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Vie du parti

Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /Oct /2008 06:30
Les adhérents du PCF sont appelés à se prononcer fin octobre sur trois textes avant leur congrès programmé les 11, 12, 13 et 14 décembre à La Défense.

Signé par Marie-George Buffet, le texte majoritaire intitulé "Vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien" a été voté au Conseil national par 88 voix pour, 29 abstentions, 7 voix contre.

Comme le stipulent les statuts du PCF, les adhérents avaient cinq semaines pour examiner ce texte. Ceux qui considèrent que le texte adopté par le CN ne peut servir de base de discussion à tout le parti avaient la possibilité de déposer un texte alternatif. S’ils parvenaient à réunir 200 signatures de membres du PCF venant d’au moins 10 départements, le texte était validé et soumis au vote des adhérents.

À l’échéance du 10 octobre, deux textes alternatifs ont ainsi été reçus à la commission de transparence des débats et validés par elle : le premier, "Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps" est notamment porté par André Gérin, député-maire de Vénissieux, Jean-Jacques Karman, conseiller général d'Aubervilliers et chef de file de la Gauche Communiste et Emmanuel Dang Tran, membre du CN et secrétaire de la section de Paris XV du PCF, qui avait déjà proposé un texte alternatif à l'occasion du 33ème Congrès. Le second texte alternatif, "Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme", émane de La Riposte et est signé par Greg Oxley, de la section de Paris X, Jérôme Métellus, de la section de Paris XVIII et Hubert Prévaud, de Toulouse.

Critiques envers la mutation et l'expérience des collectifs antilibéraux, ces deux textes alternatifs se rejoignent sur un certain nombre de points, mais présentent également d'importantes divergences, notamment sur les questions européennes et internationales.

Au dernier Congrès, la Fédération du Pas-de-Calais du PCF avait soutenu un texte alternatif avec André Gérin et Jean-Jacques Karman, Fiers d'être communistes. Cette année, notre fédération ne soutiendra pas de texte alternatif, mais a soumis à l'ensemble des adhérents du Pas-de-Calais une motion fédérale appelée à être enrichie par les sections. Les adhérents qui avaient soutenu majoritairement le texte Fiers d'être communistes devraient se retrouver dans les deux textes alternatifs qui leur sont proposés.

A la demande de ses auteurs, un quatrième texte signé par les députés Patrick Braouezec et François Asensi, "Continuer l'engagement communiste, fonder une nouvelle force politique", sera également envoyé aux adhérents pour leur information, mais ne sera finalement pas soumis au vote.

Tous les adhérents de notre section ont normalement reçu dans leur boîte aux lettres les différents textes et leur matériel de vote. Notre comité de section de demain sera l'occasion de débattre sur les textes en présence et de voter. Les résultats du vote seront ensuite transmis à la Fédération qui centralise les résultats avant de les envoyer à Paris.

Les 29 et 30 novembre prochain, les délégués des sections mandatés par leur comité de section participeront à la conférence fédérale, qui se tiendra à Divion. Une nouvelle direction fédérale sera alors élue pour trois ans jusqu'au prochain Congrès.
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti - Communauté : 34ème congrés du PCF
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Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /Sep /2008 06:25
Greg Oxley, militant de la section de Paris X du PCF et animateur du groupe La Riposte était mercredi l'invité de notre comité de section. Accompagné de Jacques Lesne, militant de la section de Bobigny, Greg Oxley a présenté le projet de texte alternatif "Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme", déjà paru sur notre blog.

Plusieurs textes alternatifs sont actuellement en préparation. Pour présenter un texte alternatif à celui de la base commune de la direction, il faut réunir 200 signatures de militants à jour de leur cotisation originaires d'au moins 10 fédérations.
Outre le texte de base commune présenté par la direction du PCF et le texte alternatif de La Riposte, un texte alternatif devrait être présenté par la section PCF de Paris XV ; un autre texte alternatif pourrait être présenté par des militants de la Fédération du Pas-de-Calais, qui avait présenté son propre texte en 2003 et André Gérin.
Nous invitons les militants communistes à lire les textes, à s'en emparer, à les critiquer et à signer le texte de leur choix.

Très clair, l'exposé de Greg Oxley a convaincu de nombreux camarades de notre section qui souhaitent que le Parti Communiste retrouve ses valeurs.

Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /Août /2008 06:39
Les responsables du blog Vive le PCF – c’est-à-dire les dirigeants de la section du PCF Paris 15e, qui en sont les principaux animateurs – ne sont pas contents de la publication de notre projet de texte alternatif : Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme. Le 22 juillet dernier, ils ont publié sur leur blog un article qui vise manifestement à discréditer et à marginaliser les camarades qui soutiennent les idées de La Riposte (voir ici). Au moyen d’un tissu d’affirmations fausses et d’insinuations malveillantes, les camarades et sympathisants de La Riposte sont présentés par Vive le PCF comme des éléments « extérieurs » au parti.

Il n’est jamais très agréable de se trouver dans l’obligation de répondre à une attaque de ce type, d’autant qu’elle ne concerne pas les idées et la politique de La Riposte. Mais, d’une part, nous ne pouvons pas laisser ce genre d’article sans réponse – et, d’autre part, cela nous fournit l’occasion de mieux expliquer, à l’intention de tous les communistes, quels sont les objectifs et la démarche de La Riposte.

Les rédacteurs de Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme accueilleraient à bras ouverts toute tentative d’engager une discussion entre communistes sur les idées défendues dans ce texte. Une confrontation d’idées fraternelle et constructive ne peut qu’enrichir les discussions préalables au congrès. Cependant, les camarades de Vive le PCF ne traitent pas le contenu de notre document. Ils préfèrent combattre La Riposte d’une toute autre façon. Pour eux, les communistes qui se reconnaissent dans les idées marxistes de La Riposte, qui rédigent ses articles, qui participent à ses activités, qui assurent son financement, etc., deviennent de ce fait des camarades n’ayant « rien à voir avec le PCF, sa structure et son histoire. » Cette affirmation stupéfiante nous met dans l’obligation de rappeler que le PCF est un parti démocratique ouvert à tous ceux qui veulent lutter contre le capitalisme, et que chaque camarade, quelles que soient ses opinions, a le droit de s’exprimer et de participer démocratiquement à tous les aspects de la vie du parti.

De quel droit les camarades de Vive le PCF se permettent-ils de stigmatiser ainsi les animateurs et sympathisants de notre journal ? Les communistes proches des idées de La Riposte ne sont pas différents de tous les autres. Ils paient une cotisation au PCF. Ils participent aux activités et aux campagnes électorales du parti. Certains d’entre eux sont membres du PCF depuis des décennies. D’autres, plus jeunes, sont pour ainsi dire des communistes de troisième ou quatrième génération. Loin de n’avoir « rien à voir » avec l’histoire du PCF, ces camarades font partie intégrante de cette histoire. Ceci n’oblige personne à partager leurs opinions en ce qui concerne la théorie marxiste, le programme du parti ou les questions internationales. Mais personne n’a le droit de remettre en cause la valeur de ces camarades et leur appartenance au PCF.

« Organisés en groupe extérieur, écrit notre détracteur anonyme, [les militants de La Riposte] se définissent, ouvertement, comme l’antenne en France d’un groupe international se revendiquant "trotskiste", basé dans le monde anglo-saxon. » Ceci n’est que pur fantasme. Les camarades qui soutiennent les idées de La Riposte ne sont « l’antenne » de personne, ni dans le « monde anglo-saxon », ni ailleurs. L’association, déclarée sous la loi de 1901, détermine sa politique démocratiquement et en toute liberté, lors de ses congrès nationaux, auxquels tous les adhérents de l’association peuvent participer.

Il est vrai que les idées de La Riposte coïncident, sur toutes les questions essentielles, avec celles que défend le regroupement d’organisations marxistes connu sous le nom de Tendance Marxiste Internationale (TMI). De notre point de vue, communisme et internationalisme sont absolument indissociables. Nous sommes fiers de notre association à ce mouvement international, qui est pour nous une source de réflexions, de discussions et d’informations d’une valeur inestimable. Les échanges d’idées avec nos camarades en lutte à travers le monde – au Venezuela, en Bolivie, au Brésil, en Italie, en Espagne, au Pakistan, etc. – contribuent grandement à l’éducation politique de nos propres camarades, ainsi qu’à la richesse de notre journal et de notre site internet, que nous mettons à la disposition de tous les communistes.

Soit dit en passant, contrairement à ce que prétend Vive le PCF, la TMI n’est pas « basée dans le monde anglo-saxon ». Comme son nom l’indique, il s’agit un mouvement internationaliste et véritablement international. Au total, la TMI est présente dans une quarantaine de pays. Mais son centre de gravité, pour ainsi dire, ne se trouve pas en Europe, malgré une présence forte en Italie et en Espagne. Sa plus grande section est au Pakistan (voir ici). Mais au cours de ces dernières années, c’est en Amérique latine qu’elle a connu sa plus forte croissance. La section vénézuélienne, en particulier, occupe une place importante dans le mouvement révolutionnaire bolivarien. Les sections de la TMI au Mexique et au Brésil ont été, elles aussi, au cœur des grandes luttes sociales et politiques qu’ont connu ces pays au cours de la dernière période. Quoi qu’il en soit, La Riposte n’est en aucun cas une « antenne » de nos camarades du Venezuela ou du Pakistan, pas plus qu’ils ne sont des « antennes » de La Riposte.

Vive le PCF qualifie La Riposte de « trotskiste » et l’accuse de pratiquer de l’« entrisme » dans le PCF. Pense-t-on sérieusement arrêter ainsi la progression de nos idées dans le parti ? Le but de notre journal, de notre site web, de nos brochures, de nos livres, des nombreuses réunions publiques que nous organisons et de toute notre activité en général est d’expliquer et de défendre les idées du marxisme. Quant à Léon Trotsky, nous considérons qu’il était l’un des plus grands révolutionnaires du XXe siècle. Pour nous, marxisme et « trotskisme » sont une seule et même chose. Nous invitons tous ceux qui ne sont pas d’accord à nous expliquer pourquoi. Au demeurant, l’époque est heureusement révolue où la simple évocation du nom de Trotsky suscitait un réflexe d’hostilité, au sein du PCF. Les animateurs de Vive le PCF peuvent le regretter, mais c’est ainsi – et ce n’est pas un hasard. De l’eau a coulé sous les ponts. Conformément aux prédictions de Trotsky, le capitalisme a été restauré en Russie, en Europe de l’Est et en Chine par ceux-là mêmes qui accusaient Trotsky d’avoir été un agent de la bourgeoisie. Par ailleurs, il faudrait que les détracteurs de Trotsky expliquent exactement ce qu’ils reprochent à celui qui, après avoir dirigé la révolution de 1917, aux côtés de Lénine, puis fondé et dirigé l’Armée Rouge, a finalement payé de sa vie sa lutte implacable contre la dégénérescence stalinienne de l’Etat Soviétique et de l’Internationale Communiste.

Venons-en maintenant à l’« entrisme ». Ce n’est pas pour rien que ce terme a une connotation extrêmement péjorative, dans le mouvement ouvrier français. A plusieurs reprises, des groupements d’extrême gauche ont pratiqué ce qu’ils appelaient une tactique « entriste » dans le Parti Socialiste, le Parti Communiste ou les structures syndicales. Il s’agissait d’envoyer dans l’organisation ciblée des individus qui n’affichaient ni leurs véritables idées, ni leur appartenance à une même organisation, avec pour mission de s’emparer de positions clés. La plus connue de ces opérations a été menée dans le PS par les « Lambertistes ». Comme on le sait, Lionel Jospin était l’un de ces « pions ». Lorsqu’on demande à des soi-disant « trotskistes » de se comporter pendant de longues années comme des réformistes, ils finissent par le devenir, comme ce fut le cas de Jospin.

Il est parfaitement évident que la démarche de La Riposte n’a strictement rien à voir avec ce type d’opération. Elle ne mène aucune activité subversive ou sournoise. Ses idées sont affichées et expliquées au grand jour, lors de réunions publiques, dans son journal et sur son site internet. Loin de vouloir cacher ses idées, La Riposte s’efforce par tous les moyens de les porter à la connaissance d’un public aussi large que possible. Son approche envers l’ensemble des communistes est fraternelle et constructive. Elle contribue ainsi au débat démocratique au sein du PCF, sans le moindre sectarisme. Indépendamment des divergences qui existent entre La Riposte et la direction actuelle du parti, nous encourageons tous nos lecteurs et sympathisants à participer pleinement et loyalement aux campagnes publiques et à la vie interne du PCF.

Nous ne céderons pas un pouce de nos idées marxistes. Mais en même temps, le PCF pourra toujours et en toutes circonstances compter sur le soutien de La Riposte. Le communiqué de presse que nous avons publié, lors des dernières élections municipales, résume assez bien notre approche :

«  La Riposte appelle les électeurs à voter massivement, aux élections municipales, pour infliger une défaite cinglante aux partis de droite. Au premier comme au deuxième tour, il faut se mobiliser autour des listes du PCF ou soutenues par le PCF. A l’heure où le capitalisme et ses représentants politiques nous imposent la démolition des conquêtes sociales sur toute la ligne, une progression électorale des partis de gauche encouragera tous ceux qui luttent contre Sarkozy et son gouvernement.

«  La Riposte milite pour que le PCF tourne le dos au réformisme vaguement "anti-libéral" qui caractérise son programme actuel. Les compromis et renoncements successifs de ces dernières années l’ont considérablement affaibli sur les plans organisationnel et électoral. Nous voulons que le parti renoue avec des idées authentiquement communistes. C’est la seule façon, pour le parti, d’inverser son déclin. La Riposte s’est catégoriquement et publiquement opposée, par exemple, à la présence de candidats du PCF sur des listes communes avec le MoDem, au premier comme au deuxième tour.

« Cependant, malgré ces divergences importantes, et conformément à nos engagements lors des élections précédentes, nous considérons qu’il est indispensable que tous les adhérents et sympathisants du PCF se mobilisent pour renforcer le parti et son assise électorale. »

Ceci est assez clair, non ? Et pourtant, au lieu de combattre les véritables idées de La Riposte, l’article de Vive le PCF préfère nous présenter comme le prolongement, en France, d’un vaste complot international dirigé par d’obscurs personnages ! Ainsi se poursuit l’accusation de notre Inquisiteur : « Selon la doctrine de leurs inspirateurs directs affichés, les obscurs Ted Grant et Alan Woods, ils font de l’entrisme le fondement de leur pratique politique. Cette doctrine les a amenés à adhérer au Parti Travailliste en Grande-Bretagne et au Parti Socialiste en France. Depuis quelques années, dans la situation de crise traversée par le PCF, ils décident de changer de parti, de passer du PS au PCF. Si l’on suit leur principe entriste, ce ne peut être qu’en espérant influencer des militants communistes en déshérence. »

Ce passage est le fruit soit de l’ignorance, soit de la malveillance – et sans doute des deux à la fois. Essayons d’y répondre aussi succinctement que possible. Premièrement, Alan Woods est un militant et un théoricien marxiste bien connu. Il n’a certainement rien d’« obscur ». Il est l’auteur de nombreux livres sur le marxisme. En 2004, une centaine de militants sont venus l’écouter, au siège fédéral du PCF de Paris, lors d’une réunion publique sur la révolution vénézuélienne. Alan reviendra animer une série de réunions publiques en France, l’année prochaine. Au Venezuela, il est très connu pour ses idées marxistes et comme fondateur de la campagne Pas touche au Venezuela ! Il y a quelques semaines, il a fait une tournée de réunions publiques très réussie, dans ce pays (voir ici). Chavez cite souvent ses livres, à la télévision. Bref, on peut affirmer sans l’ombre d’un doute qu’au Venezuela (et dans d’autres pays), Alan Woods est beaucoup plus connu – ou beaucoup moins « obscur » – que ne le sont les responsables de Vive le PCF dans le seul 15e arrondissement de Paris.

Quant à Ted Grant, il faut reconnaître qu’il est beaucoup moins en vue qu’Alan Woods, ces derniers temps. Ce n’est pas vraiment de sa faute, d’ailleurs, puisqu’il est mort en 2006. Mais de son vivant, il n’avait, lui non plus, absolument rien d’« obscur » ! Notons enfin que l’auteur de cette attaque contre La Riposte, qui affiche une grande méfiance à l’égard tout ce qui lui semble « obscur », n’a pas lui-même souhaité apparaître au grand jour : il n’a pas signé son texte.

Il est totalement faux de dire que Ted Grant et Alan Woods « font de l’entrisme le fondement de leur pratique politique. » Par contre, ce qu’ils ont toujours défendu, c’est l’idée que les marxistes ne doivent pas s’isoler du mouvement ouvrier, à la manière des sectes ultra-gauchistes, et qu’ils doivent au contraire participer activement aux luttes et aux organisations traditionnelles des travailleurs. Nous sommes tout à fait d’accord avec cette idée, qui était aussi celle de Marx et de Lénine. Quant au Parti Travailliste, en Grande-Bretagne, il a toujours eu une aile marxiste – depuis sa création, en 1900, jusqu’à nos jours. L’activité des marxistes du journal Socialist Appeal s’inscrit dans cette tradition.
Pour l’information des « léninistes » de Vive le PCF, Lénine lui-même insistait fortement, lors de la formation de l’Internationale Communiste, pour que les communistes britanniques participent activement au Parti Travailliste. Aujourd’hui, malgré tout ce que l’on peut reprocher aux dirigeants pro-capitalistes de ce parti, le fait est que le Parti Travailliste est le seul parti de la classe ouvrière britannique. Dès lors, les marxistes britanniques ont parfaitement raison d’y participer et d’y livrer une bataille politique contre Gordon Brown et ses amis.

