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Médias

Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 08:30
Après Siné Hebdo il y a un an, c'est un nouvel hebdo qui sort en kiosque ce mercredi. Bakchich Hebdo est l'hebdomadaire papier du site internet Bakchich.info, fondé par Nicolas Beau, un ancien du Canard Enchaîné.
Webzine satirique et d'enquête, Bakchich.info proposait déjà chaque vendredi à ses abonnés un hebdo à télécharger au format pdf.

Avec cette formule papier qui viendra concurrencer Le Canard Enchaîné, Charlie Hebdo et Siné Hebdo, Bakchich Hebdo se lance sur un marché lucratif, mais très concurrentiel et vise un objectif de 25 à 30 000 lecteurs. Le journal de 20 pages sera vendu au prix d'1,80 €. Longue vie à ce nouvel hebdo du mercredi !

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Les antilibéraux
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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /Sep /2009 14:00
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 7 août 2009 5 07 /08 /Août /2009 06:30
Le dernier numéro de Manière de voir, le bimestriel du Monde Diplomatique est paru. Daté d'août-septembre 2009 et coordonné par Dominique Vidal, le numéro 106 est consacré à l'émancipation dans l'histoire, de Spartacus jusqu'à la guerre du Vietnam.

Comme toujours avec les ouvrages de cette collection à l'approche pédagogique et documentaire, ce numéro de Manière de voir s'adresse autant à des étudiants et à des enseignants qu'à des militants.

Entre révolutions et indépendances, ce numéro entrecoupé de poèmes d'Eugène Pottier, Nazim Hikmet, Aimé Césaire, Bertold Brecht ou encore Paul Eluard fait la part belle aux luttes et aux espoirs qu'elles font naître.

Un numéro à découvrir en kiosque au prix de 7 €.

I. Mouvements d’idées

Depuis que l’homme peuple cette Terre, un rêve de liberté le porte, de génération en génération. Cet espoir fou le pousse à résister à toute forme de domination. Une volonté d’émancipation qui a mobilisé des esclaves comme des serfs, le Tiers-Etat comme les prolétaires modernes.

A chaque période, il s’est trouvé des intellectuels pour accompagner ces luttes et leur offrir un fondement philosophique. Cette élaboration a convergé au XVIIIe siècle pour donner les Lumières, dont l’héritage marie raison et liberté.

Ces idées humanistes serviront de terreau à la Révolution française, qui les diffusera à travers l’Europe. Elles se réincarneront dans la seconde Révolution française : la Commune de Paris. Elles inspireront aussi les auteurs de la loi de 1905, qui organisera la laïcité de la République. Elles trouveront enfin leur pendant oriental dans la « nahda », la renaissance arabe.

De toutes les formes d’exploitation de l’homme par l’homme, la pire réside sans doute dans l’asservissement. Plus de vingt siècles après la révolte conduite par Spartacus, le monde compte encore des esclaves. Entre-temps, les trois traites — intra-africaine, arabe et coloniale — qui décimèrent l’Afrique firent des millions de victimes...

Les Lumières et la raison
Jacques Bouveresse

Le libéralisme égalitaire des Jacobins
Jean-Pierre Gross

Vaincue, la Commune est devenue un symbole
Georges Haupt

Etapes et conséquences des traites négrières
Marcel Dorigny

Un siècle plus tard, la laïcité fait encore débat
Alain Gresh

Nahda, la renaissance arabe
Anne-Laure Dupont

II. Libérations

Au fil du XXe siècle, le combat pour l’émancipation s’est incarné dans de belles pages d’histoire.

Avec la révolution d’octobre 1917 commence une aventure inachevée : celle du « socialisme réel », porteuse d’acquis populaires, mais aussi d’échecs, parfois sanglants, et d’abord en matière de libertés.

Répétition du second conflit mondial, la guerre d’Espagne (1936-1939) a mobilisé les Européens antifascistes — pas assez toutefois pour vaincre les troupes franquistes appuyées par Hitler et Mussolini.

En France aussi, le Front populaire l’avait emporté en 1936 : il restera dans les mémoires pour les conquêtes de la grève, des 40 heures aux congés payés.

Actrice majeure de cette épopée, la classe ouvrière jouera un rôle central dans la Résistance et la Libération, où Français et étrangers se mêleront.

