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Interviews et reportages sur Méricourt

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Publié par David NOËL

Contribution au débat après les élections présidentielles et législatives de 2022

Depuis de nombreuses années, le Parti communiste français est un parti social-démocrate de gauche. Son programme économique est un programme réformiste de type keynésien qui propose une forte politique de relance et une intervention déterminée de l’Etat dans l’économie, qui passe par quelques nationalisations d’entreprises stratégiques.

Au début des années 2000, le PCF occupait seul l’espace politique situé entre le PS social-libéral et la LCR et s’est efforcé de le rassembler à l’occasion de la campagne contre le Traité constitutionnel européen de 2005. L’échec de la campagne de Marie-George Buffet en 2007 a illustré l’incapacité du PCF à fédérer l’ensemble de la gauche antilibérale et altermondialiste.

A partir de 2008, la création du Parti de Gauche a renforcé le pôle antilibéral, mais la création d’un nouveau parti social-démocrate de gauche a très vite posé un problème au PCF qui avait désormais un allié privilégié qui était en même temps un concurrent.

L’expérience du Front de Gauche a considérablement renforcé le camp antilibéral, au détriment de LO et du NPA qui n’ont cessé de décliner, mais a surtout profité au PG qui a gagné en audience et, au lendemain de la présidentielle de 2012 et de la notoriété nouvelle acquise par Jean-Luc Mélenchon, s’est retrouvé en situation d’imposer son hégémonie sur le camp antilibéral.

Rompant avec son ambition initiale de créer un Die Linke à la française par fusion du PCF et du PG dans un nouveau parti à direction PG, Jean-Luc Mélenchon et sa garde rapprochée ont voulu créer, avec LFI, un Podemos à la française.

Incapable d’offrir une alternative, le PCF s’est rallié fin 2016 à la campagne présidentielle mélenchoniste, sans jamais être traité en partenaire respecté.

Depuis la création de LFI, l’objectif des mélenchonistes n’est plus de construire un autre Front de Gauche, mais d’obtenir la dissolution-intégration du PCF dans un mouvement insoumis hégémonique dans le camp antilibéral.

Si un certain nombre de militants communistes partagent ce point de vue, le 38ème congrès du PCF, en 2018, a décidé d’une stratégie contraire, qui s’est matérialisée par la belle campagne présidentielle de Fabien Roussel.

A l’issue de la séquence électorale qui s’achève, le bilan est cependant en demi-teinte. Même si Fabien Roussel et le PCF ont retrouvé une visibilité appréciable, le vote utile qui a joué à plein dans la dernière ligne droite de la campagne ne nous a pas permis de faire le résultat que nous escomptions.

La candidature de Fabien Roussel n’a pas été comprise dans une partie de la jeunesse étudiante du pays qui s’est massivement tournée vers Jean-Luc Mélenchon.

Nous avons pourtant, partout en France, des groupes de la JC ou de l’UEC actifs dans nos facs. Comment mieux toucher une jeunesse désireuse de s’engager pour changer le monde ?

A l’heure où la jeunesse se mobilise pour le climat, nos positions sur le nucléaire sont incomprises, alors qu’elles sont pourtant justes, que la lutte contre le réchauffement climatique doit être notre priorité et que les communistes ne doivent rien céder à l’irrationalisme.

Les propos de Fabien Roussel sur la police étaient tout à fait justes. Les fonctionnaires de police sont des agents de nos services publics, ils représentent notre République et ont pour mission de garantir la tranquillité publique. Les faire passer pour des factieux est un amalgame insupportable et irresponsable.

Ce discours nous a valu les éloges de la presse de droite, les critiques des insoumis et a pu nous aliéner une partie de la jeunesse révoltée par les violences policières.

Il est nécessaire de clarifier nos positions, sur cette question comme sur celle de la laïcité où à l’occasion du vote de la loi séparatisme, nos positions ont parfois été incomprises quand nous avons semblé faire des concessions à la petite musique médiatique islamophobe du moment.

Il y a de la place en France pour un parti communiste, sur une ligne sociale-démocrate de gauche, imprégnée de marxisme, débarrassée de la nostalgie mal fondée de l’Union soviétique, mais pacifiste et internationaliste, un parti laïque, humaniste et antiraciste qui intègre les préoccupations écologistes.

La campagne de Fabien Roussel, malgré des tâtonnements, a prouvé que nous pouvions être entendus.

Il faut, en même temps, tenir compte des aspirations à l’unité qui se sont exprimées lors des élections législatives avec la NUPES.

Participer à la NUPES ne doit cependant pas se faire au détriment du Parti communiste. Le renforcement de la NUPES auprès des ouvriers, dans les banlieues comme dans les petites villes de la France périphérique, passera, aussi, par le renforcement du PCF qui garde des atouts irremplaçables.

N’opposons pas la NUPES au PCF mais poursuivons le travail de redressement mis en oeuvre depuis 2018 pour être utiles à la gauche et être utiles au peuple.

David NOËL,
Section PCF Méricourt (62)

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