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Altermondialisme

Mardi 26 octobre 2010 2 26 /10 /Oct /2010 10:30

attac La mobilisation citoyenne contre la réforme des retraites s'enracine. Les manifestations, massives et unitaires, vont continuer, mais n'ont pas suffi à faire reculer un pouvoir autiste qui gouverne pour les marchés financiers et refuse d’écouter la société.

Soutenus par la très grande majorité de la population, les grévistes et les citoyens engagés dans le mouvement recherchent de nouveaux modes d’action pour se faire entendre. Ils poursuivent la résistance, dans l’éducation nationale, les lycées et universités, la SNCF et les aéroports, les raffineries et les ports, le transport routier, dans d’innombrables grandes, moyennes et petites villes de France. Les actions unitaires et pacifiques de blocage se multiplient, malgré le durcissement de la répression. L’adoption de la réforme par l’Assemblée et le Sénat n’y changera rien. Le vote d'une réforme injuste et illégitime, contre la volonté populaire, est un déni de démocratie inacceptable. Le mouvement social, qui refuse cet état de fait, est profondément ancré dans la société et s'inscrit pour durer.

La première solidarité est bien sûr de participer aux grèves, aux manifestations et aux actions. Mais tout le monde ne peut pas faire grève. La solidarité financière peut être elle aussi décisive. Il faut aider les grévistes à tenir, pour obliger le pouvoir à céder. Les initiatives, déjà nombreuses (voir le site « Solidaires pour une grève efficace » http://www.bizimugi.eu/grevesolidaire), doivent se multiplier.

Les comités locaux d'Attac et tous les adhérents doivent jouer un rôle important dans le développement de la solidarité avec les grévistes dans les jours qui viennent. De nombreux syndicats, d'entreprise, de branche ou au plan national, appellent à la solidarité citoyenne : il faut le faire savoir et organiser partout cette solidarité. Tous ensemble, nous pouvons mettre en échec l'arrogance et le mépris de ce gouvernement.

Quelques adresses utiles pour envoyer les chèques de soutien :

CGT Solidarité Luttes Retraite, CGT, 263 rue de Paris, 93516 Montreuil Cedex

Union Syndicale Solidaires, "Solidarité grévistes retraites", 144 Boulevard de la Villette, 75019 Paris

CGT Chimie (FNIC), 263 rue de Paris, Case 429, 93514 Montreuil Cedex.

Coordination CGT TOTAL, à l'attention de Christine KIPFER, Bureau A0102, 24 cours Michelet, La Défense 10 92069 PARIS LA DEFENSE CEDEX

SUD-Chimie, 6 rue Louis Blanc, 76100-ROUEN

Section CFDT, Raffinerie Total Feyzin, BP 6, 69551 Feyzin, ordre du chèque « Solidarité »

Intersyndicale CGT-CFDT Raffinerie de Grandpuits, 77720 Mormant Cedex (paiement possible en ligne sur le site : http://www.raffineriegrandpuits.fr/)

Attac France,
Paris, le 25 octobre 2010

Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Lundi 23 août 2010 1 23 /08 /Août /2010 06:30

Militante-ATTAC.jpgCinq à six cents militants altermondialistes sont attendus à l'université d'été d'Attac France qui s'est ouverte vendredi pour quatre jours à Arles (Bouches-du-Rhône) et sera centrée sur "la construction d'alternatives en rupture radicale avec la finance", selon les organisateurs.

Fondée en 1998 en réaction à la mondialisation financière, l'Association pour la taxation des transactions financières et l'action citoyenne peine à trouver un deuxième souffle, alors même que la crise des subprimes et ses conséquences ont incité plusieurs dirigeants politiques à reprendre l'idée d'une telle taxation au niveau international.

Cette initiative avait été notamment discutée lors du dernier sommet du G20 en avril 2009 à Londres, sans toutefois recueillir de consensus.