Avec la victoire des partisans de Tito (1945), un autre modèle de socialisme s’impose : l’autogestion, anticapitaliste et antistalinienne.

Mais la victoire sur le nazisme donnera le signal d’une émancipation plus décisive encore, celle des peuples du tiers-monde.

Octobre 1917 à l’épreuve de l’histoire
Moshe Lewin

Des romans contre l’oubli de la guerre d’Espagne
Anne Mathieu

1936, le Front populaire de l’espoir à l’échec
René Bayssière

La révolution yougoslave et l’autogestion
Catherine Samary

Ces Espagnols qui ont libéré Paris
Denis Fernandez Recatala

Regards sur l’histoire coloniale en Inde
Partha Chatterjee

III. Espoirs d’après-guerre

La défaite des puissances de l’Axe a profondément modifié la carte du monde. Ces bouleversements vont, malgré la guerre froide, créer les conditions d’avancées sans précédent de l’émancipation humaine au cours des décennies qui suivent, en commençant par le Sud.

Avec la conférence de Bandung (1955), les « non-alignés » font entendre leur voix contre la domination coloniale, et face aux deux blocs. Certains peuples obtiendront pacifiquement leur indépendance, d’autres devront se battre pour l’arracher.

L’exemple des Algériens, victorieux après huit années d’un terrible conflit (1954-1962), rayonnera d’un bout à l’autre du tiers-monde. Dans le monde arabo-musulman, la Nakba palestinienne (1948) et la révolution égyptienne (1952) ont stimulé un puissant mouvement national. A son tour, la révolution cubaine (1959) déclenche un élan libérateur, qu’Ernesto Che Guevara tente d’étendre en Amérique latine. Comme en écho, Salvador Allende invente, avec l’Unité populaire, de 1971 à 1973, le socialisme à la chilienne, qu’écrasera le putsch de Pinochet. Le Vietnam, lui, l’emporte définitivement (1975), après plus de dix ans de guerre américaine.

Mais l’émancipation s’appelle aussi Mai 68, pour le mouvement ouvrier et celui de la jeunesse, Vatican II, pour l’Eglise catholique, et féminisme, pour la moitié de l’humanité...

Bandung ou l’irruption du tiers-monde
Jean Lacouture

Des « traîtres » qui sauvèrent l’honneur...
D.V.

Controverses autour du bilan du nassérisme
Kamel Labidi

Ainsi était le « Che »
Ahmed Ben Bella

Vatican II, tournant pour l’Eglise
Michel Cool

Mai 68 au miroir du cinéma
Jean-Louis Comolli

Quang Tri ou la dynamique de la victoire
Gabriel Kolko

« Une midinette aux ongles laqués »
Sylvie Tissot

Le rêve brisé de Salvador Allende
Tomás Moulian
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /Juil /2009 06:30
Canal + a annoncé que, faute d'une audience suffisante, la série "Reporters" était arrêtée à l'issue de sa deuxième saison.

Il nous semble que "Reporters" a fait la preuve de qualités élevées et rares. Son ambition scénaristique lui permet d'être addictive autant sur la forme que sur le fond, d'une profondeur rare à la télévision française.
Sa capacité à anticiper le réel témoigne de la richesse du travail de ses auteurs, et permet à la série d'accompagner de manière passionnante la réalité sociale et politique de son pays, qu'elle commente un peu à la manière dont "The West Wing / A La Maison Blanche" commentait l'Amérique.
Elle a su nouer une relation forte avec les téléspectateurs qui l'ont suivie avec passion, et notamment un public exigeant et disposant d'une réelle culture sérielle, d'habitude peu enclin à regarder de la fiction française.

Et si "Reporters", série ambitieuse qui ne repose pas sur des codes dans lesquels le téléspectateur se glisse maintenant sans efforts, tels que ceux de la série policière ou même médicale, n'est pas celle qui réunit la meilleure audience des séries de Canal+, il nous semble qu'elle constitue un laboratoire suceptible d'enrichir la fiction française de demain. Elle est à nos yeux un pari à faire pour l'avenir. Une série référence.

