Casino Financier from ATTAC.TV on Vimeo.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Le blog de la section d'Hénin-Beaumont
Casino Financier from ATTAC.TV on Vimeo.
Neuf mois. Il n’aura fallu que neuf mois au gouvernement pour apporter la
preuve qu’il avait menti sur toute la ligne en imposant sa réforme des retraites à l’automne dernier. Il la modifie au moment même où elle entre en vigueur, en accélérant le passage à 41,5 ans de
cotisation pour la génération née en 1955.
Le gouvernement avait menti parce que sa réforme ne résolvait aucunement la question du financement des retraites. Sinon pourquoi modifier déjà les termes du contrat dont il avait fixé
unilatéralement les règles au mépris de toute négociation ?
Il avait menti parce que reculer l’âge de la retraite et augmenter la durée de cotisation ne pouvaient qu’aggraver la situation de l’emploi et condamner beaucoup de travailleurs de plus de 55 ans
exclus des entreprises à vivre des minima sociaux, tandis que les pensions de retraite étaient promises au déclin.
Il avait menti parce que les discours sur la pénibilité et sur les inégalités, dont sont victimes plus particulièrement les femmes et les salariés victimes du chômage et de la précarité,
n’étaient que des trompe-l’œil : la nouvelle augmentation de la durée de cotisation frappera tout le monde. Un nouveau signal est envoyé aux jeunes générations pour décrédibiliser la répartition
et promouvoir les assurances privées.
Il avait menti parce que, soucieux de sauvegarder les privilèges des riches, il avait refusé de faire cotiser les profits distribués, occultant ainsi l’indécente explosion des revenus du capital
et donc des inégalités depuis trois décennies, qui ont conduit à la financiarisation de l’économie.
Le gouvernement n'a dit la vérité que sur un point : il n’a jamais caché que toutes les réformes qu’il mettait en œuvre avaient pour but de donner des gages aux marchés financiers et aux agences
de notation, de préserver le fameux AAA de la France. Mais derrière cet aveu, il y avait une autre contrevérité : en aucun cas le président des riches ne voulait sauver les retraites.
Le monde est en crise, l’Europe aussi, la France pas moins que les autres pays. Les dettes publiques s’amoncellent à cause des politiques en faveur de la finance et de la crise que les
spéculateurs ont provoquée. Au lieu de mater la finance, les Etats se défaussent sur les populations auxquelles est présentée la facture. Le gouvernement grec brade toutes les entreprises
publiques pour obéir au FMI, à la BCE et à l’Union européenne. La BCE augmente son taux directeur et refuse toute restructuration des dettes publiques. La Commission européenne promet une taxe
sur les transactions financières en 2018, alors que les populations doivent payer comptant tout de suite. Le gouvernement français, quant à lui, impose au nom de l’austérité un nouvel abaissement
des conditions d’accès à la retraite.
Les rentes des banquiers et actionnaires sont sauves tandis que les droits des peuples et la démocratie sont bafoués. Les analyses et propositions d’Attac contre la finance et pour la promotion
d'un système de retraite solidaire sont plus que jamais d'actualité. Alors que des manifestations se multiplient dans de nombreux pays européens, que des indignés se lèvent exigeant démocratie et
justice sociale, nous voulons contribuer en France à œuvrer pour que les citoyens imposent un vrai débat démocratique sur ces enjeux de société.
Attac France,
Paris, le 11 juillet 2011
Terra Nova a reçu mercredi 29 juin le trophée
du « think tank français de l'année », dans le cadre de la première « cérémonie des Trophées des Think Tanks » (http://www.oftt.eu/oftt/article/trophees-des-think-tanks). Ce prix vient récompenser une habile stratégie de communication et des
positionnements modernes et audacieux.
