits», a écrit Arnaud
Montebourg à Martine Aubry. Par ailleurs, Marine Le Pen est conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais et conseillère municipale à Hénin-Beaumont. «Les attaques de Marine Le Pen devraient
redoubler contre le système de la corruption des élus du Pas-de-Calais dont ces différents dossiers apporteront la preuve de son étendue», poursuit Montebourg. La présidente du FN a en effet
rapidement accusé «Martine Aubry, François Hollande et Arnaud Montebourg d’avoir soutenu le système Dalongeville Kucheida en toute connaissance de cause».
La Première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, en compagnie de Jean-Pierre Kucheida (à sa droite) M.LIBERT / 20 MINUTES
Julien Ménielle
Source : 20 Minutes
Vendredi 09 décembre 2011
À cinq mois de la présidentielle, François Hollande se serait bien passé de la polémique du Pas-de-Calais. Martine Aubry a gelé la circonscription de Jean-Pierre Kucheida, député-maire de
Liévin, visé par une enquête préliminaire.
Après le feuilleton DSK, le PS va devoir gérer celui de JPK. Jean-Pierre Kucheida, député-maire de Liévin, le héros du nouveau drame socialiste n’est pas une star mondiale de la politique, mais
la clef de voûte de la plus grosse fédération socialiste de France. Samedi Martine Aubry, sur front de guerre ouverte entre Arnaud Montebourg et Jack Lang, a confirmé qu’elle "gelait" la
"circonscription Kucheida".
Si l’implication dans des malversations financières de l’élu socialiste était avérée, elle menacerait d’ébranler, à quelques mois des élections présidentielle et… législatives, une forteresse
réputée imprenable. Sur les 14 circonscriptions du département, 12 sont socialistes.
Cette fois, il ne s’agit pas de sexe dans de grands hôtels mais d’argent. L’héritage des œuvres sociales du bassin minier aurait servi à améliorer l’ordinaire de barons locaux. Vendredi matin,
François Hollande a appelé Kucheida sur son portable pour l’assurer de son soutien et de son amitié. "Tiens bon, on va laisser le vent retomber. Ça va passer." Vraiment ?
Un système de rétrocommission
En avril dernier, le parquet de Lille a ouvert une enquête préliminaire sur le financement occulte du PS dans le Pas-de-Calais. La justice avait été alertée par les accusations de l’ex-maire
d’Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville, qui dénonçait un système de rétrocommissions par des entrepreneurs locaux aux élus du département. Dans un premier temps, les investigations de la brigade
financière ont démarré mollement en raison du manque de fiabilité de l’accusateur principal, déchu de ses mandats en 2009 et poursuivi pour détournement de fonds publics. Aujourd’hui, la machine
judiciaire s’emballe. En 2011, les audits successifs de la chambre régionale des comptes sur les principaux établissements publics ont mis au jour d’étranges irrégularités : des terrains
communaux rachetés à des tarifs 25 fois supérieurs à ceux établis par France Domaine, des dirigeants payés deux fois plus que leurs homologues du secteur… Ces enquêtes ciblent deux entreprises :
Adévia, une des premières sociétés d’économie mixte d’aménagement française (30 à 40 millions de francs de chiffre d’affaires dans le Pas-de-Calais) et Soginorpa-Épinorpa, premier bailleur de la
région avec ses 63 000 logements sociaux hérités des Houillères et de Charbonnages de France. Jean-Pierre Kucheida est vice-président de la première – après l’avoir présidée – et président de la
seconde. Dans leur rapport sur la Soginorpa les magistrats pointent notamment "28 marchés de réhabilitation et 70 de construction […] attribués dans des conditions contestables […]
représentant respectivement 12,5 millions d’euros et 17,9 millions d’euros d’engagement auprès de 15 fournisseurs, tous situés dans la région".
Par ailleurs, un audit de la CFDT fait état de relevés bancaires d’une carte de crédit Soginorpa au nom de son président qui aurait servi à payer des dépenses personnelles de Jean-Pierre Kucheida
en France et à l’étranger (restaurants étoilés, vêtements, parkings…). Ces éléments doivent être livrés dès lundi à la police lilloise. Depuis Jean-Pierre Kucheida a affirmé avoir remboursé
l’intégralité de ses dépenses. "J’ai réuni mon conseil d’administration cette semaine, explique-t-il au JDD, j’ai demandé un inventaire de toutes ces dépenses et si pas inadvertance
je devais encore le moindre euro, je le paierais immédiatement."
