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Vie du parti

Vendredi 26 décembre 2008 5 26 /12 /Déc /2008 06:30
Le 34ème congrès du PCF a été marqué par un début de prise de parole militante. A côté des interventions convenues se sont exprimées des réflexions, des appréciations débarrassés de carcans dogmatiques et faisant preuve d'un certain pragmatisme révolutionnaire.

A force de brouiller les pistes théoriques et idéologiques, les directions qui se sont succédées depuis une quinzaine d'année ont, en quelque sorte, mis les militants dans l'obligation de penser par eux-mêmes s'ils voulaient continuer d'exister en tant que membre du PCF. De la mutation à la métamorphose en passant par un « parti profondément transformé », les voies n'ont pas manqué pour dire que le parti devait évoluer.

Mais ce n'est qu'à ce congrès-ci que ces voix se sont accordées pour dire à l'unisson qu'il devait évoluer vers sa dilution et sa recomposition dans une autre force politique, depuis Robert Hue et son Nouvel espace progressiste (NEP) en passant par Jean-Claude Gayssot qui participait, pendant la tenue même du congrès, à une initiative pour une nouvelle « force unitaire de gauche ». Or le 34ème congrès a confirmé que les communistes, en majorité, ne voulaient pas de la disparition de leur parti.

Echaudés par l'expérience des collectifs antilibéraux, les délégués ont réservé un accueil très indifférent à la proposition de front progressiste avec Mélenchon et son Parti de gauche pour les élections européennes. Il a fallu que Marie-George Buffet sorte du silence qu'elle observait depuis le début du congrès pour faire acclamer Francis Wurtz. Encore faut-il noter qu'elle l'a fait applaudir non pas sur le contenu de son intervention mais en raison de son départ à la retraite.

En deux décennies, le PCF a perdu énormément de son implantation dans le monde du travail et dans les milieux populaires. Le congrès a montré toutefois qu'il n'était pas déraciné. Beaucoup de délégués ont dit, chacun avec ses mots et parfois ses imprécisions, que là se trouvait la sève vitale du parti. Et il est significatif, dans ce contexte, que plusieurs délégués, notamment très jeunes, aient souligné tout l'intérêt du marxisme pour la faire fructifier.

Une partie de la direction a décidé de rejoindre les refondateurs pour faire une liste alternative commune, mettant à jour une connivence qui existait depuis longtemps. Cette alliance intervient à un moment où l'on observe dans le pays une volonté grandissante de voir la gauche se ressourcer à gauche. Le rejet du libéralisme et l'exigence que l'Etat s'implique dans l'économie, notamment pour développer des productions créatrices d'emploi, le rejet d'une Union européenne franchement anti-populaire et de surcroît menacée d'explosion sous l'effet de la crise, tout cela ouvre un espace à gauche.

Les droitiers du parti réunis sous la bannière de Marie-Pierre Vieu ne cessent d'invoquer la gauche de la gauche. Mais ils se trouvent pris à contrepied par tous ceux qui pensent que la situation offre surtout au Parti communiste français l'opportunité de rebondir. Cette idée qu'il existe un espace et un espoir pour le PCF traverse l'ensemble du parti, jusqu'à sa direction. Le congrès a été marqué par ce souffle.

Pourtant le congrès est resté au milieu du gué. Alors qu'une telle situation invite à une ouverture audacieuse pour sceller avec force l'unité des communistes, Marie-George Buffet a choisi le repli - ce que d'aucuns ont appelé la « purge » - au lieu d'intégrer largement dans sa liste les éléments divers du parti.

Plusieurs délégués ont souligné à juste titre que la vraie diversité du parti se trouve dans les organisations de base. Raison de plus pour refléter cette diversité au sein du « parlement » du parti et son exécutif en élisant les éléments les plus marquants et les plus représentatifs de cette diversité, ce qui, soit dit en passant, aurait permis de résoudre l'apparemment impossible équation de l'effectif pléthorique du conseil national.

A défaut, Marie-George Buffet a soufflé sur les braises de tous les sectarismes dont le PCF est loin d'être débarrassé après des années de confusion idéologique. L'épisode des refondateurs n'est pas clos, pas plus que celui des clans et des chapelles que les dérives ont fait naître. En obligeant le congrès à élire le conseil national par le jeu des listes concurrentes plutôt qu'en plaidant pour une liste commune pluraliste, elle incite les composantes à se positionner dans des rapports de forces plutôt qu'à faire l'effort de réinventer le travail collectif.

Au lendemain du 34ème congrès, il y a donc à la fois espoir et danger. Espoir que le PCF franchisse résolument le Rubicon qui l'amènera à l'âge adulte avec une politique autonome, indépendante de celle des autres partis, notamment le Parti socialiste. Mais danger qu'un repli frileux de la direction n'encourage les visées de ceux qui veulent rabattre la prétention révolutionnaire dans la nébuleuse réformiste, soumettre le communisme aux impératifs sociaux démocrates.

Ce danger est d'autant plus réel que les élections européennes sont d'ores et déjà l'objet de manoeuvres politiciennes visant à dénier au PCF son originalité. S'il faut naturellement se référer au non des Français à la constitution européenne, en 2005, il n'y aurait rien de plus illusoire que de penser que cela suffit pour marquer des points lors de ces élections. Contrairement à ce que croit Mélenchon, ce n'est pas en rassemblent les partisans du non que la gauche de la gauche peut gagner, mais en formulant des propositions audacieuses pour libérer les peuples de l'emprise de l'Union européenne sur leur vie. Le PCF dispose du bagage intellectuel qui lui permet d'imaginer réellement la voie de la libération et, fort de son implantation populaire, malgré son affaiblissement, il peut donner corps à cette exigence de libération.

La question de l'Europe nécessite un vaste débat au sein du parti et il est probable que les différences de point de vue ne seront pas toutes résorbées d'ici les élections. Mais ne nous trompons pas : ces divergences sont le reflet des approches différentes qu'ont les Français eux-mêmes des questions européennes. En ouvrant un grand débat en son sein, en toute transparence, dans les respect des idées des uns et des autres, le Parti communiste français aidera à coup sûr le peuple de France à réfléchir plus avant et à trouver le chemin de son unité.

La toute prochaine décision importante que doit prendre le conseil national nouvellement élu est de désigner un exécutif. Marie-George Buffet a annoncé sa volonté de constituer une coordination de six à huit membres autour de Pierre Laurent. Un nouveau collège exécutif sera sans doute également mis en place. Par delà les qualités et les défauts de chaque postulant, il est clair que, dans la situation pleine d'espérance que nous vivons, la bonne réponse consiste à associer et non pas à écarter. Quel chemin parcouru depuis le congrès de Martigues, en 2000, avec la présidentialisation du parti combinée avec les abandons et les reniements ! Pourtant, il reste la moitié du chemin à accomplir. La liste présentée par Marie-George Buffet fait la part belle, majoritaire, aux refondateurs, aux huistes, à ceux qui veulent encore et toujours l'abandon du PCF comme ils l'expriment concrètement pour les élections européennes.

Nous voulons participer à la reconquête du PCF, forts du résultat des deux listes alternatives, en nous rassemblant avec ceux qui ont voté la base commune avec la volonté de garder le PCF. Sans a priori, nous devons engager un tour de France, unir toutes les bonnes volontés, appeler les communistes qui ne sont plus adhérents à nous rejoindre, renforcer en masse le PCF pour monter en première ligne du combat de classe contre la droite. Nous devons être plus que jamais le parti de combat qui agit au développement d'un grand mouvement social et politique dans tous le pays, le parti qui agit pour un rassemblement inédit des ouvriers, employés, techniciens, ingénieurs, cadres, patrons de PME avec les familles pauvres, les couches moyennes en lutte pour leur pouvoir d'achat et leurs conditions d'existence.

C'est aux communistes de la base de prendre le pouvoir, de secouer le cocotier, de se donner une direction représentative et légitime. Nous devons nous organiser nationalement, au sein du PCF non pour le fractionner, le torpiller ou promouvoir des clans, mais pour sa reconquête. Il faut en finir avec les batailles nuisibles d'ego, les attaques personnelles contreproductives qui se développent depuis décembre 2005.

Avec les élus au conseil national, avec les communistes engagés largement sur l'ensemble du territoire de la France, avec les camarades du Pas-de-Calais, du Nord et d'ailleurs, les conditions sont réunies pour avancer loin, faire basculer le rapport des forces et participer dès que possible à la constitution d'une équipe dirigeante réellement made in PCF, un PCF moderne, à l'aise dans les baskets de son époque.

J'attends vos commentaires, réflexions et propositions pour établir un agenda de travail avant la réunion du conseil national, samedi 10 janvier 2009.