On se souvient en effet de l’innovation majeure préconisée par Terra Nova pour le financement des retraites : faire payer les retraités. Récemment, le think tank proche du Parti socialiste
faisait plus fort encore : son rapport titré « Gauche, quelle stratégie pour 2012 ? » [1], invite la gauche social-démocrate à tirer définitivement un trait sur le vote des
ouvriers – ringards, réactionnaires et acquis au Front national.
Les mauvais esprits ne manqueront pas d’avancer que c’est la social-démocratie qui s’est éloignée des classes populaires, en appliquant, partout en Europe, les politiques « pro-marchés » qui ont
mené à la crise. Terra Nova leur réplique du tac au tac, le 6 juin dernier [2] : rassurer les marchés, et non les peuples, voici l’horizon de la vraie gauche européenne.
En effet, pour l’auto-proclamé « think tank progressiste », les Grecs, non les banques, sont responsables de la crise de la dette publique en Europe : il faut donc continuer l’austérité,
récuser toute restructuration de la dette et soumettre les budgets nationaux au veto du Conseil européen. Voici le « saut fédéral majeur » dont rêve M. Trichet… Un saut dans le vide néolibéral
?
Il faut préciser que l’audace iconoclaste de Terra Nova est assurée par des financements assurés à 80 % par des entreprises connues pour leur sens civique telles Microsoft, Areva, Total, Cap
Gemini, EADS, RTE…[3] qui « garantissent son indépendance » comme l’explique sans rire sa plaquette de présentation.
Attac France félicite Terra Nova pour la franchise avec laquelle, en un temps de confusion idéologique, elle réaffirme avec constance le programme d’une véritable gauche de droite. En invitant le
Parti socialiste à suivre la voie résolument moderne empruntée par les sociaux-démocrates portugais, espagnols et grecs, elle dessine pour lui des horizons prometteurs, riches en futures
démissions et déroutes électorales.
Attac France,
Paris, le 6 juillet 2011
1 - Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? http://www.tnova.fr/essai/gauche-quelle-majorit-lectorale-pour-2012, 11 mai 2011.
2 - Dette grecque : l'Europe ou le chaos http://www.tnova.fr/note/dette-grecque-leurope-ou-le-chaos
3 - Listes des financeurs sur le document de présentation de l'institut : http://www.tnova.fr/sites/default/files/Terra%20Nova%20-%20Presentation%20d%C3%A9taill%C3%A9e.pdf
Le FMI joue un rôle décisif dans la
régulation – ou plutôt l’absence de régulation – de la finance internationale. C’est pourquoi l’association Attac a décidé de proposer une candidature pour succéder à Dominique Strauss-Kahn.
Aurélie Trouvé, 31 ans, est maître de conférences en sciences économiques et coprésidente d'Attac depuis quatre ans. Elle est spécialiste des marchés agricoles, actuellement l’un des domaines de
prédilection de la spéculation financière internationale. Elle bénéficie du soutien technique et politique du Conseil scientifique d’Attac, qui comporte de nombreux économistes spécialistes des
questions financières. Si elle ne bénéficie pas encore du soutien officiel d’États, sa candidature suscitera l’intérêt de tous ceux, gouvernants ou citoyens, qui désirent remettre l’industrie
financière à sa place, celle de soutien aux initiatives de l’économie réelle.
Depuis l’éclatement de la crise financière en 2008, ni le G20, ni le FMI, pas plus que le comité de Bâle ou les autorités nationales de régulation financière, n’ont pris de mesures pour réduire
significativement l’instabilité des marchés financiers internationaux. La spéculation fait aujourd’hui rage sur les matières premières et les titres des dettes publiques.
Avec Dominique Strauss-Kahn, la politique du FMI a consisté, comme par le passé, à défendre inconditionnellement les intérêts des créanciers des États endettés, en imposant à ces derniers des
plans d’austérité brutaux : Hongrie, Ukraine et Lettonie en 2008, Islande en 2009, Grèce, Espagne, Portugal, Irlande en 2010… Les banques et les fonds d’investissement sont les principaux
bénéficiaires de politiques qui détruisent les solidarités sociales et mènent l’Union européenne au bord du gouffre.