Attac a connu au milieu de la décennie écoulée une grave crise interne, portant sur les méthodes de l'ancienne direction. En 2008, 750 militants s'étaient encore pressés à son université d'été.

Aujourd'hui coprésidée par l'économiste Thomas Coutrot (Insee) et la trentenaire Aurélie Trouvé, l'association "devrait repasser cette année la barre des 10.000 adhérents" sous laquelle elle était descendue après en avoir compté 30.000 en 2004, selon un porte-parole.

"L'altermondialisme n'est pas en crise. Il se diversifie et pollenise", affirme Aurélie Trouvé dans un entretien à Libération, vendredi. Elle reconnaît toutefois "un désenchantement" dans la population face à un système financier perçu comme "intangible et intouchable".

Une soixantaine de débats sont prévus à Arles, notamment avec des économistes et des syndicalistes comme Gérard Aschieri, ex-secrétaire général de la FSU, ou encore l'écrivain Susan George, engagée depuis des années dans le mouvement altermondialiste.

Selon l'association, "de plus en plus de citoyens prennent conscience des injustices causées par le capitalisme financier, sans que ne se dégagent des alternatives claires pour la société".

Les ateliers d'Arles privilégieront donc "la construction d'alternatives qui soient à la fois en rupture radicale avec la finance et porteuses d'émancipation des citoyens vis-à-vis de toutes les formes de domination", indique un communiqué. Pour Attac, "la taxation des opérations financières est indispensable, mais elle ne tombera pas du ciel, il va falloir l'imposer".

Les participants s'interrogeront donc notamment sur "comment bâtir un système bancaire et monétaire au service de tous", "comment redistribuer les richesses, au plan national et international" ou encore "comment entamer la transition vers une société solidaire et économe en ressources".

Ce que l'association appelle la "contre-réforme" des retraites présentée par le gouvernement animera aussi les discussions. Pour Attac, qui édite le site internet retraites-2010.fr, "il est possible de proposer de nouvelles pistes de financement, notamment en soumettant les revenus financiers distribués par les entreprises à cotisation".

Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /Juil /2010 10:30

attac Nicolas Sarkozy a vainement tenté hier soir de clore l’affaire Woerth-Bettencourt, à la veille de l’adoption du projet de réforme des retraites par le Conseil des ministres. En s’appuyant sur des hauts fonctionnaires aux ordres, une justice au pas et des intervieweurs complaisants, il espère faire oublier le scandale pour laisser Eric Woerth et le gouvernement imposer la réforme des retraites.

Pourtant la page Woerth-Bettencourt sera difficile à tourner. Car elle rend terriblement concrète aux yeux de dizaines de millions de citoyens une réalité que seuls des chiffres peu compréhensibles démontraient jusqu’alors. Entre 2000 et 2010, les politiques de moins-disant fiscal ont réduit de 100 milliards d’euros les recettes de l’Etat (d’après Gilles Carrez, rapporteur UMP du budget à l’Assemblée). Niches fiscales pour les riches, exonérations pour les entreprises, on a creusé sciemment les déficits, le tout au nom de la « compétitivité » et de « l’emploi ». La réforme des retraites, c’est encore 20 milliards d’euros économisés pour les actionnaires au détriment des ouvriers, des salariés précaires et des femmes, dont beaucoup devront attendre 67 ans pour une retraite à taux plein.