André GERIN
Député Maire PCF de Vénissieux
Le 18 décembre 2008

PS : Je veux dire un mot sur la réunion de la commission des candidatures, samedi soir, 13 décembre. Certains dirigeants fédéraux ont tenu des propos médiocres, portant des jugements déplacés sur des camarades pour escamoter le débat politique de fond. C'est le cas notamment du secrétaire du département de l'Hérault, totalement engagé aux côtés de Jean-Claude Gayssot. Le jeu des attaques personnelles n'a d'autre but que de refuser notre démarche unitaire et de donner des gages à ceux qui veulent suivre les refondateurs et les huistes dans leurs actions destructrices. Je reviendrai de manière précise sur cette soirée.
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti - Communauté : 34ème congrés du PCF
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Dimanche 21 décembre 2008 7 21 /12 /Déc /2008 06:30
Le Congrès national du PCF s’est tenu, du 11 au 14 décembre, dans le contexte d’une crise majeure du capitalisme. La récession mondiale aura des conséquences désastreuses pour des centaines de millions de personnes. En France, des centaines de milliers d’emplois sont menacés, à court terme. Chaque semaine apporte son lot de fermetures d’entreprises et de délocalisations. Chômage, grande misère, précarité : toutes les tumeurs du capitalisme s’aggravent. Dans tous les pays, les classes dirigeantes cherchent à placer le fardeau de la crise sur les épaules du plus grand nombre. L’éducation, la santé, les retraites, le logement et les services publics sont attaqués. En réaction, la jeunesse et les travailleurs se mobilisent. En Grèce et en Italie, le profond mécontentement a fait surface à une échelle massive. Les autres pays européens suivront cette voie. Toutes les conditions d’une explosion de la lutte des classes sont réunies. La vague révolutionnaire qui balaye le continent latino-américain traversera les frontières et les océans.

Dans ce contexte national et international extrêmement riche et explosif, l’essentiel des discussions du congrès du PCF aurait dû porter sur la crise du capitalisme, sur les perspectives économiques, politiques et sociales qui en découlent, et sur le programme et la stratégie dont le parti doit s’armer pour mobiliser les travailleurs contre ce système. Or, ce débat est passé au second plan. Au lieu de cela, nous avons surtout assisté à une multitude d’interventions sur des thèmes aussi abstraits que : « métamorphose ou transformation profonde du parti ? ». En toile de fond de ce « débat », il y avait cette autre question beaucoup plus terre à terre : quel score fera la liste alternative de Marie-Pierre Vieu, c’est-à-dire des partisans de la « métamorphose », lors de l’élection du Conseil National ?

On est frappé par le fossé qui existe entre la base du parti et les discussions qui ont eu lieu pendant le congrès, c’est-à-dire entre la base et la direction du parti, car c’est elle qui a très largement dominé le congrès. Sur la question de l’avenir du PCF, par exemple, la grande majorité des militants du parti a déjà répondu très clairement, à plusieurs reprises : il faut maintenir et renforcer le parti. Beaucoup de militants réclament aussi un retour aux idées fondamentales du communisme, c’est-à-dire au marxisme. De ce point de vue, la différence entre le Congrès et l’Assemblée Extraordinaire de décembre 2007 est flagrante. La raison en est simple : lors de l’Assemblée de 2007, la proportion de militants issus de la base du parti était bien plus importante que lors du Congrès. Ainsi, le divorce croissant, entre la base et la direction du parti, est le résultat le plus évident du 34e Congrès du PCF.

Le texte d’orientation

Le texte d’orientation adopté par le Congrès n’offre aucune analyse sérieuse de la crise du capitalisme. De même, les éléments de programme que ce texte contient relèvent d’un réformisme insipide.

Des milliers d’amendements avaient été adoptés, en conférences de section, dans le but d’imprimer au texte un contenu plus révolutionnaire – plus communiste. Mais dans la pratique, les mécanismes en vigueur offrent à la direction sortante une très grande marge de manœuvre pour dénaturer ou éliminer les amendements qui ne lui conviennent pas. Passés à la moulinette des « commissions du texte », aux niveaux fédéral et national, soit les amendements disparaissent, soient ils ne figurent plus, dans le texte, que comme de lointains échos sans substance. Par exemple, de très nombreuses sections ont demandé que le mot d’ordre de nationalisation retrouve une place centrale, dans le programme du parti. D’innombrables « commissions du texte » plus tard, le document se prononce pour « de nouveaux types de nationalisations ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Quelles sont les caractéristiques de ces « nouveaux types » de nationalisations ? Le texte ne prend pas la peine de le préciser. La direction du parti ne se pose même pas la question, d’ailleurs. Son objectif était seulement de rendre le mot d’ordre de « nationalisation » méconnaissable, incompréhensible. C’est chose faite.

Autre exemple : on pourrait se féliciter du fait que Cuba a finalement été mentionnée, dans le texte final. Mais cet amendement ne donne pas un début d’analyse et n’engage le parti à rien. Il en va de même sur bien d’autres thèmes abordés par les amendements des sections. Le sort réservé aux amendements est, là encore, une illustration très claire du fossé qui s’est creusé, au fil des années, entre la base et le sommet du parti.

Les « profondes transformations » du PCF

De nombreux camarades se diront rassurés sur un point : le texte du congrès se prononce pour le maintien du parti et écarte l’idée d’une « nouvelle force politique », en lieu et place du PCF. Mais la vérité, c’est que rien n’est réglé, dans ce domaine. Car le texte se prononce aussi pour de « profondes transformations du PCF », sans dire précisément lesquelles. Comme l’a expliqué Pierre Laurent, à la tribune du Congrès, le texte donne à la nouvelle direction la tâche de définir ces « profondes transformations » – et d’en engager le chantier. Rien d’autre n’a été décidé par le Congrès. Or, la nouvelle direction est, à peu de choses près, la même que la précédente, qui nous a engagés dans l’aventure des collectifs « anti-libéraux », entre autres.

Nous sommes, nous aussi, pour de « profondes transformations » du parti. Nous sommes pour de profondes transformations de ce qui constitue le socle du parti : ses idées et son programme. En effet, le caractère réformiste de ces idées et de ce programme est la cause principale de l’affaiblissement du PCF, au cours de la dernière période. Notre texte alternatif, Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme, développe notre point de vue sur cette question et pose les axes fondamentaux d’un programme authentiquement communiste. Mais c’est là précisément une transformation que la direction de parti se refuse à engager.

Marie-Pierre Vieu et la dialectique

Dans le domaine des idées et du programme, il n’y a aucune différence sérieuse entre la liste alternative déposée par Marie-Pierre Vieu et la liste élaborée par le Conseil National sortant. Qu’ils soient partisans de la « métamorphose » ou de la « profonde transformation » du parti, ces camarades partagent les mêmes idées réformistes. Le débat sur la transformation du PCF ne fut, dans une large mesure, qu’un prétexte politique à la lutte pour conquérir un maximum de sièges, dans les instances dirigeantes du parti.

Ce faisant, Marie-Pierre Vieu s’est élevée très haut, dans le domaine de la théorie : jusqu’à la « dialectique ». Car pour ceux qui l’ignoraient encore, la camarade Vieu est une redoutable dialecticienne. Prenez par exemple l’idée de « métamorphose » du PCF. Cette formule a été biffée du texte d’orientation. Quelle insulte aux lois de la dialectique ! Car tout, dans ce bas monde, se transforme et se métamorphose sans cesse, nous a expliqué la camarade Vieu. Mieux encore : toute chose vit et meurt. C’est inéluctable. C’est dialectique. Par conséquent, le PCF – comme le système solaire et les papillons – doit lui aussi disparaître !

Ce chef d’œuvre de raisonnement dialectique a tout de même laissé quelques interrogations en suspens. A quel moment précis le PCF doit-il disparaître ? Et qui doit décider de ce moment : Marie-Pierre Vieu ou les militants communistes ? Par ailleurs, le PCF a été fondé, en 1920, pour œuvrer au renversement du capitalisme français. Or cette tâche – plus urgente que jamais – n’a pas encore été accomplie, à notre connaissance. Par conséquent, si cela ne dérange pas trop Marie-Pierre Vieu, les militants du parti souhaiteraient que le PCF accomplisse sa tâche historique, avant d’envisager sa disparition dans le grand trou noir où la dialectique jette toute chose – papillons, système solaire et partis communistes !

Les deux autres listes alternatives

Outre celle conduite par Marie-Pierre Vieu, deux autres listes alternatives ont été déposées, lors du congrès. La première, conduite par André Gerin, était le prolongement du texte alternatif Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps. Nous ne répéterons pas, ici, nos critiques à l’égard de ce texte, et en particulier des idées nationalistes d’André Gerin (voir ici).