Vive le PCF présente d’une façon complètement inexacte l’attitude de La Riposte, en France, vis-à-vis du Parti Socialiste et du Parti Communiste. Lorsque La Riposte a été lancée, dans les années 90, elle n’avait aucune influence et aucune « base » proprement dite – ni au PS, ni au PCF, ni nulle part ailleurs, pour être tout à fait franc. L’association était ouverte à tous ceux qui s’intéressaient aux idées du marxisme – qu’ils soient ou non membres du PCF, du PS ou d’un syndicat. Ce qui nous importait, c’était de regrouper ceux qui voulaient se battre pour nos idées révolutionnaires. Cette approche générale n’a pas changé, depuis. La Riposte est ouverte à tous ceux qui veulent militer pour les idées du marxisme. Si des militants du PS adhèrent à ces idées et veulent nous rejoindre, ils seront les bienvenus. Cependant, dans la pratique, il s’est avéré qu’une large majorité des militants qui exprimaient un intérêt pour nos idées venait du PCF, du MJCF et de la CGT – ce qui ne devrait surprendre personne.
Ainsi, La Riposte n’est pas « passée du PS au PCF » comme l’affirme Vive le PCF. Ce sont plutôt des militants du PCF qui sont « passés » à La Riposte.

Ceci dit, il est vrai qu’à partir de 2002, alors que la majorité de nos membres étaient au PCF, notre association a décidé qu’elle soutiendrait désormais le PCF électoralement et encouragerait la jeunesse et les travailleurs à adhérer au parti, afin de le renforcer face à la droite et au capitalisme. Cette décision répondait d’ailleurs aux appels de Marie-George Buffet pour que les associations de gauche se rassemblent autour du parti. Depuis, l’influence de La Riposte n’a cessé de grandir, à l’intérieur comme à l’extérieur du PCF, grâce à notre travail patient et systématique d’explication des idées du marxisme. Et c’est bien évidemment cela qui pose problème à Vive le PCF. L’histoire de « l’entrisme » et du « passage au PCF » n’est qu’une tentative – parmi d’autres – de discréditer La Riposte à peu de frais, sans prendre la peine de répondre à ses idées.

Enfin, rappelons qu’au cours des 30 dernières années, le problème du PCF fut beaucoup moins l’« entrisme » que le « sortisme », pour ainsi dire. Le parti a perdu des centaines de milliers d’adhérents. Comme nous l’expliquons dans notre projet de texte alternatif, cette hémorragie de militants fut la conséquence du caractère de plus en plus ouvertement réformiste du programme du parti et, surtout, du comportement de sa direction sous les gouvernements Mitterrand et Jospin. Ce n’est pas La Riposte qui a affaibli le PCF. Au contraire, elle est là pour aider les communistes à redresser la barre.

La Riposte conserve, bien évidemment, sa structure propre. Ce que les responsables de Vive le PCF appellent un « groupe extérieur » est tout simplement une organisation distincte et indépendante par rapport aux structures du PCF. Ceci est parfaitement sain et normal. Il ne faut pas tout mélanger. Tous les aspects de l’activité militante de La Riposte – la publication du journal, l’organisation de réunions publiques, l’impression de livres, de tracts et d’affiches, les déplacements, les frais postaux, etc. – coûtent de l’argent. Ces mêmes activités doivent être gérées collectivement et démocratiquement par les adhérents de l’association. Tous les communistes comprendront que ceci implique un minimum d’organisation, dont un système de cotisations. Ce n’est pas au PCF de financer les activités de La Riposte. Reprocher à La Riposte d’être « organisée », c’est lui reprocher son existence même. L’un ne va pas sans l’autre. Le journal et toutes les activités de La Riposte sont entièrement financés par les communistes qui sont adhérents ou sympathisants de l’association. C’est-à-dire qu’en plus de leur cotisation au parti, ils versent une cotisation mensuelle à La Riposte. Les finances de La Riposte doivent être totalement séparées de celles du parti.

Les communistes comprendront aisément que le fait de nous doter de structures propres n’implique nullement que nous « complotons » contre le PCF. La tentative de dénigrer les camarades du parti qui soutiennent les idées de La Riposte en les présentant comme autant d’« antennes » d’obscures forces extérieures et « anglo-saxonnes » – n’aboutira à rien. Si La Riposte progresse, c’est parce que les idées qu’elle défend correspondent aux convictions profondes de nombreux communistes. Parmi ces camarades, il y a des jeunes – heureusement ! –, mais il y en a aussi beaucoup qui sont membres du PCF depuis 20, 30 ou 40 ans. Certains sont des secrétaires de section ou de cellule. D’autres ont représenté le parti aux élections municipales, cantonales et législatives. D’autres encore ont d’importantes responsabilités syndicales. Traiter ces camarades d’éléments « extérieurs » au parti, comme le fait Vive le PCF, est parfaitement grotesque. Nous pouvons comprendre que les animateurs de Vive le PCF veuillent empêcher la progression de La Riposte. Mais ils n’y parviendront pas en cherchant à dénigrer et marginaliser nos militants. La seule façon de lutter contre La Riposte serait de démontrer en quoi ses idées ne sont pas valables. Si les animateurs de Vive le PCF sont incapables d’affronter La Riposte sur le terrain des idées, ils finiront tout simplement par se discréditer.

Mais revenons au brûlot de notre détracteur anonyme, qui n’a pas tout à fait fini de vider son sac, ou plutôt sa poubelle : « Depuis qu’ils sont au PCF, [les militants de La Riposte] tentent de propager, principalement par internet, indépendamment de toute base militante, des textes susceptibles de convenir aux communistes restés marxistes. Leurs écrits, par exemple sur Cuba, se sont adaptés à leur nouveau parti. »

Passons sur l’idée selon laquelle les membres et les sympathisants de La Riposte n’auraient « aucune base militante » : nous y avons déjà répondu plus haut. Ce qui nous intéresse, ici, c’est la spectaculaire découverte de notre critique : La Riposte aurait changé de position sur la révolution cubaine, de façon à « s’adapter » au PCF ! Si c’est exact, notre anonyme enquêteur doit – comme tout bon policier – avoir à sa disposition des documents de La Riposte qui établissent clairement ce changement de position. Hélas ! De tels documents n’existent pas, pour une raison simple : la position de La Riposte sur Cuba, telle que nous l’avons développée dans de nombreux textes, n’a jamais varié (voir ici). Comme sur tant d’autres points, l’insinuation de Vive le PCF ne correspond à aucune réalité.

Entraîné par le flot irrésistible de ses erreurs, notre ami enchaîne : « [La Riposte] bénéficie d’une complaisance certaine de la part des directions les plus réformistes du PCF, notamment à Paris qui peuvent y trouver un dérivatif, un repoussoir, une entrave à l’union des communistes opposés à la liquidation du PCF. » Voilà une nouvelle tout à fait stupéfiante ! Ainsi, les dirigeants nationaux du PCF soutiendraient La Riposte ou faciliteraient son travail dans le but de diviser les communistes opposés à la liquidation du parti. Ce soutien serait particulièrement appuyé – Dieu sait pourquoi – dans le cas des dirigeants de la Fédération du PCF de Paris. Vraiment, quelle absurdité ! Les relations entre les animateurs parisiens de La Riposte, d’une part, et les responsables fédéraux du PCF Paris, de l’autre, sont tout à fait cordiales et fraternelles, malgré nos désaccords sur le plan politique. Mais La Riposte n’a jamais rien demandé aux dirigeants fédéraux parisiens – et inversement. Par exemple, aucun militant de La Riposte ne siège au Conseil Fédéral. Là encore, soit les responsables de Vive le PCF précisent de quelles « complaisances » ils parlent, soit les militants du PCF devront tirer la conclusion qu’ils ont affaire à une pure invention, dont l’objectif est de discréditer à bon compte à la fois La Riposte et la direction fédérale du PCF Paris.

Les lignes que nous venons de citer sont immédiatement suivies de celles-ci : « C’est ce que constatent aussi nos camarades italiens de la Refondation Communiste dans la préparation de leur congrès où une motion parasitaire de l’antenne italienne du même groupe essaie de faire diversion avec la bénédiction des directions sortantes désavouées depuis les dernières élections. » En résumé, en plus d’être les acteurs d’un complot orchestré de l’extérieur – quelque part chez les « anglo-saxons » –, les militants de La Riposte sont en fait à la solde des « liquidateurs » du parti, avec pour mission de diviser les adversaires de cette liquidation. Et, pour preuve, Vive le PCF évoque le comportement supposé de nos camarades italiens de Falce Martello – qui, comme « antenne » de la même conspiration internationale, seraient évidemment à la solde du liquidateur Bertinotti… Vraiment, si tout ceci est vrai, les travailleurs du monde entier devront une éternelle reconnaissance à Vive le PCF pour avoir démasqué une aussi monstrueuse conspiration internationale !

Malheureusement pour Vive le PCF, les faits ont clairement démenti ces accusations absurdes. Quelques jours après la publication de l’article de Vive le PCF, le congrès du Parti de la Refondation Communiste (PRC) s’est tenu, où la réalité des alliances est apparue au grand jour. Nos camarades de Falce Martello se sont toujours vigoureusement opposés à la liquidation du PRC, tout comme La Riposte s’oppose à la liquidation du PCF. Au congrès du PRC, nos camarades italiens détenaient un pourcentage des voix susceptible de donner une majorité aux adversaires des « liquidateurs ». Et c’est évidemment ce qu’ils ont fait (voir ici). Sans l’apport de Falce Martello, les liquidateurs Bertinotti et Vendola seraient toujours à la tête du parti – et la résolution finale du congrès, qui exclut toute dissolution du parti, n’aurait pas été majoritaire. Nous laissons à Vive le PCF le soin de nous expliquer pourquoi des camarades qu’ils décrivent comme des « parasites » et des agents des liquidateurs ont contribué à leur infliger une cinglante défaite.

Cette accumulation d’erreurs grossières, de mensonges et d’insinuations malveillantes ne fait pas honneur aux animateurs de Vive le PCF. On n’ose pas imaginer l’ambiance qui régnerait dans le parti s’ils en prenaient la direction ! Nous sommes persuadés que des attaques de ce genre ne font pas l’unanimité parmi les sympathisants de Vive le PCF, dont plusieurs nous ont d’ailleurs fait part de leur sympathie et de leur soutien. L’affrontement nécessaire entre les différents programmes et orientations, au sein du parti, doit se faire dans la clarté et la fraternité. Certes, chaque « courant » peut défendre ses idées vigoureusement, avec fermeté. Mais des textes comme celui qu’a publié Vive le PCF ne sont pas constructifs. Ils ne font qu’ajouter à la confusion.

Quelle était la principale motivation de Vive le PCF, en publiant cet article contre La Riposte ? C’est assez simple. Les responsables de Vive le PCF préparent un texte alternatif pour le congrès du PCF de décembre prochain. De ce point de vue, ils voient la publication de notre projet de texte alternatif – Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme – comme une initiative « parasitaire », pour reprendre leur terminologie. En d’autres termes, nous leur faisons de l’ombre. Mais encore une fois, nous leur conseillons de répondre au contenu politique de notre texte, plutôt que de chercher, par de basses attaques, à provoquer la méfiance des militants communistes – qui ne sont pas aussi bêtes que semble le penser Vive le PCF. Pour notre part, nous dirons ce que nous pensons du texte alternatif de Vive le PCF, lorsqu’il sera publié. Et nous restons ouverts à une discussion sérieuse, fraternelle et publique avec tous les camarades qui le souhaitent, dans le but de confronter nos idées et d’enrichir ainsi le débat interne au parti. C’est la seule méthode de travail correcte, entre militants communistes.

Greg Oxley et Jérôme Métellus
 PCF Paris
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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Mardi 29 juillet 2008 2 29 /07 /Juil /2008 06:26
Le Parti Communiste entre dans une phase de préparation de son congrès. Dans chaque section, les adhérents débattront dès la rentrée sur la base commune de discussion présentée par la direction et les différents textes alternatifs présentés par les oppositions. La Conférence Fédérale se déroulera les 29 et 30 novembre, à Divion. Le 34ème Congrès se déroulera du 11 au 14 décembre à La Défense.
Après les textes d'André Gérin, de La Riposte et de la Gauche Communiste, nous publions sur notre blog la contribution de Roger Martelli.


 I. Que s’agit-il de décider en décembre ?


L’idéal aurait été de faire un choix simple et durable, valable pour une longue période. Voilà des années que des options s’expriment à l’intérieur du PCF. De n’avoir su choisir clairement entre elles a pénalisé l’action communiste et contribué à l’engluement de la gauche d’alternative. Ne pas en rester à cette situation d’incertitude et de paralysie est une nécessité. Il est toutefois impossible de passer par-dessus quelques constats hélas bien simples.

- D’une part, si les options existent, on a refusé et l’on refuse encore de les formaliser et de les laisser s’exprimer directement, au nom de la stigmatisation des tendances.
- D’autre part, la situation politique s’est dégradée considérablement à gauche, après l’échec de la candidature antilibérale et les résultats de l’élection présidentielle.
- J’ajoute que, depuis bien longtemps, nous avons suivi des orientations stratégiques différentes, sans les avoir pensées et sans les avoir maîtrisées collectivement. Sans compter que, plus d’une fois, nous avons changé en jurant nos grands dieux que nous poursuivions les décisions prises au congrès précédent… Que s’agit-il donc d’évaluer : la stratégie elle-même ? les conditions de son élaboration ? celles de sa mise en œuvre ? Difficile de procéder en peu de temps à une évaluation de long terme qui n’a jamais été même commencée sérieusement.

Faute de débat honnête et approfondi, et faute d’expérimentation cohérente, les conditions d’un choix communiste pleinement maîtrisé ne sont pas réunies aujourd’hui. De fait, aucune « option » sur l’avenir du PCF n’est en état de recueillir une majorité significative. Choisir à la hâte, après avoir si longtemps différé le débat d’orientation stratégique, risque donc de conduire, quelle que soit l’option retenue, à un éclatement définitif du communisme politique.

La seule manière d’éviter cette impasse est de penser un calendrier en deux temps.

1. Jusqu’en décembre, les membres du PCF seraient invités à trancher entre deux grandes méthodes de travail. Soit ils estiment que la crise du communisme politique est une crise conjoncturelle et que la structuration actuelle de la gauche est globalement opérationnelle et, à partir de là, ils décident qu’il suffit de continuer l’expérience entamée en décembre 1920, en améliorant plus ou moins profondément l’outil que constitue le PCF. Soit ils considèrent que la crise actuelle est de nature structurelle et qu’elle affecte tout à la fois la forme prise par le communisme au XXe siècle et la gauche dans son ensemble et, à partir de là, ils décident d’engager le communisme politique dans une transformation radicale, qui implique une rupture avec l’existant du PCF. Soit ils décident de conserver le cadre existant et de le modifier sans toucher à ses mécanismes fondamentaux ; soit ils décident de reconsidérer la totalité de l’édifice, de faire le tri entre ce qui n’a plus de raison d’être et ce qui peut rester, et de réinsérer les acquis dans une forme nouvelle. Adaptation ou révolution à l’intérieur du parti pris communiste : tels devraient être les termes du choix de décembre. Il ne s’agit donc pas de trancher entre des « options », mais de choisir une grande orientation générale de travail.

2. Si la première méthode est retenue, il suffit de procéder aux ajustements à l’intérieur du cadre existant, autour d’une nouvelle direction. Si le second choix l’emporte, s’ouvre un processus qui, à partir de la volonté de rupture, se donne pour objectif de dégager, dans le laps de temps le plus court possible, les implications de l’engagement transformateur. On sait par exemple que, à ce jour, trois hypothèses sont d’ores et déjà formulées : un nouveau parti communiste, poursuivant sur d’autres bases le tête-à-tête du socialisme et du communisme ; une confédération à gauche, disputant au PS l’hégémonie et associant des partis séparés, dont un communiste ; une nouvelle force politique, à la « Die Linke », incluant en son sein une composante communiste. Ces hypothèses pourront évoluer au fur et à mesure du débat ; d’autres pourront encore apparaître par la suite. Pour décider en dernière instance, il faudra laisser suffisamment de temps pour les formuler et, si possible, pour expérimenter les implications politiques de tel ou tel choix, notamment à l’occasion des échéances électorales. J’ajoute que, si l’option transformatrice l’emporte, la mission de la direction est avant tout de gérer l’étape transitoire ouverte par le Congrès : dans ce cas, l’ouverture maximale et le respect de la pluralité des sensibilités et des options sont une condition sine qua non de sa composition et de son cahier des charges.