Ils nous serrent la ceinture pour enrichir encore leurs amis et sponsors milliardaires : voilà ce que révèle crûment l’affaire Woerth-Bettencourt aux yeux de la population. La crise de la finance avait affaibli les arguments d’intérêt général sur la « compétitivité » et « l’emploi » qui servaient à justifier ces politiques. Mais avec cette affaire, c’est maintenant la rapacité et le cynisme des classes dirigeantes qui sont mis à nu. On ne peut plus s’étonner de la complaisance envers les paradis fiscaux, de la liberté totale laissée aux spéculateurs, des déclarations ronflantes mais jamais suivies d’effets sur la taxation de la finance…

Une véritable crise de régime est ouverte, qui pose la question de sa légitimité démocratique. La réforme des retraites devient aujourd’hui plus qu’une lutte entre patronat et salariat sur la répartition des richesses. Elle concerne l’ensemble des citoyens car elle met en jeu le sens même de la démocratie : peut-on laisser ces gouvernants, élus sur des promesses non tenues et qui gouvernent par le mensonge, continuer à imposer les intérêts de leur caste ? La mobilisation populaire contre la réforme des retraites doit permettre d’entraîner toute la société pour refuser cet affaissement de la démocratie dans notre pays. Attac s’y emploiera en tout cas avec toute son énergie dans les semaines à venir.


Attac France,
Montreuil, le 13 juillet 2010

Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Dimanche 20 juin 2010 7 20 /06 /Juin /2010 06:30

attac Trois jours après avoir annoncé avec Angela Merkel qu'il demanderait au G20 la mise en place d'une taxe sur les transactions financières, Nicolas Sarkozy a  clairement confirmé pour qui il gouverne réellement : les détenteurs du capital ne cachent pas leur satisfaction à l'annonce d'un projet de réforme des retraites qui comble leurs attentes. Ainsi le Medef a déclaré que cette réforme  constitue « un grand pas en avant », tandis que selon Bercy, « l'évaluation de la réforme par les agences de notation financière ne peut être que positive ».

Nicolas Sarkozy est un spécialiste reconnu du double langage. Si le dimanche est propice aux tirades contre les dérives du capitalisme financier,  les autres jours de la semaine il cherche à « rassurer les marchés » en réduisant les dépenses sociales. Il prétend faire une réforme courageuse et responsable : mais au sommet européen qui se tient aujourd'hui à Bruxelles, lui et ses collègues chefs d'État et de gouvernement s'apprêtent à entériner une politique irresponsable, qui laisse la spéculation libre de ses mouvements et enfonce l'économie européenne dans la dépression.

Peu importe que la réforme des retraites touche de plein fouet les salariés les plus exploités, et principalement des femmes : le choix de repousser l'âge de départ à la retraite à 62 ans est dicté par un seul impératif, celui de montrer aux spéculateurs la détermination de la France à réduire vite son déficit public sans écorner les revenus financiers. En effet, en réduisant le montant des retraites (car il est impossible de faire travailler plus longtemps les salariés âgés au moment où le chômage s'enracine), la France va économiser 20 milliards d'euros d'ici 2020. La mise à contribution des contribuables aisés et des entreprises (3,5 milliards) est en revanche symbolique au regard des cadeaux fiscaux généreusement distribués aux mêmes depuis dix ans, et ne devrait en rien effrayer les rentiers.

Le double langage a toutefois atteint ses limites, et plus personne n'est dupe. Les salariés, les retraités, les citoyens vont se mobiliser de plus en plus nombreux contre cette réforme inique. Avec eux, Attac continuera d'exiger une réforme véritablement juste des retraites, qui s'attaque au tabou de la répartition des richesses.

Au lieu de vouloir à tout prix "rassurer les marchés", il est temps de les mettre au pas et d'arrêter  cette spirale de l'austérité qui s'abat sur l'Europe. Il est temps de prendre des mesures énergiques de réglementation et de taxation des revenus du capital et des transactions financières. Il faut faire payer aux spéculateurs et aux rentiers les déficits qu'ils ont provoqués par leur crise financière, et dégager en outre les nouvelles ressources urgentes au plan global pour financer la lutte contre la pauvreté et le réchauffement climatique.


