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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

14 juillet 2017 : drôle d'ambiance pour la fête nationale...
14 juillet 2017 : drôle d'ambiance pour la fête nationale...

Je me suis rendu hier, avec ma collègue Marine Tondelier et les camarades du PCF et de l'opposition républicaine, aux commémorations du 14 juillet, d'abord au monument aux morts de Beaumont, puis au monument aux morts du cimetière centre.

Le 14 juillet, c'est notre fête nationale, la fête de la République et pour le PCF comme pour l'ensemble du groupe de l'opposition républicaine, il est important de célébrer la République, cette République sociale, généreuse et fraternelle pour laquelle les révolutionnaires se sont battus et que Marine Le Pen ne représentera jamais...

Marine Le Pen, justement, était présente, en tant que nouvelle députée de la circonscription, dans une ambiance particulière... Il y a quelque chose de profondément gênant à célébrer la fête nationale avec une demi-douzaine de gardes du corps aux aguets encadrant la foule présente au monument aux morts.

L'actualité du jour, c'était la polémique faisant suite aux propos du chef d'Etat-major de l'armée française, le général Pierre de Villiers, qui s'est plaint mercredi devant la Commission de défense de l'Assemblée nationale des coupes budgétaires de 850 millions d'euros dans le budget de la défense annoncées par Bercy. Jeudi, Emmanuel Macron a sévèrement recadré le chef d'Etat-major dans un discours le rappelant à son devoir de réserve et de discrétion. 

Comme par hasard, hier, au monument aux morts du cimetière centre, le colonel Ronfort a lu un texte du général de Villiers intitulé "le drapeau", avant que Marine Le Pen, dans la foulée, la cérémonie terminée, ne donne une interview à BFM-TV pour dire tout le mal qu'elle pensait des coupes budgétaires d'Emmanuel Macron et apporter son soutien au chef d'Etat-major, qualifié de "grand serviteur de la nation". 

Pour ma part, je considère comme une aberration démocratique l'interdiction faite aux militaires de s'organiser syndicalement et de revendiquer de meilleures conditions de travail, comme dans toutes les autres professions. Par ailleurs, je trouve anormal de vouloir empêcher quelqu'un de s'exprimer librement devant une commission parlementaire. Ceci étant, on a connu le Front national beaucoup plus chatouilleux sur le devoir de réserve, n'hésitant pas à sanctionner un photographe municipal pour avoir témoigné sur la pose de caméras dans l'hôtel de ville. Deux poids, deux mesures...

Pendant que nous défilions jusqu'à la plaine de la Maladrerie où je ne me suis pas rendu pour ne pas avoir à subir le discours anti-islam obsessionnel de Marine Le Pen, je réfléchissais à la scène à laquelle nous venions d'assister avec la désagréable impression que la célébration de la Fête nationale, cette année, avait été complètement instrumentalisée et vidée de son sens par le duo Le Pen-Briois. 

Le 14 juillet, ce n'est ni la fête de l'armée, ni celle du drapeau tricolore - et d'ailleurs, mon drapeau à moi, c'est le drapeau rouge des internationalistes - mais la fête de la République, une République née d'une Révolution populaire.

Si je peux comprendre la colère des militaires dont le budget est victime de coupes sombres - et en tant que syndicaliste enseignant, je me bats au quotidien contre le démantèlement des services publics, le gel du point d'indice, l'insuffisance de nos rémunérations, le manque de créations de postes... - j'ai trouvé dérangeant que le colonel présent lors des commémorations marque ainsi son soutien à son supérieur, mais surtout, "serve la soupe" à Marine Le Pen interviewée dans la foulée par BFM-TV, comme si tout cela avait été préparé et "téléphoné".

La fête nationale méritait mieux que ça...

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