Sur le sentier de l'argent sale
Pour prouver des éventuels enrichissements personnels et un financement politique, les enquêteurs ont une sorte de "guide" : les "organigrammes" manuscrits fournis par Gérard Dalongeville qui
prétend flécher le circuit de l’argent sale entre les entreprises et le parti. Il dénonce notamment les deux derniers grands chantiers du bassin minier : le Louvre-Lens et le tramway. Pour
l’instant, Catherine Génisson, la patronne de la fédé crie au scandale. "Si on roulait sur l’or cela se saurait, nous avons les moyens que nous apportent nos militants", explique-t-elle
en substance. Mais les liens entre les différents acteurs vont être difficiles à démêler tant ils sont étroits et complexes, souvent militants et parfois même familiaux. S’il est vrai que
Jean-Pierre Kucheida n’a aucune fonction à la fédération, il y compte de nombreux soutiens liévinois. À commencer par celui de son premier adjoint, Laurent Duporge, trésorier fédéral.
François Hollande aux côtés de Jean-Pierre Kucheida, le 8 septembre dernier à l'hôtel de ville de Liévin. (Maxppp)
Source : Marie-Christine Tabet - Le Journal du Dimanche
Samedi 10 décembre 2011
| PS DU
PAS-DE-CALAIS |
La pression est encore montée d'un cran, sur les épaules de Jean-Pierre Kucheida, le député-maire de Liévin. Après les suspicions de financement occulte du Parti socialiste, voilà que
sont dénoncées quelques « libertés » qu'il aurait prises avec une carte bancaire de la SOGINORPA. La direction de son parti réagit : Martine Aubry gèle sa désignation pour les législatives et
réclame la création d'une commission d'enquête. Le principal intéressé, lui, continue de s'expliquer sereinement.
C'est toujours poisseux, ces rumeurs qui courent avec insistance autour de tel ou tel homme public. Jean-Pierre Kucheida pourrait disserter longuement sur le sujet : voilà des années qu'il est
l'objet d'accusations plus ou moins voilées il dit même qu'il en a pris l'habitude.
Mais cette fois, les choses se précisent par l'intermédiaire d'un ex-conseiller régional héninois animateur d'un blog pittoresque et... très bien renseigné.
Alain Alpern a récemment fait référence à des documents internes de la SOGINORPA, l'organisme public qui gère les habitats des anciennes Houillères.
Tout en faisant remarquer que M. Kucheida n'est pas à proprement parler dirigeant de la SOGINORPA (il est président d'EPINORPA, actionnaire à 100 %), le blogueur taquin cite plusieurs messages
d'alerte vaguement inquiets de la direction financière.
Le 10 décembre 2007, le directeur financier reçoit de ses services ce mail prudent : « Veuillez trouver ci-joint le fichier des dépenses non justifiées de M. Kucheida, j'attire votre
attention sur le fait qu'il y a un solde non justifié de 1 532,91 euros, que la fin de l'année se rapproche à grands pas et que je pense avoir du mal à expliquer aux commissaires aux comptes
cette non-justification, ainsi que les dépenses payées aux Émirats arabes unis et les nombreuses factures de parking pour les aéroports parisiens. Pouvons-nous justifier le bien-fondé des
déplacements de M. Kucheida en Corse, à Toulouse, la dépense de restaurant du dimanche 27/05/2007 (1 006 euros) et les "1,6 kg poisson du jour" sur la facture de La Rascasse, port de
Saint-Florent en Corse, d'un montant de 142 euros payé 145. »
Des voyages
Ces documents de la direction des affaires financières, que nous avons consultés, récapitulent les dépenses du député-maire de Liévin, notamment à la fin de l'année 2007 (9 371,55 euros dont 1
267,91 non justifiés) et 2008 (9 654,12 euros, dont 1 392,04 non justifiés).
Manifestement, M. Kucheida voyage beaucoup, puisque de nombreuses sommes correspondent en effet à des aéroports, mais il déjeune également à de très bonnes adresses, comme Le Meurin à Busnes,
sans doute le meilleur restaurant du département, mais aussi chez Marc Veyrat, en Haute-Savoie.