Tout indique que Christine Lagarde fera encore pire que Dominique Strauss-Kahn. Christine Lagarde a été à la tête d'une technostructure du Ministère de l'Economie (Direction Générale du Trésor et
Direction du Budget), composée de fonctionnaires ultralibéraux acquis aux intérêts financiers. C'est ainsi que la France a refusé en 2010 de soutenir l'Allemagne sur la question de l'interdiction
de la spéculation sur les CDS (vente à nu à découvert). Les représentants de la France à Bruxelles ont toujours freiné les maigres initiatives de la Commission sur la régulation financière. Sur
la question de la taxation des transactions financières, malgré le discours apparemment offensif de Nicolas Sarkozy, le ministère de Christine Lagarde s'est toujours refusé à produire des notes
et études préparant une décision, et la France ne s'est jamais engagée réellement auprès de ses partenaires de l'Union européenne ou de l'Eurogroupe.
Aurélie Trouvé propose une réorientation fondamentale du FMI, partant du principe que la stabilité financière mondiale est un bien public qui doit être démocratiquement géré par la communauté
internationale dans son ensemble. Son programme pour le FMI comporte donc :
- l’arrêt des plans d’austérité, et la mise en place d’une taxe sur les transactions financières et d’une stricte régulation des transactions sur les produits dérivés
- la coordination des politiques économiques au plan international, amenant les pays présentant des déséquilibres excessifs (Chine, Allemagne, Japon du côté des pays excédentaires, États-Unis du
côté des pays déficitaires) à se rééquilibrer de façon coordonnée par des ajustements des taux de change ainsi que des politiques budgétaires et salariales actives ;
- le développement d’une monnaie internationale basée sur un panier des principales devises, comme alternative au dollar ;
- l’émission de Droits de tirage spéciaux pour aider les pays en difficulté durant la période de réduction des déséquilibres internationaux ou face à des chocs conjoncturels imprévus ;
- la démocratisation du FMI, par l’élargissement de son Conseil d’administration à tous les pays de la planète et l’intégration du FMI dans le système onusien, avec une voix pour chacun des 187
pays membres du Fonds : il s’agit d’en finir avec le pouvoir exclusif des grandes puissances.
C’est sur cette base qu’Attac a envoyé hier 1er juin 2011 au FMI la candidature officielle de Mme Aurélie Trouvé, 31 ans, économiste. Toute candidature doit être présentée par un des gouverneurs
et administrateurs du FMI. L'association Attac compte sur le fair play de Christine Lagarde, actuel gouverneur du FMI pour la France.
Attac France,
Paris, le 2 juin 2011
Les annonces du G8 communiquées dans la déclaration finale issue du sommet
de Deauville sont sans surprise : derrière un voile de bonnes intentions, elles visent toutes à promouvoir les intérêts économiques des pays du G8, à capter des parts de marché et à resserrer
l'étau de l'austérité tout en poursuivant des politiques sécuritaires et guerrières. Ainsi, sous couvert d'aide à la Tunisie et à l'Egypte, il s'agit d'imposer le Fonds monétaire international,
ses recettes néolibérales et ses plans d'austérité sociale, via les prêts accordés à ces deux pays. Le FMI vient d'ailleurs de l'annoncer clairement : pour cette offre de soutien, il "appelle à
des politiques soutenant un environnement favorable pour le secteur privé".
Quand il est question de "tirer toutes les leçons nécessaires" de la calamité de Fukushima, la poursuite du développement de l'industrie nucléaire n'est absolument pas remise en cause pourvu que
soit prise en compte la "sûreté nucléaire", ce qui rassure certainement les champions de l'atome du G8. Les vrais enjeux de sobriété énergétique et de développement d'autres sources d'énergie
renouvelable n'ont même pas été mis sur la table.