II. Des éléments de réponse

Je fais partie de ceux qui s’expriment sans ambigüité en faveur de l’option transformatrice : ce n’est pas d’une adaptation à l’intérieur du cadre existant que le communisme politique a besoin, mais d’une véritable révolution interne, qui le fasse passer d’une ère à une autre, d’une forme à une autre. Je considère que ce choix est celui qui permet d’intégrer à la construction collective le plus grand nombre de forces, dans le PCF actuel et au-delà de ses rangs. Je précise, pour que les choses soient claires, que, à mes yeux, à l’issue du processus transformateur le communisme devrait continuer à vivre, mais pas sous la forme de l’actuel « PCF ».

1. On entend dire, parfois, qu’il ne sert à rien d’évoquer la « matrice » fondatrice du PCF, que le parti actuel n’a plus rien à voir avec le stalinisme, avec l’URSS, voire avec la révolution d’Octobre. Pour une part, cette affirmation est vraie : les représentations, les méthodes et les cultures politiques ont changé. Mais il serait dangereux d’oublier aujourd’hui plusieurs choses :

- Le communisme politique, depuis 1848, a connu plusieurs formes différentes, à partir du même parti pris d’un anticapitalisme critique et révolutionnaire. Le PCF s’est enraciné dans une longue histoire française de la gauche et de la révolution, sa force a été de prolonger la tradition plébéienne et révolutionnaire que la Révolution française a portée au premier plan. Mais si le PCF n’est pas en ce sens une greffe artificielle, c’est le choix assumé du bolchevisme de forme russe puis soviétique qui l’a fait naître en 1920. Pendant plusieurs décennies, sous des formes différentes, la référence explicite à une certaine conception de la transformation sociale et de la révolution a nourri les idées politiques des communistes français et fondé leur conception même du parti. Dans l’acceptation extrême du stalinisme ou dans la distance avec lui, dans la défense inconditionnelle du modèle soviétique comme dans sa critique plus ou moins fondamentale, c’est l’acceptation politique et culturelle du « léninisme » qui fonde l’existence du PCF. Depuis la fin des années 1970, l’héritage « marxiste-léniniste » est théoriquement rejeté ; mais il n’a été remplacé par aucun système cohérent. Or, tant qu’un modèle ne se substitue pas à un autre, tant qu’une culture politique n’a pas pris consciemment la place d’une autre, les formes anciennes continuent de dominer, que cela soit voulu ou non. Il n’est pas nécessaire que les adhérents aient été baignés dans le « léninisme » pour que perdurent les mécanismes culturels qui l’ont accompagné. La conception de la supériorité intrinsèque du « Parti », l’intériorisation d’un fonctionnement vertical hiérarchique, la culture du noyau d’avant-garde peuvent vivre sans même « d’écoles » pour les cultiver et les transmettre.

- La nécessité de la rupture est d’autant plus nécessaire que l’histoire du communisme du XXe siècle n’a pas été seulement celle de la continuité des modèles anciens. Elle a été aussi celle des échecs de leur transformation interne. Des années vingt à la chute de l’URSS, et notamment après 1956, les tentatives n’ont pas manqué pour essayer de faire évoluer le modèle bolchevique initial : les premières intuitions (Trotsky, Boukharine, Gramsci…), l’antistalinisme khrouchtchévien, le printemps de Prague, l’eurocommunisme, la perestroïka de Gorbatchev sont autant d’impulsions courageuses qui se sont enlisées. Le communisme français a hélas longtemps récusé toute évolution, comme ce fut le cas en 1956, au moment du XXe Congrès du PC soviétique. Mais il a, par la suite, fait lui aussi le pari du mouvement : ce fut le cas autour de 1976, sous l’impulsion de Georges Marchais, puis avec la « mutation » de Robert Hue. Le problème est que ces tentatives à l’intérieur même du modèle originel ne sont pas allées jusqu’au bout de leur désir réformateur. Soit par précipitation de « sommet », soit par prudence extrême nourrie par la peur de brusquer « l’appareil », elles ont échoué et donné ainsi corps, peu à peu, à l’idée qu’il n’y avait plus qu’un choix binaire : continuer la forme historique du communisme inaugurée après 1917 (le choix de « l’orthodoxie »), ou abandonner le communisme lui-même pour rallier l’expérience social-démocrate (le choix du PC italien à l’orée des années 1990).

- À partir de là, le choix fondamental me paraît clair. Le parti pris du communisme politique est pertinent, dès lors qu’il ne sépare plus les deux termes de sa prolongation et de sa refondation. Mais ce parti pris suppose, comme ce fut le cas au début du XXe siècle, que les communistes décident explicitement d’entrer dans une nouvelle étape de leur histoire. À chaque période de l’histoire sociale correspond une conception de la transformation ; à chaque époque, une conception de la rupture sociale et de la révolution ; à chaque moment de la culture révolutionnaire, une conception de l’action politique et de l’organisation. En redoutant d’assumer les implications de la rupture, on crée, même sans le vouloir, les conditions de la continuation. Or, aujourd’hui comme entre 1917 et 1920, rester dans les cadres du système c’est accepter le dépérissement de l’idée. Rien n’est pire que de figer le communisme politique dans une de ses formes historiques ; rien n’est moins réaliste que de « continuer », fût-ce en rénovant la façade.

2. Cet effort de reconstruction est inséparable d’une réflexion sur le mouvement populaire tout entier et sur la gauche politique dans son ensemble.

- Pour ce qui concerne le mouvement populaire, la réflexion pourrait s’orienter dans deux directions. Dans l’immédiat, il convient de prendre la mesure d’une difficulté majeure : la lutte salariale continue (retraites, services publics, suppressions d’emplois) et la mobilisation contre tous les dénis de droit (expulsions, discriminations, mépris des « sans »…) ne faiblit pas. Mais l’une et l’autre peinent à déboucher sur des succès tangibles. Faute de perspective politique, le risque est donc grand d’une impasse : soit la radicalisation désespérée, soit la tentation du « un petit rien vaut mieux qu’un grand tu l’auras ». De façon plus large, le mouvement dit « social » est à la croisée des chemins. La tradition du « mouvement ouvrier » se poursuit mais a du mal à trouver de nouvelles formes ; les formes nouvelles de la critique sociale (dites souvent « sociétales ») sont vivaces mais sont tiraillées entre la radicalité démonstrative et la tentation des poches de « contre-pouvoir ». En bref, si les deux grandes branches de la critique de l’ordre dominant ne parviennent pas à converger structurellement, elles risquent de s’affaiblir et de laisser la main aux forces de l’adaptation au système. Mais pour que ces rencontres puissent s’opérer réellement, une médiation politique est nécessaire. À plusieurs reprises, à la fin du XIXe siècle, dans les années trente quarante du XXe siècle, dans les années soixante et soixante-dix, des formes de synthèse politique originales (socialisme jaurésien, front populaire, programme commun) ont permis de tisser des liens entre luttes sociales et action politique. Ce faisant, le mouvement populaire a pu accéder à de grandes représentations partagées de l’avenir social, qui ont permis aux catégories populaires de devenir des acteurs incontournables de la vie politique. C’est par l’entremise de ces grandes représentations que la « classe ouvrière » est devenue « mouvement ouvrier » et a été capable de peser sur l’évolution de la société tout entière. Nous sommes aujourd’hui dans une phase de complexité telle que la diversité de l’espace populaire peut fonctionner à la séparation et à l’éclatement, si ne se reconstituent pas de larges visions progressistes partagées de la société et de son devenir. Faute d’une expansion de ces visions, c’est l’adaptation aux normes dominantes, c’est la leçon libérale qui sera la seule capable d’accéder au statut d’évidence, de réalisme et de bon sens. Par là, la question sociale et l’avenir du mouvement populaire rencontrent la question des rassemblements proprement politiques.

Pour des centaines de milliers de personnes, l’objectif est de se sortir de l’insupportable ; pour un plus grand nombre encore, elle est de stabiliser et d’améliorer leurs conditions d’existence et de donner davantage de sens à leur vie. Plus que jamais, la question est de savoir si l’on peut parvenir à ses objectifs à l’intérieur du système existant, en s’accommodant de ses normes pour tenter de les infléchir vers plus de justice. Ou bien, pour aller vers plus de justice et d’égalité, faut-il s’attacher à contester sur le fond les normes existantes (et pas seulement leurs effets) et d’engager un processus de rupture-dépassement.

Pour donner du tonus au mouvement, on sait que la clé est dans la capacité à penser un projet de rupture crédible et d’assurer son expansion symbolique. Pour qu’un tel projet émerge et aspire à être majoritaire, il ne peut être celui d’une seule force qui convaincrait toutes les autres de la justesse de son point de vue. Pou s’imposer et devenir majoritaire, un projet doit être une œuvre collective, du début jusqu’à la fin. Et pour qu’il soit œuvre collective, il est nécessaire qu’existe une dynamique qui permette de l’idée (il faut travailler en commun) à sa réalisation pratique. Or l’état actuel de la gauche et son déséquilibre profond contredisent absolument une telle dynamique. Subvertir cet état, et notamment l’hégémonie de l’esprit d’adaptation au capitalisme, est un impératif pour qui veut redonner à l’esprit de rupture une place dominante dans l’espace social et politique.

- Pour ce qui concerne l’espace proprement politique, le problème majeur est donc celui de la double tenaille dans laquelle la vie politique française est en train de s’installer. D’un côté une tendance au bipartisme qui s’approfondit, que les récentes élections locales ont entériné, que les glissements institutionnels vont élargir encore. D’un autre côté, un espace à gauche qui est occupé, de façon obsédante, par deux options visibles et deux seulement : celle d’un parti socialiste installé dans une simple logique d’alternance et qui va se recentrer, d’une façon ou d’une autre, au travers de contradictions plus ou moins vives ; celle d’une extrême gauche qui, identifiant radicalité et refus, s’écarte de toute logique de rassemblement à gauche au nom de la « clarté ». Il a été dit récemment, au sein du noyau dirigeant du PCF, que la problématique de la double tenaille était une impasse, dans ce qu’elle obligerait les communistes à se déterminer par rapport aux autres. Curieuse critique ! Comme si l’action politique ne supposait pas de se déterminer, non pas par rapport à telle ou telle autre force, mais par rapport à la réalité du champ politique dans ses grandes lignes. Or la double tenaille évoquée ici n’est pas une lubie de l’esprit : elle est inscrite dans l’épaisseur des représentations, dans la trame des analyses politiques et dans la matérialité des résultats électoraux, en tout cas depuis 2007. Son ancrage dans la vie politique n’est pas une fatalité ; mais pour l’instant, elle est une réalité. Se demander comment éviter que la tenaille ne se referme durablement, comment faire en sorte qu’un effet de conjoncture (l’échec des convergences « antilibérales ») ne devienne pas une réalité structurelle : voilà une question cruciale pour le devenir du communisme politique. Car, entre le solo minoritaire dans la contestation et l’engluement majoritaire dans l’adaptation, il n’y a pas de place pour ce qui a été l’originalité politique principale du communisme français : le mariage de la radicalité critique et de l’implication créatrice dans la société et les institutions.

Et pour se sortir de la tenaille, la question première est : le PCF a-t-il les moyens, seuls ou en rassemblant autour de lui, de rompre le cercle vicieux de la dynamique politique actuelle ? À l’évidence, la réponse est non. Le PCF seul est voué à l’existence marginale, par l’épuisement de ses formules anciennes. L’ajout de forces et sensibilités annexes (la vieille méthode des « compagnons de route ») n’élargit qu’à la marge l’impact de la proposition communiste. La réponse en termes de « fronts » variables selon les champs d’action ne répond pas à l’exigence de construction dans la durée, lisible et pérenne : les alliances à la carte ne font pas une stratégie perceptible dans l’opinion.

- De ce point de vue, il ne suffit plus de dire aujourd’hui que l’essentiel est que le PCF prenne l’initiative d’une grande formule de rassemblement politique, comme il le fit naguère avec le Front populaire ou le programme commun. En ces temps-là, le PCF représentait l’essentiel du courant de contestation/dépassement du capitalisme dominant. Il était à la fois une force socialement enraciné, une expression politique de l’esprit d’espérance sociale et un fragment conséquent du courant plébéien révolutionnaire français. Il est aujourd’hui une force non négligeable, mais qui n’apparaît plus comme une force propulsive. Tout ce qui, peu ou prou, serait perçu comme un appel à rejoindre le PCF ou à se regrouper autour de lui, serait inutile ou même contre-productif. Le PCF peut appeler à tous les fronts populaires possibles, exprimer toutes les ambitions imaginables : il ne sera pas entendu s’il ne dit pas d’emblée et si ses actes ne le montrent pas prêt à s’engager dans tout ce qui contribue à faire converger les sensibilités d’alternative, jusqu’à ce qu’elle « fassent force politique ». Il ne peut pas, en tout cas, récuser les initiatives du type de celles lancées par Politis, au prétexte qu’elles iraient vers le rassemblement d’une « petite gauche » et, en même temps, clamer urbi et orbi qu’il faut réunir le comité de liaison de la gauche avec le PS. Ou alors, cela signifie qu’il entérine de fait le discours de la LCR qui explique qu’il n’y a que deux gauches, dont l’une accepte les pouvoirs et l’autre en refuse tout exercice.

- Dans ce contexte, les communistes ne devraient surtout pas, dans les conditions actuelles, donner l’impression qu’ils n’ont pas d’autre objectif que d’exister par eux-mêmes et pour eux-mêmes. Le communisme politique n’a pas d’autre but que de permettre au peuple de maîtriser ses propres choix, d’en réussir la mise en œuvre et d’en exercer le contrôle. Il n’a pas d’autre ambition que de contribuer à des dynamiques majoritaires, dont la finalité n’est pas la reproduction de l’ordre existant, mais sa contestation concrète et la promotion continue d’autres manières de « faire société » que celles de l’exploitation et des dominations. En cela, le communisme est à la fois une ambition sociale et une méthode de subversion radicale, mais il n’est pas un projet séparé. Il y a une finalité communiste de l’action collective, des propositions communistes, une méthode communiste de la rupture sociale nécessaire. Mais le projet du dépassement du capitalisme ne peut pas être pensé comme la simple extension de la proposition des communistes en dehors de leurs rangs.

C’est au mouvement critique lui-même d’élaborer son projet, à partir d’une critique du capitalisme « réel » et au nom d’une conception alternative de la dynamique des sociétés contemporaines. Il existe d’ores et déjà des éléments pour un tel projet. Le PCF lui-même a toujours multiplié les propositions, de ses organisations ou de ses élus. D’autres forces y contribuent. Le mouvement social, syndical ou associatif, a ses propres analyses et ses prospectives. Dans les dernières années, les tentatives de convergence n’ont pas manqué de produire des éléments de programme, souvent étoffés (Charte antilibérale, Propositions pour une autre Europe, les 125 propositions élaborées à l’automne 2006 par les collectifs antilibéraux, avec le concours actif des militants et responsables communistes). Sans doute ces éléments, souvent présentés sous forme de catalogues, manquent-ils encore d’une hiérarchisation des exigences et des pistes transformatrices. Sans doute, ne dispose-t-on pas encore d’une vision articulée, reliant entre elles les propositions pour leur donner du sens. Sans doute est-on davantage devant des ébauches programmatiques que devant un véritable projet, incluant à la fois des objectifs et une méthode, des propositions et une batterie de moyens pour les réaliser.

Mais s’il y a du travail à accomplir et de la novation authentique à réussir, tout cela ne peut se faire qu’à partir d’une volonté et d’efforts partagés. Que les communistes valorisent leur patrimoine en le mettant au service du mouvement est une chose ; que leur démarche fonctionne comme un préalable ou un axe organisant de fait le travail commun en est une autre. Vouloir travailler par ses forces propres à l’œuvre commune est un impératif et la source potentielle d’une reconnaissance publique ; je suis même convaincu que le communisme reprendra des couleurs en montrant ses capacités à nourrir l’avancée collective. En revanche, penser ou laisser penser que la proposition communiste doit être par nature l’ossature d’un projet transformateur contribue à jouer contre son camp.

3. Pour cette raison, la recomposition à gauche et la relance d’un communisme politique sont deux faces inséparables d’une même question.

- Politiquement, la question la plus pertinente est celle de la reconstitution d’un pôle critique de gauche, à vocation majoritaire. Voilà des années que le PCF reste dans un espace cruellement indéterminé. Nous ne voulons pas d’une « petite gauche », a-t-on entendu dire des milliers de fois. En vertu de quoi nous sommes restés englués dans une grande gauche… de plus en plus écrasée par une social-démocratie elle-même de plus en plus affadie. Pensant que le PCF par lui-même, dans un rapport mythique avec « le peuple », « les catégories populaires » ou « les gens », était à lui seul capable de redresser le rapport des forces défavorables aux courants les plus à gauche, nous n’avons cessé de brocarder les « groupuscules » et les « personnalités-qui-ne représentent-qu’elles-mêmes-alors-que-nous représentons-des-milliers-d’adhérents »… Le résultat est hélas devant nous : un des ces « groupuscules » (la LCR) est passé devant nous dans les représentations courantes et les personnalités que nous avons copieusement méprisées nous font défaut. Il est grand temps de revenir à des considérations plus concrètes. L’objectif fondamental est de parvenir à des majorités d’alternative et non pas seulement d’alternance. Cela suppose d’affirmer la nécessité d’englober le PS dans les alliances à venir (l’objectif n’est pas de rassembler la « gauche de la gauche ») ; mais pour que le rapport des forces ne soit pas en faveur du « moins disant » et donc d’une gauche affadie, il faut que les forces les plus à gauche, les plus soucieuses de rupture et non d’adaptation, soient assez efficaces pour donner le ton à la gauche tout entière. Travailler à donner force propulsive à une gauche de gauche n’est pas en soi un objectif (l’objectif est le rassemblement de toute la gauche), mais une médiation nécessaire (sauf à penser que le PCF est en état à lui seul d’opérer cette médiation).