C'est pour toutes ces raisons, pour sa qualité qui nous semble avoir très peu d'équivalents en France, qu'il nous a semblé utile de mener une campagne pour faire connaître notre envie de découvrir une saison 3 de "Reporters". Histoire de mettre en lumière son caractère rare et précieux, de faire valoir l'existence de ce public à haut niveau d'exigeance, de sa relation à la série. Histoire, on l'espère de faire revenir Canal + sur sa décision d'arrêter "Reporters" ou, à tout le moins, de faire réfléchir la chaîne sur la nécessité de maintenir dans son offre de fiction des séries de haut niveau de qualité même si elles n'amassent pas (encore) de grandes foules...

Lien vers le texte : http://reporters3.over-blog.fr/

Pour signer la pétition pour une saison 3 de Reporters, c'est ici :

 



La série Reporters

C’est il y a tout juste deux ans que Canal + diffusait la première saison de Reporters. En suivant dans leur travail un groupe varié de journalistes, la série, produite par Capa Drama et créée par Olivier Kohn avec Alban Guitteny, pose un regard d’une acuité saisissante sur les mécanismes du quatrième pouvoir. Remarquablement écrite, réalisée et interprétée, elle s’est imposée à nos yeux comme une série référence. Une brillante création qui a naturellement pris sa place parmi les plus grandes fictions télévisées françaises.

Une chaîne de télé publique - TV2F -, un quotidien national - 24 heures dans le monde. Le journal est en train d’être racheté par un grand groupe, la chaîne cherche à gratter de l’audience à la chaîne privée concurrente. Dans ces deux institutions médiatiques travaillent des hommes et des femmes qui ont pour mission d'informer la France sur l'actualité, parfois publique, parfois cachée.

Reporters ausculte en profondeur les pouvoirs médiatiques, politiques et économiques tels qu’ils interagissent en France probablement comme nulle part ailleurs. Et elle en tire une matière romanesque et épique. Parce que les rouages qu’elle décrit broient plus souvent qu’à leur tour les individus, ce qui les pousse à toutes les compromissions Reporters est aussi une plongée émouvante dans les ambigüités de l’âme humaine. Ses personnages sont constamment écartelés entre l’éclat de la résistance et le confort de la soumission au système.

La première saison voyait un journaliste d’investigation, Thomas Schneider, remonter la filière d’un trafic d’armes et déboucher sur un financement occulte de parti politique. Schneider est déterminé à faire éclater cette incommodante vérité.
Une journaliste politique, Florence Daumal, retrouvait un ancien amant devenu conseiller au Ministère de l’Intérieur et découvrait le gouffre qui sépare les codes de la déontologie et leur mise en pratique.
Un fait-diversier, Michel Cayatte explorait les recoins de l’âme humaine dans la France des pavillons de banlieue ou de la ruralité.
Une jeune débutante, Elsa Cayatte découvrait les rouages de la télé et le prix de l'ambition...
Catherine Alfonsi à TV2F et Albert Lehman à 24 Heures dirigeaient ces deux rédactions, chargés de faire tampon entre leurs journalistes et les multiples pressions extérieures, qu'elles soient politiques ou économiques.
Ces deux rédactions étaient rapprochées par un événément dramatique: la prise en otage de deux journalistes dans un pays de l'ex-URSS. En coulisse, cet enlèvement donnait lieu à marchandages et coups bas politiques.

La seconde saison, dont la diffusion vient de s'achever, nous permettait de retrouver les personnages de la première, dans un contexte secoué par un attentat anti-français à Riyad en Arabie Saoudite. Un attentat dont un nouveau protagoniste, Alexandre Marchand, correspondant sur place de TV2F, est l'un des témoins. Son enquête sur les causes de cet événement va lui apprendre que l'économie est aussi une guerre qui, pour être feutrée, n'en est pas moins violente.
Parrallèlement, Florence Daumal se bat pour la direction du journal et ne tarde pas à découvrir un inattendu secret d'Etat.
Michel Cayatte retrouve un ancien sujet d'article, Thierry Augé, quand il est amené à témoigner en sa faveur au cours de son procès en révision.
Alain Massart, le présentateur du 20h, commet de son coté une faute qui ouvre un boulevard à Elsa Cayatte...

