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Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 06:30

Caricature-Fakir-decembre-2010.jpgPendant que la droite câline DSK, les socialistes se répartissent déjà les maroquins. Et nous ? On s'entraîne à faire dérailler l'histoire.

« La droite se décompose autour de Sarkozy… sa présence à l’Elysée empêche son camp de se trouver un champion éligible en 2012… si Sarkozy garde ses partisans, ils ne sont plus les plus nombreux…un président, qui dans l’esprit de beaucoup d’électeurs, ne devrait plus l’être… »
Où lit-on ces lignes ?
Dans L’Humanité ? Dans Politis?
Non : dans Valeurs actuelles, propriété de Dassault fils, plus à droite que Le Figaro magazine. Quand j’ai aperçu cette trahison, mon sang de « Jeune Pop » n’a fait qu’un tour. J’ai décroché le téléphone et contacté la rédaction de Valeurs actuelles, laissé des messages à la rédaction et envoyé un courriel :
« Bonjour. Jeune militant de l’UMP, je viens de lire l’éditorial de Stéphane Denis. C’est ce qui s’appelle abandonner le navire en pleine tempête. Nicolas Sarkozy mène une politique courageuse contre vents et marées, il chasse les Roms, il réforme les retraites, il a contre lui les syndicats, la gauche, les droits-de-l’hommistes, et vous, plutôt que de le soutenir dans cette bataille, vous commencez à nous raconter qu’il va perdre, qu’il n’est plus populaire, etc. C’est le moment de se retrousser les manches et de soutenir le capitaine ! Pas de pleurnicher !
Un peu déçu par votre attitude, mais cordialement quand même… »
Heureusement qu’on est là, parfois, pour leur remonter les bretelles. L’après-Sarkozy est ouvert, et même cette droite s’y prépare. Comment ? En optant pour la moins pire des solutions, pour le moins terrifiant des socialistes. « DSK, candidat fantôme » affichait en une la même édition de Valeurs actuelles (2 septembre)…

Les socialistes...

A Paris, dans un bistrot à côté de la gare de l’Est, je rapportais cet étonnant édito à un député européen socialiste. Lui revenait d’une session à Strasbourg, ses costumes dans un étui pendus au dos d’une chaise. « Même la droite dure ne croit plus à son candidat, je lui disais, et elle pressent la victoire de la gauche pour 2012. Mais quelle gauche ? – Qu’est-ce qui va se passer ?, il me souriait. On va avoir Pierre Moscovici ou François Hollande à Bercy, au ministère de l’économie, et ils vont mener un plan d’austérité. Ce sont les vieux, les cramés, qui vont revenir, les Lang, les Peillon… Ils se partagent déjà les portefeuilles. Ils se portent candidats aux primaires, mais pas vraiment pour la présidentielle : pour les ministères ! Pour se montrer, pour exister et bien se placer dans la course aux maroquins. » J’avais lu ça, déjà, dans une brève du Canard. Notamment que Vincent Peillon lorgnait sur l’éducation. « L’aile gauche, elle, n’est pas mûre, Hamon est trop jeune, il n’est pas pris au sérieux. à la rigueur, ils lui fileront les Affaires sociales, et comme il se retrouvera sans un rond, on sera coincé. Et on perdra au prochain coup ! » On hériterait alors d’une gauche très raisonnable, qui mènerait une politique très raisonnable, sans souffle, sans ambition,
avec les félicitations de Bruxelles, du FMI, de Francfort.