Ou bien des forces existent pour mener ce combat avec les communistes, ou bien les communistes doivent renoncer pour longtemps à peser sur le cours des choses à gauche. Or il existe des forces qui, à gauche, continuent de considérer que la gauche n’a pas de raison d’être si elle ne met pas l’égalité dans la liberté au cœur de ses combats, si elle ne conteste pas sur le fond la prétention de l’appropriation privée et de la concurrence à être les meilleurs opérateurs de mise en cohérence des sociétés. Ces forces sont multiples, allant de la gauche du Parti socialiste à l’extrême gauche, en passant par les communistes, les écologistes, les républicains. Elles sont diverses par leur pratique : certaines sont engagées dans l’action politique et sont d’ores et déjà constituées en partis ou quasi-partis ; d’autres s’investissent dans le champ syndical ou associatif ; certaines se réclament plus ou moins directement des traditions de la République ou du mouvement ouvrier, d’autres se nouent autour d’autres représentations, d’autres conceptions de la mise en commun et de l’action collective. Toutes rejettent le libéralisme extrême des néolibéraux et ne se reconnaissent pas dans la version affadie du socialisme qui s’est identifiée aux gestions sociaux-démocrates des trois dernières décennies, et notamment à leur variante « sociale-libérale » que le néotravaillisme anglais a popularisée.

L’expérience a montré que la dispersion de ces forces a été la principale source de l’attraction par défaut d’une social-démocratie recentrée. En 2005, la victoire du Non au projet de Traité constitutionnel européen avait laissé entendre que leur rassemblement contre la « concurrence libre et non faussée » pouvait modifier les équilibres fondamentaux de la gauche. En 2006-2007, l’impossibilité de les regrouper à l’élection présidentielle a provoqué au contraire la déception, puis la démobilisation de la totalité de l’espace critique. Si cette dispersion se prolonge demain, il n’y aura plus à gauche, comme cela a déjà été le cas au printemps de 2007, que le choix entre deux attitudes déséquilibrées : le désir de combattre une droite sarkozyenne dure nourrira, majoritairement à gauche, les réflexes de vote utile en faveur du PS, quoi que l’on pense de son recentrage ; la volonté minoritaire de sanctionner le PS nourrira un vote modeste d’extrême gauche, qui ne contredira pas sur le fond l’hégémonie social-démocrate sur la gauche française et européenne.

Le plus stratégique, dans la prochaine période, est de donner force politique commune à ces forces aujourd’hui dispersée. Malgré les déboires de 2006-2007, il ne manque pas de voix pour affirmer que la convergence d’une gauche soucieuse de rupture constructive est la seule option réaliste dans le paysage européen. Les exemples de l’Allemagne (Die Linke), de la Grèce ou du Portugal encouragent à explorer cette piste. Le récent appel lancé par l’hebdomadaire Politis va exactement dans cette direction. Il serait suicidaire pour les communistes qu’ils ne s’engagent pas sans réticence dans un tel mouvement. L’évolution du PS d’un côté, les succès réels mais limités de la LCR de l’autre ne s’expliquent que par défaut, parce qu’il n’existe pas d’alternative transformatrice à vocation majoritaire. Faute de cette alternative rassembleuse, il peut en effet sembler naturel de choisir entre le réalisme politique sans transformation sociale et l’affirmation critique sans la capacité majoritaire à imposer les transformations nécessaires.

Ni le recentrage socialiste, ni l’extrême gauche, entend-on dire parfois dans la direction du PCF. L’expérience a montré que le « ni ni » proclamé se traduit toujours, dans la pratique par un « tantôt tantôt » ou un « un peu un peu ». À ne vouloir ni de l’un ni de l’autre, on finit par osciller entre la mise sous coupe réglée des socialistes, pour avoir des voix et des élus, et la concurrence avec la LCR pour occuper la place centrale à la gauche de la gauche. Dans tous les cas, le communisme s’épuise à courir après l’un ou l’autre de ses concurrents. On a dit récemment que le constat de la « tenaille » mettait le PCF à la remorque de telle ou telle force. C’est le contraire qui est vrai : en niant la réalité de cette dynamique politique pernicieuse, on laisse se déployer ses effets ; en fait, on laisse la main à la social-démocratie. De ce fait, alors même que l’on affirme le contraire, on se met sous sa dépendance, soit pour attendre d’elle des miettes électorales, soit pour contester à la LCR (ou au « NPA ») le monopole de la critique du social-libéralisme.

Il n’y a donc pas d’autre voie réaliste, aujourd’hui, que de se placer dans la perspective d’une recomposition de la gauche, à commencer par son pôle le plus critique. N’oublions pas ce que nous dit l’image du « pôle ». La gauche n’est pas divisée en « deux gauches », elle est « polarisée », comme l’aimant attire la limaille de fer. D’un côté le pôle de l’adaptation, de l’autre le pôle de la rupture et du dépassement ; à tout moment, il s’agit de savoir quel est le pôle le plus attractif pendant longtemps, ce fut celui de la rupture ; depuis trente ans, c’est celui de l’adaptation. Comment redonner au pôle de la rupture-dépassement son pouvoir d’attraction, que la social-démocratie lui a ravi il y a plus de 25 ans ? Telle est la question des questions. Pendant plusieurs décennies, le PCF fut en état par lui-même d’impulser ce pôle ; ce n’est plus le cas ; aux communistes d’en tirer les conséquences, en conjuguant leurs forces avec d’autres.

- Dans une telle recomposition à gauche, y a-t-il place pour un communisme politique ? Avec mes amis « communistes unitaires », je réponds oui à cette question. Il ne peut y avoir de mouvement transformateur majoritaire sans force capable de formuler une exigence critique radicale, c’est-à-dire allant à la racine des choses. Sans doute cette force ne saurait-elle exiger une place à part ; sans doute ne peut-elle se tenir pour une élite ou un guide. Mais en liant la critique de la marchandise, celle de l’exploitation et celle de l’aliénation, le communisme politique a été un ferment décisif de toute critique sociale depuis plus d’un siècle et demi. L’exigence proprement communiste, alors que le capitalisme s’est mondialisé et que l’espace de la marchandise s’est universalisé, a conservé et même conforté sa pertinence fondamentale.

Nous savons depuis longtemps que, depuis 1848, le communisme n’est pas une simple « idée », mais une force organisée, un « parti communiste » comme disait Marx. Je persiste à penser qu’il faut maintenir un collectif des communistes, qui s’assume en tant que tel. Mais je ne considère pas que son maintien passe nécessairement par la perpétuation de la forme qu’il a prise au XXe siècle et qui s’est cristallisée dans l’appellation de « parti communiste mondial », de « mouvement communiste international » et, en France, de « Parti communiste français ».

Cette forme, d’une part n’a pas toujours existé : il y a depuis bien longtemps des communistes, des révolutionnaires critiques, sans qu’il y ait toujours eu un « parti communiste français ». Il faut donc se poser franchement la question de savoir si le maintien de la forme ancienne est un atout ou un frein à la relance du communisme politique.

Pendant de nombreuses années, beaucoup d’entre nous ont plaidé pour une « refondation » du communisme en général et du PCF en particulier. Nous pensions alors que la structure existante conservait suffisamment de forces et de créativité pour enrayer de l’intérieur la tendance au déclin. Nous ne le pensons plus aujourd’hui. Tout d’abord parce que l’impossibilité chronique à se réformer finit par provoquer la nécrose des structures quelles qu’elles soient. Il n’y avait sans doute pas de fatalité à ce que l’expérience soviétique se termine par sa décomposition et sa disparition en bloc ; mais l’échec de toutes les tentatives réformatrices a fini par installer l’idée que le système lui-même était irréformable. En URSS, les « réformateurs » ont été politiquement battus, et d’abord par les directions communistes elles-mêmes ; ne sont donc restés face-à-face que ceux qui voulaient conserver le communisme dans sa forme initiale et ceux qui voulaient s’en débarrasser, quelle qu’en soit la forme : d’un côté les putschistes d’août 1991, de l’autre côté Boris Eltsine.

Par ailleurs, nous ne croyons plus, en communistes, à la pertinence de la structure parce que l’expérience, là encore, a montré qu’il n’était pas possible, à l’intérieur d’elle, de surmonter des traits de culture politique qui sont à l’origine des partis communistes du XXe siècle. Au cœur de l’idée bolchevique, se trouvait la conviction que la conscience révolutionnaire ne pouvait venir que de l’extérieur de la pratique sociale, que le peuple devait être guidé pour être capable de s’emparer du pouvoir d’État avant de « briser » l’État. Ainsi s’est installée l’image d’un parti constituant, peu ou prou, une élite sans laquelle le prolétariat privé de conscience ne pouvait espérer exercer sa « dictature » et contredire des siècles d’exploitation et d’aliénation des catégories populaires. Nous n’en sommes sans doute plus aux temps héroïques, mais la culture de la supériorité du parti a-t-elle disparu ? Ne continuons-nous pas, trop souvent, à considérer qu’une formule politique, par exemple une offre de rassemblement politique, ne vaut que si nous en sommes les auteurs ? Ne sommes-nous pas a priori méfiants à l’égard de ce qui vient de l’extérieur des rangs du PCF ? L’appel à des candidatures antilibérales en 2006, l’appel de Politis en 2008 : autant de « manœuvres » visant à constituer des « cartels » dont le seul objectif est de priver les communistes de leur « souveraineté ». Curieuse attitude qui finit par superposer, jusqu’à les confondre, la conception élitiste de la supériorité du « Parti » et la peur de se faire dévorer par « l’Autre ».

Cette culture de l’élite rassemblant les plus lucides, les plus résolus, n’a pas disparu avec le XXIe siècle. Elle se retrouve dans le projet d’un regroupement des seuls « anticapitalistes » lancé par les amis de Besancenot ; elle se retrouve dans la tentation du grand repli des communistes sur eux-mêmes, en attendant – en vain – que le balancier revienne du bon côté.

- Je considère, de ce fait, que la position communiste la plus conséquente est celle qui consiste à choisir délibérément de rompre avec une forme historique du communisme, pour continuer le parti pris communiste dans les conditions de notre temps. Sans doute ce choix fondamental de rupture ne suffit-il pas à construire du nouveau. Il y a notamment plusieurs façons d’envisager les modes d’existence de ce collectif de communistes.

Certains militants, plaidant pour un Communisme du XXIe siècle, veulent se placer dans le prolongement de l’effort de mutation des années 1995-2001. Ils considèrent qu’une nouvelle formation communiste serait à même de relancer la dynamique du communisme et, à partir de là, d’infléchir fondamentalement le rapport des forces entre PS et PC dont ils continuent de penser qu’il est l’axe d’organisation de toute la gauche. L’avantage de cette option est qu’elle s’inscrit dans la continuation explicite d’un effort réformateur ; son inconvénient est qu’elle poursuit cet effort dans des conditions générales qui rendent impossibles son déploiement et son succès. Les conditions générales n’existent plus, à l’échelle européenne et mondiale, pour constituer une force pertinente pour une relance communiste concertée. La tradition française elle-même ne suffit plus à fonder cette possibilité qui, au demeurant, contourne l’exigence d’une refondation qui n’est pas simplement celle du communisme proprement dit. C’est toute la culture de la révolution et toute la culture qui méritent d’être revisitées en profondeur pour, elles aussi, sortir du balancement mortel entre conservation et renonciation. D’autres militants communistes (de façon moins claire et moins soutenue) semblent prêts à envisager des formes plus souples de confédération. Il ne s’agirait plus alors d’alliances à la carte mais d’un regroupement durable entre des forces partenaires désireuses de travailler ensemble dans la durée. La confédération autorise le maintien des formes existantes ou de toute autre structure associée : ainsi pourrait se maintenir un Parti communiste français séparé, aux côtés d’autres formations, à égalité de droits et de responsabilités. Cette solution a l’incontestable avantage d’éviter à chaque composante le choix douloureux de la perte d’une structure familière. Elle fait courir toutefois le risque d’une image incertaine auprès de l’opinion, qui pourrait craindre que les rapports des forces internes à la confédération ne finisse par l’emporter sur les intérêts communs. Une confédération pourrait alors apparaître comme moins crédible qu’un PS dont les conflits internes n’empêchent pas, au final, qu’il fonctionne dans les représentations comme une force politique unique, constituant un seul interlocuteur. Je penche donc, pour l’instant, en faveur d’une autre hypothèse : celle de la constitution d’une force politique, capable de contester l’hégémonie du PS sur la gauche française, et contenant en son sein une composante communiste, s’affirmant en tant que telle, sans pour autant être un parti politique séparé. Cette force politique aspirerait donc à exercer les missions qui sont aujourd’hui attribuées aux partis politiques. Mais elle le ferait d’une manière originale, en respectant la diversité de ses sensibilités constitutives et, plus encore, en tenant compte de la diversité irréductible des rapports à la politique. Une force politique donc, exerçant les fonctions d’un parti, mais s’efforçant de contrecarrer la reproduction en son sein des mécanismes classiques de délégation et de sélection installant le pouvoir d’une élite de quasi professionnels. Pour l’instant, ai-je dit, cette hypothèse est la mienne parce qu’elle me semble la plus efficace pour la gauche et pour l’avenir du communisme politique. Si elle n’est pas possible, je suis évidemment prêt à envisager d’autres formes. L’essentiel, à mes yeux, est que l’on renonce à tout immobilisme de fait, au nom de l’idée trompeuse qu’il ne faut pas lâcher la proie pour l’ombre ou qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. Pendant quelques décennies, nous avons hésité à transformer le parti communiste, parce que l’on assimilait la transformation et la liquidation. Le résultat est hélas devant nous : on a liquidé… La liquidation, c’est celle qui est aujourd’hui en cours ; c’est celle qui fait du communisme une force marginale, qui n’en finit pas de s’étioler. Je ne veux pas de cette liquidation.

- Telles sont des hypothèses possibles découlant d’un choix de rupture avec l’existant. Mais, une fois encore, ce n’est pas entre ces hypothèses que le congrès de décembre devrait trancher. Son choix devra à nos yeux se faire autour de quelques questions simples, dans leur formulation tout au moins. Comment permettre au mouvement populaire transformateur d’être acteur à part entière, de la conception jusqu’au contrôle, des choix qui permettraient, dans un processus cohérent de luttes et de constructions, de contredire les choix du capital et d’imposer d’autres modes de développement ? Comment créer, sur cette base, les conditions d’une gauche dynamique, majoritairement tendue vers les valeurs de justice et d’égalité de fait, refusant les diktats des marchés, promouvant le bien commun contre les appétits particuliers, l’autonomie des personnes solidaires contre l’égoïsme de la concurrence, la démocratie d’implication contre la « bonne gouvernance » ?

Quelle est la nature de la crise qui affecte le communisme depuis de longues décennies ? Comment concilier la relance d’un communisme politique actif et la recomposition de la gauche, au profit des logiques de rupture-dépassement du capitalisme et non au profit de l’esprit d’adaptation ?

Tout cela convergerait donc vers une alternative et une seule, sur laquelle les communistes devraient décider en toute clarté d’ici décembre. Pour qu’il y ait du communisme dans l’espace politique, suffit-il de continuer pour l’essentiel l’expérience amorcée en 1920 ? Ou bien, pour préserver l’esprit du communisme politique, faut-il se résoudre à une transformation radicale, ce qui suppose une rupture, non pas avec le communisme, mais avec la forme dominante qui a été la sienne au XXe siècle ?

Roger Martelli
Historien et membre du Comité Exécutif National du PCF.

Le 9 juillet 2008
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti - Communauté : Les antilibéraux
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Vendredi 11 juillet 2008 5 11 /07 /Juil /2008 19:10
Rarement nous n'avons connu dans notre pays un tel affrontement de classes et de telles batailles idéologiques menées par un Président de la République et son gouvernement. Les syndicats peuvent donner rendez-vous à la rentrée. D'ici là, lorsque les réformes seront achevées à l'Assemblée et au Sénat, les dégâts seront considérables.

Seule inconnue, l'issue du congrès de Versailles sur les institutions, mais du point de vue des réformes économiques et sociales, le gouvernement a les coudées franches.

Jamais donc, le capitalisme n'aura été aussi dominateur, arrogant, et j'ai le sentiment à la lecture des débats préparatoires à notre congrès, que pour certains, le moment est venu de faire l'impasse sur le PCF, de retirer à la France le peu de radicalité qui lui reste.
Certes, on prend des précautions, pas question de liquider, mais de transformer. De quelle transformation s'agit-il ?

On offre aux militants qui n'ont plus confiance à la direction plusieurs options et surtout beaucoup de questionnements faute d'avoir des réponses.
Des questionnements que j'entends depuis 20 ans. Et je reste persuadé que l'on sortira du congrès avec les mêmes questions et d'autres qui viendront s'ajouter. Pendant ce temps, l'UMP et le MEDEF agissent. Faut-il s'étonner que les militants boudent la préparation du congrès ?

