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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Bravo à ma collègue Marine Tondelier​, poursuivie en diffamation pour avoir écrit un livre édifiant sur la gestion municipale du RN et relaxée par le Tribunal correctionnel de Paris qui a considéré qu'elle était tout à fait en droit, comme élue d'opposition et militante politique, de critiquer la gestion de la majorité RN.
L'extrême droite a bien du mal avec la liberté d'expression... La loi protège la liberté d'expression.
En France, depuis la Révolution française, on a le droit de penser, d'écrire et d'imprimer librement. La loi sur la presse de 1881 a mis des gardes fous : il n'est pas possible d'injurier autrui et il est également interdit de porter atteinte à son honneur en le calomniant.
Dire de quelqu'un qu'il est un escroc, ou un violeur est une grave calomnie... si les faits ne sont pas avérés. Il est normal que la diffamation soit sanctionnée... quand elle est faite de mauvaise foi, quand on diffuse une information que l'on sait fausse pour salir la réputation de quelqu'un.

Mais quand on diffuse une information qui présente quelqu'un sous un mauvais jour, mais que l'on sait vraie et qui est pertinente ?  
 
Dire d'un maire qu'il gère sa mairie avec un grand autoritarisme, qu'il surveille les employés municipaux réputés hostiles, qu'il organise, avec la complicité de son adjoint et du DGS la répression contre des agents mis à pied pour un oui ou pour un non à la moindre critique sur les réseaux sociaux, c'est évidemment peu flatteur, mais Marine Tondelier était en droit de l'écrire. Ce qu'elle a écrit est absolument vrai, c'est le résultat d'une longue enquête, qui l'a amenée à rencontrer de nombreux agents qui se sont plaints.
D'ailleurs, France Info et Libération, qui ont enquêté eux aussi à Hénin-Beaumont, sont arrivés aux mêmes conclusions que Marine Tondelier et ont fait état, eux aussi, de pressions sur les agents municipaux et d'un climat de peur dans les couloirs de la mairie.

L'avocat du RN a beau jeu de dire qu'il y a une majorité d'agents qui ne se plaignent pas. Peut-être. Il n'empêche qu'un certain nombre d'agents ont dénoncé les méthodes de la majorité d'extrême droite qu'ils ont subies. Marine Tondelier leur a donné la parole. Cette parole figure dans son livre. C'est cette parole qui dérange. Mais cette parole, Marine Tondelier avait le droit de la porter dans son livre Nouvelles du Front. Elle l'a fait sans animosité personnelle envers MM. Briois, Bilde et Morel. Elle l'a fait dans un but légitime d'information du public.
Je n'avais aucun doute sur sa relaxe et je me réjouis que le Tribunal n'ait pas donné suite à ce qui n'est qu'une procédure-bâillon destinée à faire taire une élue d'opposition combative.
Le combat n'est pas terminé.
Bien évidemment, les trois plaignants iront en appel. Ils peuvent : c'est la ville qui paie... Et s'ils perdent en appel, ils iront devant la cour de cassation. Ils peuvent : c'est la ville qui paie...
La procédure durera encore au moins deux ans. Je connais : c'est huit procédures qu'ils ont lancées contre moi... Ces individus ne sont pas des responsables politiques honorables et respectueux de leurs adversaires et du débat démocratique, mais des lâches et des harceleurs.

Je me retrouverai, moi aussi, en mars, devant le Tribunal correctionnel de Béthune pour avoir voté contre la demande de protection fonctionnelle de M. Morel dans le cadre de cette affaire, puisque la plainte des deux élus RN et de leur principal collaborateur contre Marine Tondelier a été payée par la ville.
M. Morel me reproche d'avoir sali son honneur de fonctionnaire en affirmant dans mon discours que je ne voterai pas pour que la ville lui paie un procès politique. Le jugement de relaxe de Marine Tondelier sera évidemment un point d'appui.

Les procédures-bâillons doivent cesser !   

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