A moins que…

La droite prépare l’après-Sarkozy. Les socialistes également, à leur manière. Nous aussi… Certes, nous ne devons pas vendre la peau de cette bête politique avant de l’avoir tuée : l’homme du Fouquet’s a du ressort. Mais au-delà de cette mission, débarrasser la France de cette anomalie, pour nous, le plus difficile – et le plus stimulant – reste à faire : oeuvrer, dans nos syndicats, dans nos partis, dans nos entreprises, dans nos familles, pour qu’une éventuelle victoire
politique de la gauche, ou d’une gauche, débouche sur de véritables conquêtes sociales. Pour que les services publics, l’école et l’hôpital en premier lieu, aujourd’hui sacrifiés, redeviennent des vecteurs d’égalité. Pour que la justice fiscale s’impose, avec des impôts vraiment progressifs. Pour que l’écologie ne soit pas que le supplément l’âme de la croissance. Pour qu’un bras de fer soit entamé avec la Commission européenne, sur la libre circulation des capitaux, l’indépendance de la Banque centrale, la taxe carbone aux frontières, une dose de protectionnisme. Les chantiers à ouvrir sont nombreux, mais ils se ramènent tous à un seul : que notre pays sorte, pour de bon, d’une parenthèse libérale qui s’est ouverte
dans les années 80. Et pour cela, de « bonnes idées » ne suffiront pas : il faudra des forces organisées pour l’exiger.
Nous voilà bien sérieux : c’est que l’espoir renaît. Qu’on aperçoit le bout du tunnel sarkozyste. Et que nous reviennent alors des responsabilités. Faire dérailler l’histoire,un peu, ce pouvoir qu’ils se refilent devant un peuple silencieux, résigné.
Au boulot !

 



L’équation politique du moment se résume, pour moi, en trois points.


1) Nous débarasserons-nous de Sarkozy et de sa clique par la rue ?

Sauf basculement miracle (mais mieux vaut, etc.), non : qu’elle s’unisse déjà un peu, qu’elle cesse ses divisions stériles, qu’elle constitue un contrepoids à gauche du PS, qu’elle fasse élire quelques députés aux législatives, bref, qu’elle soit à la
hauteur de la situation historique, et ce sera déjà énorme. Alors, que ça nous plaise ou non, c’est le candidat socialiste qui, au second tour, représentera l’alternative.

2) La gauche de gauche sera-t-elle en état de l’emporter ?

Sauf basculement miracle (mais mieux vaut, etc.), non : qu’elle s’unisse déjà un peu, qu’elle cesse ses divisions stériles, qu’elle constitue un contrepoids à gauche du PS, qu’elle fasse élire quelques députés aux législatives, bref, qu’elle soit à la
hauteur de la situation historique, et ce sera déjà énorme. Alors, que ça nous plaise ou non, c’est le candidat socialiste qui, au second tour, représentera l’alternative.

3) Peut-on compter sur les socialistes ?

Sauf illumination miracle (mais mieux vaut, etc.), on ne peut pas trop rêver de ça : que la bande à Aubry non seulement préservera nos acquis, mais nous accordera des conquêtes – sociales et écologiques. 1981, 1997, etc. nous l’ont appris,
une élection ne suffit pas. Cette méfiance est générale chez les militants du pays. Alors, dès leur entrée en fonction, la rue – par des grèves, des blocages – devra pousser les ministres aux fesses. Leur mettre, d’entrée, le couteau sous la gorge.

Je n’aperçois guère d’autres chemins vers un mouvement, pas seulement défensif, mais offensif, victorieux. Avec un peu de bonheur à la clé.


François Ruffin


Source : Fakir N°48, décembre 2010


Le journal Fakir est un journal papier, en vente chez tous les bons kiosquiers ou sur abonnement. Il ne peut réaliser des enquêtes, des reportages, que parce qu'il est acheté.

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Dimanche 14 novembre 2010 7 14 /11 /Nov /2010 06:30

Caricature Liliane BettencourtUn milliard d’euros pour son chéri, le photographe François-Marie Bannier… 400 000 € par-ci, 150 000€ par-là pour ses larbins, sa comptable, son majordome, ses élus de l’UMP… une île aux Seychelles pour 500 millions… mais d’où Liliane Bettencourt sort-elle tout cet argent ?

