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Politique héninoise

Vendredi 4 août 2006 5 04 /08 /Août /2006 12:45
logo-ps.png La Voix du Nord nous apprend ce matin que la lettre de la dernière chance envoyée par Daniel Duquenne à François Hollande pour lui demander de désavouer les initiatives de la Fédération socialiste du Pas-de-Calais visant à réintégrer Gérard Dalongeville, a toutes chances de rester sans réponse.

C'est en effet la signature de François Hollande lui-même qui figurerait sur les cartes des adhérents de la nouvelle section radicale-socialiste du PS. Autant dire que le Premier Secrétaire du Parti Socialiste a donné raison à la Fédération socialiste du Pas-de-Calais aux dépens de Daniel Duquenne. Ou quand un parti politique punit la fidélité et récompense le pragmatisme...

Par la même occasion, on apprend que Gérard Dalongeville va inviter Jack Lang et Ségolène Royal à Hénin-Beaumont...

Contrairement à une idée répandue, il ne faudrait pas réduire les divergences qui opposent les chefs socialistes entre eux à des querelles de personnes ; le PS est profondément divisée entre son aile antilibérale incarnée par des militants courageux comme Marc Dolez, Gérard Filoche, voire Henri Emmanuelli, Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg et son aile sociale-libérale.
Les projets politiques des uns et des autres sont profondément différents ; d'un côté les antilibéraux du PS restent fidèles aux valeurs de la social-démocratie, de l'autre, les habitués des plateaux de télévision que sont Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang ou Ségolène Royal se sont convertis à une forme de politique-spectacle qui rappelle le Parti Démocrate américain et le New Labour britannique, une politique qui ne remet aucunement en cause le capitalisme néolibéral.

Dans ces conditions, le choix d'inviter des "têtes d'affiche" comme Jack Lang et Ségolène Royal (deux partisans du Oui au TCE, faut-il le rappeler ?) est pour le moins contestable. On ne sait pas trop ce que les militants de la nouvelle section radicale-socialiste héninoise retireront de leur venue à Hénin-Beaumont... Peut-être un exemple à ne pas suivre de starification de la vie politique délivré par des maîtres en la matière ?
Par David NOËL - Publié dans : Politique héninoise
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Samedi 6 mai 2006 6 06 /05 /Mai /2006 09:45
logo-ps.png Il reviendra peut-être, dans quelques années, à un historien, à un spécialiste de l'histoire politique locale de se pencher sur l'implosion de la section héninoise du Parti Socialiste et de redonner du sens à une situation politique que beaucoup trouvent incompréhensible.

Depuis plus de 5 ans, les observateurs en sont réduits à commenter les rebondissements feuilletonesques de ce qui était autrefois la première force politique locale.

C'est à la fin de l'ère Darchicourt que se noue le premier acte : déconsidéré dans sa propre section par sa gestion jugée autocratique, Pierre Darchicourt est unanimement méprisé par les principaux dirigeants de la fédération socialiste du Pas-de-Calais.
Il ne parvient pas à enrayer le vent de dissidence qui se lève autour de Gérard Dalongeville, son ancien directeur de cabinet.
On connaît la suite : la liste des dissidents du PS menés par Gérard Dalongeville, alliés aux Verts pour la circonstance, remporte les élections municipales de 2001.

Gérard Dalongeville et ses proches ont besoin d'une étiquette politique : ce sera celle du Pôle Républicain sous les couleurs duquel Gérard Dalongeville se présente aux élections législatives de 2002. Mais le Pôle Républicain prend l'eau de tous côtés et Jean-Pierre Chevènement lui-même est battu aux législatives.

Gérard Dalongeville et ses proches n'intègrent pas le MRC. En attendant le grand pardon de la fédération socialiste du Pas-de-Calais, ils choisissent de rester indépendants.
Ils se regroupent d'abord dans une éphémère Association de Rassemblement pour la Ville d'Hénin-Beaumont avant de fonder "Le poing et la rose", une association dont le nom transparent se veut un brevet de fidélité à la cause socialiste.
Combien sont-ils, ces socialistes dissidents, qui soutiennent Gérard Dalongeville ? On ne le sait pas exactement. Tous ne sont sans doute pas des militants socialistes convaincus, loin s'en faut, mais après tout, il n'y a pas de mauvaise raison d'adhérer à un groupement politique ; tous les partis politiques fournissent à leurs adhérents une formation intellectuelle, dans tous les partis politiques, des liens d'affinité se créent, dans tous les partis politiques, le militantisme est rétribué, d'une manière ou d'une autre, de façon plus ou moins symbolique selon les positions de pouvoir occupées. La satisfaction du devoir accompli, l'amitié, l'accès à des fonctions à la tête du groupement politique en question sont des rétributions tout aussi importantes que les autres. Il serait donc injuste de soupçonner les dissidents socialistes groupés autour de Gérard Dalongeville d'attendre du maire une rétribution que tous les partis fournissent de toute façon à leurs membres, ou de leur dénier a priori la qualité de "socialiste" qu'ils revendiquent.

Il reste que les socialistes restés fidèles à Pierre Darchicourt, puis après sa désertion, à Daniel Duquenne, sont vraisemblablement minoritaires face aux socialistes dissidents regroupés autour de Gérard Dalongeville.

