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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

11 avril 1934 - 11 avril 2021.

Il y a 87 ans, Joseph Fontaine, un mineur communiste et unitaire de 56 ans, était tué lors d'une contre-manifestation organisée par les antifascistes d'Hénin-Liétard (SFIO, CGT, PCF, CGTU et LDH) contre l'Action Française, qui organisait ce jour-là une réunion publique au Palais des Fleurs, place Carnot.
Deux mois après la manifestation parisienne du 6 février 1934, le mouvement ouvrier était déterminé à ne pas laisser l'espace public à l'extrême droite et les tensions étaient vives. Le 11 avril 1934, les Camelots du Roi, le service d'ordre de l'Action Française, étaient armés de revolvers et ils tuent Joseph Fontaine en voulant semble-t-il abattre Nestor Calonne, le leader communiste héninois qui était au premier rang de la contre-manifestation.
La plaque dédiée à la mémoire de Joseph Fontaine a été le lieu de ma première action militante héninoise, en 2003, quand j'ai organisé un rassemblement pour protester contre la présence d'un autocollant FN.
A la suite de cette action, j'ai rencontré Gérard Dalongeville et mis en place les Jeudis de la citoyenneté, faisant notamment venir la LDH à Hénin-Beaumont.
Surtout, j'ai rencontré les communistes héninois que j'ai rejoints l'année suivante après avoir réussi le Capes.
Secrétaire de section communiste d'Hénin-Beaumont à partir de 2006, j'ai rendu hommage chaque année à Joseph Fontaine comme mon camarade Gianni Ranieri
 le fera demain.
Il y a 7 ans, pour le 80ème anniversaire de la mort de Joseph Fontaine, j'ai voulu rendre un hommage particulier, en retrouvant et en racontant cette histoire.
Depuis Joseph Fontaine ne m'a plus quitté... Son histoire, je l'ai racontée dans un article pour la revue Gauheria, qui est devenu finalement un mémoire de master 2. Et ce mémoire de master 2 est à l'origine de la thèse dans laquelle je me suis lancé.
Cette histoire continuera longtemps de m'accompagner...
Les assassins de Joseph Fontaine ont été relaxés aux assises de Saint-Omer, en juin 1934. Son histoire a été oubliée. Elle offre pourtant des leçons pour le présent.
Il fut un temps où la gauche n'hésitait pas à disputer l'espace public à l'extrême droite ; il fut un temps où la tenue d'une réunion d'extrême droite mobilisait près de 10 000 contre-manifestants venus dire que l'extrême droite n'était pas chez elle dans le bassin minier et constituait un danger pour la République.
Il faut retrouver cet esprit, celui du "moment antifasciste" de 1934 qui a abouti deux ans plus tard au Front populaire.
Difficile, dans une ville où le RN a réalisé 74 % des voix aux dernières municipales ? Bien sûr, mais il n'y a pas d'autre voie pour faire gagner la gauche.

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