De mon point de vue, il y a une question essentielle qu'il faut trancher car elle empoisonne en permanence notre existence, nous divise : "Faut-il continuer ou pas le PCF ?"

Selon la réponse majoritaire, qui appartient aux communistes, tout le monde se déterminera, mais au moins la feuille de route sera tracée. On ne peut pas vivre en permanence dans le doute, avec des caricatures montées de toutes pièces comme l'option d'un parti Marxiste Léniniste qu'une ultra minorité seulement revendique - et encore, elle a quitté le parti.

Pour moi, il n'y a pas trente-six options, mais il y en a deux, celle des refondateurs et celle de continuer le PCF. Au point où nous sommes arrivés, l'heure est au choix et non à tergiverser et je crains que le congrès ne débouche sur rien et c'est le peuple qui à un moment tranchera définitivement sur notre avenir.

Ceux qui profitent de leur tribune de dirigeants nationaux pour expliquer que le PCF n'a plus sa raison d'être, qu'il faut passer à autre chose, sont d'ailleurs souvent les mêmes qui ont justifié hier avec le même zèle, la stratégie de l'échec.

Enfin, au moment où Sarkozy préside pour 6 mois l'UE, faut-il attendre le congrès pour décider d'une grande initiative nationale digne de celle que nous avons su organiser à Calais alors que nous étions dans une situation plus qu'inconfortable (Gauche plurielle) ?

Que reste-t-il du parti de lutte que nous étions ! Et si l'innovation de notre parti passait aussi par ce retour aux sources ?

Jean-Claude Danglot
Premier Secrétaire de la Fédération du Pas-de-Calais du PCF
Sénateur PCF du Pas-de-Calais
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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Mercredi 9 juillet 2008 3 09 /07 /Juil /2008 10:27
Le Parti Communiste entre dans une phase de préparation de son congrès. Dans chaque section, les adhérents débattront dès la rentrée sur la base commune de discussion présentée par la direction et les différents textes alternatifs présentés par les oppositions. La Conférence Fédérale se déroulera les 29 et 30 novembre, à Divion. Le 34ème Congrès se déroulera du 11 au 14 décembre à La Défense.
Après les textes d'André Gérin et de La Riposte, nous publions sur notre blog un projet de texte alternatif de la Gauche Communiste. Les adhérents à jour de cotisation qui le souhaitent peuvent le signer.


La crise générale du capitalisme au moment de sa mondialisation engendre de plus en plus de barbaries. Des situations à caractère révolutionnaires éclatent de par le monde, mais ce ne peut être qu'à partir d'un pays très développé que le changement de société débutera, puis pourra s'étendre par delà les frontières. Nous vivons une situation exceptionnelle qui nécessite de garder et développer un parti communiste en France, afin de donner toutes ses chances au communisme.

C'est la raison pour laquelle nous te soumettons le texte « Un vrai parti communiste, plus nécessaire que jamais ! », qui nous permettra d'être présents ensemble dans l'affrontement d'orientation qui aura lieu lors du 34e congrès du PCF, en décembre prochain. Les premiers débats montrent que certains optent pour la disparition du PCF, d'autres maintiennent le nom mais en le vidant de sa substance, en faisant à une coquille vide. A l'opposé, nous voulons un PCF qui se développe sur les bases d'un marxisme vivant, ce qui est le contraire à un retour en arrière que certains nous prêtent.

Nous répondons dans ce texte aux trois questions posées au congrès : la mondialisation, le parti communiste et le rassemblement en faisant des propositions adaptées à notre époque.

Nous souhaitons que l'ensemble de la gauche du parti se rassemble sur la base d'un texte clair d'orientation communiste. Nous ferons tout pour y arriver. Si l'unité ne pouvait se réaliser, ce qui serait évidemment dommage, nous porterons le texte que nous te soumettons aujourd'hui jusqu'au congrès, car si la gauche était absente au congrès en décembre, ce serait une catastrophe.

Cela nécessite l'appui d'un maximum de communistes. Aussi, nous te proposons d'apporter ton soutien à cette démarche, en remplissant le formulaire ci-dessous et en nous le renvoyant le plus rapidement possible. Il ne s'agit pas d'être d'accord sur l'ensemble du texte mais de partager la démarche que nous initions. Nous nous engageons à ne prendre aucune décision concernant le texte et son éventuelle réécriture sans avoir consulté les signataires. Nous te tiendrons bien sûr informé des évolutions de la situation.

Nous nous adressons à tous les communistes de France. Toutes les signatures seront publiées, mais pour pouvoir présenter un texte alternatif, seules celles des adhérents du PCF seront prises en compte par la direction du PCF. Nous ambitionnons de rassembler plusieurs centaines de signatures, dont une grande majorité de membres du PCF dans de nombreuses fédérations, conformément aux statuts du PCF.

Si cette démarche est initiée par la Gauche communiste du PCF, nous souhaitons qu'elle devienne le bien commun du plus grand nombre de communistes. Il ne s'agit pas de défendre une chapelle, mais de donner aux communistes un moyen d'expression lors du congrès.

Nous espérons pouvoir compter sur ton soutien. Reçois, cher(e) camarade, nos salutations communistes

Caroline ANDREANI, Patricia LATOUR, Jean Jacques KARMAN, membres du Conseil National


La mondialisation, une réalité en évolution


Nous sommes à un degré de crise du capitalisme au niveau mondial qui ne peut pas trouver de solution par des réformes. Cette crise est de plus en plus insupportable pour les peuples comme en témoignent les émeutes de la faim un peu partout dans le monde, émeutes qui ne sont pas liées à une crise de production, mais à la spéculation qui a gonfler artificiellement les prix des manières premières, et notamment des produits alimentaires. Le capitalisme cherche actuellement à surmonter cette crise, quitte à s’enfoncer plus encore.

Après la chute de l’Union soviétique et des pays d’Europe de l’Est, les Etats-Unis ont cherché à s’imposer comme la seule et unique force au monde.

L’impérialisme américain a alors déclenché une série de guerres : première guerre d’Irak, agression de l’OTAN contre la Yougoslavie pour aboutir à son démantèlement, guerre d’Afghanistan justifiée par les attentats du 11 Septembre au nom de la « lutte contre le terrorisme », deuxième guerre d’Irak. Expression de leur toute puissance militaire et politique, ces guerres avaient également pour objectif de relancer l’activité économique des principales firmes militaires américaines. Elles ont permis au lobby militaro-industriel de réaliser des profits importants.

Cependant, ces guerres à répétition n’ont pas permis de maintenir le leadership économique des Etats-Unis. En effet, si les Etats-Unis restent la première puissance militaire mondiale – malgré leur enlisement en Irak et en Afghanistan – l’économie américaine est en grande difficulté. Les Etats-Unis sont le pays le plus endetté au monde. C’est le système financier international qui finance le déficit américain, pour empêcher un effondrement général. L’industrie américaine est en crise depuis une vingtaine d’années : le pays se désindustrialise grâce à la politique de délocalisation systématique menée par les grandes entreprises américaines dans tous les domaines d’activité (automobile, textile, agroalimentaire, informatique, etc.), plongeant dans la misère d’une fraction importante de la classe ouvrière américaine. Le système financier est gravement ébranlé par des crises boursières à répétition (crise asiatique des années 90, crise de la bulle internet, …) La dernière crise en date, celle des "subprimes", contribue à fragiliser plus encore le système bancaire américain. Au delà, c’est le système bancaire mondial qui est touché, comme en témoignent les résultats rendus publics par plusieurs grandes banques d’affaires internationales, notamment en Europe.

Deuxième élément de réflexion, l’émergence de la Chine sur la scène économique internationale. Contrairement aux pays de l’Est, dont le dépeçage a permis au système capitaliste de bénéficier d’une goulée d’oxygène dans les années 90, l’émergence de la Chine comme acteur économique ne se fait pas au profit de l’impérialisme occidental. Au contraire, la Chine s’impose de plus en plus comme un concurrent sur la scène internationale. Non seulement « l’ouverture » de la Chine est grandement contrôlée par le gouvernement chinois qui ne laisse pas les firmes internationales s’installer comme elles le veulent, mais la Chine s’impose comme un partenaire des pays émergents partout dans le monde – Asie, Afrique notamment –, partenaire qui concurrence les puissances impérialistes traditionnelles que sont l’Europe, les Etats-Unis et le Japon. La Chine développe une politique d’échanges visant à lui assurer un approvisionnement sûr en matières premières et en énergie, contre une aide au développement. On a beaucoup glosé sur la Chine comme atelier du monde, mais il faut appréhender le développement de la Chine dans toutes ses dimensions. Aujourd’hui, ce pays d’un milliard trois cent mille individus est en passe de devenir la première puissance économique mondiale. Cela ne se fait pas sans contradictions : d’une part, on assiste à la restauration du capitalisme en Chine, avec l’émergence d’une bourgeoisie nationale qui exploite le peuple de manière effrénée. D’autre part, la Chine joue indéniablement un rôle de frein au développement de l’impérialisme américain.

L’Europe occidentale a construit ces dernière décennies l’Union européenne. Conçue dans un premier temps comme un rempart à l’Union soviétique, elle est devenue dans un deuxième temps outil de domination capitaliste contre les peuples. Par ailleurs, elle poursuit son rôle de rempart face à l’est : la Russie de Poutine, redevenue un acteur économique et diplomatique après la période Eltsine, étant le nouvel ennemi à abattre. Sans comparer le redressement de la Russie à l’émergence de la Chine, il faut bien mesurer que la Russie, même amoindrie d’une fraction de son territoire, même appauvrie après le pillage de ses ressources, redevient un acteur de premier plan en Europe. La dernière tentative en date de l’administration Bush d’installer des bases anti-missiles contre la Russie ne laisse pas de doute là-dessus. L’Union européenne, compte tenu de son implication dans le système financier international, n’échappera pas à une crise de grande ampleur en cas d’effondrement du système.

Concernant l’Amérique Latine, la situation est extrêmement intéressante. Après avoir été l’arrière-cour des Etats-Unis, les pays d’Amérique Latine ont basculé dans leur majorité à gauche. La résistance de Cuba, depuis bientôt 40 ans, dans un environnement régional et mondial hostile, a maintenu un espoir dans cette région du monde. S’il existe aujourd’hui des expériences progressistes comme le Venezuela, c’est grâce à l’expérience cubaine. Les deux situations les plus intéressantes, celle de Chavez au Venezuela, celle de Evo Morales en Bolivie, créent un véritable espoir dans le monde. Elles montrent, si besoin en est, que la seule manière d’obtenir des avancées sociales, politiques et économiques véritables, reste l’instauration d’un rapport de forces contre les bourgeoisies nationales. L’intelligence des nouveaux dirigeants sud-américains est d’avoir compris qu’il fallait étendre la résistance économique et politique au delà du cadre national : la création de l’ALBA est une étape importante dans la construction de cette résistance.

L’Afrique, enfin, est le terrain privilégié de l’impérialisme. A l’exception de l’Afrique du Sud, et des pays du Maghreb, l’Afrique s’enfonce dans la déstructuration de ses Etats, le pillage de ses matières premières au profit de multinationales, l’arrêt de tout développement économique. Les différentes puissances impérialistes s’y affrontent, au détriment des peuples qui vivent sous domination. Dans le meilleur des cas, cette domination se traduit par un étranglement économique. Mais dans beaucoup de pays, elle se conclut par des affrontements militaires, sous couvert de « conflits ethniques », pour capter les richesses et par le démantèlement des Etats (comme au Soudan, en Somalie, au Congo démocratique, etc.)

Nous sommes dans une conjoncture au niveau international qui n’est pas sans rappeler la veille du premier conflit mondial :

- crise économique généralisée, aggravée par l’augmentation du coût des matières premières et de l’énergie

- crise financière encore maîtrisée mais qui pourrait échapper à tout contrôle si les Etats-Unis ne parviennent pas à endiguer la crise des « subprimes » qui a déjà causé la faillite de plusieurs banques américaines

- crise de subsistance au niveau mondial

- crise de surproduction des biens de consommation high-tech qui ne trouveront plus preneur compte tenu de la crise économique qui touche de plein fouet les peuples des pays riches.

La perspective d’un crash financier de grande ampleur du type de 1929 n’est pas écarter, au contraire. Comment le système capitaliste pourra-t-il s’en sortir autrement qu’en provoquant, comme en 1914, un chaos mondial ?

Dans ces circonstances, il est d’autant plus urgent de reconstruire des outils politiques internationaux solides. Une 5e Internationale, comme le propose la Gauche communiste depuis sa création, n’a rien d’illusoire. Au contraire, les partis communistes et les partis progressistes à travers le monde auraient tout intérêt à reconstruire très vite un outil de résistance au capitalisme. Car c’est bien dans les périodes de crises graves qu’il faut être en capacité de proposer des solutions révolutionnaires.

La situation nationale et le contexte du 34e congrès

En mai 2007, les Français ont élu à la tête de l’Etat Nicolas Sarkozy, président du principal parti de droite en France. Dans la lignée de son prédécesseur Jacques Chirac, en accord avec les politiques dictées par l’Union Européenne, et pour satisfaire les desiderata du grand patronat incarné par le Médef, le régime s’attaque à tous les acquis sociaux : droit du travail, durée du temps de travail, sécurité sociale, retraites par répartition, fonction publique, … tout en s’en prenant aux dernières grandes entreprises publiques : SNCF (avec la libéralisation du fret), GDF (avec la fusion avec Suez), etc. Dans le même temps, il donne des gages à l’élite du pays avec une mesure très symbolique, le fameux « bouclier fiscal ».

Si le gouvernement a reculé sur certaines mesures trop impopulaires (par exemple la suppression de la carte famille nombreuse), il entend mener à bien ce pourquoi il a été élu : aligner la France sur le « moins disant » social prôné par l’Union européenne. La colère populaire est réelle, mais faute d’organisation politique proposant des perspectives crédibles, faute d’un mouvement syndical en capacité à organiser le mécontentement, les salariés ne trouvent pour le moment pas de débouchés constructifs à cette colère.

Or, la situation ne peut pas aller en s’améliorant. Les coups de boutoir d’un Sarkozy et d’un Fillon ont pour objectif de détruire, sans retour en arrière possible, tout ce qui peut constituer un frein au capitalisme. Même si le gouvernement adoptait une attitude moins provocatrice, la ligne politique générale ne changerait pas.

Il y a donc un boulevard pour les partis politiques opposés au capitalisme. D’autant que le Parti socialiste ne peut pas constituer une alternative crédible puisqu’il partage les vues politiques de l’UMP sur les questions majeures.

Le Parti, quels enjeux ?

Les dernières élections municipales et cantonales ont confirmé, que, malgré son affaiblissement, le Parti communiste existe et reste inscrit dans la vie politique nationale. Mais à quoi sert-il ? Dans quelle mesure peut-il influer sur la situation ? La véritable question posée aux communistes à l’occasion de leur congrès est : comment faire pour que le parti communiste retrouve pleinement son utilité et son efficacité ? Cela suppose plusieurs conditions :

1 – Il faut que le parti communiste se réimplante dans le monde du travail, qu’il redevienne le parti qui exprime les intérêts de la classe ouvrière, des salariés dans leur diversité, du peuple dans son ensemble ; par opposition à la petite minorité liée aux capital financier.

Pour cela le parti communiste doit non seulement soutenir les luttes, mais il doit se réorganiser dans les entreprises, dans les quartiers populaires, recréer des organisations du type cellules et promouvoir des militants représentatifs du monde du travail.

2 – Le parti communiste ne peut pas se contenter d’être une sorte de syndicat bis. Il doit jouer un rôle politique afin de contribuer à rouvrir une perspective. Aujourd’hui, la situation politique française est bloquée du fait de l’hégémonie d’un Parti socialiste incapable de changer les choses, suite à son ralliement à la mondialisation capitaliste et même à l’impérialisme, et d’un parti communiste qui ne joue plus son rôle. Sans renoncer au dialogue et, quand cela s’avère possible à des actions communes avec les socialistes, les communistes doivent travailler, sans pour autant perdre leur autonomie, à un rassemblement de la vraie gauche, (avec la gauche du PS, certains écologistes, des syndicalistes, des mouvements sociaux, l’extrême gauche…) pour former une Convergence anti-capitaliste capable d’affirmer une vraie alternative à gauche.

3 – Nous avons besoin d’un parti qui renoue simultanément avec la défense de l’indépendance nationale, condition indispensable de la souveraineté populaire, et avec l’internationalisme et l’anti-impérialisme.
A l’approche des prochaines échéances européennes, nous devons clairement nous prononcer pour la sortie de la France de l’Union européenne, pour une Europe des peuples souverains, pour l’indépendance nationale et la coopération internationale.
Face à un impérialisme en crise, qui enfonce le monde dans le chaos et la guerre, nous devons œuvrer à ce que ce se reforme une espérance des peuples. Dans cet esprit, les communistes prendraient une initiative de portée historique si, à l’occasion de leur congrès, il se prononçaient pour la création de la Vème Internationale, progressiste et révolutionnaire, dont l’idée commence à s’affirmer de divers côtés, et qui paraît indispensable pour dépasser les limites actuelles de l’alter-mondialisme.