Dans cette affaire, on peine à distinguer la position officielle de la fédération socialiste du Pas-de-Calais. Certes, les dirigeants de la fédération sont attachés à la discipline partisane et ne peuvent accepter qu'un socialiste dissident se présente et élimine le candidat officiel du Parti Socialiste. De même, il est hors de question pour la fédération d'un parti politique démocratique de contester la légitimité d'un secrétaire de section largement réélu en 2003 dans le cadre du congrès de Dijon et en 2005 à l'occasion de celui du Mans. Daniel Duquenne bénéficie d'une légitimité qui n'est pas discutable.
Pour autant, la fédération socialiste du Pas-de-Calais l’a soutenu comme la corde soutient le pendu. Christine Coget et ses amis ont d'ailleurs quitté la section PS héninoise et fondé une association pour cette raison.

Incontestablement, un nouvel acte vient de se jouer cette semaine : on vient en effet d’apprendre que les dirigeants départementaux du Parti Socialiste ont accepté la création d’une section « radicale-socialiste » présidée par l’ex-PRG Olivier Vergnaud et manifestement conçue comme un « sas de décompression » pour accueillir les partisans de Gérard Dalongeville qui ne pouvaient pas adhérer à la section locale du PS.

Le désaveu est clair pour Daniel Duquenne. Il s’explique par deux raisons, qui n’ont rien à voir avec une quelconque prise de position de la fédération socialiste du Pas-de-Calais sur la gestion municipale de l’équipe emmenée par Gérard Dalongeville : Gérard Dalongeville a sans doute pour lui le nombre d'adhérents, c'est la première raison, qui est loin d'être anecdotique. Mais plus profondément et c'est la seconde raison, la fédération socialiste du Pas-de-Calais a parfaitement intégré les règles du scrutin uninominal majoritaire et de la personnalisation de la vie politique qu'il entraîne. Concrètement, les dirigeants socialistes du Pas-de-Calais rêvent de trouver "l'homme fort", le "patron" de la XIVe circonscription qui pourra succéder à Albert Facon. Gérard Dalongeville pourrait être cet homme fort tant attendu...

On ne peut que déplorer l'inélégance du procédé à la fois vis-à-vis du PRG et vis-à-vis de Daniel Duquenne et des adhérents de la section héninoise du PS, qui peuvent légitimement se sentir trahis. Certes, le souci de panser les plaies après une dissidence qui a vu l'implosion de la section socialiste d'Hénin-Beaumont n'est pas condamnable en soi. Ce sont les considérations politiciennes qui ont prévalu qui sont condamnables. Elles pourraient faire le jeu d'une extrême droite qui est plus que jamais à l'affût.
Par David NOËL - Publié dans : Politique héninoise
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Jeudi 13 avril 2006 4 13 /04 /Avr /2006 11:25
Le ralliement de la liste indépendante de Jean-Marc Legrand à Gérard Dalongeville en 2001 a failli nous le faire oublier, mais il existe bel et bien un électorat de droite à Hénin-Beaumont.

Si évidemment nous nous opposons en tous points au projet de société libéral comme au projet de société centriste et démocrate-chrétien, nous n'avons pour notre part jamais pensé que les électeurs de sensibilité, de culture politique centriste ou libérale avaient disparu de la scène héninoise.

En 2004, lors des dernières élections régionales, les quelque 1500 électeurs qui ont porté leurs voix sur les listes UMP de Jean-Paul Delevoye et UDF de Valérie Létard représentaient près de 15 % des suffrages.

Ces électeurs étaient pourtant orphelins d'un parti qui porterait leur sensibilité sur Hénin-Beaumont.

C'est sans doute là qu'il faut chercher cette autre spécificité locale, qu'est la puissance dans le bassin minier d'une extrême droite qui dépasse parfois les 30 % des suffrages.
A n'en pas douter, des transferts de voix issues de la droite modérée ont contribué au renforcement de l'extrême droite héninoise aux élections locales.

Ce n'est donc pas une mauvaise chose que la droite héninoise se réorganise, d'une part pour que le FN cesse d'être hégémonique à droite et d'autre part parce que le retour du clivage droite-gauche dans le débat politique héninois remettra les différences idéologiques à l'honneur en lieu et place des attaques personnelles qui ne grandissent pas les forces politiques héninoises.

Dans le même temps, le retour de la droite héninoise témoigne des défis qui nous restent à relever : l'hégémonie des idées libérales dans le débat public et dans de nombreux médias n'a pas été remise en cause, malgré le 29 mai, malgré la victoire dans le combat contre le CPE.
Sarkozy, adepte des méthodes à l'américaine et du populisme, s'est livré à un marketing politique sans précédent : en faisant adhérer à l'UMP par sms, en achetant des mots-clés sur google...

Pour notre part, nous nous refusons à ce type de méthode populiste, mais il nous faut nous renforcer. Adhérer à un parti politique, militer, ce n'est pas ringard !
Les communistes d'Hénin-Beaumont sont sur le terrain pour défendre vos droits et conquérir de nouveaux droits, construire une société plus juste.
N'hésitez pas à nous rejoindre !
Par David NOËL - Publié dans : Politique héninoise
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