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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par PCF

Le multilatéralisme n'est pas une option : c'est une nécessité

A l'ouverture de la 75e Assemblée générale de l'ONU, le président des États-Unis d'Amérique fut le premier représentant des États-membres à intervenir. Précédé d'un lancement lyrique de son ambassadrice exaltant les éclatants hauts faits «pour la paix» de «(s)on commandant suprême», l'intervention enregistrée de Donald Trump aurait pu être un hommage en actes au Dictateur de Chaplin s'il ne s'était agi que d'une mise en scène. L'auditoire a eu droit à un discours hallucinant de mensonges, d'agressivité, de mépris et d'hostilité indigne d'un chef d’État moderne, indigne du dirigeant de la seule «hyper-puissance» mondiale et indigne de la crise de système que l'humanité affronte. Ce discours, sans doute l'un des plus courts infligés par Donald Trump à cette instance, s'est achevé par un satisfecit (pas le seul mais le plus menaçant) : «Jamais nous n'avons eu d'armement aussi perfectionné, et nous n'aimerions pas à avoir à nous en servir». Qu'on se le dise : sa bête noire, la Chine, est insultée à plusieurs reprises dans le discours et le Parti communiste chinois pris pour cible mais qu'il soit bien entendu que quiconque s'opposera, ne serait-ce que d'un mot sans doute, à la politique de l'Administration Trump et il goûtera d'une implacable réplique qu'elle soit strictement militaire ou économique puisque l'économie n'est pour Trump et les siens qu'un champ de bataille.

Jamais sans doute, par la voix de leur président, les USA n'auront paru si hors sujet, isolés, discrédités sur la scène internationale devant une Assemblée venant tout juste d'adopter à l'unanimité (moins deux voix «contre» : les USA eux-mêmes et Israël) une résolution appelant pour juguler la pandémie, «dans l’intérêt des nations comme des peuples (à) renforcer la coopération internationale. Les trois piliers de l’Organisation des Nations unies - paix et sécurité, développement et droits humains - sont d’une importance égale, intrinsèquement liés et interdépendants. Nous avons fait beaucoup de chemin en 75 ans, mais la route est encore longue. Nous avons les outils qu’il faut, il ne nous reste plus qu’à nous en servir».

Antonio Guterres a martelé cette réalité que les gouvernants, français compris, tentent d'éluder. Certes «La pandémie a illustré les carences incontestables de notre système multilatéral», mais alors que «le virus, qui a tué près d‘un million de personnes et en a infecté plus de 30 millions dans le monde, n’est pas encore maîtrisé», la conclusion à tirer n'est pas celle qu'en tire Trump: que chacun ne défende en priorité et au bout du compte que ses intérêts nationaux propres. Non, dit le secrétaire général de l'ONU : «Aujourd’hui, nous avons trop de problèmes multilatéraux et pas assez de solutions multilatérales».

C'est précisément parce que «cette situation a été créée par le manque de préparation, de coopération, d’unité et de solidarité à l‘échelle mondiale» qu'il est devenu impératif de renforcer l'ONU et le multilatéralisme où chaque peuple, chaque État compte pour un, et de construire «un multilatéralisme en réseau, fondé sur des liens et une coopération solides entre les organisations internationales et régionales, les institutions financières internationales et autres alliances et institutions mondiales» capables d'impulser de nouvelles dynamiques au service de la satisfaction des besoins humains, sociaux, démocratiques et de la transition écologique.

Et ce tournant ne se prendra que grâce à une plus grande implication des peuples, des travailleurs, des créateurs, des citoyens et de leurs représentants, élus, organisations syndicales, associatives ou politiques à mêmes de bâtir l'ONU dont le monde, l'humanité a besoin pour relever les défis qu'elle affronte. Pas un multilatéralisme des «petits cercles», pas la connivence des puissances contre l'intérêt des peuples, non un multilatéralisme inclusif dont l'ONU est le seul cadre légitime. Antonio Guterres a raison également de préciser que personne ne souhaite un «gouvernement mondial» mais des cadres, des règles, des dispositifs, des moyens d'agir dans le respect et l'intérêt mutuels. Les forces de l'argent, nous le savons, ne l'entendent pas de cette oreille. A l'heure où, tant de pays se trouvent dirigés par des ultra nationaux-libéraux, les mobilisations populaires seront déterminantes pour mener ce combat majeur.

Lydia SAMARBAKHSH
responsable du secteur international du PCF

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