En pleine crise économique et sociale, les pays du G8 affichent tranquillement leur croyance inébranlable dans le néolibéralisme économique : "Le G8 réaffirme son soutien de longue date aux
marchés libres et ouverts". Les huit réaffirment le rôle fondamental de l'OMC pour libéraliser les marchés et s'engagent à multiplier les efforts pour aboutir à un accord multilatéral en son
sein. Les huit ne manquent pas non plus de se réjouir des mesures d'austérité mises en place en Europe, censées restaurer l'emploi et la croissance.
Ainsi le G8 reste fidèle à lui-même : un sommet des huit chefs d'États les plus riches qui ambitionnent toujours de gouverner le monde, des discussions opaques qui se font dans le dos des
peuples, des millions d'euros dépensés et des dispositifs sécuritaires disproportionnés, des mouvements sociaux qui ne peuvent manifester que très loin de Deauville, au Havre, encadrés par des
hordes de policiers...
Cette "gouvernance mondiale" se fait sans les peuples et contre leurs intérêts. Reste à amplifier la mobilisation face au G20 de Cannes en novembre prochain, qui s'impose peu à peu comme le
nouveau directoire mondial. En écho aux soulèvements dans les pays arabes, en Espagne et un peu partout dans le monde, nous appelons les mouvements sociaux internationaux à converger face à un
G20 illégitime, un G20 de mèche avec les intérêts financiers et bancaires, pour réclamer la démocratie maintenant.
Attac France,
Paris, le 27 mai 2011
« Ce que nous vivons, ce n’est pas une crise, c’est une escroquerie
! » C'est à présent au tour des espagnols de se soulever contre les « potions amères » des gouvernements européens et l’impunité des banquiers.
Inspirée par les mouvements démocratiques dans les pays arabes, la population se soulève de façon spontanée. Réunis sous le mot d'ordre « Pour une vraie démocratie, maintenant ! », des
centaines de milliers d’Espagnols, en premier lieu des jeunes, se sont retrouvés dans les rues de plus de soixante villes du pays. Les manifestants dénoncent la précarisation, le pouvoir de la
finance et l'irresponsabilité, voire la complicité des responsables politiques. Ils demandent, surtout, que la crise soit payée par ses principaux responsables, notamment l'industrie financière
et bancaire.
Les mobilisations ont commencé le dimanche 15 mai, et depuis trois jours, les manifestants occupent la place de la Puerta del Sol, à Madrid. A l’inverse des médias français, qui semblent avoir
fait l’impasse sur la mobilisation, la presse espagnole reprend largement les slogans de ceux qui se réclament du « mouvement du 15 mai ». « Il y a des alternatives politiques, il suffit
juste de les réinventer. Sans violence, mais avec fermeté » clament ainsi les manifestants. La mobilisation doit se poursuivre au moins jusqu'au 22 mai, jour des élections régionales et
municipales en Espagne.
L’Espagne, le Portugal, la Grèce, l’Irlande subissent de plein fouet les politiques antisociales promues par l'Union européenne et le Fonds monétaire international et appliquées en l’absence de
tout débat démocratique : coupes franches dans les dépenses publiques, baisses des salaires, des retraites et des minimas sociaux, démantèlement des services publics... Des politiques qui sont
amenées à se généraliser avec la nouvelle « gouvernance économique » qui s’apprête à être votée en juin au Parlement européen.
Pourtant les résistances se multiplient : Au Portugal, le défilé de la « génération fauchée » a rassemblé des centaines de milliers de manifestants en mars. En Grèce, les grèves générales se
succèdent. Celle du 11 mai a été très suivie, avec des dizaines de milliers de manifestants qui s’opposaient aux mesures d’austérité injustes – qui ont par ailleurs prouvé leur ineptie en
plongeant le pays plus profondément dans la récession.