Pour jouer ce rôle, le parti communiste doit renouer avec un grand effort d’information et de formation de ses adhérents. Formation théorique, en renouant avec le marxisme, dans la diversité et la vitalité qui est aujourd’hui la sienne, et formation historique, faute de quoi, les communistes eux-mêmes se soumettent trop souvent à l’idéologie dominante qui aboutit à la criminalisation de toute l’histoire révolutionnaire et donc à sa condamnation.

Il doit aussi faire évoluer son fonctionnement interne. Reconnaître à tous les niveaux (dans sa vie quotidienne, ses instances de direction, sa presse) le pluralisme communiste, l’existence de fait de points de vue et de tendances différentes, et qui peuvent se transformer. Le corollaire obligé de ce pluralisme étant la recherche permanente de l’unité, dans la discussion, l’action et la fraternité.

Nous avons besoin d’une transformation du parti communiste, d’une reconstruction marxiste. Il nous faut à la fois reprendre et poursuivre l’héritage du PCF, mais aussi faire du neuf pour rompre avec les défauts hérités de son histoire.

C’est pourquoi la Gauche communiste se prononce pour que le PCF se transforme en un Parti des Communistes de France.

Un Parti des communistes de France, c’est un parti qui cherche à unir les travailleurs français et immigrés, avec ou sans papiers.

Un Parti des communistes de France, c’est un parti qui cherche à rassembler les communistes dans leur diversité, ceux du PCF et ceux qui sont en dehors du PCF, soit parce qu’ils l’ont quitté soit parce qu’ils n’y ont jamais été mais qui sont communistes de cœur et de pensée.

Un Parti des communistes de France, c’est un parti qui ne renonce pas à œuvrer au rassemblement du mouvement communiste, par-delà les divisions héritées de l’histoire, en France et dans le monde.

C’est le parti dont nous avons besoin. En lançant un appel dans ce sens lors de notre Congrès nous donnerions un signal clair de notre volonté de rester pleinement communistes, et en même temps de nous rénover pour répondre aux exigences de la période dans laquelle nous vivons.

Les alliances

La nature du capitalisme n’est pas réformable. Il produit lui-même le recul de la civilisation, un monde dominé par les multinationales qui pillent le vivant et les matières premières, exploitent sans frein les peuples, organisent sciemment les guerres au profit d’une minuscule élite qui accumule le capital.

Il n’existe qu’une alternative pour combattre ses effets désastreux : l’enclenchement d’un processus révolutionnaire ouvrant la voie au communisme, avançant résolument vers une transformation radicale de la société. Pour cela il n’y a pas d’autre solution que le renversement du capital dominant par le peuple, pas d’autre solution que la révolution.

Si nous avons besoin en France d’un vrai parti communiste, révolutionnaire et ouvert, capable de construire la perspective à gauche, on ne peut espérer pour autant que le rassemblement se fasse autour de lui uniquement. Aussi la question des alliances reste posée.

Aujourd’hui, la direction du PCF a tendance à repousser cette question, mais dans les faits, elle n’envisage d’alliance possible qu’avec le Parti socialiste. Même si elle avance timidement une critique de ce que fut l’union de la gauche, on le voit bien dans les derniers scrutins électoraux, les positions prises par rapport au PS, ne vont pas très loin. On ménage, comme on dit, « la chèvre et le chou » sans aller franchement au bout. Cela a d’ailleurs amené la direction à ne pas condamner les alliances avec le Modem puisqu’il apparaît comme une force d’appoint des socialistes. Depuis les municipales, les dirigeants tentent de faire entendre que « la gauche » a gagné ces élections. La gauche ? Mais quelle gauche ? Et pour quoi faire ?

Le PCF a aujourd’hui perdu ses repères. En cédant au discours dominant, notamment sur l’expérience du socialisme au cours du XXe siècle, en sonnant les mêmes sirènes humanitaristes que les autres, il a contribué à discréditer toute idée révolutionnaire. Il contribue lui-même à sa propre disparition. Le peuple n’a pourtant rien à gagner à la disparition du PCF, ni d’un journal vraiment communiste. Aussi ne s’agit-il pas pour nous de « tirer sur l’ambulance », mais d’être une force de propositions au sein du PCF pour que ce parti dont l’histoire est intimement liée à celle de la nation française redevienne une force révolutionnaire.

Le PCF doit retrouver ses repères marxistes, non pas pour en faire des dogmes, mais en l’ancrant dans le monde d’aujourd’hui. Il doit clairement s’affirmer comme le parti du monde du travail, de la classe ouvrière dans sa diversité. Il doit reprendre la discussion et la réflexion sur le socialisme. Au moment où l’idée de socialisme réapparaît en Amérique latine et où, dans plusieurs pays de ce continent, des forces rassemblées résistent à l’impérialisme Us, il serait dommageable que les communistes français soient dans l’incapacité de relever le défi de la construction d’une autre société chez eux.

Face à la droite, il faut être prêt à lutter, sans sectarisme aucun (et les municipales dans un certain nombre d’endroits montrent que les possibilités existent même si cela reste encore embryonnaire), non seulement avec les autres forces de gauche, avec les socialistes aussi, mais au-delà avec tous les démocrates et tous les républicains attachés au progrès, à la justice, aux libertés.

Même confusément, de plus en plus de personnes mesurent les effets néfastes du capitalisme. Mais il n’existe aucune alternative réelle à laquelle ils puissent se raccrocher, aucune force politique qui les rassemble vraiment. La réforme du capitalisme n’est pas une solution. Modérer les appétits de quelques multinationales n’a jamais remis en cause l’exploitation de l’homme par l’homme.

La stratégie des communistes doit être claire : travailler à un rassemblement populaire pour de vrais changements démocratiques qui s’en prennent effectivement au grand capital et à la tutelle de l’Europe du capital, sans volonté d’hégémonie et sans renoncer à être de vrais communistes.

On ne peut sans doute pas, dans l’immédiat, rassembler une majorité sur la perspective du socialisme (perspective sur laquelle doit continuer à se battre le PCF), mais on peut rassembler sur un programme radical de démocratisation économique, politique et sociale, mettant au centre la question de la souveraineté populaire. L’idée fédératrice pourrait être celle d’une République sociale et démocratique.

Les collectifs anti-libéraux ont tenté un rassemblement auquel les communistes ont largement participé et où ils ont tout aussi largement contribué à leur échec. Certes, la charte adoptée n’était pas toujours très claire, sans doute la forme prise par des assemblées où on discutait beaucoup et menait peu d’actions concrètes ne permettait pas toujours la clarification, enfin le débat en vase presque clos a favorisé la coupure avec la masse du peuple. Ces éléments ont contribué à cet échec. Mais l’attitude hégémonique du Pcf et, paradoxalement, sa quasi absence comme force de propositions, l’absence de la Ligue communiste révolutionnaire comme d’autres forces de la gauche n’ont pas permis de mettre en avant une force alternative de gauche crédible. C’est en fin de course, le Ps, seul, qui a raflé la mise. Non pas que sa stratégie semble plus claire, mais il apparaissait comme le seul à s’opposer à Sarkozy. Et à défaut de grives…

Rechercher une union au sommet, pour avoir des élus à tout prix, relève de l’autodestruction pure et simple. Le PS n’est pas la seule organisation à gauche. Tous les gens de gauche ne sont pas encartés quelque part. L’union doit se reconstruire en bas avec tous ceux qui ne supportent plus les effets dévastateurs du capitalisme. Avec des socialistes aussi, mais pas uniquement. Combien d’électeurs communistes sont aujourd’hui dans la nature ? Jusqu’à quand allons-nous les laisser tomber, les envoyer voter pour un Parti socialiste qui n’a de socialiste que le nom, même si certains de ses militants y croient encore ?

Les uns et les autres (notamment, la LCR ou le Parti des travailleurs) proposent tous un rassemblement autour d’eux-mêmes. Cela risque bien de ne pas déboucher sur grand-chose. Des camarades proposent de faire la même chose avec le PCF. On peut toujours s’illusionner sur le grand PCF. Nous ne sommes ni en 1936, ni en 1968, ni même dans les années 70.

Le PCF doit prendre toute sa place dans tout ce qui se construit allant dans le sens d’une véritable convergence anti-capitaliste, sans faire la fine bouche, mais en participant avec ses propres convictions, ses propres initiatives, en redevenant une véritable force de propositions anticapitaliste. Le Parti ne peut pas se concevoir sans un lien dialectique avec le mouvement unitaire.
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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Dimanche 6 juillet 2008 7 06 /07 /Juil /2008 12:22
Le Parti Communiste entre dans une phase de préparation de son congrès. Dans chaque section, les adhérents débattront dès la rentrée sur la base commune de discussion présentée par la direction et les différents textes alternatifs présentés par les oppositions. La Conférence Fédérale se déroulera les 29 et 30 novembre, à Divion. Le 34ème Congrès se déroulera du 11 au 14 décembre à La Défense.
Après les textes d'André Gérin, nous publions sur notre blog un projet de texte alternatif de La Riposte dont nous publions régulièrement les textes. Les adhérents à jour de cotisation qui le souhaitent peuvent le signer.


A l’approche du 34e Congrès national du PCF, des militants du parti ont publié un texte important : Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme. Ses signataires proposent de le présenter comme « texte alternatif » à celui que présentera la direction sortante, en septembre.

Après de longues années marquées par la dilution « anti-libérale » du programme du PCF et par le recul de son implantation sociale et électorale, ce texte milite pour rétablir les idées fondamentales du communisme dans le parti. Pour ses signataires, c’est la condition du redressement du PCF. Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme est donc une contribution positive et constructive aux discussions des militants communistes sur les questions qui les préoccupent. A ce titre, nous de doutons pas qu’il sera accueilli favorablement par de nombreux camarades.

Le texte commence ainsi : « Le gouvernement Sarkozy est sans aucun doute le plus réactionnaire que la France ait connu depuis la deuxième guerre mondiale, c’est-à-dire depuis celui du Maréchal Pétain. La multiplication de leurres et de diversions, soigneusement orchestrée depuis l’Elysée, ne saurait dissimuler les véritables objectifs du pouvoir en place. De "réforme" en "réforme", il s’agit de démanteler, tranche par tranche, toutes les conquêtes sociales du passé, de soumettre tous les aspects de la vie sociale et économique du pays à la loi du profit, de réduire le travailleur au rang de simple "matière première", corvéable et jetable à l’envi. Ce programme ne tombe pas du ciel. Il répond aux impératifs d’un système qui ne peut plus exister qu’au détriment de l’immense majorité de la population. »

Puis, Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme replace les perspectives pour la France dans le contexte international de notre époque. Il explique que le « nouvel ordre mondial » annoncé à l’époque de l’effondrement de l’URSS, où « plus rien ne semblait pouvoir s’opposer à l’écrasante domination de l’impérialisme américain », est aujourd’hui en pleine crise. « Près de 20 ans après la chute du mur de Berlin, le triomphalisme des représentants du capitalisme a cédé la place à une profonde inquiétude. Les guerres en Irak et en Afghanistan, qui devaient fournir au monde entier une preuve irréfutable de l’énorme puissance militaire des Etats-Unis, en ont surtout montré les limites. Les Etats-Unis et leurs alliés – dont la France, en Afghanistan – sont en train de perdre ces guerres. Par ailleurs, selon la plupart des économistes, les Etats-Unis sont déjà en récession. L’Europe suivra certainement cette pente à plus ou moins court terme. En Chine et en Inde, une crise de surproduction est inévitable. »

« Les développements récents en Amérique latine – dont les mouvements révolutionnaires au Venezuela, en Bolivie et au Mexique – marquent également un tournant qui va à l’encontre de l’offensive idéologique menée par les capitalistes : « Parmi les effets les plus importants de la révolution vénézuélienne, il y a son impact sur la conscience des travailleurs et des jeunes, son impact idéologique. L’expropriation des capitalistes, les nationalisations sous contrôle ouvrier, la redistribution des terres, en un mot tout ce que le "nouvel ordre mondial" et la "fin de l’histoire" avaient consigné à la poubelle de l’histoire, sont revenus au cœur de l’action et de la pensée des victimes du capitalisme. […] La révolution vénézuélienne n’est pas encore allée jusqu’à son terme. Mais elle a déjà rendu un immense service à tous ceux qui luttent contre le capitalisme. Elle a remis les idées révolutionnaires, les idées du marxisme, au cœur des discussions dans le mouvement ouvrier latino-américain, et même à l’échelle internationale. Les événements au Venezuela, en Bolivie et ailleurs signifient qu’après toutes ces années pendant lesquelles les capitalistes ont décrété la mort définitive de notre cause, la révolution socialiste est de nouveau à l’ordre du jour ! »

« Le déclin du capitalisme français, qui perd du terrain dans pratiquement toutes les régions du monde, n’en est qu’à ses débuts. Ce déclin et la perspective d’une crise économique mondiale sont « lourds de conséquences pour la masse de la population française. Les acquis sociaux seront constamment menacés, minés et progressivement détruits. Ce qui est gagné aujourd’hui sera perdu demain par la mise en concurrence des salariés et par les mécanismes inexorables du marché. Les bases économiques sur lesquelles repose l’idéologie des réformistes n’existent plus. Dans le contexte actuel, où le système tire tout vers le bas, le réformiste ressemble à un homme qui gravit lentement et péniblement les marches d’un escalier mécanique descendant. A force de voir son niveau de vie constamment menacé, la psychologie du salariat – et notamment de sa couche la plus politiquement consciente – commence à changer. L’illusion d’un "dépassement" graduel des inégalités, voire du système capitaliste lui-même, au moyen d’une accumulation progressive de réformes sociales, s’efface devant la dure réalité du capitalisme. Les marchands de cette illusion – qu’ils soient de droite ou de gauche – ne sont plus crédibles. Nous sommes entrés dans une époque de régression sociale permanente. »

Les auteurs du texte considèrent que, dans ce contexte, le PCF aurait pu et aurait dû progresser : «Depuis la grève générale des transports et des services publics de 1995, des millions de jeunes et de travailleurs se sont mobilisés, à de nombreuses reprises, et parfois à une échelle inédite depuis 1968. D’innombrables grèves et mobilisations massives ont marqué les années Raffarin et de Villepin : contre le Front National (2002), contre la guerre en Irak et la "réforme" des retraites (2003), contre la Constitution Européenne (2005) et contre le CPE (2006). Depuis l’élection de Sarkozy, d’autres luttes de grande envergure ont eu lieu, notamment pour la défense de retraites et de l’Education nationale, sans oublier la lutte des sans-papiers, etc. Le cours de la lutte contre le CPE, en 2006, ressemblait beaucoup à celui qui a précédé la grève générale de 1968, à une différence près : la mobilisation de la jeunesse, en 2006, était encore plus massive, plus générale et mieux organisée que celle des étudiants de 1968. Si Chirac et de Villepin n’avaient pas fini par faire marche arrière, ils auraient perdu tout contrôle de la situation. Ce n’est pas un hasard si Bayrou parlait, à l’époque, d’une "ambiance d’effondrement" au sommet de l’Etat.»