D’où l’héritière de l’Oréal tire-t-elle tous ces millions ?
La réponse dormait dans nos cartons.
Depuis un bail. Depuis une enquête sur l’intérim (n°21, printemps 2004).
Depuis qu’on s’était rendus chez le voisin du dessus d’un copain.
Une maîtrise de philo sur la « relecture du théâtre sartrien d’après-guerre à la lumière de L’Existentialisme est-il un humanisme ? » ne prédestinait guère Franck à exercer comme « responsable logistique ». Mais bon, comme les « caisses de l’Etat sont vides », comme les déficits publics sont agités comme un nouveau spectre, et que l’enseignement de Heidegger n’apparaît pas comme une urgence nationale, le nombre de postes au CAPES de philo a fondu : 300 postes en 1993, 38 en 2004 – pour près de 1000 candidats. Peinant à rejoindre l’Education, il se reconvertit, donc, en : « responsable logistique ». Dans une PME de la Somme. Qui conditionne des parfums : lui reçoit des chargements de bouchons, de bouteilles et de « jus ». Des ouvriers assemblent ces éléments, et il en ressort des flacons L’Oréal à livrer. Sous ses ordres, ce cadre ne possède qu’un permanent en CDI…
« Au début, les camions se pointaient sans prévenir, plein de bouteilles par exemple. Ensuite, comme j’insistais, ils me l’annonçaient la veille, au minimum. Donc, en clair, d’un jour sur l’autre, je dois trouver des caristes. Je téléphone à mes contacts dans les agences, ‘est-ce qu’Untel est dispo ? Et Machin ?’ Y a comme une notion de personnel réservé dans la bande de pimpins. Certains, tu précises bien ‘je ne veux plus le revoir, c’est un alcoolique’, ou alors ‘il a volé des flacons’. Si tes habitués sont partis ailleurs, tu décris le profil ‘avec un CACES, dynamique, propre, qui sache lire et compter’, tu reçois les fiches signalétiques, les CV, et tu tries. Les contrats duraient entre deux et quinze jours, parfois juste une journée. »

Le temps, pour les recrutés, d’adoucir les cœurs. D’essayer, au moins : « L’intérimaire ne voit qu’une chose : est-ce que ce soir, à 16 h 57, on va me demander de revenir demain ? 1000 euros, c’est un gros salaire. Donc, ils te racontent leurs malheurs, ‘Franck, là, c’est un peu dur, avec les enfants, la semaine prochaine, tu auras besoin de quelqu’un ?’ Quand t’es chef de service, faut être un loup. Faut prendre des gens et décider si, demain, ils auront à bouffer ou non. Moi, j’essayais de les avertir trois jours à l’avance, j’allais voir le mec ‘bah, écoutez, la semaine prochaine, vous ne serez plus avec nous.’ C’est pas facile, parfois. Tu vois ce gars, la cinquantaine, sympa, il bosse bien mais lent comme un vieux quoi… Fini. Et il ne reviendra plus. Et un autre, un super nounours, vingt-cinq ans, le gros gars du Nord, toujours de bonne humeur, un pilote de Fenwick hors pair, mais je pouvais pas le garder : ‘Non, il nous a pété un carter’, la coque en plastique qui protège le moteur. »
L’entreprise ne comptait que 16 CDI : dix ouvriers, cinq chefs et une secrétaire. Son effectif grimpait régulièrement, néanmoins, jusque 120 employés… soit 86,7% d’intérimaires ! Dans une activité qui, pourtant, n’a pas grand-chose de « saisonnière ».

« Au bout d’un moment, on m’a demandé de me débarrasser de mon CDI. C’était une tête de lard, d’accord, il se prenait de pauses derrière une palette, OK, il se permettait de répondre au patron, ‘Non, je ferai pas ça, tu m’emmerdes, non, je reste dans les stocks alors je porterai pas de charlotte’, c’est vrai, mais il connaissait très bien son taf. Je tenais la baraque informatique, lui la baraque physique. On se complétait. Mais un jour où je ne travaillais pas, le directeur lui demande de ramasser des papiers dans la cour. Il refuse, ‘non, c’est pas dans mes attributions’, donc il se fait virer, avec des suites aux prud’hommes je crois. Je me retrouve tout seul, moi. Avec même plus un ouvrier. Des fois, je déchargeais moi-même avec un transpal. Ou alors, je faisais venir un mec pour un entretien, on causait, et puis, ‘tenez, on va vous tester sur le terrain, y a justement un chargement qui vient d’arriver…’ On utilisait le mec pendant deux heures et puis on le renvoyait. »
Franck a démissionné, finalement. Usé. Usé physiquement, par l’absence de personnel, jongleur entre les tâches. Usé moralement, aussi, par cette gestion de salariés kleenex, on prend on jette, on re-prend on re-jette, il faut assumer la violence sociale qu’on impose.