La deuxième liste était conduite par Nicolas Marchand, qui fait partie de ceux qu’il est convenu d’appeler – pour une raison qui nous échappe – les « économistes » du PCF (Dimicoli, Boccara, Cailloux, etc.). Là encore, il n’y a aucune différence fondamentale entre les idées des « économistes » et le texte d’orientation. En présentant sa liste, Marchand a déclaré que grâce aux amendements, le texte d’orientation adopté en Congrès – avec ses « nouveaux types de nationalisations », etc. – est « précis » et « cohérent ». Il affirme même qu’« un grand pas a été franchi », grâce à ce texte. Dès lors, la liste de Marchand n’avait qu’un sens : décrocher davantage de sièges, au Conseil National, que ne lui en proposait la direction du parti. Nicolas Marchand l’a d’ailleurs explicitement reconnu. Cependant, comme nous l’avons déjà expliqué (voir ici et ici), l’usine à gaz de mesures fiscales qui forme le programme de Marchand, Dimicoli et Boccara ne constitue en rien une alternative aux idées réformistes de la direction actuelle.

Même politique, même direction

Le vote des sections sur la « base commune », les 29 et 30 octobre, a exprimé une insatisfaction croissance, à la base du parti, contre la direction sortante et sa politique. Près de 40 % des votants ont choisi l’un des deux textes alternatifs. Un cotisant sur deux n’a pas voté. Et parmi les 60% des votants qui ont choisi le texte d’orientation du Conseil National, beaucoup ne cachaient pas leur mécontentement. Malgré cela, le Congrès n’a enregistré aucune modification significative – ni dans la composition de la direction, ni dans la ligne politique qu’elle propose de mettre en œuvre. Les dirigeants et les idées qui ont mené le parti de défaite en défaite, de recul en recul, sont très largement reconduits à la tête du parti.

Dans les semaines précédant le Congrès, les plus chauds partisans de la liquidation du PCF – Zarka, Martelli, etc. – ont alerté les militants communistes et le monde entier qu’ils étaient victimes d’une « purge ». Toute la presse capitaliste s’est empressée de faire écho à cette complainte. Mais grâce au poids de ces éléments et à leurs complicités, dans les directions nationale et fédérales, ils avaient une base solide parmi les délégués du Congrès, et ont trouvé refuge sur la liste alternative conduite par Marie-Pierre Vieu. En conséquence, ils conservent plus ou moins tous leurs sièges, au Conseil National.

Les 16% de voix réalisés par la liste alternative de Marie-Pierre Vieu est une illustration mathématique du fossé qui existe entre la base et la direction du parti. Car si ces dirigeants avaient soumis un texte alternatif au vote des militants, il est clair qu’ils auraient péniblement dépassé la barre des 5 %, malgré leur poids considérable dans l’appareil du parti. Parfaitement conscients de cela, ils se sont donc contentés d’écrire des contributions pour protester contre la « base commune » et contre la légitimité du Congrès lui-même, en se gardant bien de soumettre leurs idées au vote des militants. Mais une fois arrivés, nombreux, dans l’enceinte du Congrès national, à l’abri du vote des sections, ils ont retrouvé un peu de courage politique, beaucoup d’ambition personnelle – et leur indéfectible amie Sylvia Zappi, journaliste au Monde, qui n’économise jamais ses efforts pour chanter leur gloire et tromper ses lecteurs.

Une autre illustration du même phénomène, c’est la différence entre le score réalisé par le texte alternatif d’André Gerin (24%), dans les sections, et le score de sa liste alternative, au Congrès (10 %).

Enfin, aucun des quatre candidats au Conseil National qui avaient signé notre texte alternatif – Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme – n’a été retenu par la direction du parti. Alors que notre texte a recueilli 15% des voix, dans les sections, la direction a refusé de lui accorder la moindre représentation. Lors de la discussion sur les directions, dimanche matin, deux de nos camarades ont pris la parole pour dénoncer cette entorse flagrante à la démocratie la plus élémentaire. La direction n’a même pas pris la peine de leur répondre, alors qu’elle avait passé la matinée à défendre l’idée que le CN devait refléter la « diversité politique » qui existe au sein du parti.

Comme nous l’avons expliqué à la veille du Congrès, nous n’avons pas écrit Renforcer le PCF, renouer le marxisme dans le but de décrocher des places au Conseil National. Nous voulions avant tout défendre nos idées et notre programme marxistes. Mais fort des 15 % de voix recueillis par notre texte, il était évident que nous devions présenter des candidats, au Conseil National, pour y défendre notre point de vue et nos propositions. En nous refusant toute représentation, la direction du parti confirme, aux yeux de tous, son hostilité aux idées et au programme du marxisme.

Revenir aux idées fondamentales du communisme !

En balayant d’un revers de main nos quatre candidats, la direction cherche à décourager les milliers de communistes qui ont voté pour notre texte. Nous ferons tout pour que cela n’arrive pas. Il serait d’ailleurs parfaitement incorrect de tirer des conclusions pessimistes des résultats du Congrès. Car nos efforts pour renouer avec les idées fondamentales du communisme ont remporté un premier succès très important, lors de la consultation interne. Et rien n’empêchera la progression de ces idées, dans les mois et les années à venir. Comme le disait Lénine, « le marxisme est tout-puissant parce qu’ils est juste. » La crise du capitalisme est une confirmation de la théorie et des perspectives du marxisme. Partout, la jeunesse et les travailleurs se mobilisent. Ils cherchent une réponse à la crise. Le « réformisme anti-libéral » que défend la direction n’est pas la réponse.

Une importante conclusion pratique qui doit être tirée de ce Congrès, c’est la nécessité de poursuivre, d’amplifier et de coordonner nos efforts pour redresser le parti. La Riposte appelle tous les militants communistes qui se reconnaissent dans ses idées à poursuivre leur engagement militant dans le parti. Il faut défendre les idées du marxisme, les expliquer de manière patiente et fraternelle, lors des discussions dans les sections et les cellules. Le parti a besoin de notre énergie et de notre enthousiasme. Grâce à un débat constructif entre communistes, il sera possible de convaincre une majorité de camarades et de développer l’implantation sociale du PCF. De cette façon, nous pourrons mettre le parti en situation d’accomplir sa tâche historique : le renversement du capitalisme et la transformation socialiste de la société.

Jérôme Métellus
(PCF Paris, délégué au Congrès)
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti - Communauté : 34ème congrés du PCF
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Jeudi 18 décembre 2008 4 18 /12 /Déc /2008 06:30
Le congrès du PCF a déjoué les pronostics d’éclatement, de division, d’affrontements meurtriers entre communistes annoncés par tant de médias. Les différences existent entre eux, elles n’ont pas disparu. Mais le sérieux et le refus des confrontations stériles et du choc des ego l’ont emporté, faisant place à une ambition retrouvée, à une orientation précisée et à un programme chargé pour rassembler notre peuple.

Le temps presse en effet, de tous côtés, pourrait-on dire. Il est bien long pour ces 37 000 salariés de l’automobile du Nord/Pas-de-Calais, que le chômage partiel prive de 300 euros par mois et qui voient le patronat leur préparer un avenir d’intérimaires à vie. Il est compté pour ces lycéens et ces étudiants d’IUT qui ne veulent pas voir gâcher leurs chances et leurs études dans les quelques années qui viennent, décisives pour leur avenir. Il s’étire pour ceux à qui les marchés financiers présentent une addition corsée pour la crise que leurs appétits ont provoquée.

Le temps est en revanche précieux pour la planète épuisée par un développement qui n’est ni durable ni humain. Il est grand temps aussi pour la démocratie. Ces dernières semaines auront vu se conjuguer un coup d’État européen contre le vote “non” du peuple irlandais, des atteintes répétées aux libertés publiques, la volonté d’abaisser le Parlement et d’y restreindre le droit d’expression de l’opposition et enfin une réforme d’embrigadement de l’audiovisuel public et de mainmise accrue sur les médias.

C’est sur ces terrains que la gauche est attendue et que l’opinion en déplore la discrétion. C’est là que Sarkozy veut multiplier les faits accom­plis en exploitant les soubresauts de la crise et la faiblesse de l’alterna­tive politique. Les coups de gueule sporadiques et les barouds d’honneur ne le gênent guère. Il en va tout autrement de luttes concrètes mariées à des projets d’avenir, construisant des rassemblements majoritaires pour changer la vie. Ceux qui s’y emploieront ont de l’avenir et les électeurs de gauche se reconnaîtront dans ceux qui répugnent à se soumettre à la loi des marchés et qui n’ont pas le goût à se draper dans la seule contesta­tion.