« Tout au long de cette période, qui dessine une courbe ascendante de luttes et de mobilisations, le Parti Communiste aurait dû être dans son élément naturel. Il aurait pu et dû renforcer sa position, non seulement sur le plan électoral, mais aussi en termes d’implantation sociale, d’influence dans les organisations syndicales, d’effectifs militants et de finances. Et pourtant, sur cette même période, la courbe de son développement va dans le sens inverse. »

Un bilan critique et sans complaisance est nécessaire. Le texte se poursuit donc par un examen de la politique menée par la direction du parti au cours de la dernière période, ainsi que de ses conséquences pour l’implantation sociale et électorale du PCF :

« Entre 1981 et 2002, la gauche a été au pouvoir pendant 15 ans, et avec la participation du PCF pendant 8 ans. Il y a eu quelques réformes progressistes. Mais sur toutes les questions fondamentales, les partis de gauche au pouvoir ont aligné leur politique sur les intérêts capitalistes, de sorte qu’aucun des problèmes sociaux les plus brûlants n’a été résolu – bien au contraire. Cette expérience a miné la crédibilité des dirigeants socialistes et communistes aux yeux de la masse des travailleurs. En ce qui concerne le PCF, le soutien au "plan de rigueur", en 1982-1984 (démantèlement de l’industrie sidérurgique, blocage des salaires), puis, sous Jospin, le ralliement et la participation active à la politique de privatisations, ont mené à un effondrement de la crédibilité du parti comme "parti révolutionnaire". La couche la plus militante et combative des travailleurs – celle qui donnait au parti ses relais dans la société, ses racines dans les entreprises et les quartiers populaires – a largement "décroché". Le parti a perdu des centaines de milliers d’adhérents. L’incapacité totale des dirigeants de prévoir et d’expliquer l’effondrement des régimes dictatoriaux prétendument "communistes" a également porté un coup très sévère à l’autorité politique du PCF, et contribué à la désorientation de ses militants. »

« Contrairement à ce que prétendent des "liquidateurs" comme Gayssot ou Martelli, le problème n’est pas le communisme ou le marxisme, qui selon eux n’auraient plus d’avenir. Au contraire, le problème est précisément l’abandon du communisme par les dirigeants du parti. Le comportement des dirigeants du PCF au gouvernement et la dilution progressive de son programme ont convaincu la majorité de la couche la plus militante et combative du salariat que malgré le ton plus radical de son discours, le PCF ne représente pas, dans la pratique, une alternative sérieuse au réformisme du Parti Socialiste. Aux yeux des centaines de milliers de travailleurs qui formaient le socle de la base sociale et électorale du parti, un PCF qui cautionne des privatisations et d’autres mesures anti-sociales ne sert pas à grand-chose. »

« Quand l’électorat de gauche fait face à deux partis réformistes, c’est nécessairement le plus grand qui l’emporte, quelles que soient les différences dans leurs programmes. La masse des travailleurs ne lit pas le détail des programmes. Elle se forge son idée essentiellement sur la base de son expérience. De ce point de vue, les différences entre les programmes du PCF et du PS pèsent beaucoup moins lourd, aux yeux de l’électorat de gauche, que la politique menée conjointement par le PS et le PCF quand ils étaient au pouvoir. Dès lors, pour la masse des jeunes et des travailleurs, le seul véritable enjeu, c’est de savoir lequel des deux partis aura les meilleures chances de battre la droite dans les urnes. Dans ce domaine, c’est forcément le PS qui l’emporte. La dérive réformiste dans la politique du PCF a favorisé le PS, d’un côté, et de l’autre a ouvert un espace à la LCR. »

« La situation actuelle offre d’énormes possibilités au PCF, à condition de tourner le dos aux idées décousues du réformisme "anti-libéral", qui ne peuvent que semer davantage de confusion. Il faut réarmer politiquement le parti sur la base des idées du marxisme et du programme du socialisme révolutionnaire. »

Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme analyse quelques unes des modifications dans le programme du parti au cours de la dernière période. Il réfute l’argument selon lequel des « mutations sociologiques » justifieraient l’abandon du marxisme, tire un bilan sans concession des « collectifs anti-libéraux », traite la question des rapports avec le PS et de la participation gouvernementale, prend clairement position contre les alliances avec le Modem, et rejette toute idée de dissoudre le PCF ou de le transformer en « autre chose », que ce soit un « pôle de radicalité », une vague « mouvance », etc. Les sections intitulées « Le marxisme », « Réforme ou révolution » et « L’avenir du parti » indiquent clairement le programme et la démarche générale que proposent les signataires pour assurer le redressement du PCF. Finalement, le texte se conclue ainsi :

« Malgré les difficultés qu’il a connues au cours de la dernière période, le parti occupe une place très importante – et potentiellement décisive – dans le mouvement ouvrier français. Il a une longue tradition de lutte et de résistance à l’oppression. Il dispose d’énormes réserves sociales, ce qui explique toute la propagande hostile et mensongère dont il est l’objet, de la part des médias et de tous les représentants de la société "officielle". Dans la conscience collective de plusieurs millions de travailleurs, le PCF demeure une force et un allié dans la lutte contre les innombrables injustices et oppressions que leur inflige le capitalisme. Le virage droitier de la direction du Parti Socialiste renforce encore les perspectives de développement du PCF – du moins potentiellement. »

« Notre parti peut devenir, doit devenir une force sociale et politique extrêmement puissante. De grandes perspectives s’ouvrent à nous. Mais pour qu’elles se réalisent, il est absolument indispensable de rompre avec la politique insipide du réformisme "antilibéral" et de renouer avec les traditions militantes et révolutionnaires de notre passé – c’est-à-dire avec les idées du marxisme. Le Parti Communiste doit redevenir un parti révolutionnaire, dans son programme, dans son action et dans son tempérament. Sur cette base, il regagnera progressivement sa position de parti des éléments les plus combatifs de la jeunesse et des travailleurs. Il retrouvera ses relais et son enracinement massif dans le mouvement syndical et les quartiers populaires. »

« Face au désastre social provoqué par le capitalisme, des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs cherchent des idées sérieuses, un programme qui offre une véritable alternative au système actuel. Certes, ils sont souvent sceptiques vis-à-vis des partis politiques. Pouvait-on raisonnablement s’attendre à autre chose, étant donnée l’expérience de ces dernières années ? Cependant, si nous restons fermes dans nos idées révolutionnaires, si nous les expliquons patiemment, il sera parfaitement possible de surmonter cette méfiance. »

« Le capitalisme n’offre plus d’autres perspectives que la régression, le déclin, la crise permanente, la destruction des conquêtes sociales. Aucune société ne peut continuer indéfiniment sur cette pente. Le socialisme n’est donc pas une utopie, mais une nécessité. La tâche primordiale des communistes est de donner une expression concrète à cette nécessité dans le programme, la théorie et la pratique du parti. »

L’ensemble du texte est rédigé dans un style économe et précis, ce qui rend son argumentation claire et compréhensible pour tous. Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme émane de la « base » du parti. C’est tout à fait dans l’ordre des choses. Dans leur lutte pour le faire connaître et récolter les 200 signatures requises, les militants qui le proposent ne pourront pas compter sur un « coup de pouce » de telle ou telle structure nationale du parti. Nous en appelons donc à tous les militants communistes. Nous leur demandons de lire ce texte dans son intégralité et de le faire connaître dans leur entourage. Surtout, à ce stade, le texte a besoin de signataires. Nous demandons à tous les membres du PCF qui se reconnaissent dans les idées qu’il défend – ou qui, sans être d’accord avec tout, souhaitent que ces idées soient discutées dans le cadre du congrès – d’envoyer sans tarder leur signature à : renforcerlepcf@gmail.com, avec une copie à redaction@lariposte.com.
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /Juil /2008 15:10
Il y a un peu plus de 2 mois lors d’une Assemblée générale de section, nous avons fait le constat unanime qu’on ne pouvait laisser Sarkozy continuer ses mauvais coups sans résistance et nous nous sommes dit qu’objectivement les populations devraient se révolter mais que si elles ne le faisaient pas, c’était peut être parce que nous, les communistes, étions trop frileux. Nous avons donc décidé un porte à porte dans un quartier populaire où notre activité politique de terrain s’est dissipée au fil des années. Nous étions une dizaine de communistes à participer et à tenir le même discours aux gens «  Madame, Monsieur, cela fait un an que Sarkozy est arrivé au pouvoir. Vous vous serrez de plus en plus la ceinture y compris sur l’essentiel. Sarkozy en a encore pour 4 ans. Si vous voulez que cela continue comme cela OK ! Si vous pensez qu’il est vital pour vous d’arrêter le massacre alors venez avec nous pour vous battre ! ».

Bilan de la matinée après, seulement 1 H / 1H15 de porte à porte = 11 adhésions au PCF réalisées par 4 ou 5 camarades différents.

Lors de la dernière Assemblée générale de section, un camarade a dit que nous ne  tirions pas assez sur le PS. La discussion a permis d’aller au-delà de cet énoncé manifestement trop court. En adhérant au capitalisme rectifié de façon minimale à la marge, le PS pose un vrai problème de crédibilité politique pour toutes les forces de gauche qui aspirent à un changement profond de société, en premier lieu le PCF. Se refuser à affronter cette question est suicidaire pour le Parti Communiste. Il ne suffit plus d’appeler le PS à revenir à gauche mais de créer une dynamique populaire pour l’y obliger. On en revient aux rassemblements populaires majoritaires que une Direction Nationale devrait aider à construire sur telle ou telle question (retraites, pouvoir d’achat, logement...) pour faire monter concrètement l’exigence d’un changement radical de société.

Mais certains camarades (parfois dirigeants nationaux) qui ne croient plus eux-mêmes à l’avenir du parti peuvent-ils proposer autre chose que de petites combinaisons politiciennes et stériles ?

Il y a quelques semaines, Marie George Buffet a appelé à un véritable  bouillonnent de propositions politiques cohérentes, que les bouches s’ouvrent dans le parti.

Alors oui, il est temps de se mêler du congrès non dans un esprit de tendance ou de fraction mais animés de cette force et de cette richesse collectives que les communistes gagnent chaque fois qu’ils mettent en action des femmes et des hommes en prouvant par A+B l’utilité du Parti Communiste.

Il y a urgence car les mauvais coups redoublent : passage à 41 années de cotisation pour une retraite pleine ; casse des 35 heures et baisse de rémunération des heures supplémentaires ; menaces officielles sur l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (prenez une assurance privée ou l’on vous reprend sur votre succession !) ; nouveaux déremboursements de médicaments touchant  cette fois les maladies de longue durée ; sur place du SMIC.

Décidément camarades,  il est plus que temps de s'en mêler !

Dominique WATRIN
1er Adjoint au Maire de Rouvroy
Conseiller général de Rouvroy
Vice-Président du Conseil Général
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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Samedi 28 juin 2008 6 28 /06 /Juin /2008 10:01
Intervention de André GERIN
Conseil national du Parti Communiste Français
Mercredi 25 juin 2008

L'ordre du jour du congrès est décevant, en décalage complet avec l'attente des communistes. Je pense que nous avons besoin d'un congrès fondateur comme un élément qui fasse partie de la base commune.

Les communistes veulent un PCF populaire et moderne. Les militants de terrains ont obtenu 10 % lors des dernières élections. Ils ont massivement fait la preuve de leur attachement à leur parti, la preuve que celui-ci a un champ réel pour exister.

Un véritable fossé existe et ne peut, dans ces conditions, que s'amplifier avec les communistes.

Est-il inimaginable de consulter les communistes sur les grandes options fondatrices du PCF au XXIème siècle ? Un PCF fondé une seconde fois, avec un marxisme, un communisme au service du peuple de France.

Il faut opérer une véritable révolution copernicienne et placer au centre de nos pratiques politiques la question de l’individu. Nous devons retrouver toute notre originalité historique, nous appuyer sur elle pour réfuter qu'on nous colle l'étiquette de « pro soviétique ».

Nous sommes capables de faire preuve d'une grande ingéniosité pour concilier internationalisme et Nation. De ce point de vue, nous aurions tout à gagner à renouer des liens réguliers et féconds avec l'ensemble des partis communistes du monde. Nous n'y perdrions pas notre âme, bien au contraire.

Faisons vivre nos traditions, notre culture. Le PCF a appris à jouer à la fois la rupture et la continuité, à être à la fois parti de luttes de classe et défenseur de la République, de la liberté. Parti laïque, parti révolutionnaire, parti ouvrier capable de défendre la petite propriété et favorable à la modernisation industrielle. Nos fondations plongent au plus profond de la société française.

Le PCF incarne, avec ses lumières et ses ombres, une certaine idée de la France, une passion de la révolution, de la justice sociale, de l’égalité. Notre communisme est un phénomène politique et idéologique profond. Il émane d'un processus historique marqué par le choix fondateur du congrès de Tours, en 1920 dans un contexte de sacralisation de la Révolution d’octobre.

C’est cela notre culture communiste. Une culture qui résiste et garde une puissante attractivité.

Il est nécessaire de faire un second congrès fondateur pour sortir de l'ornière, du marasme, du marigot idéologique. Un second congrès de Tours. Pour revisiter, actualiser, moderniser, compléter, élargir les questions fondamentales : continuité et rupture, anticapitalisme, anti-impérialisme, mais aussi anti-fascisme, antiracisme, anti-réformisme.

Des communistes qui veulent construire des ruptures radicales ne seraient-ils pas capables d’avoir une vision raisonnée et graduée de l'histoire ? Refuserions-nous de prendre nos responsabilités car le pouvoir serait pervers et sale ? N'aurions-nous qu'une vision simpliste d’un communisme moral et culturel, sans efficacité politique et idéologique ? Ne serions-nous capables que de nous apitoyer sur les misères du monde ? C'est une réponse à la crise historique du combat révolutionnaire qu'il nous faut apporter en plaçant ce congrès dans ce tournant historique.

Vouloir un communisme du XXIème siècle, comme perspective historique, c'est vouloir devenir un PCF majeur, une force politique capable, avec d’autres, d’être un parti de gouvernement et un parti de changement de société.

Il s'agit de construire un communisme moderne dans un pays capitaliste développé, dirigé par Nicolas Sarkozy, la droite, le grand capital, un communisme débarrassé d’une idéologie totalisante qui peut reprendre vigueur et vivacité. Brandir comme un épouvantail à moineaux les 21 conditions d'adhésion à la IIIème internationale, en 1920, n'a aucun sens aujourd'hui.

Consulter les communistes par référendum sur les grandes options fondatrices du PCF au XXIème, c’est redonner au communisme politique et idéologique son aura dans le combat, répondre aux défis de civilisation : appropriation sociale, statut de salarié, missions régaliennes de l’Etat, nouvelle république sociale autogestionnaire, fonction publique, valeurs humanistes universelles, sens de la lutte, nation et internationalisme.

Non le XXIème siècle ne sera pas américain. Avec la Chine, l’Inde et l’Amérique du Sud, nous assistons à la crise de crédibilité du capitalisme occidental.

Remettre au cœur du débat de ce congrès, nos fondamentaux, nos principes, notre identité.

Redonner toute sa portée politique au communisme pour répondre aux défis planétaires, en prenant appui sur les forces communistes, progressistes, révolutionnaires dans le monde.

Partir de ce que font et pensent les gens aux tréfonds de la crise, pour aller au bout, jusqu'au communisme.

La nouvelle fondation du Parti communiste français, c’est cela qui est à l’ordre du jour.

André Gerin
Député Maire PCF de Vénissieux
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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Vendredi 20 juin 2008 5 20 /06 /Juin /2008 09:13

Nous avons eu tout au long de notre journée un débat riche, contradictoire qui a permis de mettre en évidence de vraies questions sur lesquelles il nous faut désormais avancer.

Permettez-moi à partir de ce débat d’aborder directement la question du Congrès. Depuis la présidentielle, le débat est engagé : l’assemblée de décembre, les trois journées nationales, les rencontres dans les sections mais nous sommes encore loin du compte. Nous avons besoin d’un bouillonnement d’idées beaucoup plus important.

Cela demande d’y associer plus de communistes. Nous n’avons pas encore assez d’initiatives qui nous permettent de trouver des réponses nouvelles. Cela demande beaucoup d’efforts, particulièrement des premiers responsables car le chemin n’est pas simple au regard de l’objectif et de l’ambition que nous avons.

J’entends ici et là que je serais la gardienne du temple : les clefs à la ceinture, prête à verrouiller les portes. Quelle vision dépassée de ce parti et de ses militantes et militants qui portent des opinions et qui les assument ! Mais aussi de la société : les idées aujourd’hui utilisent tous les chemins les plus modernes pour circuler, regarder la place d’Internet , des blogs….

Mais surtout, comme la grande majorité des camarades, la militante que je suis ressent intimement le besoin d’une dynamique nouvelle pour écrire une page inédite de notre combat. Nous avons commencé à le faire avec le travail sur l’état de la société, du monde, sur le projet politique et, c’est l’objet de notre débat d’aujourd’hui, sur la force politique dont nous avons besoin pour y parvenir.

Alors camarades, mettons cartes sur tables et débattons.

Et permettez-moi de le faire en toute franchise.

D’abord interrogeons nous : où en sommes nous du rapport du peuple à la politique.

Oui il existe une crise politique, celle de la réponse des partis, mais contrairement à d’autres époques, il y a chez les femmes et les hommes qui souffrent de la politique de la droite , qui luttent aussi envie de réponse politique.

Les parents et enseignants qui ont occupé leur école cette nuit ont besoin de cet engagement politique pour élargir leur action. Ils ont besoin pour gagner que des lois soient abrogées, que des moyens financiers soient dégagés et donc d’élus et de forces politiques portant leurs combats. Le syndicaliste qui agit pour maintenir son domaine d’activité dans le secteur public a besoin d’une autre volonté politique que celle du tout marchand.

C’est cela faire de la politique. C’est bien sûr lutter, résister mais ce n’est pas que cela. Faire de la politique, c’est avant tout avoir un projet pour la société et être capable de le faire vivre dans la gestion et les institutions. Et si c’est ça la politique, des hommes et des femmes découragés par la politique politicienne retrouveront le chemin de l’engagement, et pour être efficaces elles s’organiseront.

Alors oui, il y a besoin d’un parti.

Et ce parti doit-il être révolutionnaire ? Regardons les réalités.

Nous sommes dans un monde qui recèle plein de potentialités, vous le savez aussi bien que moi. Et vous savez comme moi combien ces potentialités sont entravées par des logiques de domination, qu’elles soient capitalistes ou patriarcales. Et il faut parler des deux. A une époque, nous considérions les luttes féministes inutiles sous prétexte que le socialisme règlerait la question de l’égalité des femmes. Aujourd’hui, le féminisme est pour nous au coeur des luttes émancipatrices dans la société.

Et dans ce monde, les tenants des logiques en place se sont dotés d’instruments de pression, de l’OMC aux banques centrales, des directives aux lois régressives, pour empêcher toute alternative. Ils ont utilisé cette belle idée de l’Europe pour corseter toute avancée pour les peuples.

Et pourtant des mobilisations se lèvent. Regardez l’Irlande hier ! Des peuples se donnent des gouvernements progressistes ! Par la force de majorités politiques et populaires, ils parviennent à marquer des points. Mais ils vérifient aussi la force des affrontements de classe. Ils ont des décisions extrêmement difficiles à prendre. Nos camarades vietnamiens cherchent à concilier socialisme et économie de marché. À Chypre, ils doivent construire la réconciliation nationale et une politique progressiste dans le cadre de l’Europe libérale. En Bolivie, le peuple fait face à une oligarchie menaçante.

