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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

86 militants de la Tendance Unité et Action Syndicale (TUAS), la principale tendance de l'aile gauche de l'UNEF qui avait obtenu 25 % des voix au congrès de 2017 et qui était réputée proche des communistes, viennent d'annoncer dans une lettre ouverte de 22 pages que vous trouverez en téléchargement sur notre blog leur départ de l'UNEF, jugée sclérosée par le jeu des tendances et irréformable.

Le jugement des militants de la TUAS sur le fonctionnement interne de leur organisation est sévère. Les démissionnaires pointent du doigt l'électoralisme chronophage du syndicat étudiant, qui le conduit à envoyer le peu de militants disponibles sur les campus où ont lieu des élections pour des "semaines de mobilisation" là où le syndicat n'est pas implanté, à mener des campagnes nationales hors-sol, à construire des listes de candidats aux conseils d'administration artificielles, avec des candidats sans formation qui démissionnent très vite et ne jouent pas leur rôle. Pour les militants démissionnaires de la TUAS, l'UNEF n'a pas de stratégie de développement et d'implantation locale, les quelques cadres locaux qui émergent sont très vite propulsés au bureau national pour y participer à des luttes de tendances stériles.

Du côté de la Tendance Majorité Nationale (TMN), on cherche à minimiser les départs. Toujours est-il que dix-huit ans après la réunification de 2001 qui avait vu la fusion de l'UNEF-ID (proche du PS) et de l'UNEF-SE (proche du PCF), l'UNEF pourrait à nouveau se diviser. En 2003, la scission de l'aile droite de l'UNEF qui avait fondé la Confédération étudiante avec le soutien de la CFDT, n'avait eu qu'un impact limité et la Confédération étudiante avait disparu en 2013.

Les militants de la TUAS démissionnaires, issus des AGE locales de Limoges, Lille, Caen, Rouen, Nantes, Amiens, Poitiers, Bordeaux, Le Havre et Sciences Po Paris souhaitent créer une nouvelle organisation nationale.

En 2000, les sections syndicales de l'UNEF-SE proches des trotskistes ou des courants orthodoxes du PCF qui avaient refusé la fusion avaient alors créé la Fédération Syndicale Etudiante (FSE), qui n'était présente que sur quelques campus et avait rapidement périclité avant de fusionner en 2013 avec SUD Etudiants.

Il faudra suivre avec attention ce que feront les démissionnaires de l'UNEF. La question de l'organisation de la jeunesse étudiante dans un syndicat étudiant porteur de revendications syndicales est une véritable question. L'UNEF est aujourd'hui dépassée au  niveau national par la FAGE, qui fédère des associations de filières dans lesquelles se reconnaissent les étudiants. Dans quelques départements - c'est le cas dans le Nord -, des syndicats CGT Lycéens et Etudiants ont été créés pour répondre à la demande de militants qui voulaient s'investir dans le syndicalisme étudiant, qui ne se reconnaissaient ni dans l'UNEF, ni dans Solidaires Etudiants, et qui souhaitaient militer dans un cadre interprofessionnel. Ces expériences locales restent pour l'instant limitées et la CGT au niveau national ne souhaite pas développer de syndicat purement étudiant qui viendrait concurrencer l'UNEF. 

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