Vraie fiction, mais qui s'adosse sur une documentation fouillée sur les sujets d'actualité majeurs du moments, Reporters explore en profondeur son univers parallèle qui est presque le nôtre - mais pas tout à fait - et lui tend un miroir fascinant. Véritable thriller journalistique, la série sait provoquer une addiction tout autant physique qu'intellectuelle. Oeuvre politique, Reporters raconte la France d'aujourd'hui, comme The West Wing racontait l'Amérique.
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Mercredi 22 juillet 2009 3 22 /07 /Juil /2009 06:30
À en croire la presse (qui ment), les vacances, désormais « démocratisées », ouvriraient à chacun l’accès à des loisirs de rêve. En vérité, les inégalités se creusent en matière de doigts de pied en éventail.

Chaussé d’une paire de tongs en peau de yak et vêtu d’un pagne assorti, notre agent double Bébert s’est ingénieusement fondu parmi les 40 % de Français qui ne partent pas en vacances. Plutôt que de danser la samba sous les cocotiers, il a médité ce poème de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) : « On appelle vacances les voyages d’agrément d’au moins quatre nuits hors du domicile. »

Longtemps les deux semaines de congés payés conquises par les grévistes du Front populaire et votées le 20 juin 1936 ont épouvanté la bourgeoisie éclairée. Quoi ! Des prolétaires temporairement libérés de la machine oseraient lui disputer le monopole des vacances ? Le spectre du métallo indocile en maillot de bain hante le haut fonctionnaire socialiste François Bloch-Lainé : « Il est nécessaire, pour la sauvegarde de l’ordre public, que les masses ouvrières ne consacrent pas leurs loisirs à développer les fléaux sociaux ou à fomenter des troubles. Tout moyen qui tend à les éloigner de l’alcoolisme ou de la sédition contribue au maintien de cet ordre. L’Éducation populaire en est un : elle offre aux travailleurs des occupations saines et éclairant leur intelligence, les conduit à la modération [1]. »

Modération ? Trois semaines en 1956, quatre en 1969, cinq en 1982... les roublards séditieux en demandent toujours plus. Entre 1951 et 1989, le taux de départs en vacances des Français passe de 31 % à 60,7 % [2]. L’« occupation saine » des salariés devient une activité économique. Dans un secteur de l’hôtellerie-restauration, réputé pour ses conditions de travail idylliques, les soutiers du délassement produisent 6,5 % de la richesse nationale. En 1936, la droite avait rebaptisé « ministère de la paresse » le sous-secrétariat d’État aux Loisirs et aux Sports ; en 2006, le ministre du Tourisme nage le crawl dans les piscines d’euros qu’alimentent 1 million de serveurs et de maîtres nageurs.

Fatuité et farniente

Comme dans l’éducation, la « massification » des vacances n’a pas entraîné de nivellement des inégalités. Au contraire. Vautré devant un compendium de statistiques, Bébert, notre grand reporter, note un creusement des écarts entre les classes sociales. Depuis 1989, le taux de départ en vacances reste bloqué aux alentours de 60 %. Mais il ne s’agit que d’une moyenne. Dans le détail, le ciel de la « démocratie des loisirs » s’assombrit : « En 1999, 43 % des personnes parmi les 10 % de ménages les plus modestes ont effectué au moins un séjour, contre 86 % de celles qui appartiennent aux 10 % de ménages les plus aisés [3] ». La bourgeoisie cultivée combine fatuité et farniente : entre 1957 et 1999, le taux de départs en vacances des cadres et professions intellectuelles supérieures est passé de 82 à 86 %. Durant la même période, ce taux a, pour les ouvriers, régressé de plus de 10 points, passant de 56 à 45 % [4]. Pendant que Jean Daniel félicite BHL pour l’aménagement de son palace « incroyablement luxueux » à Marrakech, moins d’un ouvrier sur deux peut s’offrir une visite chez sa tante bretonne.