Ce que se demande la direction financière dans ses courriels, c'est le bien-fondé des dépenses. Pour quelles missions de la SOGINORPA M. Kucheida est-il allé à Malte, en Corse, à Annecy ou
ailleurs ? « Pouvez-vous me dire si M. Kucheida effectue des voyages d'affaires d'une semaine ? », s'inquiète le directeur financier.
L'intéressé ne s'inquiète guère et semble justifier (voir ci-contre). Mais autour de lui, l'ambiance se tend tout de même considérablement. Et Alain Alpern, sur son blog, précise qu'il a transmis
les documents en sa possession à la justice.
Celle-ci, par la voix muette de Frédéric Fèvre, refuse de s'exprimer sur le sujet. On sait tout juste qu'une enquête préliminaire est ouverte sur la suspicion de financement occulte de la
fédération socialiste du Pas-de-Calais mais les enquêteurs sont-ils saisis de ces documents et des faits qu'ils pourraient induire ? Mystère.
Individuel
C'est qu'on n'est plus ici dans le cadre d'un éventuel système vaste et collectif rendant opaques les flux d'argent, comme le soulignaient divers rapports de la Cour des comptes et d'experts
désignés, mais dans la perspective d'un comportement individuel rapporté à de l'argent public. On en revient donc à ces fameuses rumeurs collant aux basques de l'homme fort du bassin minier, et
surtout aux siennes. Mais cette fois, des documents sont produits, dont l'intéressé ne nie d'ailleurs pas l'existence. La justice lui en demandera-t-elle l'explication ?
Par Eric DUSSART et Pascal WALLART
Quand le PS enquête
Après décision du bureau national, le PS va mettre en branle sa procédure éprouvée en 2009 à la fédération de l'Hérault et à l'encontre de son ancien premier secrétaire Robert Navarro. Même chose
en 2010 pour le cas des Bouches-du-Rhône et du président du conseil général, Jean-Noël Guérini.
Les deux fois, Alain Richard, sénateur du Val-d'Oise, ancien ministre de la Défense sous Jospin et juge titulaire à la Haute Cour de justice (1978-1993), préside la commission d'enquête. Dans
l'Hérault, les conclusions ont abouti à une plainte pour abus de confiance déposée en mars 2011 à l'encontre de M. Navarro (deux ans après le début de l'action interne). Pour les
Bouches-du-Rhône, le rapport Montebourg, remis le 8 décembre 2010, puis la commission d'enquête qui suit, connaissent une fortune aléatoire. Après la mise en examen de M. Guérini le 8 septembre,
les instances du PS réclament sa démission.
Mais le président du conseil général reprend ses fonctions en novembre...
OL. B.
Martine Aubry a réagi aux « faits graves » évoqués ces jours-ci à propos de certains élus de la fédération du Pas-de-Calais, et notamment Jean-Pierre Kucheida, dont la nomination pour
l’investiture dans la 12e circonscription est «gelée »...
Source : La
Voix du Nord
Vendredi 09 décembre 2011
Dans des
courriers adressés adressés à la justice, que «le Parisien» - «Aujourd'hui en France s'est procurés (voir ci-dessous), l’ancien maire socialiste d’Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville, dénonce un
système de financement occulte de la fédération PS du Pas-de-Calais. Les soupçons ont contraint Martine Aubry à lancer une enquête interne.
Elle avait été alertée dès novembre par un courrier
accusateur d’Arnaud Montebourg. A l'orée d'une campagne présidentielle qui s'annonce très dure face à Nicolas Sarkozy, l'urgence est de déminer au plus vite le dossier, dans cette fédération
où François Hollande compte de nombreux amis. Décryptage de l'affaire en quatre points.
