REPORTAGE - Devant ses partisans réunis sur une plage à Marseille, l’eurodéputé a prôné "la république sociale". La
veille, il s’était posé comme un "inéluctable" recours à gauche.
La Méditerranée à sa droite, une marée de drapeaux rouges devant lui et un discours fleuve. Après la Bastille et Toulouse, voici Marseille où Jean-Luc Mélenchon a tenu à montrer sa force. Le long
de la plage du Prado, des dizaines de milliers de personnes (plus de 100.000 selon les organisateurs) sont venues écouter la nouvelle coqueluche des sondages. "C’est le mistral gagnant",
sourit Éric Coquerel, son conseiller. Un message en tout cas avant dimanche et ce que Mélenchon appelle "l’attroupement de la Concorde" de Nicolas Sarkozy et le "rassemblement du
Bois" de François Hollande. "Le donner à voir est très important. On va leur montrer qu’il y a plus grand qu’eux", avertissait vendredi le candidat du Front de gauche.
"Dès le 7, la finance attaquera la France"
Après quelques mots à la gloire du métissage et au bonheur d'"être mélangés", le natif de Tanger a déroulé l’un de ses thèmes du jour : la république sociale. "La VIe République doit
être la république sociale", lance, depuis son pupitre, cet admirateur de Jaurès. S’adressant "aux ouvriers et aux ouvrières" comme d’autres s’adressent aux "travailleurs"
et aux "travailleuses", Jean-Luc Mélenchon a promis l’extension de leurs droits. Pour "mettre fin à l’Ancien Régime de la monarchie absolue du patronat dans l’entreprise", il
propose un droit de vote des représentants du personnel en cas de licenciement collectif ou de restructuration et un "droit de préemption" en cas de cession ou de liquidation de
l’entreprise. Un peu plus tôt, Pierre Laurent avait, lui aussi, mis en garde les "puissants" : "Depuis la Bastille, le spectre de la Révolution française hante à nouveau l’Europe des
privilégiés." Raillant "Mme Parisot" qui "a le cou qui la gratte", le patron du PCF la rassure, à sa manière : "Cette fois, nous leur laisserons la tête mais nous
plumerons tout le reste."
Persuadé que, quel que soit l’élu du 6 mai, "dès le 7, la finance attaquera la France", Mélenchon se présente comme celui qui organisera "la lutte implacable pour rendre les
coups". Où ? Dans la rue, si ce n’est au pouvoir. "Pendant que François Hollande est là et qu’il ne bouge pas, nous, on avance", se félicitait récemment Mélenchon. De là à le
dépasser… "Si on avait 15 jours de plus, on serait sûr d’être au deuxième tour", assure son bras droit François Delapierre, rêvant d’un Sarkozy qui "dévisse" et d’un second tour
Hollande-Mélenchon. Mais voilà, le premier tour est dans sept jours. Alors, dans son camp, on imagine déjà la suite.
"Avant dix ans, le Front de gauche sera au pouvoir"
L’avenir a parfois les couleurs du passé. Au Front de gauche, la référence au Front populaire devient de plus en plus présente. Si la gauche gagne, "la victoire électorale sera suivie d’une
mobilisation populaire", comme en 1936, a expliqué Mélenchon vendredi, lors d’un déjeuner avec la presse. Et comme en 1936, il ne voit pas ses alliés communistes truster les places de
ministres dans un quinquennat Hollande. Au Front de gauche, "personne n’ira au gouvernement ou alors des renégats", tranche-t-il.
Le candidat voit loin : "Avant dix ans, le Front de gauche sera au pouvoir. Si je dis cela, ce n’est pas par arrogance", assure-t-il, mais parce qu’il y a une "pente des
événements" qui met le modèle néolibéral dans "une impasse absolue". Et naturellement, Mélenchon se pose en "recours". Si le PS gagne, "on aura un François Hollande
chevauchant une mer déchaînée avec un esquif qui n’est pas paré pour le grand large", pronostique Delapierre, filant la métaphore du capitaine de pédalo. En attendant un hypothétique
naufrage, Mélenchon pourrait alors continuer sa lutte ailleurs. Avec une candidature à l’Assemblée dès juin prochain ? "Peut-être, on en discute", a lâché Mélenchon qui, jusqu’à présent,
a toujours nié cette possibilité.
Légende photo : Jean-Luc Mélenchon a réussi une nouvelle démonstration de force, samedi à Marseille. (Reuters)
Source : Arthur Nazaret, envoyé spécial à Marseille - Le Journal du Dimanche
Samedi 14 avril 2012
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires


Cette
semaine, le Nouvel Observateur fait couler son encre, en essayant de trainer le candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle, dans des eaux bien fétides, chargées des éléments
de langage communs au FN et au Medef contre Jean-Luc Mélenchon.
Si leur candidat a déjà dit qu’il ne participerait pas à un gouvernement Hollande, les communistes hésitent sur la stratégie à suivre.
Déclaration des économistes du
PCF
Commentaires