Il est en outre hors de question de mélanger les théoriciens cossus du « métissage » avec le tout-venant du salariat. Aux inégalités dans l’accès aux vacances s’ajoutent les inégalités concernant la nature de ces vacances. Quand les pauvres campent avec la marmaille qui braille, visitent les parents, voyagent en groupes ou louent les bunkers en front de mer à la Grande-Motte, les classes aisées choisissent un trekking au Sahara recommandé par Le Nouvel Observateur, un séjour individuel à vocation « culturelle », ou privilégient le tourisme « éthique », qui régénère le citadin par un contact « spirituel » avec la nature ou les autochtones. « La clientèle saharienne, explique l’Unesco, est issue d’une population de cadres moyens et cadres supérieurs, d’enseignants, de professions libérales et médicales, de dirigeants d’entreprises ; en général une population qui dispose de revenus conséquents [5]. »

Ici, la ségrégation sociale rend presque impossible la rencontre au bord d’une plage d’Arnaud Lagardère et d’une caissière de supermarché – à moins que cette dernière n’ait contracté un emploi saisonnier d’hôtesse de yacht. En vacances, la bourgeoisie cultivée n’a qu’une obsession : affirmer son goût de « l’authentique » et se tenir à l’écart des « touristes », c’est-à-dire des salariés en vacances, dont Laurent Joffrin a dressé le tableau délicat : « Beaufs suants, maillots de corps fripés et pastagas éclusés sous le soleil entre la route enfumée et la plage ruisselante d’huile de bronzage » (Libération, 2-3.8.86). Pour maintenir la distance, l’abonné au Nouvel Observateur ou le lecteur des Inrockuptibles doit rechercher des destinations toujours plus lointaines, plus rares, des prestations toujours plus individualisées. Dès 1986, Joffrin s’inquiétait de ce qu’en matière de vacances « petit à petit les moutons se changent en renards et les pauvres sont de plus en plus malins ». Vingt ans plus tard, le directeur de la rédaction du Nouvel Observateur est en tournée promotionnelle pour son livre sur la gauche caviar. Amnésique, il dénonce le mépris des élites pour le peuple. Blanche-Neige porte la barbiche et marmonne : « Miroir, mon beau miroir... »

Notes :

[1] François Bloch-Lainé, L’Emploi des loisirs ouvriers et l’Éducation populaire, Librairie du Recueil Sirey, Paris, 1936, p. 15.

[2] Cité par Jacques Chauvin, Le Tourisme social et associatif en France : acteur majeur de l’économie sociale, L’Harmattan, 2002, p. 37.

[3] Céline Rouquette, « Dix ans de vacances des Français », in France, portrait social 2002/2003, Insee, 2003.

[4] Enquêtes Insee sur les vacances des Français.

[5] « Le Sahara des cultures et des peuples : vers une stratégie pour un développement durable du tourisme au Sahara dans une perspective de lutte contre la pauvreté », Unesco, juillet 2003, p. 30.
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Samedi 24 janvier 2009 6 24 /01 /Jan /2009 06:30
Il fut un temps où Luc Ferry, "consterné" par les jeunes, faisait les louanges du libéralisme à l'université... Aujourd'hui, sa thèse a quelque peu changé. La preuve grâce à ce second montage d'archives de nos amis du Plan B, le journal sardonique de critique des médias et d'enquêtes sociales.

Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Vendredi 23 janvier 2009 5 23 /01 /Jan /2009 06:30
Il fut un temps où Jacques Julliard faisait les louanges du libéralisme... la preuve grâce à ce montage d'archives de nos amis du Plan B, le journal sardonique de critique des médias et d'enquêtes sociales.

Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /Jan /2009 06:30
Le 17 décembre 2008, l’Assemblée nationale a adopté l’ensemble du projet de loi relatif à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision. A compter du 1er janvier 2009, la nouvelle loi transforme le groupe France Télévisions en une société unique à laquelle sont rattachés les actuelles sociétés France 2, France 3, France 4, France 5 et le Réseau France Outre-mer (RFO). Son nouveau Président sera nommé en Conseil des ministres. Le 5 janvier 2009 verra la suppression partielle de la publicité entre 20 heures et 6 heures du matin. Puis, progressivement, la suppression de la publicité sera totale.

Le manque à gagner des recettes publicitaires, estimé entre 450 et 900 millions d’euros, ne sera que partiellement compensé. Pour subsister, la télévision publique devra faire des économies d’échelle, afin d’économiser 140 millions d’euros par an. Selon l’intersyndicale SNJ-CGT et SNRT-CGT, « en basculant 800 millions d’euros de ressources publicitaires annuelles dans le secteur privé, sans pour autant compenser la perte, le gouvernement va déclencher une restructuration de grande ampleur ». [1] A la clé, des licenciements et une baisse de la qualité des programmes, quoi qu’en dise le gouvernement.

