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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

A mes amis qui doutent...

Un migrant est mort à Calais, la semaine dernière. Un de plus. Sur le site de France 3 Nord-Pas-de-Calais, le modérateur a dû rappeler plusieurs fois que le racisme était un délit puni par la loi et censurer des commentaires qui allaient jusqu'à l'appel au meurtre.

Un véritable déferlement de haine raciste gangrène notre société où l'ethnicisation des rapports sociaux a remplacé la lutte des classes. Le vote Front national est désormais assumé et le racisme décomplexé. Sur la fachosphère, des mensonges éhontés sur les migrants qui toucheraient des aides sociales mirobolantes sont colportés par les plumitifs fachos et avalés par des imbéciles. 

Vendredi soir, je regardais une rétrospective sur Jean-Jacques Goldman. En 1987, le chanteur a écrit avec "Là-bas" une des plus belles chansons sur les rêves d'un migrant, un véritable hymne à la tolérance... 1987-2015 : près de trente ans plus tard, rien n'a changé. Le racisme est devenu plus décomplexé.

Parfois, certains doutent : "Ils ont remporté la bataille idéologique. On ne les délogera pas."

A tous ceux qui doutent, je voudrais leur dire que c'est nous qui sommes dans le vrai. L'égalité et la fraternité ne sont pas des gros mots. N'en ayons pas honte et ne courbons pas la tête devant les fascistes. Ces gens-là sont des fascistes. A tous ceux qui doutent, à Hénin-Beaumont et ailleurs, je voudrais leur dire que rien n'est perdu. J'ai toujours en tête ces propos du grand résistant Maurice Kriegel-Valrimont, interviewé par François Ruffin :

« On ne peut savoir à l’avance comment tourne l’histoire, mais il y a eu plein de moments où les retournements sont rapides comme en 1934 où la France a l’air dans une situation pré-fasciste, un peu comme aujourd’hui, et après la grosse manif de regroupement syndical de février 1934, il n’a fallu que deux ans pour qu’arrive le Front Populaire. Personne ne s’attendait à ça. »

Appelant la jeunesse d'aujourd'hui à y croire encore, Maurice Kriegel-Valrimont ajoutait, revenant sur la mise en oeuvre du programme du CNR : « Dans un pays à genoux, où il n’y a plus de ponts, plus de charbon, plus d’acier, plus d’énergie... pour beaucoup c’était de la folie que de vouloir mettre en place la sécurité sociale et les retraites. Mais ces jeunes résistants n’ont pas hésiter à bousculer les choses, ce qui montre qu’il faut faire confiance dans la jeunesse. Nous sommes passés outre et nous avons fait les choses. Et la preuve a été faite que c’est grâce à la législation sociale que les progrès ont été accomplis. Ceux qui exploitent les autres n’ont pas de scrupules à penser que certains doivent profiter et d’autres subir, ce qui aggrave les empoisonnements sociaux. Mais ce n’est pas immuable, et bien au contraire, il est clair désormais que le fait de garantir des droits sociaux résout les problèmes ».

La bataille idéologique sera longue et difficile. Mais c'est nous qui sommes dans le vrai. Pas eux.

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Dorothée FIZAZI 03/08/2015 09:48

Qui connait encore les mots liberté, égalité, fraternité ?