Attac France,
Montreuil, le 17 juin 2010

Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 06:30
logos-aides-oxfam-attac.png Le directeur général du FMI, s’exprimant devant le Parlement européen, vient de se déclarer « préoccupé » par le manque de volonté des gouvernements pour réguler le système financier. Des associations altermondialistes, de solidarité internationale et de lutte contre le sida demandent au Directeur général du FMI de mettre en cohérence ses propos et l’action de l’institution qu’il dirige. Le FMI, avec l’appui de l’administration américaine, s’apprête en effet à proposer au G20 une mesure stérile : faire cotiser les banques à un fonds d’assurance contre de futures faillites.

Nos organisations lui demandent de renoncer à ce projet et de promouvoir une taxe sur les transactions financières. Elles regrettent que M. Strauss-Kahn promeuve la création d’un fonds d’assurance auquel toutes les banques cotiseraient pour y puiser en cas de faillite. Ce projet que le FMI s’apprête à recommander est doublement problématique.

Tout d’abord il n’empêchera pas de nouveaux krachs financiers. Loin d’imposer des changements de comportements, ce système d’assurance encourage les banques à des prises de risque excessives en les garantissant contre la faillite.

Surtout, l’intégralité des montants recueillis par le fonds d’assurance proposé sera mise en réserve en prévision d’une prochaine crise, sans dégager aucune ressource pour financer les urgences sociales et écologiques. Plutôt que de se résigner à simplement colmater les prochaines crises financières, M. Strauss-Kahn devrait chercher à remédier aux conséquences de la crise actuelle en finançant la lutte contre la pauvreté et les grandes pandémies, ainsi que l’adaptation aux changements climatiques, en particulier dans les pays pauvres.

Pour relever ces deux défis - prévenir une nouvelle crise et dégager de nouvelles ressources - les associations demandent à Dominique Strauss-Kahn d’examiner objectivement la possibilité d’établir une taxe sur les transactions financières, et de la promouvoir dans son prochain rapport au G20.

Une taxe sur les transactions financières consiste en un micro-prélèvement, par exemple de 0,05 %, sur l’ensemble des transactions financières, qui représentent plus de 20 fois le produit national brut mondial. Elle pourrait générer jusqu’à 600 milliards de dollars par an, tout en encadrant fortement la spéculation, et ainsi contribuer au financement des biens publics mondiaux.
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /Jan /2010 06:30
attacL’orchestration de la propagande en faveur d’une nouvelle réforme des retraites a accéléré son tempo. Après les exigences exprimées par le Medef tout au long de l’année 2009 pour reculer l’âge de la retraite et la certitude affichée par le gouvernement d’y procéder, le Conseil d’orientation des retraites a remis au Parlement son rapport qui étudie le passage d’un système par répartition par annuités à un système par points ou par comptes notionnels.

Le résultat des réformes de 1993, 2003 et 2007 est désastreux : l’allongement de la durée de cotisation à 40 et bientôt 41 ans, le calcul de la retraite sur les 25 meilleures années au lieu des 10 pour les salariés du privé et l’indexation sur les prix et non plus sur les salaires et la productivité ont conduit à une baisse des pensions de 15 à 20 %. Cela n’empêche pas l’aggravation des déficits des caisses de retraite, essentiellement due à la crise, et les entreprises continuent d’évincer les salariés avant qu’ils aient acquis la totalité de leurs droits.

Le COR examine les effets des trois leviers disponibles pour piloter l’équilibre du système de retraite. Il note que « l’effet positif d’une hausse du taux de cotisation sur le solde du régime est immédiat et durable » et c’est le seul levier pour lequel les effets sont si positifs. Pourtant, l’augmentation du taux de cotisation est absente des solutions et le gouvernement s’apprête à utiliser une fois de plus un seul levier, celui de l’allongement de la vie active, soit en reculant l’âge légal du départ à la retraite, soit en allongeant encore la durée de cotisations, dont les conséquences seraient pires que celles des précédentes réformes, compte tenu de l’aggravation des conditions de travail et de la précarité accrue. En focalisant sur l’emploi des seniors, il ne favorise pas la lutte contre le chômage des jeunes, ni le taux d’emploi des femmes. Et il ignore le fait que la descendance finale des femmes est à un niveau suffisant pour renouveler les générations.