Il s’agit bien d’un sabotage prémédité de l’audiovisuel public, d’ailleurs préconisé par une directive européenne sur les services de médias audiovisuels (SMA). En annonçant cette réforme, le 8 janvier 2008, Sarkozy exauçait les vœux pressants de TF1 et de son propriétaire, le « frère » du président, Martin Bouygues. Dans un livre blanc confidentiel – mais finalement publié par Télérama –, Bouygues réclamait un financement public pour les chaînes publiques – et, pour le privé, une seconde coupure publicitaire dans les films et fictions. Il s’agit donc, au final, d’un transfert des recettes publicitaires de la télévision publique vers la télévision privée.

C’est une bouffée d’oxygène inespérée, pour les dirigeants de TF1, dont l’audience et les recettes publicitaires s’effritent depuis que cette chaîne est en concurrence avec la TNT. D’ailleurs, la bourse de Paris ne s’y est pas trompée : le jour de l’annonce de cette réforme, le cours de l’action TF1 s’envolait de 18 %.

Encore plus de propagande capitaliste

Dans « l’exposé des motifs » de la loi, on trouve le passage suivant : « La culture doit irriguer les grilles de programmes des chaînes de France Télévision, tous les jours et à tous les moments de la journée, dans tous les genres de programmes…. » Ce « mieux-disant » culturel, c’est déjà ce que nous promettait Bouygues, au moment de la privatisation de TF1. On a vu ce que cela a donné ! [2]

Voici un autre passage du même « exposé des motifs » : « Alors que jusqu’à présent, la diffusion d’émissions consacrées à la vie professionnelle et économique concernait essentiellement France 5, compte tenu du contexte actuel nécessitant une meilleure connaissance du marché de l’emploi et de la vie des entreprises, ce sont désormais l’ensemble des chaînes de France Télévisions qui diffuseront ce type d’émissions ». Serge Regourd, Professeur de Droit à l’Université Toulouse I, réagit : « On a connu la voix de la France sous le Général De Gaulle, voici venu le temps de la voix de l’entreprise… ».

Le texte de loi poursuit : « C’est ainsi que France Télévisions aiguisera la citoyenneté, la citoyenneté française mais aussi la citoyenneté européenne. Donner à voir l’Europe au quotidien, convier l’actualité de nos voisins dans notre actualité, et ainsi renforcer le sentiment d’appartenance à l’Europe, l’envie de vivre cette aventure ensemble… » Cette volonté « d’aiguiser » notre « citoyenneté européenne » est une référence à peine voilée au rejet de l’Europe capitaliste par une masse croissante de jeunes et de travailleurs. En 2005, lors du référendum sur la Constitution Européenne, tous les médias publics et privés s’étaient lancés dans une propagande acharnée en faveur du « oui ». Le « non » l’a tout de même emporté. En bonne logique, la droite en conclut que les médias doivent produire encore plus de propagande en faveur du capitalisme européen !

La signification de ce florilège de bonnes intentions est claire. Il y a une volonté d’accroître le contrôle de la classe dirigeante sur l’audiovisuel public. Il s’agira, pour les chaînes de France Télévisions de diffuser 24 heures sur 24 la bonne parole du gouvernement et du MEDEF. Des journalistes complaisants et des « experts » feront l’éloge de la « libre entreprise » et du capitalisme.

Face au bourrage de crâne d’un service public mis au pas, il restera au téléspectateur le triste choix de regarder les chaînes privées comme TF1, M6 et autres, qui diffusent en boucle leurs émissions de Trash TV, flattent l’instinct sécuritaire des plus crédules et se font les auxiliaires zélés du Ministère de l’intérieur dans des émissions indignes comme « Le droit de savoir », de l’ineffable Charles Villeneuve. Ce dernier, sur TF1, nous montre comment la police traque ses proies dans les banlieues populaires, mais ne nous parle jamais des banquiers véreux ou autres escrocs en col blanc !