On pourrait dénoncer, ici, le directeur, sa psychologie (un peu tordue), la secrétaire de direction, ses petites manies (elle en avait), le système informatique, ses défaillances (fréquentes), etc., et conclure aux dysfonctionnements. Ce portrait d’une PME révèle, au contraire, un fonctionnement. Rationnel. Moderne : depuis une décennie, L’Oréal sous-traite davantage sa fabrication. Ce choix industriel – propre aux grandes marques – a bouleversé les conditions de travail : autant les salariés de la firme semblent « protégés » (avec des syndicats présents, des salaires revalorisés, les avantages du comité d’entreprise, etc.) autant, chez les sous-traitants, on se bagarre juste pour la survie. Du côté des employés, bien sûr. Mais pour les employeurs aussi.
Combien de Zyhar and Co (nom fictif) dépendent d’un très gros client, presque le seul, de L’Oréal ou d’un autre nom du CAC 40 ? Avec toute la vassalité obligée : « Pour décrocher un contrat avec eux, le patron en revenait rincé. Un marathon, avec des tas de concessions, des tarifs à baisser. Jusqu’au plancher, il calculait, écrasait ses marges. ». Avec de telles incertitudes, comment envisager l’avenir ? comment imaginer un développement, avec des embauches à la clé pour les « nounours du Nord » ? Avec cette vision à très court terme, l’intérim s’impose alors, logiquement, comme la nouvelle norme. Mais qu’importe pourvu qu’une autre France gagne : alors que Franck rejoignait les Assedic, l’Oréal connaissait une croissance du bénéfice « à deux chiffres pour la dix-neuvième année consécutive » (AFP, 27/01/04). Son PDG Lindsay Owen-Jones était le mieux payé du CAC 40. Son héritière-actionnaire trônait comme première fortune du pays, onzième du monde, avec 18,8 milliards de dollars, elle présidait au Trophée Lancôme (du golf) et était entourée, sans surprise, d’un secrétaire particulier, d’un maître d’hôtel, d’un chef cuisinier ainsi que, aux murs, des tableaux de Picasso, Léger ou Monet. Mieux : elle venait de recevoir la Légion d’honneur des mains de Bernard Kouchner, alors dans la « gauche plurielle », ministre de la Santé, toujours du côté des faibles - qui lui avait murmuré : « Vous auriez pu vous contenter d’être fortunée ou d’être belle, et vous aviez les deux qualités » (Challenges, juillet 2002).
Depuis, son bonheur s’est un peu craquelé…

Voilà donc un scoop de Fakir : l’argent de Liliane Bettencourt ne tombe pas du ciel, pas d’une formule magique, pas d’un plan marketing, pas léger comme du parfum dans l’air. Ces milliards proviennent de l’exploitation, ils sentent la sueur et l’inquiétude.
Et c’est presque une révélation que ces liens invisibles, cette chaîne qui relie notre « nounours du Nord » aux caprices d’une ultra-riche, à la trésorerie de l’UMP, jusqu’aux couloirs de l’Elysée.


(article publié dans Fakir N°47, septembre 2010)

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 06:30

Pujadas-laisse-or-1.jpgLe 30 juin 2010 vers 21 h 30, alors que le présentateur du journal télévisé de France 2 David Pujadas quittait les bureaux de France Télévisions, une délégation l’attend sur le trottoir pour lui remettre le trophée le plus convoité du Parti de la presse et de l’argent (PPA) : la Laisse d’or.