Aujourd’hui, en France, la contestation du capitalisme a repris de l’am­pleur et l’utilité des communistes est reconnue bien au-delà de leurs fron­tières électorales. Ceux qui les enterrent à longueur d’éditoriaux devraient donc y regarder à deux fois. Le PCF peut y trouver matière à confiance, mais aussi à s’interroger sur l’urgence à faire ses preuves dans la défense des salariés pour la victoire de la gauche et pour garantir vrai­ment les changements profonds auxquels encore confusément aspire une majorité. C’est aussi un signe pour ceux, très divers, qui s’interrogent sur la possi­bilité de transformer la société et en doutent parfois tant la droite plastronne.
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti - Communauté : 34ème congrés du PCF
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Samedi 13 décembre 2008 6 13 /12 /Déc /2008 06:30
Fort des 5419 militants communistes (15 %) qui ont voté pour Renforcer le PCF, renouer le marxisme, lors de la consultation interne, il semblait normal que nos idées soient un minimum représentées, au sein du prochain Conseil National. Nous avons donc présenté quatre candidats au CN : les deux rédacteurs du texte, Greg Oxley et Jérôme Métellus (Paris), et deux syndicalistes, Hubert Prévaud (Haute-Garonne) et Sylvain Roch (Allier), qui jouent un rôle de premier plan dans leurs fédérations respectives. Quatre membres, cela représente 2,5 % du CN de 160 membres qu’annonce la direction du parti : une proportion bien modeste au regard du score réalisé par notre texte.

Ces quatre camarades ont présenté leur candidature en congrès de section, conformément aux statuts. En même temps, nous avons directement informé la direction nationale de ces candidatures. Cependant, la liste élaborée par la « commission des candidatures », et qui sera soumise à la discussion du Congrès, ce week-end, ne comprend aucun des quatre candidats en question. En composant cette liste, la direction du parti n’a voulu accorder aucune représentation aux 15 % de voix qui se sont portés sur nos idées.

Du point de vue des principes démocratiques les plus élémentaires, ce choix choquera beaucoup de communistes. Mais l’explication nous semble claire. La direction actuelle du parti est hostile aux idées du marxisme, et n’a évidemment pas envie qu’elles soient défendues au CN. Elle observe avec inquiétude la progression de ces idées, dans le parti.

Renforcer le PCF, renouer le marxisme n’a pas été écrit dans le but de décrocher des places au CN. Il nous importait avant tout de présenter notre analyse de la situation économique et sociale actuelle, d’expliquer notre point de vue sur les raisons de l’affaiblissement du parti, et de proposer un programme et une stratégie susceptibles de le renforcer. Néanmoins, nous protestons vigoureusement contre la mise à l’écart des candidatures que nous avons présentées. La liste arrêtée par la « commission des candidatures » n’est pas encore définitive. Cette commission – dans laquelle nous n’avons pas été invités à siéger – se réunira à plusieurs reprises, lors du congrès. Elle aura la possibilité de modifier la liste. Lors de la discussion sur la composition du CN, nous défendrons notre point de vue. Nous demandons que la commission intègre nos quatre candidats dans la liste soumise au vote des délégués. Et nous appelons les délégués qui sympathisent avec nos idées à faire de même.

Pour le reste, quelle que soit la composition finale du CN, nous poursuivrons nos efforts, auprès des militants du parti, pour défendre les idées du marxisme. La crise du capitalisme sape chaque jour un peu plus les bases du réformisme « antilibéral » que défend la direction actuelle du parti, et qui constitue la raison principale de son affaiblissement. L’expérience de cette crise ne peut que favoriser la progression de nos idées, dans les mois et les années à venir.

Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti - Communauté : 34ème congrés du PCF
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Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /Déc /2008 06:30
Le Congrès National du PCF se tiendra, à La Défense, du 11 au 14 décembre. Par la voie des amendements adoptés par les sections et les conférences départementales, les militants du parti ont exprimé leur volonté d’insuffler à la « base commune » des prises de position plus fermes, plus militantes – en un mot plus communistes – que les idées réformistes du texte présenté par le CN sortant.

Lors du vote sur les textes d’orientation, les deux textes alternatifs – Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme, soutenu par La Riposte, et Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps, représenté notamment par André Gerin – ont totalisé 40% des voix. Ce score traduit le besoin fortement ressenti, à la base du parti, de rompre avec la pratique et l’idéologie réformistes qui caractérisent la politique des instances dirigeantes du parti, depuis de nombreuses années. Cette dérive a mené à un affaiblissement de nos effectifs, de notre base électorale et de nos moyens d’action.

Il faut donc changer de cap et renouer avec les idées fondamentales du communisme – les idées du marxisme. Il faut faire de notre parti ce pour quoi il a été créé, ce pour quoi plusieurs générations de communistes se sont battus, au prix d’énormes efforts et sacrifices : un parti authentiquement révolutionnaire, dont le programme, les bases théoriques et les positions politiques sur toutes les questions – nationales et internationales – visent à convaincre les travailleurs et toutes les victimes du capitalisme de la nécessité impérative de mettre fin au capitalisme.

Le texte de la direction a tout de même obtenu 60% des suffrages exprimés dans les sections. Il sera donc la « base commune » du 34e Congrès. En conséquence, ce Congrès ne pourra pas résoudre tous les problèmes auxquels le parti est confronté. La lutte pour le renforcement et le réarmement politique du PCF devra se poursuivre au-delà du congrès. Mais le Congrès National rendra un énorme service au parti s’il parvient à imposer une clarification de sa politique sur un certain nombre de questions primordiales. Dans cette perspective, nous invitons tous les délégués qui se reconnaissent dans Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme à soutenir les amendements qui vont dans le sens du contenu de notre texte alternatif, notamment sur les points suivants :

1) Il faut remplacer les formules confuses sur les « pôles publics », etc., par l’objectif clairement affirmé d’une socialisation des principaux moyens de production, comme seule alternative au capitalisme en crise. Nous sommes pour une extension massive du secteur public, notamment par la nationalisation de la totalité du secteur bancaire et financier (assurances, sociétés de crédit, etc.), de toutes les grandes entreprises du secteur industriel, des services et sous-traitants qui en dépendent et de la grande distribution. La nationalisation des principaux leviers de l’économie nationale ne doit pas se faire à la manière bureaucratique des anciennes nationalisations, mais sur la base du contrôle démocratique des salariés, à tous les niveaux. Ce programme permettra l’utilisation des ressources économiques du pays pour la satisfaction de la majorité, et non plus d’une poignée de capitalistes.

2) Les allusions à la possibilité d’un « dépassement » graduel du capitalisme doivent être remplacées par l’objectif de son abolition, de son renversement.

3) Il faut exclure toute alliance électorale entre le PCF et le Modem – ou, bien évidemment, entre le PCF et tout autre parti de droite.

4) Pour le maintien et le renforcement du PCF ! Toute « métamorphose » du parti pour le transformer en « autre chose », etc., et tout changement de nom doivent être fermement écartés. Les formules vagues du genre « Nous faisons le choix du PCF » ne suffisent pas. Il faut mettre un terme aux spéculations permanentes sur la pérennité du parti. Les jeunes, les salariés, les chômeurs et tous les exploités doivent comprendre que le PCF est à l’offensive, qu’il a confiance en lui-même et en sa capacité à transformer la société.

Soit dit en passant, la participation de dirigeants du parti à une réunion « pour la création d’une nouvelle force politique de gauche », en même temps que notre Congrès National, est une provocation et la marque d’un profond mépris à l’égard des militants communistes. Le congrès ne doit pas faire la moindre concession à ces dirigeants « communistes » qui, depuis des mois, cherchent à saborder le congrès du parti – avec, bien sûr, la complicité bienveillante des médias capitalistes.

5) L’absence de toute analyse sérieuse sur la situation internationale n’est pas le moindre des défauts de la « base commune ». Les révolutions au Venezuela et en Bolivie, notamment, sont une immense source d’inspiration et d’enthousiasme, pour le mouvement communiste. Nous appelons à soutenir tout amendement qui soulignera l’importance de la révolution latino-américaine – ou qui affirmera le principe de notre opposition aux manœuvres et menaces impérialistes contre le peuple cubain.

Notre Congrès National se réunit à un tournant de la situation internationale. Le communisme n’est pas en crise : c’est le capitalisme qui est en crise. Alors que toutes les forces réactionnaires du pays accablent le PCF, son Congrès National doit appeler tous les exploités à s’unir sous le drapeau du parti pour mener à bien sa tâche historique : le renversement du capitalisme !

Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti - Communauté : 34ème congrés du PCF
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Lundi 1 décembre 2008 1 01 /12 /Déc /2008 06:30
La Fédération du Pas-de-Calais du PCF tenait ce weekend à Divion sa 41ème Conférence Fédérale, dans le cadre du 34ème Congrès du PCF.
256 délégués venus des différentes sections de notre département se sont réunis pendant deux jours, dans la salle des fêtes Georges Carpentier de Divion pour débattre de l'avenir du PCF et de notre fédération.
La délégation héninoise, mandatée lors de notre dernière conférence de section, avait désigné cinq délégués : David Noël, Charles Noël, Yves Mascarte, Michel Gouverneur et Marcel Simoneaux.
Après le mot d'accueil de Danièle Seux, Maire de Divion et l'élection du bureau de la conférence fédérale, Bertrand Péricaud, secrétaire fédéral, a présenté le premier rapport de la matinée, consacré à la situation internationale. Thomas Boulard, secrétaire de la section de Divion et membre du Bureau Fédéral, a présidé le débat qui a suivi. C'est ensuite Hervé Poly, secrétaire de la section d'Avion et membre du Bureau Fédéral, qui a présenté un rapport sur l'Europe et les services publics, suivi d'un temps de débat présidé par David Noël, secrétaire de la section d'Hénin-Beaumont et membre du Bureau Fédéral.
Avant la pause du midi, Jean-Claude Danglot, sénateur et premier secrétaire de la Fédération a accueilli chaleureusement une délégation cubaine conduite par l'ambassadeur de Cuba, qui s'est réjoui de l'accueil chaleureux des communistes du Pas-de-Calais avec qui Cuba entretient depuis longtemps des liens privilégiés. Durant le repas fraternel du samedi midi, les militants communistes ont pu revoir l'émission La Voix est Libre, que nous avions enregistrée, avec Hervé Poly et Fabien Roussel, membre de la direction de la Fédération du Nord.
L'après-midi, Jean-Claude Danglot a présenté un rapport sur la stratégie politique, le rassemblement et les alliances. Revenant sur la gauche plurielle, Jean-Claude Danglot a appelé à un PCF qui porte fièrement ses valeurs et les défende partout et à tous les niveaux, à la région comme dans les municipalités, dans la majorité comme dans l'opposition. "Quand on est dans une majorité d'union, même minoritaire, il faut toujours clarifier parce que ce qui compte, c'est l'intérêt de nos populations. L'union, c'est la clarification permanente, y-compris publiquement". Les communistes héninois partagent entièrement ce point de vue et continueront de l'appliquer.
Daniel Dewalle, maire de Houdain et membre du Bureau Fédéral, a animé le débat qui a suivi et qui a été particulièrement riche.
Le dimanche matin, notre conférence fédérale accueillait Alain Bocquet, député du Nord et Jacky Hénin, député européen.
La matinée a débuté avec un rapport de Cathy Apourceau-Poly, secrétaire fédérale, sur l'activité de la fédération et des sections. Laurence Zaderatzky, membre du Comité Fédéral, a présidé les débats qui ont permis à plusieurs secrétaires de section de s'exprimer et de montrer tout le travail qu'ils accomplissent au quotidien. Dominique Watrin, secrétaire fédéral, était chargé de présenter un rapport sur la base commune et les amendements. Plusieurs sections, comme la section d'Hénin-Beaumont, avaient présenté des amendements et les délégués ont voté pour le principe de transmettre tous les amendements remontés au Comité National.
Les délégués se sont ensuite prononcés sur le texte de la base commune non amendée et sur la motion proposée par la Fédération PCF 62. Très majoritairement, les délégués présents ont rejeté le texte de la base commune à plus de 80 % et adopté la motion fédérale.
Clôturant la dernière matinée de travaux, Claude Vanzavelberg, secrétaire fédéral, a présenté la nouvelle liste du comité fédéral proposée au vote des délégués. Le Comité Fédéral est notre direction fédérale, le "parlement" de la fédération. Le Comité Fédéral sortant, élu en mars 2006, comptait 74 membres et 3 membres de la Commission de Contrôle Financier. Le nouveau comité fédéral comptera 79 membres et 3 membres à la Commission de Contrôle Financier.
En tête de liste, Jean-Claude Danglot ne se représentait plus, après seize ans à la tête de la Fédération communiste du Pas-de-Calais. Les militants communistes lui ont réservé une ovation bien méritée. C'est Hervé Poly, secrétaire de la section d'Avion et membre du Bureau Fédéral, qui avait été choisi comme tête de liste pour succéder à Jean-Claude Danglot comme premier secrétaire fédéral. 
Agé de 44 ans, Hervé Poly a dirigé les Jeunesses Communistes du Pas-de-Calais avant d'entrer au Comité Fédéral et au Bureau Fédéral. Directeur politique de Liberté 62, Hervé Poly est le collaborateur parlementaire de Jacky Hénin depuis 2004 où il s'est notamment chargé du travail en direction des entreprises de la grande région Nord-Ouest. Secrétaire de la section d'Avion, Hervé Poly sillonne depuis longtemps les sections du département. Il était notamment chargé, pour le Bureau Fédéral, de suivre les sections d'Arras et d'Hénin-Beaumont. Depuis 2006, Hervé Poly a rarement manqué un Comité de Section héninois et il connaît parfaitement la situation héninoise.
Hervé Poly est un marxiste convaincu, partisan d'un PCF qui porte fièrement ses valeurs communistes, des positions qu'il entend bien porter au Comité National.
La liste unique présentée par la direction fédérale sortante a obtenu 246 voix sur 256. Hervé Poly devient donc le nouveau premier secrétaire fédéral. Lors de sa prochaine réunion, le comité fédéral élira un nouveau Bureau Fédéral et un nouveau Secrétariat Fédéral. Deux Héninois siègeront dans le nouveau Comité Fédéral : David Noël et Yves Mascarte, carreleur retraité, pilier de la section d'Hénin-Beaumont et investi chez les anciens combattants, qui remplace Marie-Serge Opigez, qui ne se représentait plus.
Deux autres votes ont permis de désigner d'abord une délégation de 25 adhérents du Pas-de-Calais qui se rendront au Congrès National, du 11 au 14 décembre à La Défense, puis les 4 représentants de la Fédération du Pas-de-Calais au Comité National : il s'agit d'Hervé Poly, de Jean-Claude Danglot, de Jacky Hénin et de Cathy Apourceau-Poly.
Après cette Conférence Fédérale, réussie, la Fédération communiste du Pas-de-Calais est désormais en ordre de bataille. Loin du microcosme politique parisien, les militants communistes du Pas-de-Calais sont fiers de leur parti et sont présents au quotidien dans les luttes. Ils le montreront à nouveau à Lens le 6 décembre prochain avec notre grande manifestation départementale pour l'emploi et la défense de l'industrie dans notre région. 
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti - Communauté : 34ème congrés du PCF
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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /Nov /2008 12:00
Le 6 novembre dernier, un groupe de dirigeants nationaux du PCF a publié une « contribution » ayant pour titre : Réflexions pour aller au bout des choix de la base commune et nommer clairement ce que nous voulons. Ce texte appelle à « métamorphoser » le PCF – en commençant par changer son nom. Parmi les signataires de ce texte figurent 11 membres du Comité Exécutif National (CEN) : Brigitte Gonthier-Morin, Nicole Borvo, Sophie Celton, Patrice Cohen-Séat, Jean-Marc Coppola, Marie-Claire Culié, Elisabeth Gauthier, Joëlle Greder, Fabienne Haloui, Alain Hayot, Richard Sheehan. Ces dirigeants du parti présentent l’abandon du PCF et sa « métamorphose » en une nouvelle formation politique comme la suite logique des idées formulées dans la « base commune », qui a obtenu 60% des voix dans les sections.

Pour le PCF, les implications de cette nouvelle manœuvre sont très graves. Lorsqu’un parti confie sa direction à des gens qui veulent sa disparition, il risque précisément d’en mourir. Si l’on additionne les signataires de ce texte à ceux qui, dans la direction du parti, sont connus pour défendre les mêmes idées sur l’avenir du PCF, force est de constater qu’une majorité du CEN sortant est favorable à la transformation du PCF en « autre chose ». Or, il est parfaitement évident que dans leur grande majorité, les communistes veulent maintenir le PCF et rejettent l’idée de sa dissolution ou de sa transformation en « autre chose ». Ils refusent l’abandon du PCF au profit d’une vague « mouvance populaire » ou d’un nouveau parti de type social-démocrate. C’est ce qu’ont montré – entre autres – les discussions préalables à l’Assemblée extraordinaire de décembre 2007.