La Riposte s’oppose donc à cette loi réactionnaire et exige son abrogation immédiate. Nous nous associons à la CGT, qui appelle l’ensemble des salariés de France Télévisions à la grève, du 5 au 7 janvier 2009, avec comme revendications :
1) L’élaboration d’un modèle économique crédible pour France Télévisions.
2) La garantie d’une indépendance totale des chaînes publiques et de leurs rédactions vis-à-vis du pouvoir politique.
3) L’harmonisation sociale sur la base des meilleurs accords existants.

Démocratisation !

Cependant, même si cette loi scélérate était abandonnée, tous les problèmes seraient loin d’être résolus. En effet, la télévision publique actuelle – comme la radio – est déjà très largement soumise à l’ordre capitaliste. De ce point de vue, son indépendance est purement formelle. Certes, des journalistes s’y permettent parfois tel ou tel « écart », sur des questions secondaires. Mais sur toutes les questions qui touchent aux intérêts fondamentaux des capitalistes, comme lors de grandes grèves, les télés et radios publiques diffusent les mêmes idées réactionnaires que leurs concurrentes du secteur privé.

L’accès aux médias devrait être radicalement démocratisé. Il est consternant que parmi les centaines de chaînes télé, pas une seule ne soit réservée aux syndicats, aux partis politiques et aux associations. Au final, seule la classe dirigeante contrôle les médias de masse. A l’inverse, dans une société socialiste, il n’y aurait aucune raison pour que tous les syndicats et tous les partis de gauche n’aient pas une chaîne de télévision et une radio.

Ce programme suppose la nationalisation de l’ensemble des grands médias, à commencer par TF1, bradée en 1986 au groupe Bouygues. Les médias ne doivent pas appartenir à ceux qui ont accumulé des fortunes sur le dos des salariés, mais à ceux qui représentent quelque chose de viable, dans la société. Quant à Bouygues et ses amis, ils pourront toujours, s’ils le veulent, vendre un journal pro-capitaliste à la sortie des métros !

Geoffroy Galouzeau,
PCF Paris 20e

[1]-[2] Source : Action-Critique-Médias (ACRIMED - www.acrimed.org)
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Samedi 3 janvier 2009 6 03 /01 /Jan /2009 06:30
Nos amis du Plan B, le journal délicieux de critique des médias et d'enquête sociale nous proposent cette semaine une nouvelle vidéo intitulée "LCI adore le débat". On peut y voir  un florilège de débats "sans concession" entre Jacques Julliard, éditorialiste au Nouvel Observateur, journal "de gauche" et Luc Ferry, ancien ministre du gouvernement Raffarin.  
Cette vidéo sardonique est en ligne sur le site internet du Plan B que nous vous encourageons à aller consulter.
 
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Les antilibéraux
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Vendredi 5 décembre 2008 5 05 /12 /Déc /2008 12:00
"Jésus annonçait le Royaume et c'est l'Eglise qui est venue". La formule du théologien Alfred Loisy (1857-1940) sert de fil rouge à la nouvelle série documentaire de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, dont Arte diffusera les douze épisodes le mercredi et le samedi du 3 au 20 décembre.

Après Corpus Christi (1997) et L'origine du christianisme (2004), L'Apocalypse vient cloturer le fascinant travail entrepris par Mordillat et Prieur à la recherche du Jésus historique et de l'origine du christianisme.

Le premier volet de la série, centré sur la Passion du Christ rapportée par l'Evangile de Jean nous entraînait à la rencontre du Jésus historique, un rabbin galiléen, sans doute plus proche des Pharisiens que ne le laissent à penser les polémiques anti-pharisiennes des Evangiles, qui nous renseignent plus sur les circonstances de la rédaction des Evangiles que sur la vraie personnalité du Jésus historique.
Réformateur pleinement inscrit dans le judaïsme de son temps, Jésus partage avec les Baptistes et les Esséniens les conceptions eschatologiques de nombreux Juifs nationalistes qui se révolteront en 70 contre les Romains et seront écrasés par Titus.
Les chercheurs sont divisés sur le contenu politique du message de Jésus, effacé lors de la rédaction des Evangiles, entre 70 et 90.
Mais le Royaume d'Israël renouvelé et eschatologique que Jésus attendait était un royaume purifié de la présence romaine. La prédication de Jésus menaçait l'ordre romain et Ponce Pilate, le procurateur de Judée brutal que nous décrit Flavius Josèphe dans les Antiquités Juives le savait. L'historien Jean-Pierre Lemonon, qui apparaît dans les trois volets de la trilogie de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, démontre dans Corpus Christi et dans sa biographie de Ponce Pilate que Pilate était le seul à pouvoir faire appliquer une condamnation à mort. On est loin du portrait d'un personnage hésitant décrit par l'Evangile de Jean pour mieux pointer du doigt la responsabilité des Juifs à un moment où, après la chute du Temple en 70, les chrétiens ont été rejetés hors du judaïsme officiel.  