Il est temps de dire non ! C’est pourquoi Attac France, avec les Attac d’Europe, a lancé une pétition contre les politiques d’austérité de la nouvelle gouvernance économique européenne (http://www.france.attac.org/non-la-gouvernance-economique-du-pacte-pour-leuro), et se rendra au Havre ce
week-end à l’occasion du contre-G8 afin de clamer haut et fort que les peuples doivent passer avant la finance.
Attac France,
Paris, le 19 mai 2011
La crise financière a provoqué l'envolée des dettes publiques. Au lieu d'envoyer la facture à l'industrie bancaire et financière, les gouvernements et la Commission européenne veulent faire payer
les citoyens ordinaires.
La crise de l'Euro est devenue un prétexte pour mettre en place une «gouvernance économique» ultralibérale qui imposera des politiques d'austérité pendant des années. La Commission européenne
aura de nouveaux pouvoirs pour imposer de lourdes sanctions financières aux gouvernements qui appliqueraient trop timidement ces mesures.
Il existe pourtant des alternatives à ces politiques d'austérité, en commençant par l'introduction d'une taxe sur les transactions financières et une régulation drastique de la finance.
Le parlement européen se prononcera le 8 juin sur les propositions législatives de gouvernance économique, en lien avec le Pacte pour l'euro. Dans cette perspective, le réseau des Attac d'Europe,
et le Corporate Europe Observatory lancent une initiative d'interpellation à destination des députés européns... Il est encore temps de dire non!
Passez à l'action ! Et signez la pétition européenne contre cette « gouvernance économique » antisociale et antidémocratique, sur le site de la plateforme européenne ou sur le site d'Attac France
:
Le rapport provisoire sur les gaz et huiles de schiste commandé par Éric
Besson et Nathalie Kosciusko-Morizet à deux ingénieurs des Mines et deux ingénieurs des Ponts et des Eaux et Forêts est formel : « Dans deux ou trois ans, l'expérience acquise, aussi bien
dans notre pays qu'en Europe et en Amérique du Nord, permettra de prendre des décisions rationnelles sur l'opportunité d'une exploitation de gaz et huiles de roche-mère en France ». Le
nouvel eldorado mérite bien un tel exercice de rationalité : le bassin parisien devrait renfermer d'importants gisements d'huile de schiste (100 millions de m3 techniquement exploitables) et le
sud de la France du gaz de schiste (500 milliards de m3).
Au moment où les collectivités locales ont de moins en moins de ressources de l'État et sont parfois mises en faillite par leurs emprunts à taux excessifs sur les marchés, ce même rapport
préconise « une révision de la fiscalité pétrolière de sorte que les collectivités locales trouvent un intérêt à une exploitation d'hydrocarbures sur leur territoire ». De quoi
espérer acheter et faire taire des élus très mobilisés pour la sauvegarde écologique de leur territoire.
Les «experts» français ont malheureusement été devancés par un rapport publié quelques jours avant par la Commission de l'Énergie et du Commerce de la Chambre des Représentants des États-Unis. On
y apprend que cette technologie a nécessité entre 2005 et 2009 l'utilisation de plus de 2.500 produits chimiques dont des substances cancérigènes et polluantes (benzène, toluène, xylène,
éthylbenzène, regroupés sous le sigle BTEX, ou encore le 2-butoxyéthanol dit Butylglycol qui peut détruire les globules rouges et attaquer la moelle osseuse). Quatorze millions de litres ont été
utilisés sur la période à cette fin.
Les temps sont durs pour les apprentis sorciers ! Le 20 avril 2011, des milliers de litres d’eau se sont échappés d’un puits de gaz en Pennsylvanie à la suite d’une explosion, provoquant
l’évacuation des habitants de la localité de Leroy Township (Source AFP). Seule consolation majeure : le chiffre d’affaires d’Halliburton, détenteur de la technologie par fragmentation, a
explosé lui aussi en 2010 sans dégâts majeurs. Là est la rationalité !