Les signataires de Réflexions pour aller au bout des choix de la base commune cherchent à profiter du caractère volontairement ambigu des formulations de la base commune, sur cette question. En politique, l’ambiguïté n’est jamais sans conséquences. Il fallait s’attendre à cette nouvelle intrigue. Dans notre Critique du projet de « base commune » du CN, publié le 22 septembre dernier, nous écrivions : « Le texte du CN se contente d’affirmer – au moyen d’un flot de phrases creuses et de vagues allusions – que le monde a changé, et que le PCF doit aussi changer, dans sa structure et les idées qu’il défend. Mais la question est de savoir précisément en quoi le monde aurait changé, en quoi ces changements nous obligeraient à transformer le parti, et de quelle manière. Le texte n’en dit rien. Il propose de donner carte blanche à l’actuelle direction nationale pour engager de "profondes transformations" du parti, sans qu’elle ait à préciser lesquelles ! […] Au-delà des textes, le comportement réel, pratique, concret des dirigeants du parti au cours de la dernière période devrait inciter tous les communistes à la plus grande prudence quant au véritable sens des appels incessants à la "refondation" et aux "profondes transformations" qu’ils veulent entreprendre. »

Réflexions pour aller au bout des choix de la base commune insiste sur la nécessité de « tourner la page », pour ne plus être « un parti du passé ». A l’heure où le système capitaliste entre dans une crise très profonde, ses auteurs prétendent qu’il y aurait une « crise du communisme ». Pour eux, il faut abandonner le qualificatif « communiste » pour « nous libérer d’une image qui ne correspond pas à ce que nous sommes. » Les militants du parti apprennent également, dans ce texte, que la véritable signification du soi-disant « Front Populaire et Citoyen » ou du « Front progressiste et citoyen » – dont parle la base commune – n’est autre que la disparition du PCF !

Dans les débats préalables au vote des sections, peu de dirigeants se sentaient capables de défendre la base commune de manière franche. Le plus souvent, ils prenaient leurs distances par rapport à son contenu, soulignaient qu’elle n’était « pas parfaite » – et c’est le moins qu’on puisse dire ! –, mais qu’elle pouvait être amendée. L’un des principaux arguments avancés en faveur de la base commune était qu’elle avait le mérite, au moins, d’affirmer le maintien du PCF – ce qui n’était pas le cas, en réalité. Beaucoup de communistes qui, séduits par cet argument, ont voté pour le texte du CN, ont désormais le sentiment d’avoir été bernés. Si les signataires de ce nouvel appel à la dissolution du PCF avaient déclaré la couleur, avant le vote dans les sections, la « base commune » n’aurait sans doute pas obtenu une majorité des voix. C’est pour cette raison qu’ils ont laissé passer le vote avant de nous livrer leur interprétation de la base commune.

Comme par hasard, cet appel a été lancé au moment même où Mélenchon et Dolez ont annoncé leur décision de quitter le PS et de fonder un « nouveau parti de gauche ». Nous ne pensons pas que Mélenchon et Dolez seront suivis par un nombre significatif de militants socialistes. Mais quoi qu’il en soit, entre le NPA, l’appel de Politis, les « Communistes Unitaires », Gauche Avenir, la Fondation Gabriel Péri, le « nouveau parti » de Mélenchon-Dolez et l’appel de 11 dirigeants du PCF, nous faisons face à toute une constellation d’associations, de tendances et de formations politiques qui misent sur la désintégration du PCF, dont ils espèrent récupérer des morceaux pour les mettre au service des ambitions politiques de leurs chefs. Tel était déjà, à l’époque, l’enjeu des « collectifs anti-libéraux » de triste mémoire – et tel est l’enjeu des manœuvres actuellement en cours.

On fait miroiter aux communistes l’exemple du parti Die Linke, en Allemagne, né d’une fusion entre l’ex-PC est-allemand et une scission de gauche du SPD. On sème des illusions sur ce parti. Car la réalité, c’est que Die Linke est un parti social-démocrate, dont le programme, extrêmement modéré, ne diffère de celui du SPD que sur des questions secondaires. En dehors du gaz et de l’électricité, il ne réclame aucune nationalisation, et soutient ouvertement « l’économie de marché », c’est-à-dire le maintien du capitalisme. Par rapport au SPD, le seul « avantage » de Die Linke, en terme d’image, c’est qu’il n’a pas encore été soumis à l’épreuve du pouvoir, au niveau national. Mais s’il intégrait un gouvernement sur la base de son programme actuel, Die Linke s’y comporterait comme tous les autres partis sociaux-démocrates. Pour preuve, il s’est déjà illustré par une politique de coupe budgétaire massive dans la municipalité de Berlin, qu’il co-dirige avec le SPD. Y a-t-il besoin d’un nouveau parti de ce type, en France ? Non, bien évidemment.

Il faut immédiatement couper court aux manœuvres qui se trament au sommet du PCF. Elles ne peuvent que démoraliser ses adhérents et sympathisants. Il est absolument indispensable de prendre clairement position sur la question du maintien du PCF. Nous avons publié, à ce sujet, une proposition d’amendement à la base commune, et nous invitons les sections et fédérations du parti à s’en inspirer. Voici le texte de l’amendement en question : « La crise économique souligne la nécessité d’un parti qui se fixe comme objectif de rompre avec le système capitaliste. La jeunesse et les travailleurs ont plus que jamais besoin d’un Parti Communiste fort, combatif, révolutionnaire. Une grande majorité des militants communistes est favorable au maintien et au renforcement du PCF, comme l’ont montré les discussions qui ont préparé l’Assemblée Extraordinaire de décembre dernier. L’idée d’une dissolution du parti ou de sa transformation en "autre chose" doit être fermement et définitivement écartée. Ceci n’empêche pas les camarades qui veulent changer le nom du parti et construire un "nouvelle force" de s’exprimer. Mais la direction du parti doit prendre acte de l’opinion de la majorité des communistes. Il faut maintenir le PCF, le renforcer et mettre son programme en conformité avec son nom. » L’intégration de cet amendement à la base commune mettrait clairement en échec les intrigues des liquidateurs, aux yeux des militants et sympathisants communistes.

Ceci étant dit, on ne doit pas se contenter de modifier des textes. Encore une fois, le fait que la direction du PCF soit entre les mains de partisans de sa dissolution menace son existence même. Par conséquent, les instances dirigeantes du PCF, à commencer par le Conseil National et le CEN, doivent être composées de camarades qui assument les choix des communistes et refusent la dissolution du PCF.

Non, le communisme n’est pas en crise. C’est le capitalisme qui est en crise. Et ce sont les travailleurs, les jeunes et les retraités qui en subissent les conséquences. Dans ce contexte, le PCF peut et doit augmenter massivement son audience et son enracinement social. Il doit pouvoir convaincre les travailleurs de la nécessité d’abattre le capitalisme. Pour cela, il lui faut un programme et des dirigeants à la hauteur de cette lutte. Les idées fondamentales du communisme – du marxisme – doivent retrouver leur place dans le programme et l’action du PCF.

Jérôme Métellus et Greg Oxley
 
PCF Paris
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /Nov /2008 06:30
Chère Marie-George,

J’aimerais que l’on mette les points sur les i au prochain conseil national du 19 novembre. Le choix des communistes risque d’être remis en cause. Bafouant nos statuts qui constituent notre loi commune, une partie de l’équipe dirigeante se livre à des tentatives multiples pour dévoyer le vote des adhérents. Faire respecter leur choix est essentiel pour que le 34ème congrès soit un congrès exceptionnel qui scelle l’unité des communistes. C’est une exigence si l’on veut rétablir la confiance !

Qu’une partie de la direction continue d’être favorable à la création d’une nouvelle force politique n’est pas en soi choquant. En revanche que cette frange fasse semblant d’ignorer que l’immense majorité des communistes veut préserver un PCF autonome et tente de lui imposer un autre choix : là, je dis attention, danger de division. Depuis plusieurs congrès, la base militante se sent méprisée. En ne respectant pas son expression, on ouvrirait la porte à la paralysie, au déchirement et à l’éclatement.

En choisissant de ne pas présenter de texte alternatif, alors qu’ils sont en désaccord avec l’orientation de la base commune qui affirme la nécessité du PCF, les camarades qui se prononcent pour une autre formation politique ont cherché à camoufler derrière l’abstention, le non vote, le vote blanc ou nul, le fait qu’ils sont minoritaires. L’assemblée générale des communistes, en décembre 2007, était claire sur ce point. En jouant la confusion au moment où la lame de fond de la crise financière s’apprête à déferler sur notre peuple, ils portent une lourde responsabilité. C’est le moment où jamais de parler clair et de serrer les coudes. De faire preuve d’esprit de responsabilité. L’heure n’est vraiment pas aux petits calculs personnels et aux querelles de chapelle. Nous devons faire corps avec les adhérents, avec tous les communistes.