En 2004, L'origine du christianisme s'intéressait aux Actes des Apôtres et aux lettres de Paul et expliquait comment le petit groupe de juifs disciples de Jésus en vient à rompre avec le judaïsme. Jacques - le frère de Jésus - et Paul s'affrontent à l'occasion du Concile de Jérusalem. La communauté de Jérusalem dirigée par Jacques selon un modèle familial assez classique respecte les observances de la Torah alors que Paul s'adresse aux païens et leur propose un judaïsme simplifié, qui évacue la Loi juive remplacée par la seule foi en Jésus.

Ce troisième volet de la série documentaire, diffusé comme les précédents sur Arte, part lui aussi d'un texte du Nouveau Testament, l'Apocalypse de Jean de Patmos, qu'on a parfois identifié - vraisemblablement à tort - à l'apôtre Jean, fils de Zébédée.
44 chercheurs, exégètes, théologiens, historiens de l'empire romain et du christianisme primitif, filmés devant un fond noir dans un dépouillement radical qui remet la parole et le texte au centre du jeu nous expliquent tout au long des douze épisodes de la série quelles sont les attentes eschatologiques des chrétiens, pourquoi ils sont persécutés sous Néron et acceptent le martyre, comment ils constituent le Nouveau Testament, comment face aux hérésies, une orthodoxie se met en place, rejetant les idées de Marcion et celles des Gnostiques.

Avec la conversion de Constantin et surtout le règne de Théodose, c'est l'empire romain tout entier qui devient chrétien. L'historien Paul Veyne montre comment cet empire sous-administré qu'était l'empire romain a pu s'appuyer sur une institution centralisée et des évêques devenus les relais du pouvoir impérial. Quelle était la part de calcul et la part de sincérité de Constantin lorsqu'il choisit de se convertir ? Le débat n'est pas tranché, mais la conversion de Constantin inaugure une ère nouvelle, avec une Eglise institutionnalisée, qui élabore un dogme, une orthodoxie lors du concile de Nicée qui condamne l'arianisme.
On en revient à la formule d'Alfred Loisy et au final, à celle de l'antijudaïsme chrétien. Cet antijudaïsme présent dans des textes du IVe siècle est quelque chose de tout à fait paradoxal. Jésus annonçait aux Juifs un Royaume d'Israël renouvelé et eschatologique, purifié de la présence romaine. En se séparant du judaïsme qui s'était réorganisé autour des Pharisiens après la chute du Temple en 70, les chrétiens ont évacué la portée politique du message de Jésus, ont réinterprété les textes de la Bible, ont jeté un voile sur leurs racines juives, mais l'existence du judaïsme leur rappelle sans cesse que Jésus, a fondé une religion à laquelle il n'a jamais appartenu et vient questionner en permanence la foi des chrétiens. C'est la raison pour laquelle le christianisme, devenu religion d'Etat, va si facilement devenir persécuteur.

Disons-le tout net, L'Apocalypse, comme les deux autres volets de la série de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, est une petite merveille télévisuelle. L'ensemble de la série dresse en 34 épisodes un panorama précis et exigeant des connaissances historiques les plus actuelles sur la naissance du christianisme. Si certains croyants peuvent être troublés par la démarche résolument historienne de Mordillat et Prieur, on ne peut qu'être séduit par une série qui redonne de la chair au Jésus historique, éclaire les textes et, dans un dépouillement radical, nous donne à voir le spectacle de l'intelligence. A voir absolument !
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Les antilibéraux
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