L’objet, composé d’un collier en métal robuste et d’une lanière en cuir véritable, avait été acheté le jour même dans une quincaillerie parisienne et enduit d’une fine mais alléchante couche de peinture dorée. Une boîte de cirage, une brosse et un plumeau multicolore doté, selon son fabricant, du pouvoir d’« attirer la poussière » complétaient la panoplie.

En décernant ce kit au présentateur du « 20 heures » de France 2, les organisateurs entendaient récompenser le « journaliste le plus servile », comme ils l’ont expliqué au Plan B, qui passait par là. Selon eux, Pujadas mérite la Laisse d’or pour son amour des euros (12 000 euros de salaire mensuel), sa haine des syndicalistes et son dévouement pour les puissants, réaffirmé récemment dans le film culte de Denis Jeambar, Huit journalistes en colère (Arte, 9.2.10), qui le montrait fustigeant la surmédiatisation des humbles : « Le journalisme des bons sentiments, c’est aussi une bien-pensance. C’est l’idée que, par définition, le faible a toujours raison contre le fort, le salarié contre l’entreprise, l’administré contre l’État, le pays pauvre contre le pays riche, la liberté individuelle contre la morale collective. En fait, c’est une sorte de dérive mal digérée de la défense de la veuve et de l’orphelin. »

Pujadas-laisse-or-2.jpgLa cérémonie fut brève mais solennelle. Au moment où le journaliste « en colère » s’apprête à enfourcher son scooter, le comité des fêtes surgit d’un arrêt de bus pour l’acclamer, le couvrir de confettis et lui enrouler sa laisse autour du cou (qu’il a fort bas). Le récipiendaire ne cache pas son émotion, laquelle redouble lorsque ses hôtes entreprennent de dorer intégralement son scooter en le vaporisant de peinture aérosol. « Vive le laquais du Siècle ! Vive le roi des laquais ! », exulte la foule en liesse, cependant que la monture du présentateur se métamorphose en carrosse royal (voir photo).

Sans doute intimidé par cette profusion d’hommages, et soucieux manifestement d’y convier les vigiles, David Pujadas prend alors ses jambes à son cou pour s’engouffrer dans l’immeuble de France Télévisions, où le sas de sécurité le retient une bonne trentaine de secondes, le temps pour l’assistance de se disperser dans la bonne humeur. On le verra ensuite donner l’ordre aux vigiles de recouvrir la selle plaquée or de son carrosse d’une bâche en plastique. Après quoi il grimpera dessus et quittera fièrement les lieux dans une explosion de dorures et de vrombissements.

David Pujadas n’a pas souhaité donner plus de retentissement à son embouffonnage. Mais que le public se rassure : les images de la scène figureront dans le prochain film de Pierre Carles…

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /Juil /2010 06:30

Temps de cerveau disponible Nicolas Sarkozy vient de choisir Rémy Pflimlin pour succéder à Patrick de Carolis à la tête de France Télévision.

Les conditions de cette nomination portent atteinte à la nécessaire indépendance de l’audiovisuel public à l’égard du pouvoir exécutif.

Dans le contexte actuel de succession des « affaires » au plus haut niveau de l’État, cela fragilise le service public alors qu’il a au contraire besoin d’être renforcé. On est très de loin de la « République irréprochable » tant vantée par le Président de la République mais jamais réalisée.

Nous souhaitons vivement que le nouveau Président de France Télévision prenne des décisions qui assurent la pérennité du service public, notamment à travers la promotion de l’emploi public et le maintien des ressources actuellement garanties par la publicité.

Le PCF renouvelle sa demande à Monsieur Pflimlin, exprimée la semaine dernière auprès du CSA, d’organisation d’un débat public pluraliste sur la réforme des retraites. Ce serait l’occasion de prouver que le service public prend le bon chemin.