Pendant que Monsieur Borloo occupait la galerie avec le Grenelle de l’environnement, l’opération était déjà engagée, en liaison avec Total, GDF-Suez notamment et quelques ingénieurs des Mines et
des Ponts. Alors plus que jamais, nous, citoyens raisonnables et informés, sommes sur le pont ! Nous ne laisserons pas quelques firmes transnationales et leurs alliés détruire des territoires de
manière irréversible.
Attac France,
Paris, le 22 avril 2011
Au G20 des 15 et 16 avril, à Washington, les ministres des finances ont mis
en scène des avancées très limitées dans la gouvernance économique mondiale. La "méthode ouverte de coordination" (MOC) expérimentée depuis dix ans par l'Union européenne dans le domaine social,
avec le succès qu'on connaît, s'exerce désormais au plan mondial. Les dirigeants consacrent leur énergie à élaborer des "indicateurs de déséquilibres excessifs" qui permettront ensuite de montrer
du doigt les mauvais élèves. Aucun mécanisme contraignant, hormis ceux qui renforcent l'austérité, ne leur sera cependant imposé pour redresser la barre.
Les questions sociales restent totalement hors du radar du G20 : l'emploi, le chômage, les inégalités sont absents des critères adoptés à Washington. Certes, concernant les indicateurs
économiques et financiers, l'approche du G20 est moins aveugle que celle qui prévaut en Europe. Dans l'Union, seuls les pays déficitaires sont montrés du doigt : l'Allemagne, qui impose ses
excédents commerciaux au reste de l'Union, est supposée "vertueuse". Le poids des États-Unis (lourdement déficitaires) dans le G20 empêche qu'une telle aberration y soit reproduite. La Chine, le
Japon et l'Allemagne sont eux aussi - implicitement pour le moment - désignés comme coupables des déséquilibres mondiaux du fait de leurs politiques commerciales agressives.
Mais pour qu'une démarche coopérative de résolution des déséquilibres mondiaux ait une chance d'aboutir, il faudrait aussi que les États-Unis acceptent une remise en cause de l'hégémonie du
dollar, ce qui est loin d'être le cas. Il faudrait enfin et surtout que le G20 s'attaque sérieusement à la domination de la finance, qui se délecte de jouer au yo-yo avec les monnaies et les
matières premières, dont les matières premières agricoles.
De ce point de vue, le bilan est désastreux. La taxation des transactions financières - soi-disant une priorité de la présidence française du G20 - ne figure même plus dans les conclusions du
sommet de Washington. Les paradis fiscaux offrent toujours leurs services impunément aux spéculateurs et fraudeurs du monde entier, permettant aux grandes entreprises de continuer à générer des
dividendes en croissance en détournant la fiscalité.
La "lutte contre la volatilité des cours des matières premières" se limite à demander plus de transparence sur les marchés dérivés de produits agricoles (ou marchés à terme). L'hypothèse d'un
plafonnement des positions de certains spéculateurs (mesure adoptée l'an dernier aux États-Unis) est évoquée mais repoussée au prochain G20.
Des mesures qui, même si elles étaient adoptées, ne réduiraient que marginalement les fluctuations des cours.
Les marchés à terme de produits agricoles sont supposés protéger les producteurs contre les fluctuations de prix. Cible des spéculateurs, ces marchés sont maintenant une des causes de la
volatilité des prix. Il faut les réguler drastiquement, mais également leur faire perdre leur raison d'être, en restaurant une forte régulation des marchés agricoles, notamment par des politiques
de stocks et de prix garantis. Ce qui suppose de remettre en cause les accords de l'OMC, à l'inverse de ce qui est prôné chaque année par le G20.
Une coalition française et internationale d'organisations et de syndicats prépare la venue du G20 à Cannes en novembre 2011, après celle du G8 à Deauville en mai. Il s'agira de faire entendre aux
dirigeants de la planète les exigences des citoyens du monde entier, afin de faire passer "les peuples avant la finance".
Attac France,
Paris, le 18 avril 2011
Commentaires