Soyons clairs : le vote sur les textes indique un réel mécontentement des communistes qui ne se retrouvent pas dans la base commune. Mais le résultat du scrutin, notamment, au regard du vote au précédent congrès, la progression des textes alternatifs qui veulent le renforcement politique et idéologique du PCF, indique nettement dans quel sens ils veulent aller. Après le vote des textes, le Parti Communiste Français doit entrer dans le vif du congrès avec les assemblées de cellules, là où elles existent, les conférences de section et départementales, enfin le congrès par lui-même.

C’est le moment de mettre en œuvre des pratiques démocratiques inédites que tous les communistes appellent de leurs vœux. Ces pratiques doivent respecter les statuts, ce qui n’empêche pas de proposer des modifications que le congrès pourrait entériner. Nous devons veiller, sans parler d’arithmétique, que le choix des communistes se reflète dans les conférences et le congrès. L’élection des délégations à chaque niveau doit requérir toute notre attention. De la façon dont elles seront constituées dépend la qualité démocratique du congrès.

Deux critères sont essentiels :

- il faut encourager au maximum l’élection de camarades issus des milieux populaires et du monde du travail, implantés parmi eux. Cela suppose du volontarisme. La vie politique française, le comportement des élites agissent comme des repoussoirs. Le traumatisme des années Jospin est loin d’être résorbé chez les militants les plus touchés par les agressions du capitalisme.

- l’affirmation majoritaire des communistes en faveur du maintien de l’existence du PCF doit se refléter dans les délégations, en ayant le souci d’une réelle représentativité des différentes approches et conceptions du devenir du PCF. C’est la garantie d’un débat franc, loyal, fructueux. C’est la garantie d’élire des directions ayant une réelle légitimité, sous peine de tri sélectif qui écarte des adhérents. C’est la logique de l’appareil étouffant la voix plurielle des communistes.

S’il est un terrain sur lequel le PCF doit innover, c’est bien celui-là. Il faut en finir avec les pratiques de secret, de cooptation, de préparation opaque des élections. La question des directions doit devenir pleinement partie prenante du débat démocratique au sein du parti. Nous ne devons plus craindre l’expression des individualités encore moins les fuir ou les étouffer dans les carcans bureaucratiques. Le communisme du XXIème siècle revendique le droit à la personnalité, à l’originalité, à la différence, au non-alignement. Il faut absolument sortir d’une logique de « plus petit dénominateur commun » et promouvoir des cadres qui, tout en restant liés étroitement au parti, savent exprimer leur point de vue et prendre des risques politiques.

Quiconque est candidat à quelque poste que ce soit, proposé par lui-même, par une direction sortante ou par un groupe de communistes, doit clairement s’afficher devant l’ensemble des communistes. L’ambition doit être conçue non comme un péché, mais comme un levier.

Pour un bon déroulement du débat démocratique concernant les dirigeants, tu dois dire sans délai si tu es candidate ou non à ta succession. Dans la foulée, les successeurs potentiels doivent se déclarer.

Le caractère collectif des directions est une originalité historique du Parti Communiste Français. Le bureau politique, quand il existait, était à la fois une force de réflexion et une force de frappe formidables. Il faut revenir à un exécutif d’une quinzaine de membres composés de militants ayant des conceptions diverses, capables d’assumer cette diversité et surtout ayant envie de porter leur parti aux avant-postes de la lutte des classes.

Le conseil national doit être le parlement du parti, sa plus haute autorité politique. Pour retrouver une légitimité qu’il a complètement perdue, notamment avec un absentéisme qui touche largement plus de la moitié de ses membres. Il faut prendre une mesure marquante et modifier les statuts en ce sens avec l’élection des membres du Conseil National au suffrage direct de l’ensemble des adhérents.

Il nous revient de porter dans la situation actuelle, plus que jamais, les couleurs du Parti communiste français et de dire aux gens que l’on veut une société communiste pour remplacer ce capitalisme destructeur. Annonçons donc la couleur. Je pense d’ailleurs que cette idée manque dans le document de base commune et s’il y a une chose que je partage avec les autres contributions, c’est que l’on ne peut laisser cette base commune dans son état actuel, qu’elle a besoin d’être revue pour appeler à du communisme tout de suite, à une démocratisation du PCF avec une direction qui anime et dynamise, avec des dirigeants de terrain travaillant au rassemblement, aux luttes, pour des avancées politiques et pour l’émancipation humaine.

Henri Malberg vient de publier un livre qui tombe fort à propos. Bravo et merci Henri pour ton courage, ta lucidité.

André Gerin
Député Maire PCF de Vénissieux
8 novembre 2008
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /Nov /2008 06:30
Dans les jours qui viennent, des conférences de section du PCF vont se tenir, dans tout le pays, pour discuter et amender le texte d’orientation : Vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien (ici), qui a recueilli près de 61% des voix lors de la consultation interne des 29 et 30 octobre.

Les faiblesses de ce texte sont très nombreuses (lire notre analyse ici). Beaucoup de camarades en critiquent le caractère confus et abstrait, y compris parmi ceux qui l’ont soutenu par leur vote. Mais à présent, le seul moyen d’améliorer ce texte consiste à l’amender. Dans cette optique, les initiateurs du texte alternatif Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme ont décidé de rédiger cinq propositions d’amendement sur des questions essentielles. Nous les publions ci-dessous. Nous invitons les militants qui sont d’accord avec ces amendements à les soumettre au vote de leur conférence de section. Bien sûr, ce ne sont que des modèles d’amendement, que chacun peut modifier à sa guise, s’il le juge nécessaire.

Nous demandons aussi aux camarades de nous envoyer des comptes-rendus de leur conférence de section à : renforcerlepcf@gmail.com. Pour toute remarque ou question sur les amendements proposés, nous écrire à la même adresse.

1) Sur la révolution vénézuélienne

Section « Nouvelles conflictualités ».
Entre les paragraphes 4 et 5, insérer le paragraphe suivant :


Au Venezuela, une révolution est en cours. Des millions d’hommes et de femmes se sont mobilisés, à plusieurs reprises, pour transformer la société. Toutes les tentatives contre-révolutionnaires ont été repoussées par l’intervention des masses. Depuis 2005, Hugo Chavez rejette la possibilité de réformer le capitalisme. Il en appelle à l’édification du socialisme au Venezuela et à l’échelle internationale. Des entreprises des secteurs industriel, agro-alimentaire et bancaire ont été nationalisées. Certes, la révolution vénézuélienne n’est pas encore allée jusqu’à son terme. Mais elle a déjà eu un énorme impact sur le reste du continent. Les mouvements insurrectionnels en Bolivie et au Mexique se sont inspirés de son exemple. Cette révolution a également remis les idées révolutionnaires, les idées du marxisme, au cœur des discussions dans le mouvement ouvrier, en Amérique latine et ailleurs. Alors que les capitalistes avaient décrété la mort définitive de notre cause, le Venezuela a remis la révolution socialiste à l’ordre du jour !

2) Pour une extension massive du secteur public

Section « Un nouveau mode de développement ».
Paragraphe commençant par : « - une autre gestion de la production et du marché ».
Remplacer ce paragraphe et le suivant par :


- une extension massive du secteur public. L’anarchie du système capitaliste doit être remplacée par une planification rationnelle et démocratique de l’économie. Les grandes entreprises des secteurs de l’industrie, de l’agro-alimentaire, de la distribution et des services doivent être nationalisées, sans indemnités pour les gros actionnaires, et placées sous le contrôle démocratique des salariés.

3) Pour la nationalisation du secteur financier

Dernier paragraphe de la section « Un nouveau mode de développement ».
Remplacer ce paragraphe par :


- une maîtrise intégrale du secteur bancaire et financier. Cela ne peut reposer que sur la nationalisation de toutes les banques et de toutes les compagnies de crédit et d’assurance. C’est le seul moyen de mettre un terme à la spéculation financière. Le contrôle public du crédit doit permettre de développer l’économie, de promouvoir les emplois stables et de contribuer à la mise en œuvre d’une politique sociale dans l’intérêt de la jeunesse et des salariés.

4) Contre les alliances avec le MoDem

Section « La crise d’alternative à gauche. »
Entre les paragraphes 5 et 6, insérer le paragraphe suivant :


Lors des élections municipales de mars 2008, la participation de candidats communistes à des listes communes avec le MoDem était une erreur très sérieuse. Nous voulons tous que le PCF ait des élus, mais pas à n’importe quel prix. Les alliances avec un parti de droite, quel qu’il soit, ne peuvent que discréditer le PCF aux yeux des jeunes et des salariés. C’est d’ailleurs en contradiction complète avec notre critique du rapprochement entre le PS et le MoDem. A l’avenir, des alliances avec la droite doivent être exclues, sans exception, à toutes les élections.