Le COR imagine alors ce que donnerait un changement complet de système.
Disons-le nettement : ce serait une catastrophe. Que ce soit par points ou par comptes notionnels, il s’agirait de se débarrasser de la contrainte d’avoir à assurer un taux de remplacement minimal du salaire. Cet objectif serait atteint dans un système par points en jouant sur la diminution de la valeur du point, et, dans un système par comptes notionnels, en neutralisant l’effet de l’âge de départ à la retraite puisque la somme perçue par le retraité pendant tout son temps de retraite serait répartie en fonction de l’espérance de vie de sa génération. Dans les deux cas, la plupart des salariés, et surtout les salariés pauvres et effectuant les travaux pénibles, seraient obligés de travailler toujours plus longtemps.

Le résultat serait sans appel : le COR estime à 15 % la nouvelle baisse des pensions à prévoir. De plus, le COR reconnaît qu’un système notionnel, censé s’équilibrer automatiquement, n’y parvient pas car les incertitudes tenant aux évolutions économique et démographique, qui sont le propre de tout système de retraites, ne sont pas atténuées. En revanche, un système par points ou par comptes notionnels qui serait accompagné d’une diminution des droits non contributifs tendrait à aligner le système par répartition, vidé ainsi de son contenu, sur un régime d’épargne individuelle. Il ne resterait plus qu’à reprendre une campagne de publicité pour promouvoir des fonds de pension aujourd’hui défaillants.

La question des retraites ne sera pas résolue tant qu’on ne s’attaquera pas à la racine du problème : la répartition fondamentale entre revenus du travail (retraites incluses) et revenus du capital, qui est elle-même liée à l’emploi et à la durée du travail. Tant que le tabou de ne pas accroître les cotisations patronales, soit en augmentant le taux, soit en élargissant l’assiette, dominera, rien ne sera possible hormis l’aggravation de la pauvreté, des inégalités et des discriminations envers les femmes.

Attac, qui a joué un rôle important en 2003 pour décrypter les mensonges et les bêtises entourant la question des retraites, s’engagera résolument au côté de ceux qui prendront le parti de la solidarité et qui refuseront celui de l’accaparement des richesses par une minorité.

Attac France,
Montreuil, le 28 janvier 2010
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Parti Communiste Français
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Samedi 28 mars 2009 6 28 /03 /Mars /2009 12:00
Nous ne paierons pas pour leurs crises
Le 28 Mars, imposons nos solutions face au G20

Le G20, qui regroupe les gouvernements des 20 pays parmi les plus riches du monde, se réunira le 2 avril à Londres avec la prétention d’apporter des réponses à la crise. Nous qui intervenons sur les terrains sociaux, économiques, écologiques, de la paix ou de la solidarité internationale savons les dégâts qu’ils ont eux-mêmes causés.

Ces dégâts sont la conséquence d’un modèle ultra-libéral fondé sur le laisser-faire, l’accumulation des profits à court terme par une minorité, la spéculation financière, la répartition inégale des richesses, un système commercial injuste, le recours à l’endettement irresponsable et/ou illégitime, le productivisme, le pillage des ressources naturelles, la privatisation des services publics et la militarisation des rapports internationaux...

Cette crise frappe l’humanité dans son ensemble, à commencer par les plus vulnérables au Nord et les populations des pays du Sud qui sont victimes d’une crise dont elles ne sont pas responsables. Les moyens utilisés pour sortir de la crise se limitent, pour l’essentiel, à socialiser les pertes en vue de sauver sans réelle contrepartie le système financier et les multinationales. Où sont les moyens pour répondre aux demandes des populations ?