1 Celui par qui le scandale est arrivé
Gérard Dalongeville, 41 ans, ex-maire (PS) d’Hénin-Beaumont, est à l’origine de toute l’histoire. Elu en 2001, sa gestion se révèle calamiteuse. Par deux fois, en 2004 et en 2008, la chambre
régionale des comptes constate un déficit de 12 M € dans les caisses de la commune. Suspendu de son mandat, il sera révoqué par décret présidentiel le 27 mai. La justice s’en mêle. Une enquête
est ouverte. Le 7 avril 2009, des policiers perquisitionnent le bureau de Dalongeville. Dans un coffre, ils trouvent 13 000 € en liquide. Dalongeville est incarcéré. « Il s’est senti
lâché », décrypte un ancien proche. Dans sa cellule, Dalongeville craque. « L’argent du coffre, c’est celui du parti », écrit-il à la juge de Béthune, Véronique Pair. L’ex-élu, très
coopératif et placé sous contrôle judiciaire, dénonce une série de surfacturations destinées, par le biais de rétrocommissions, à l’enrichissement personnel de quelques-uns et au financement
occulte de la fédération PS du Pas-de-Calais.
2 Un
système de financement bien huilé
Il reposerait sur la complicité d’élus locaux, la « bonne volonté » de sociétés amies et, au besoin, l’intervention musclée de quelques gros bras. Le système consisterait à surfacturer des
prestations — encarts publicitaires, aménagement de terrain — pour récupérer, ensuite, des rétrocommissions. Il se structurerait autour de deux entreprises. Adévia, une société d’économie mixte
dirigée par le député-maire de Liévin, Jean-Pierre Kucheida. Et la Soginorpa, chargée de gérer 62000 logements sociaux sous la houlette d’un établissement public, l’Epinorpa, que préside
également Kucheida. Le patrimoine de la Soginorpa est évalué à 2,5 M€ et sa gestion, critiquée par la chambre régionale des comptes, pourrait la mettre en péril, estime le syndicat CFDT. Un
audit, réalisé à la demande du syndicat, a mis en lumière des dépenses par carte de crédit, réalisées sur le compte de la Soginorpa au nom de Jean-Pierre Kucheida. L’état des comptes fait aussi
apparaître le versement de 3 407 € en 2009 correspondant au prêt d’un véhicule. L’élu affirme qu’il a tout remboursé.
3 La justice s’est saisie de l’affaire
Une enquête pour « détournement de fonds publics, faux en écriture et favoritisme » est actuellement instruite par la juge de Béthune, Véronique Pair. Elle s’est enrichie d’un volet « extorsion
de fonds », à la suite de plaintes, déposées en juillet 2009, par des entrepreneurs de la région. Selon nos informations, une enquête préliminaire pour « financement occulte de parti » a été
ouverte à Lille, au printemps. « Le parquet devrait s’intéresser à d’éventuels enrichissements personnels et des abus de biens sociaux », indique une source proche du dossier.
L’ouverture d’une information judiciaire, confiée à un juge, serait « imminente », selon cette même source.
4 Une éventuelle bombe à retardement pour le PS
D’abord limitée à la ville d’Hénin-Beaumont, l’affaire s’est progressivement étendue à la fédération du Pas-de-Calais et pourrait toucher les instances nationales du PS. Alors que Martine Aubry a
annoncé, hier, l’envoi sur place d’une commission d’enquête interne, les élus locaux serrent les rangs. Jean-Pierre Kucheida peut compter sur le soutien sans faille de Catherine Génisson,
patronne de la fédération du Pas-de-Calais. « C’est un ami », nous a confirmé celle qui, en 2009, a exclu Dalongeville du parti. Kucheida se prévaut également de très forts liens
d’amitié avec Daniel Percheron, l’actuel président du conseil régional. « Nous nous connaissons depuis quarante ans », indique-t-il. Kucheida, qui affirme n’avoir jamais été convoqué par
la justice, est persuadé que ses ennuis viennent d’Arnaud Montebourg. A l’Assemblée nationale, leurs bureaux sont voisins. « Il m’en veut, j’ignore pourquoi. S’il avait quelque chose à me
reprocher, il pouvait me le dire. »
LIÉVIN (PAS-DE-CALAIS), LE 8 SEPTEMBRE. Jean-Pierre Kucheida, le député-maire de Liévin, ici au micro, avait reçu François Hollande lors des primaires socialistes. | (THIERRY
THOREL.)
Élisabeth Fleury, Sébastien Ramnoux et Eric Hacquemand
Source : Le Parisien/Aujourd'hui en France
Vendredi 9 décembre 2011
Les
affaires du PS du Pas-de-Calais retiennent l'attention des médias nationaux. Hier, les Inrockuptibles et Le Point révélaient de nouvelles pièces d'un puzzle politico-financier
complexe.