5) Pour le maintien et le renforcement du PCF

Chapitre « L’avenir du PCF ».
Remplacer les paragraphes 5 et 6 par :


La crise économique souligne la nécessité d’un parti qui se fixe comme objectif de rompre avec le système capitaliste. La jeunesse et les travailleurs ont plus que jamais besoin d’un Parti Communiste fort, combatif, révolutionnaire. Une grande majorité des militants communistes est favorable au maintien et au renforcement du PCF, comme l’ont montré les discussions qui ont préparé l’Assemblée Extraordinaire de décembre dernier. L’idée d’une dissolution du parti ou de sa transformation en « autre chose » doit être fermement et définitivement écartée. Ceci n’empêche pas les camarades qui veulent changer le nom du parti et construire un « nouvelle force » de s’exprimer. Mais la direction du parti doit prendre acte de l’opinion de la majorité des communistes. Il faut maintenir le PCF, le renforcer et mettre son programme en conformité avec son nom.

La Riposte
9 novembre 2008
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /Nov /2008 06:30
Les adhérents du Parti Communiste ont voté, mercredi et jeudi sur les trois textes proposés comme base commune de discussion au 34ème Congrès, qui se déroulera du 11 au 14 décembre à La Défense. Les résultats sont nets en faveur de la direction sortante dont le projet de base commune obtient un peu plus de 60 % des voix.

C'est donc le texte "Vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien" qui est choisi comme base commune de discussion. Les adhérents ont désormais un mois pour le compléter avec des amendements, qui ne pourront remettre en cause l'orientation du texte. En clair, tous les amendements de fond seront automatiquement rejetés.

Notre prochaine conférence de section, en novembre, sera l'occasion de déposer d'éventuels amendements et d'élire une nouvelle direction de section. Les adhérents de la section se prononceront également sur la motion qui nous est proposée par la Fédération PCF 62.
Dans la foulée, les 29 et 30 novembre prochain, les délégués des sections mandatés par leur comité de section participeront à la conférence fédérale, qui se tiendra à Divion. Une nouvelle direction fédérale sera alors élue pour trois ans jusqu'au prochain Congrès.

34ème Congrès

Résultats du vote des communistes

Adhérents : 132 077
Cotisants : 78 779
Votants : 39 692 (50,38 %)
Blancs et nuls : 3 659 (9,22 %)
Suffrages exprimés : 36 033 (90,78 %)

Texte 1
Vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien
21 946 voix (60,91 %)

Texte 2
Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme
(La Riposte)
5 419 voix (15,04 %)

Texte 3
Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps
(Section PCF Paris XV, Gauche Communiste, André Gérin)
8 659 voix (24,03 %)

Les résultats du 34ème Congrès présentent peu de différences avec ceux du 33ème Congrès, qui s'est déroulé du 23 au 26 mars 2006 au Bourget. 

33ème Congrès
Résultats du vote des communistes

Cotisants : 99 281
Votants : 46 214 (46,55 %)
Blancs et nuls : 1 392 (3,01 %)
Suffrages exprimés : 44 822 (96,98 %)

Texte 1
Base commune
28 411 voix (63,39 %)

Texte 2
Base commune amendée
(Nicolas Marchand, Yves Dimicoli)
5 126 (11,44 %)

Texte 3
Colère et Espoir
(Maxime Gremetz)
1 662 voix (3,71 %)

Texte 4
Fiers d’être communistes
(Jean-Claude Danglot, André Gérin, Gauche Communiste)
5 938 voix (13,25 %)

Texte 5
Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes
(Section PCF Paris XV, Georges Hage)
3 685 (8,22 %)

Depuis 2006, nous avons perdu de nombreux cotisants. Faut-il y voir l'effet de la mise en place de nouvelles cartes pluriannuelles ? Désormais, les cartes d'adhérents sont valables trois ans. Les adhérents sont invités à coller leurs timbres annuels sur les timbres de l'année précédente. L'assemblée de remise des cartes, moment privilégié de la vie d'une section, perd de son importance, au détriment de la cohésion de nos sections.
Avec la généralisation du prélèvement automatique, l'édition de cartes pluriannuelles a pu distendre les liens entre les adhérents et leur section. Ceci n'explique pas tout. 

Avec moins de 40 000 votants contre 46 000 en 2006, on observe à nouveau une participation beaucoup trop faible pour un congrès. D'après nos informations, un certain nombre de sections proches des refondateurs qui avaient fait la campagne de José Bové aux élections présidentielles 2007 auraient boycotté le vote, ce qui explique peut-être en partie la faiblesse de la participation dans certaines régions comme la Seine-Saint-Denis.

A l'intérieur du PCF, le rapport de forces est resté stable. Le texte de la direction avait obtenu 63 % en 2006, il approche cette année les 61 %. Si on affine l'analyse, ce score de 60,91 % des voix paraît étonamment faible, dans la mesure où le groupe des économistes méne par Nicolas Marchand, Yves Dimicoli et Paul Boccara n'avait pas présenté d'amendements et soutenait le texte de la direction, qui écarte provisoirement toute idée de dissolution du PCF dans un Die Linke à la française.

En 2006, les trois textes alternatifs Colère et Espoir, Fiers d'être communistes et Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes obtenaient 25,18 % des voix. On les retrouve presque entièrement sur le texte 3, Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps, qui obtient 24,03 % des voix. Les initiateurs de ce texte alternatif commun vont maintenant devoir se structurer en réseau s'ils veulent faire progresser leur influence de manière durable.

Les économistes du parti l'avaient fait en créant le réseau ANR (Action-Novation-Révolution) qui s'est depuis rapproché de la majorité du parti dont il constitue l'aile gauche. Il n'est pas exclu que les initiateurs de Faire vivre et renforcer le PCF et les animateurs d'ANR se rapprochent.

Avec 15,03 % des voix, le score du texte Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme, est très encourageant pour La Riposte, qui présentait pour la première fois un texte alternatif devant les adhérents du PCF. Section française de la TMI, la Tendance Marxiste Internationale, une organisation trotskyste dont les sections nationales militent en tendance au sein des partis communistes ou travaillistes, La Riposte a effectué un travail théorique patient et sérieux, visible sur son site internet qui est un des sites internets communistes les plus visités.

Durant la campagne interne, des polémiques avaient opposé les initiateurs du texte 3 et les militants de La Riposte. Les proches d'André Gérin déniaient toute légitimité à La Riposte, considérée comme une organisation étrangère à l'histoire du Parti Communiste. L'épouvantail trotskyste ne fonctionne heureusement plus. On ne voit d'ailleurs pas bien pourquoi la Gauche Communiste de Jean-Jacques Karman serait une tendance trotskyste acceptable et pas La Riposte.
En tout état de cause, avec plus de 5 400 voix et 15 % des voix des adhérents, La Riposte est désormais pleinement légitimée comme tendance à l'intérieur du Parti Communiste.

A eux deux, les textes 2 et 3 pèsent près de 40 % des voix. Pour l'emporter dans un congrès, il suffit de franchir la barre des 50 % des voix, un objectif qui n'aurait rien d'impossible au prochain congrès, surtout dans l'hypothèse d'une structuration des amis d'André Gerin et d'un rapprochement avec  ANR et l'aile gauche de la majorité. Si, dans le même temps, La Riposte poursuit sa progression, dans trois ans, la direction pourrait bien être minoritaire dans le parti face à ses oppositions "orthodoxes".
Les militants révolutionnaires qui ont quitté le PCF pour rejoindre des groupuscules comme le PRCF, rallier le NPA ou abandonner toute activité politique et se replier sur le syndicalisme doivent revenir au Parti Communiste et renforcer son aile gauche, qui sort grandie de ce 34ème Congrès.

Une fois de plus, le Parti Communiste a prouvé qu'il était un parti démocratique et transparent qui sait faire vivre le débat interne, un débat qui ne tourne pas chez nous au conflit d'egos et de chapelles comme on le voit trop souvent dans d'autres partis...

Cet élan du congrès ne doit pas s'arrêter ! Les salariés, les chômeurs, les précaires ont besoin d'un Parti Communiste ouvert, à leur écoute, près de leurs préoccupations, qui soit un appui à leurs luttes. en même temps qu'une force de proposition. C'est tout l'enjeu de ce 34ème Congrès.   
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti - Communauté : 34ème congrés du PCF
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