Que l’on me comprenne ! Anticapitaliste, antilibéral, communiste, ce sont des mots qui ont sens pour nous.

Mais pensons à ce qu’il y a dans les têtes.

L’envie de changement existe, mais elle est dévoyée, émoussée. On nous dit sans cesse que le fin du fin en politique serait de tout accepter pour être moderne !

Alors nous avons le devoir d’aller aux réalités derrière les mots.

Dépasser le capitalisme ne relève pas d’un slogan ni d’une démarche volontariste. Cela demande construction, prise de responsabilités, capacité à rassembler et volonté politique pour faire bouger les rapports de force.

Mesurons l’ampleur du chantier.

Si je vous dis cela, c’est tout simplement, parce que pour moi, ce qui fonde l’utilité d’un parti qui veut porter une espérance révolutionnaire aujourd’hui, ce que nous avons appelé la visée communiste, c’est avant tout la qualité de son combat pour faire reculer la frontière des possibles. C’est-à-dire, permettre à chaque individu d’être en maîtrise des enjeux et donc de retrouver confiance en sa capacité de peser pour trouver des solutions à ses problèmes, pour obtenir des progrès, des droits, des avancées de civilisation.

C’est chaque conscience qu’il faut éveiller à la possibilité de changer les choses.

Mais une fois que nous avons dit tout cela, avons-nous tout dit ? Je ne le pense pas.

Quelle est pour une génération l’objectif palpable de ce parti ? En quoi est-il utile pour elle, à quoi pourrait-il servir qu’elle le mette au pouvoir ? Bien sûr on peut se gausser de ces forces politiques qui ne pensent qu’à la prochaine présidentielle. Mais nous, quelle image notre peuple a-t-il de nous ?

On n’arrête pas dans les médias de nous balader entre l’extrême gauche et la social-démocratie. Et nous, ne répondons-nous pas trop souvent par un « ni-ni » sans portée ? Quand j’ai appelé à révolutionner la gauche, cela n’est-il pas apparu comme une incantation ? En fait n’avons-nous pas à répondre clairement à cette question : que veut-on ? Et si tout simplement nous voulions être la force qui parce qu’elle prend en compte les contradictions du monde, parce qu’elle porte un combat d’émancipation humaine, était capable d’inventer et de mettre en œuvre avec d’autres les grandes réformes permettant de gripper la machine, d’inverser les logiques en place et donc de construire dans l’exercice du pouvoir et les luttes des solutions aux problèmes de notre temps ? Tout simplement une force porteuse d’un projet capable par sa force, sa crédibilité et son audace de faire reculer les résignations et de mobiliser pour l’imposer.

Alors oui, il faut une force politique ancrée dans les réalités pour les dépasser. Un parti qui fonde ses propositions, ses positions, dans ces réalités, et dont le discours ne soit pas virtuel mais appuyé de façon palpable sur tous les possibles. Cela demande un parti ouvert à toutes les évolutions, à toutes les connaissances, à toutes les remises en cause.

Du productivisme au développement durable, de l’égalité par le socialisme au féminisme, du collectivisme à la prise en compte de l’intérêt de chaque individu, nous avons déjà beaucoup évolué dans nos discours. Mais ces changements dans les textes, l’avons-nous vraiment traduit dans notre pratique , dans notre comportement, dans nos objectifs ? Cela reste à voir…

Et ce projet devrait dépasser la défense de telle ou telle catégorie pour être ressenti comme porteur de l’intérêt général et d’avancées pour toute la société.

Et ce projet, en portant cette perspective, peut permettre de dépasser les divisions en cours dans notre société !

Aussi sachons, pour tout cela, être un parti ouvert à tous les rassemblements et aux alliances nécessaires pour le concrétiser. Au nom de ce rassemblement, j’entends parfois que le seul moyen serait d’aller vers un grand parti de la gauche, ou vers un parti de la gauche de la gauche. Est-ce la bonne voie ? Je ne le pense pas. Cet objectif de rassemblement est beaucoup plus exigeant que cela.

Il demande de façon vitale que nos concitoyennes et concitoyens en soient acteurs et actrices.

Suis-je saisie d’un virus de basisme ? Non.

Aujourd’hui, il y a comme une grande attente messianique d’initiatives à gauche, l’attente du coup de baguette magique qui d’un seul coup réglerait tous les problèmes et ferait le grand rassemblement de l’ensemble des forces de gauche.

Bien sûr, notre parti a toujours été et doit être de toutes les tentatives de rassemblement de la gauche. Sincèrement nous avons voulu le Programme commun, participé à la gauche plurielle et plus récemment été de la démarche des collectifs antilibéraux.

Aucun de ces rassemblements n’a été au bout de son objectif. Pourquoi ? Peut être d’abord à cause de l’état de la gauche lui même, de l’éparpillement de ses organisations et de ses orientations , de ses hésitations. Ensuite certainement parce que construire un rassemblement durable et politique demande du temps et surtout demande de ne pas fixer son aboutissement dès la ligne de départ. Enfin parce que la gauche elle-même n’a pas créé les espaces nécessaires pour que les hommes et les femmes de gauche se mêlent de ce débat. Aussi, je pense que notre parti trouvera toute son utilité en aidant aux mobilisations populaires par le rayonnement de ses idées, en leur donnant un débouché politique par des initiatives à gauche. Ne faut-il pas sans cadre préétabli, travailler à construire avec les citoyens et des organisations des contenus des fronts- conjoncturels ou durables- des alliances électorales, pour que peu à peu ils deviennent le ciment de nouveaux rapports de force et d’accords politiques ?

L’union ce n’est pas l’effacement. L’union, c’est un parti en initiative vers d’autres, avec d’autres pour cet objectif.

C’est pourquoi je vous ai proposé de tenir partout des rencontres populaires, comme je vous propose de poursuivre notre présence active partout où la gauche débat, au plan national comme au plan européen .Et je me félicite que nous puissions débattre le 19 juin avec nos amis européens lors d’une rencontre publique où j’espère nous pourrons accueillir des représentants du Sinn Fein.

Car ce parti, peut-il concevoir son action dans l’unique cadre national ? Notre République fruit d’une Révolution, a été depuis des décennies l’espace de combats qui ont permis de grandes avancées sociales et démocratiques.

Mais aujourd’hui, peut-on penser de la même façon qu’il y a 50 ans ? A l’évidence les décisions politiques au niveau de l’Union européenne, la situation en Afrique, l’émergence de la Chine, de l’Inde ou du Brésil, la fantastique victoire du peuple irlandais, tout cela pèse sur les choix nationaux et vice versa. Tout cela a un impact sur la situation des salariés, la relance industrielle, l’harmonisation sociale comme la lutte contre les pollutions. Et tout cela pèse sur les mentalités, modifie les opinions.

Alors, oui, il y a une bataille nationale car il s’agit bien de changer de choix et de pouvoir ici en France. Mais on y arrivera qu’en intégrant les questions européennes et internationales à notre combat national. Et cette orientation, c’est bien celle qui devrait être la nôtre pour les prochaines élections européennes. Et la conception de nos listes devait porter ce message.

Alors ce parti doit poursuivre et amplifier des liens de réflexion et de combat avec l’ensemble des autres forces progressistes de l’Europe et mener des batailles européennes .Nous sommes membres depuis 4 ans du PGE , nous allons accueillir son exécutif dans quelques jours. Comment pouvons nous encore mieux contribuer à développer son activité et comment pouvons nous encore mieux utiliser cet espace pour mener nos propres combats ?. Avons-nous assez de contacts avec la CES ? Comment notre débat nourrit et se nourrit des luttes sociales ou des expériences politiques des autres pays d’Europe ? Toutes ces questions sont posées.

Et au-delà, avons-nous été au bout des changements qui se sont opérés au sein des forces communistes du monde entier et donc du besoin d’un nouvel internationalisme, comme l’a souligné la première de nos rencontres nationales à Paris.

Et je me félicite qu’au mois de novembre nous tenions une initiative internationale sur le sujet.

Alors ce parti qui doit porter tous ces objectifs, est-ce le PCF rénové, faut-il l’inventer ? Quels contours à ce nouveau parti ? Dire également en quoi le PCF serait a priori à dépasser pour que du neuf émerge ! Ces options ont été esquissées par des camarades. Elles restent à préciser pour nourrir le débat.

Pour ma part je pense que nous devrions avoir la même démarche sur cette question que celle que nous retenons pour notre combat émancipateur. S’appuyer sur les potentiels, élargir les possibles pour lever les entraves et créer de nouvelles dynamiques.

De quelle organisation faut-il nous doter pour cela ?

Ses potentiels existent-ils ? Je le crois. Ce sont les hommes et les femmes qui le composent avec leur idéal, engagements et intelligences. Ce sont tous ceux et celles qui ont envie d’en être. Ce sont ses liens noués dans les luttes, les solidarités, un ancrage populaire avec des élus reconnus pour leur proximité et leur efficacité, on l’a vu aux dernières élections !

Et les possibles, c’est l’audace dans l’innovation, l’efficacité d’un projet, la modernité d’une démarche citoyenne, le choc des idées, la prise d’initiatives audacieuses, une nouvelle conception du parti.

Tout cela demande–t-il de refaire le congrès de Tours ?

Encore faudrait-il savoir dans quel sens le refaire. Retourner dans « la vieille maison » comme le disait Léon Blum, retourner vers les « 21 conditions » et ce qui s’ensuivit ?

Attention aux symboles, ils ne sont pas toujours d’actualité. Nous sommes au 21ème siècle, le monde a changé, les modèles se sont écroulés. Aussi, dans cette belle ville de Tours, si nous ne retenions de son célèbre Congrès qu’une seule chose : le formidable espoir, cette énorme volonté politique de la part de nos camarades de construire une société meilleure.

Alors, si tout simplement ce parti, nous le prenions tel qu’il est aujourd’hui et que nous décidions tous ensemble de le transformer pour qu’il nous permette la même ambition et le même espoir !

Le chantier est immense. Et l’innovation n’est pas simple. Mais nous avons d’ici le Congrès le temps de produire de belles choses.

Et dans le cadre des innovations que nous avons à travailler, des questions très concrètes sont venues dans la journée. Je voudrai insister sur quelques points.

Ne discutons pas de façon formelle de nos structures en nous demandant à priori si il faut et où il faut ou non des cellules, des section…. Notre objectif doit être d’irriguer de nos idées le débat politique. La question est donc le rayonnement de chaque adhérente et adhérent. Visons à ouvrir partout à cet effet, le plus en bas possible, des espaces de réflexion et d’action. Mais veillons à la transversalité , à ce que ce souci de proximité ne prive pas ces camarades de l’apport du débat plus large dans le parti et la société. Travaillons à des formes nouvelles pour le permettre. Veillons à ce que cette proximité ne se conjugue pas avec repli sur soi nourrisse un combat de portée nationale, un combat européen.

Nous sommes revenus sur le contenu de nos débats dans les introductions. Mais qu’est-ce qui nous empêche de débattre de questions précises et de travailler sur des enjeux de société ? C’est peut-être lié à une conception de la politique dont nous n’arrivons pas à nous débarrasser. Une conception où le champ de la politique se réduirait à la seule critique du pouvoir et au débat stratégique pour en changer. Ne faut-il pas au contraire prendre le champ de la politique à partir de ce qu’en vivent les gens, à partir d’un fait de société, d’une parole ou d’un événement politique controversés…

Aussi, comment travaillons-nous à ce que tous les espaces communistes deviennent de meilleurs réservoirs à idées sur toutes les questions qui traversent la société ? Comment mettre tout le parti en appétit de comprendre pour agir, de comprendre pour créer ?

Et concernant nos élu-e-s, il ne s’agit pas seulement de mieux bénéficier de leur apport dans la gestion, mais de nourrir de leur expérience de gestion l’élaboration de notre projet et donc leur place dans le parti. Ils et elles vivent très concrètement l’affrontement de classe dans l’exercice de leurs responsabilités. Et n’avons-nous pas dans le même temps à dépasser le cadre de nos institutions actuelles, pour devenir le parti de l’intervention populaire ? Le parti permettant au peuple de non seulement désigner ses représentants mais aussi de délibérer, décider, respecter et faire appliquer ses décisions ?

Un tel objectif demande qu’au sein même du parti la souveraineté des adhérents soit une réalité.

Et cette souveraineté ne peut seulement se mesurer au nombre de consultations effectuées. Elle doit consister à donner les moyens aux adhérentes et adhérents d’être en conduite de leur activité politique, là où ils et elles sont, et, ou sur les sujets qui les intéressent.

Ce qui me fait venir sur la question de l’unité du parti. Quand je prononce ce mot, des camarades me disent : mais tu veux revenir en arrière !

Non. Je ne crois pas que la question de l’unité autour d’objectifs, dans l’engagement pour le succès d’une initiative, d’une élection soit une idée dépassée. Ce qui est dépassé ce serait de chercher à construire cette unité de façon formelle et autoritaire. L’heure n’est pas je crois de reparler sanctions pour régler nos problèmes, les camarades de la Somme par exemple, nous montrent combien mener le débat politique sur le fond permet de reconstruire un parti et une unité à partir de valeurs et d’un engagement communs, sans prendre de raccourci sur le fond des divergences. Ce qui est dépassé c’est la diversité vécue comme affrontements, c’est le clan qui divise, c’est l’émiettement qui stérilise. Ce qui est créateur et efficace, c’est la prise en compte de l’apport de chaque individu, la mise sur la table de toutes les idées, la prise de décisions et leur mise en œuvre commune.

Enfin, abordons la question dite sensible de la direction nationale. Il ne s’agit pas de crier haro, de nourrir des réflexes anti-sommet mais d’être lucide sur le bilan, et j’en porte une large part de responsabilité ; et donc de poser de façon responsable la redéfinition du rôle des directions et de leur composition. En évitant les caricatures comme celle de présenter la direction nationale comme parisienne puisque tel n’est pas le cas, ni au Conseil national ni au CEN. Mais en recherchant la meilleure efficacité. Car nous avons besoin d’une nouvelle efficacité, sans rien gommer de notre diversité, qui permette de s’enrichir mutuellement de nos débats plutôt que de tenir des discours parallèles sans s’écouter. Nous avons besoin de créer les conditions pour les futurs dirigeants et dirigeantes d’être en mesure d’exercer pleinement leur mandat. Cela peut-il se faire sans un profond renouvellement ? Je pense que nous en avons besoin pour trouver un souffle nouveau.

A ce propos, peut-on ignorer la question de notre image ? Aujourd’hui on sait la place du miroir médiatique dans la vie politique. On nous a collé une image passéiste. Cette image ne se résume pas aux personnes, même si cela en fait partie. Peut-elle se résoudre par un changement de nom, j’en doute en sachant que le « PCF », « le parti », est un repère, une garantie pour beaucoup d’hommes et de femmes ? Mais réussir à modifier cette image ne dépend-il pas aussi de nos idées, de la façon de les porter, de les renouveler, de leur force, de nos initiatives et de la façon de les organiser ?

Enfin permettez moi de traiter de façon particulière la question du renforcement. Notre parti ne doit-il pas devenir l’espace politique ouvert à tous ceux, toutes celles qui, sans partager tout notre projet, trouvent dans cet espace que nous leur offrons un moyen de s’y sentir à l’aise et mener avec nous un combat commun.

Aussi, je souhaiterais m’adresser aux hommes et aux femmes inquiets de l’état de la gauche. Nous n’avons pas tous et toutes eu les mêmes chemins, les mêmes repères. Mais nous partageons des mêmes combats et avons les mêmes espérances à gauche. Pourquoi ne pas leur proposer, devant l’urgence à construire une alternative, de devenir membres de ce parti, et de venir le transformer avec nous, pour qu’ils et elles se donnent les moyens de faire vivre leur idéal de gauche.

Chères et chers camarades,

Le défi qui nous est lancé est énorme. Nous avons montré ces derniers mois de l’envie et du ressort pour y arriver. Nous le savons tous et toutes, il faudra pour cela travailler pour créer, tout en étant dans le combat au quotidien ! Je crois que c’est possible parce que je crois en la créativité des communistes et en la modernité de notre combat. Nous serons dans les manifestations le 17 juin, nous allons continuer à faire signer les pétitions, nous les porterons en manifestations devant l’Elysée à la rentrée après la fête de l’Huma, nous aurons je crois quelques initiatives surprises en juillet, l’Université d’été du PGE et celle du PCF fin août au Vieux Boucau. Nous avons à organiser partout, dans chaque entreprise, chaque commune des rencontres populaires sur la riposte à la droite, sur notre projet, sur l’avenir de la gauche. Nous allons avec la diffusion de la vignette faire une belle fête de l’Huma. Nous allons entamer la campagne des européennes. Nous allons faire tout cela avec passion.

Et je dois dire au Président de la République et à ses amis, 2009 va être dur pour eux, parce que si les communistes réussissent leur congrès, cela va être un levier pour les luttes et pour ouvrir un espace à gauche.

Marie George Buffet
Tours, le 14 juin 2008
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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