Le monde n’a pas besoin seulement de régulations placées sous la surveillance d’institutions internationales en partie responsables de la crise actuelle (FMI ou OMC notamment) ; il a besoin d’un nouveau système démocratique fondé sur le respect de tous les droits de l’homme, la satisfaction des besoins sociaux, le travail décent, la souveraineté alimentaire, le respect de l’environnement et la restauration des écosystèmes, la diversité culturelle, l’économie sociale et solidaire et une nouvelle conception de la richesse, basée sur son réel partage et une conception écologique et sociale du développement.

Face à la volonté du G20 de décider au nom de tous les pays et à la place des peuples du monde entier, il est important de faire entendre et d’imposer d’autres solutions pour sortir de la crise et de les inscrire dans les dynamiques sociales déjà engagées, en France comme dans d’autres pays. En cohérence avec les mobilisations syndicales du 29 janvier et du 19 mars en France, la journée mondiale d’action organisée le 28 mars en lien avec la réunion du G20 doit nous permettre de porter ces propositions et revendications au cœur du système néolibéral. A cette occasion, nous appelons la population à participer massivement aux actions qui seront organisées dans notre pays.

Rejoignez le mouvement international de mobilisation du 28 mars 2009 !

A Paris, rendez-vous Place de l’Opéra le 28 mars à 14 heures Pour des actions de rue et une manifestation.

Associations et syndicats signataires de l’appel :
Agir contre le chomâge - AC !, Aitec/Ipam, Les Amis de la Terre France, Association pour l’emploi, l’information et la solidarité - APEIS, Attac France, Cedetim, Confédération générale des SCOP – CGSCOP, CGT Finances, Convergence pour les services publics, Centre de recherche et d’information pour le développement - CRID, Fédération Artisans du Monde, Fondation Copernic, France Amérique Latine, Fédération syndicale unitaire - FSU, Habitat international coalition - HIC, Ligue des Droits de l’Homme - LDH, Marches européennes, Mémoire des luttes, Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples - MRAP, Réseau féministe Ruptures, Syndicat national de l’enseignement supérieur - SNESUP, SUD PTT, Union syndicale Solidaires

Organisations politiques en soutien :
Les Alternatifs, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Les Verts, Parti Communiste Français
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Lundi 18 août 2008 1 18 /08 /Août /2008 06:39
La crise financière déclenchée aux États-Unis à la suite d'une politique du crédit aussi absurde que dangereuse n'en finit pas de s'étendre et de produire ses dégâts. Pourtant, ce ne sont pas les avis rassurants qui ont manqué, ni les tentatives désespérées des banquiers centraux pour voler au secours des banquiers ordinaires au bord du gouffre.

Ainsi se vérifient trois axiomes de la finance mondiale :

1) la liberté de circuler du capital a un prix, celui de la baisse du « coût du travail », de la dégradation de l'emploi et de l'amputation des droits sociaux ;
2) les banques centrales abreuvent de liquidités un système financier spéculatif, pendant la montée d'une bulle et aussi après l'éclatement de celle-ci pour éviter les faillites en cascade ;
3) les gains sont pour les actionnaires, les pertes pour la collectivité.

Il n'y aura pas de bout du tunnel tant que les dogmes néolibéraux n'auront pas été abandonnés. La loi du profit maximal, la concurrence débridée et le marché sans entraves conduisent inexorablement aux crises financières répétées, au délabrement social, à la crise alimentaire pour une fraction importante de l'humanité, à l'impuissance face à la crise écologique planétaire et finalement à des politiques sécuritaires et agressives pour pallier les contradictions d'un système délirant.