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Parti Communiste Français
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Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /Juil /2010 10:30

Il y a quelques jours, nous avions relayé pour les lecteurs de notre blog un article du journal alternatif amiénois Fakir,  animé notamment par François Ruffin, reporter à Là bas si j'y suis et au Monde Diplomatique. Le petit canard amiénois d'enquêtes sociales est menacé de poursuites judiciaires par le groupe Casino pour un article sur Jean-Charles Naouri, PDG de Casino. Nous publions donc ci-dessous, en guise de tribune solidaire, la newsletter de juin 2010 du journal Fakir. 



Naouri-Casino.jpgFakir sort son numéro d’été, avec un reportage consacré à « Jean-Charles Naouri, l’économie casino ». Mais avant même la parution du dossier, nous avons reçu des assignations au tribunal : le Groupe Casino et son PDG réclament 75 000 € à notre multinationale...
« CASINO et son président, Monsieur Jean-Charles Naouri sont les victimes d’un véritable acharnement médiatique piloté par le journal FAKIR. »

Vous ignoriez, ça, vous. Nous aussi.

On se croyait un petit canard militant, brinquebalant, entièrement rédigé, dessiné, mis en page par des bénévoles, essaimant timidement depuis la Picardie, mais voilà qu’en dix minutes chez l’huissier, hier après-midi, mercredi 23 juin, d’un coup, il nous est poussé des ailes de géant. Mieux que l’Incroyable Hulk, hop, d’un coup, notre association se transformait en conglomérat médiatique, en super-lobby, capable de « piloter » un « véritable acharnement médiatique ». On est fortiches, non ?

On comprend qu’ils tremblent, en face. Ils sont si chétifs, si fragiles. Le pauvre Jean-Charles Naouri, seulement la 63ème fortune du pays, à la tête du petit Casino, 11 000 magasins dans le monde, 200 000 « collaborateurs », 26,8 milliards de chiffres d’affaires – et cette frêle société, contre l’énorme, la puissante, la gigantesque multinationale Fakir. Ce choc contre un titan de la presse doit leur donner des sueurs froides, la nuit.

On comprend, dès lors, que ces malheureux nous réclament plus de 75 000 €. C’est une paille, pour une holding comme la nôtre. 75 000 €, notre trésorière, Aline, elle va à peine s’en rendre compte : des chèques comme ça, avec plein de zéros, elle en signe deux trois chaque matin en prenant son café. Et au pire, en décembre, les dirigeants de la Fakirie diminueront un peu leurs stock-options...

On ne va pas pleurnicher. On le sait bien, en dix années d’enquête, que notre journalisme est un sport de combat. Que notre canard a frôlé la mort judiciaire, un paquet de fois, déjà. Et bizarrement, pourtant, de toutes ces batailles – dévoreuses de temps, d’énergie, d’argent – à chaque fois nous sommes sortis plus forts. Parce que vous étiez là, camarades lecteurs. Parce que vous serez là, on le devine déjà, enthousiastes, solidaires, combatifs. A la dernière Assemblée Générale de Casino, nous étions huit – et à huit seulement, nous avons perturbé le ronron. L’an prochain, prenons les paris : nous serons huit cents.

Pourquoi le cacher, enfin ? Il y a un soupçon de fierté. Jean-Charles Naouri, face à nous, c’est l’homme qui, dans les années 80, aux côtés de Pierre Bérégovoy, a libéré la Finance. Depuis, de fonds de pension en « private equity » (il a d’ailleurs fondé le sien), de rentabilité à 15 % en super-dividendes, la dictature des actionnaires dévaste l’économie comme un nuage de sauterelles : la crise, c’est un peu, beaucoup, sa crise. Dans une démocratie normale, Jean-Charles Naouri devrait s’expliquer, en pleine lumière, au journal de 20 heures, devant des commissions parlementaires, sur les choix qu’il a opérés, dans l’ombre, il y a un quart de siècle. Mais il n’a pas à s’expliquer. Il trône tranquillement sur sa fortune, qu’il a bâtie depuis – grâce à la Finance. Alors, il y aura un espace public, maintenant, où cette histoire sera évoquée : ce ne sera pas son procès, ce sera le nôtre.

Bon voilà.