SÉBASTIEN LEROY > region@nordeclair.fr
Une première salve était partie vendredi dernier, depuis le site Internet du Point, qui révélait que la police financière de Lille s'intéressait de près aux comptes du PS du Pas-de-Calais. En
toile de fond, des lettres de Gérard Dalongeville dans lesquelles il « balance » à la juge béthunoise Véronique Pair un présumé réseau de financement occulte du PS 62 dont Jean-Pierre Kucheida,
député-maire de Liévin, serait le grand ordonnateur.
La deuxième salve ne s'est pas fait attendre. Hier, ce sont deux journalistes d'investigation chevronnés qui, sur sept pages dans Les Inrockuptibles, livrent les résultats de plusieurs semaines
de plongée dans les méandres du socialisme du bassin minier. On y retrouve les acteurs, les structures et les pratiques déjà évoqués dans les colonnes de Nord éclair et de la Voix du Nord, au
travers des rapports de la Chambre régionale des comptes qui pointaient des irrégularités de gestion, à la société d'aménagement Adevia jusqu'à la Soginorpa qui gère le logement minier, en
passant par la centrale foncière régionale (CFR).
L'intérêt de l'enquête des Inrockuptibles est que ce scénario éclaté est mis en cohérence et relu à l'aune des courriers de Gérard Dalongeville. Des courriers qui dessineraient rien moins qu'un
vaste système de financement parallèle du PS du Pas-de-Calais dont une des bases arrières était Hénin-Beaumont. Des courriers, aussi, qui ne laissent en tout cas aucune équivoque sur la volonté
de l'ancien maire de ne pas plonger seul lors d'un procès pour détournements de fonds publics, favoritisme et corruption qui doit se tenir en 2012. Si Hénin est une « pompe à fric du PS » , elle
n'est pas la seule pour Dalongeville.
Des élus achetés ?
Car dans ses missives « Dalongeville explique que le détournement de l'argent public se fait principalement autour de deux structures : deux mastodontes dans lesquels quelques hommes du Parti
socialiste du Nord-Pas-de-Calais (...) tiennent en main les affaires du bassin minier », écrivent les deux journalistes pour qualifier Soginorpa et Adevia. Dans ses lettres, Gérard
Dalongeville passe à table : il invite la juge à regarder du côté de Jean-Pierre Kucheida pour comprendre où sont passées les pertes astronomiques de la Soginorpa.
Concernant Adevia, Dalongeville écrit que l'aménageur « achèterait des élus pour qu'ils signent des chantiers publics » avec lui. L'enquête journalistique met aussi au jour un système de
« renvoi d'ascenseurs » par des candidats PS qui, une fois investis et élus grâce à l'entregent d'un intermédiaire émargeant à la fois au PS et dans une grande entreprise locale de
chauffage urbain, seraient contraints d'accepter la signature de contrats juteux avec cette même entreprise.
Selon l'ex-maire d'Hénin, c'est clair, une partie des recettes issues de ces contrats « servirait au financement de la fédé ». L'enquête frappe fort. Elle comporte malgré tout une part
de faiblesse, reconnue par ses deux auteurs. La source principale, ce sont bien les courriers qui accusent « sans fournir les preuves ». « Mais tout figure noir sur blanc dans un
dossier du tribunal de Béthune ». Un dossier passé depuis au parquet de Lille. Au PS, la stratégie est d'allumer les contre-feux pour cantonner à Hénin le début d'incendie allumé par les
missives. Reste qu'hier soir, on apprenait qu'Arnaud Montebourg avait alerté le 21 novembre Martine Aubry sur des faits de corruption touchant des élus du Pas-de-Calais, notamment... Jean-Pierre
Kucheida. Montebourg a été prié de s'expliquer devant les instances du parti ou de transmettre à la justice.
Où est le vrai dans tout cela ? C'est l'enjeu de l'enquête préliminaire menée par la brigade financière de la DIPJ de Lille et la division nationale d'investigations financières et fiscales de
Nanterre, à qui il revient de vérifier la version de l'ex-maire d'Hénin.
Dans ses lettres à la juge Véronique Pair, Gérard Dalongeville accuse clairement Jean-Pierre Kucheida...
Source : Nord Eclair
Jeudi 08 décembre 2011
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