Attac le répète depuis sa création, il y a dix ans : il est urgent de désarmer les marchés financiers, d'imposer des restrictions drastiques à la circulation des capitaux, de taxer toutes les transactions financières, de mettre le système bancaire sous contrôle démocratique, de placer les institutions internationales sous l'égide d'une ONU démocratisée, de supprimer les paradis fiscaux, d'annuler la dette des pays pauvres, d'assurer à tous les humains l'accès aux biens communs et de sortir enfin l'Europe du carcan libéral. Tant que cela ne sera pas fait, le tunnel n'aura pas de fin car les richesses continueront de se concentrer dans quelques mains, la pauvreté et la faim s'aggraveront, et la démocratie ne sera qu'un vain mot. Telles sont les vraies leçons à tirer d'une crise née des subprimes américains mais, au-delà, de la nature même du capitalisme néolibéral.

Attac en appelle à la conscience citoyenne de tous pour préparer des mobilisations fortes à la rentrée qui, seules, pourront mettre au pas les acteurs financiers. Attac donne rendez-vous à tous ses adhérents et sympathisants pour en débattre lors de son Université citoyenne du 22 au 26 août à Toulouse.

Attac France
Montreuil, le 13 août 2008
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Mercredi 6 août 2008 3 06 /08 /Août /2008 06:07
Attac prend acte de l’échec - un de plus - du Cycle de Doha et se félicite qu’un très mauvais accord ait été évité.

Ce qui était sur la table aurait eu des conséquences graves pour les pays du Nord, dont la France, notamment dans le domaine agricole et dans celui des services (à cause de l’AGCS), de même que pour les pays du Sud, en particulier dans le domaine de l’agriculture vivrière et des industries encore trop jeunes pour soutenir la concurrence des pays industrialisés. À force de vouloir que tout soit marchandise, que tout profite aux plus fortunés - hommes ou pays - on court forcément à l’échec. L’OMC ne sert plus à rien. Arrêtons de nous acharner sur ce Cycle de Doha. Sept ans, ça suffit !

Attac estime que cet échec doit être saisi immédiatement comme une occasion de proposer d’autres règles du commerce, respectant les besoins de l’ensemble des pays et des travailleurs du monde, ainsi que les équilibres écologiques de la planète. Il faut refuser que certains secteurs soit assimilés à des marchandises : l’eau, l’éducation, la santé, les services sociaux et tous les autres domaines qu’il faut préserver de la cupidité financière. Il faut accepter la leçon de la crise alimentaire et reconnaître que la souveraineté alimentaire est un droit qui doit transcender les règles marchandes. Il faut respecter le travail : les milliers de pages des textes de l’OMC ne contiennent pas un mot sur les droits des travailleurs. Il en va de même pour l’environnement, dont la protection est le plus souvent considérée comme un obstacle au commerce.

Il est grand temps que les États qui veulent aller de l’avant se réunissent pour tracer un autre cadre que celui de l’OMC, afin de fournir des règles justes au commerce. À cet égard, l’esquisse qui était contenue dans la Charte de La Havane de 1947 constitue une bien meilleure base que celle de l’OMC. Le mouvement altermondialiste, qui s’appelle dans ce domaine « Our World is not for Sale » (« Notre monde n’est pas à vendre ») et sa branche européenne, dont Attac-France fait partie, sont prêts à participer à ce travail d’élaboration d’un nouveau cadre qui vise le partage, la justice, le respect des droits humains et de l’environnement.

Attac France
Montreuil, le 30 juillet 2008
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /Juil /2008 06:49
Depuis 1975, les principales puissantes de la planète se réunissent à huis clos pour échanger et proposer des réponses aux problèmes mondiaux. Lors de ses premières réunions, il s’agissait pour le G8 – Allemagne, Etats-Unis, France, Japon, Royaume Uni, rejoints en 1976 par le Canada et l’Italie, puis en 1999 par la Russie – de trouver des solutions à la fin du système monétaire international adopté en 1944 lors des accords de Bretton Woods (qui avait pour principe la convertibilité du dollar en or) et au premier choc pétrolier de 1973. D’emblée, ces Sommets annuels ont manifesté leur caractère oligarchique : les principales puissances mondiales se réunissent entre elles pour décider de ce qui est bon pour l’ensemble des peuples !