Maintenant, c’est l’été. On va réfléchir à comment on se défend, comme on contre-attaque avec une gigantesque campagne nationale. Si vous avez des idées, si vous souhaitez nous soutenir, envoyez un courriel à laurent@fakirpresse.info.

Et puis, on vous souhaite de bonnes vacances. Qui seront quand même plus belles avec un Fakir sur la plage...

Sans vous, on ne peut rien. Avec vous, on peut tout. Et c’est pour ça qu’à la fin c’est nous qu’on va gagner...

 

L’équipe de Fakir.


Fakir n’est lié à aucun parti, aucun syndicat, aucune institution. Il est fâché avec tout le monde, ou presque.

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Les antilibéraux
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Samedi 3 juillet 2010 6 03 /07 /Juil /2010 06:30

Fakir-46.jpg

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Parti Communiste Français
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Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 06:30

Didier-Porte.png

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Les antilibéraux
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Mardi 29 juin 2010 2 29 /06 /Juin /2010 06:30

Temps-de-cerveau-disponible.jpg Les patrons des grandes chaînes privées de télévision (TF1, M6, Canal+) et des radios RTL et NRJ, ont demandé la semaine dernière au président de la République la suppression totale de la publicité sur France Télévisions.

Preuve est faite que la réforme du financement de l’audiovisuel public a bien été faite pour de mauvaises raisons : donner des parts de marché supplémentaires de publicité aux seuls chaînes de télévisions privées au mépris des besoins de développement de France télévisions. Pour elles, il en faut toujours plus et c’est le sens de ce courrier comminatoire au chef de l’État.

Le PCF dénonce ce lobbying éhonté des groupes privés. Le service public audiovisuel ne doit pas continuer à être ainsi affaibli en étant privé de ressources financières propres.

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Parti Communiste Français
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Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 14:30

 

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Les antilibéraux
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 10:30

Nos amis de Fakir, le journal alternatif d'enquêtes sociales né à Amiens et animé notamment par François Ruffin, reporter à Là-bas si j'y suis sur France Inter et au Monde Diplomatique viennent de recevoir une mise en demeure du service juridique du groupe Casino à la suite de la publication sur leur site internet d'un article sur Jean-Charles Naouri, le PDG de Casino.

Fakir a retiré l'article de son site, mais c'est un reportage complet qui paraîtra dans le prochain numéro du journal que nous commanderons pour diffusion militante afin de soutenir la presse alternative. Le PCF d'Hénin-Beaumont tiendra ses lecteurs informés des suites de cette affaire.



fakir logo Jean-Charles Naouri nous attaque ? Fakir recule... pour mieux sauter.

On ne touche pas aux patrons des multinationales sans risques. Suite à la publication, sur notre site www.fakirpresse.info, d'un article intitulé "Jean-Charles Naouri :  l'économie casino", nous avons reçu une mise en demeure du service juridique du groupe Casino.

Dans l'urgence, nous choisissons de reculer.
Pour mieux sauter, bientôt.

Pourquoi ? Parce que ce papier n'était, pour nous, qu'un apéritif, qu'un avant-goût, qu'une introduction. Dès le prochain numéro de Fakir (à paraître, dans tous les bons kiosques, le samedi 26 juin), nous publierons une longue enquête sur Jean-Charles Naouri, sur sa brillante carrière des cabinets socialistes à Moulinex, sur ses réseaux de Catherine Soubie au procureur Courroye, et surtout sur l'envers de sa réussite côté salariés…

Sur ce plat de résistance, solide, costaud, nous bataillerons.
Devant les tribunaux si nécessaire. On préférerait mieux pas, c'est de l'argent, de l'énergie, du temps dépensés en vain - contre des sociétés qui, elles, ont des fortunes et du personnel à gaspiller. On préférerait mieux pas, donc, mais s'il faut se présenter devant des juges pour maintenir un droit à la critique, même féroce, de nos dirigeants économiques, alors nous nous présenterons devant les juges, confiants.
Et nous compterons alors sur votre soutien.


L'équipe de Fakir.

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Les antilibéraux
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