Rapidement, les réunions du G8 ont couvert l’ensemble de l’actualité mondiale ; et sont devenues le lieu du pouvoir mondial. Le G8 a en effet toujours émis des recommandations (le G8 ne prend aucune décision mais émet « seulement » des recommandations) permettant de mettre en place l’ordre néolibéral que l’on connaît aujourd’hui, grâce aux institutions financières internationales (Fonds monétaire international - FMI - et Banque mondiale - BM) où les Etats membres du G8 détiennent la majorité des voix.

Véritable directoire mondial, le G8 est illégitime : aucun des chefs d’Etat ou de gouvernement présents lors des Sommets des Huit ne dispose du moindre mandat démocratique pour gérer les affaires concernant l’ensemble de la planète. Le G8 ne saurait trop rappeler des époques passées lorsque les grandes puissances se partageaient le monde lors de discussions fermées...

Toutefois aujourd’hui le pouvoir du G8 est affaibli par celui de puissances émergentes. Mais ce ne sont pas les propositions de son élargissement aux membres du G5 (Chine, Inde, Brésil, Mexique, Afrique du Sud) qui pourront lui retirer son caractère illégitime !
Il est au contraire nécessaire de réformer et de renforcer une institution telle l’Organisation des Nations unies (ONU) afin qu’un véritable espace démocratique puisse voir le jour pour aborder les sujets concernant l’ensemble des peuples.

Mais peut-être sont-ce justement les peuples que les gouvernements voudraient ne pas voir...
A l’instar de la construction européenne où les chefs d’Etat ou de gouvernement n’hésitent pas à remettre en cause les suffrages populaires exprimés, le G8 cherche à faire taire la contestation et les propositions d’alternatives au néolibéralisme.

Ainsi, avant même le début du contre-sommet organisé par les ONG et mouvements altermondialistes, les entrées sur le territoire japonais ont été sévèrement restreintes. De nombreuses personnes (universitaires, journalistes, syndicalistes) connues pour leur expertise scientifique et pour leur rôle de contre-pouvoir ont été longuement interrogées ; certaines d’entres elles restant plus d’une douzaine d’heures dans les locaux de la police des frontières.

L’entrée au Japon a été refusée à 23 personnes, dont notamment celles des deux délégations coréennes de la Fédération des syndicats démocrates et des agriculteurs. D’autres personnes du Bangladesh, des Philippines, du Népal, etc. ont vu leur visa refusé bien qu’elles aient été invitées officiellement par des organisations reconnues pour leur participation aux forums. Quelques autres ont été autorisées à séjourner au Japon mais pour une durée significativement réduite, les empêchant d’intervenir lors des conférences publiques pour lesquelles elles avaient été invitées.

Comme lors du G8 en Allemagne l’an passé, ce sont des mesures d’exception qui sont appliquées à l’encontre des militants altermondialistes, assimilant la contestation pacifiste du système néolibéral à une opération terroriste en puissance.

Les arguments contradictoires à ceux portés par les gouvernements membres du G8 doivent pouvoir être exprimés librement au sein des forums et des manifestations. Toute entrave à la liberté d’expression est une atteinte aux libertés fondamentales reconnues dans les Etats démocratiques modernes.

Nous dénonçons les mesures policières déployées par les gouvernements à l’occasion des Sommets du G8 ; nous demandons la fin des arrestations des journalistes et des militants témoignant sur place de l’impopularité mondiale du G8 et de ses « recommandations » nous exigeons la suppression du G8 et la mise en place d’un organisme mondial démocratique soumis à la Déclaration des droits de l’Homme et auquel les autres institutions internationales (dont notamment l’Organisation mondiale du commerce - OMC) seraient subordonnées.

Attac France,
Montreuil, le 9 juillet 2008
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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