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Médias

Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /Nov /2008 14:00
Proche de Ségolène Royal, Vincent Peillon a été l'un des principaux acteurs du congrès du PS. En cas de victoire de Ségolène Royal, il pourrait devenir premier secrétaire délégué du PS. Nos amis du Plan B ont enquêté dans le "Vimeu rouge" où Vincent Peillon s'est présenté et a été battu.

Les médias l’adorent mais ses électeurs le rejettent. Intrigué par ce paradoxe de la démocratie, Le Plan B a démarché l’ancienne circonscription du télévangéliste PS Vincent Peillon, dans les terres ouvrières de la Somme.
Quand Stéphane Paoli reçoit Vincent Peillon sur France Inter, comme ce 21 avril, les tasses de thé ont rendez-vous avec la pince à sucre. « Je ne vous présente pas Raphaëlle Bacqué, du Monde, ni Thomas Hugues, de i-télé », susurre l’animateur. « Bonsoir Raphaëlle, bonsoir Thomas », pépie le socialiste. Le portrait que brosse Paoli de son convive n’est pas d’une cruauté extrême : « Battu de 143 voix aux dernières législatives, il n’a pas retrouvé son siège de député de la Somme perdu en 2002. Comme si le souvenir de ce jour d’avril 2000 où il avait fallu l’intervention d’un hélicoptère de la gendarmerie pour le sauver de la colère des chasseurs pesait encore sur la décision de certains électeurs. »

Vincent Peillon, victime de la sauvagerie des chasseurs ? La question mérite examen car, hormis sa qualité d’élu au Parlement européen de Strasbourg, rien ne semble justifier son omniprésence sur les ondes. À moins, bien sûr, que sa non-élection en 2007 ne soit le fruit d’un déni démocratique qu’il conviendrait de réparer par l’attribution d’un mandat médiatique permanent.

« Carrément absent »

Pour en avoir le cœur net, Le Plan B a sondé son ancienne circonscription ouvrière, le « Vimeu rouge », dans la Somme. Au premier étage de la Bourse du travail de Friville-Escarbotin, Gilles Humel, le secrétaire de l’Union locale CGT, montre une feuille portant une liste de noms surlignés au Stabilo : en orange les préretraités, en bleu les déplacés. Il s’agit du personnel de la serrurerie Laperche, récemment fermée sur ordre du groupe Assa Abloy, numéro 1 mondial du secteur. On les compte par paquets, ici, les boîtes de métallurgie rachetées par des fonds d’investissement et délocalisées sans faire d’histoires. « Vincent Peillon était carrément absent sur cette bataille, indique Gilles Humel. Des déclarations générales, si, il en a fait : “Le Vimeu sinistré… le Vimeu doit innover…” Mais concrètement, rien. Il s’est contenté d’en appeler aux fonds européens pour gérer la fermeture.

– Mais est-ce qu’il a livré une analyse des bouleversements qui se produisent dans le Vimeu ?
– Non, je n’ai pas trace de ça. J’essaie de me souvenir. Mais non.
– Il n’a jamais proposé de solution ? Des barrières douanières, par exemple ?
– Non. Le seul qui tient ce discours-là, c’est Maxime Gremetz. Mais, au PS, on n’a pas de retour sur nos propositions. Jamais ils n’ont initié une réunion de travail, même avec le conseiller général d’à côté.
– Est-ce que Peillon est déjà venu s’expliquer ici, avec vous ou d’autres ?
– Pas une seule fois. Il ne connaît pas la couleur de nos locaux.
»

Vincent Peillon, qui tutoie « Thomas Hugues de i-télé », n’a jamais mis les pieds à la Bourse du travail de sa circonscription. Ses camarades socialistes trouvent-ils cela normal ? « Non, c’est une aberration, s’exclame Christian Decayeux, un ancien secrétaire du PS dans la Somme. Si vous ne rencontrez pas les acteurs qui peuvent avoir une influence, c’est perdu. Vincent s’est complètement désintéressé de la vie locale. » Les adhérents de sa section confirment : « Il venait assez peu aux réunions, ou alors pour faire des discours de tactique sur les autres dirigeants socialistes, façon commère de Solférino.
– La situation de la métallurgie, il en parlait ?
– Il s’en foutait. Un jour, des ouvriers l’ont évoquée et il leur a dit : “Faites-moi une note là-dessus”, comme s’il se trouvait dans un cabinet ministériel. C’était pareil sur tout.
»

La morgue de Peillon envers sa « base » lui a d’ailleurs joué un tour à la veille des dernières législatives, lorsque le tribunal d’Amiens, constatant qu’il ne résidait pas dans sa circonscription, a rayé le candidat PS des listes électorales. « Quand on ne peut même pas voter là où on se présente et qu’on glisse son bulletin à Paris, ça dit tout, commente Decayeux. Avant le scrutin, il a sorti un tract : “Si je ne suis pas élu, je ne viendrai plus !” Comme si c’était le messie et que les gens allaient le retenir… »

Il y a donc un suffrage au moins dont la perte n’est pas imputable aux chasseurs : le sien. Pour le zébulon du « Nouveau Parti socialiste », c’est pourtant le peuple qui est défectueux. « Je trouve dommage que le Vimeu n’ait pas été capable de se ressaisir suffisamment », pestait Peillon au soir du second tour, cependant que « le Vimeu » rigolait : « On s’est bien moqués de lui, se souvient un syndicaliste dans une manif. Je lui ai dit : “Même une vache avec un chapeau aurait été élue.” » À condition qu’elle se montre…

Socialisme tendance stock-option

Sur son site Internet, pas la moindre trace d’une activité politique dans la Somme ou d’une proposition au Parlement européen. Y sont en revanche dûment répertoriées toutes ses prestations dans les médias : « “Une victoire utile pour préparer l’avenir” : retrouvez l’interview de Vincent Peillon par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 » ; « “Nous avons des valeurs à défendre” : sur France 2 dans “Mots croisés”, consacrée à la polémique autour des JO de Pékin » ; « “La gauche française doit sortir de ses crispations et se remettre en mouvement” : interrogé cette semaine par Le Nouvel Observateur. » Et cetera.

Qu’un parachuté socialiste soit à la fois arrogant et nul, ce n’est pas une surprise. Qu’il se fasse battre à deux reprises sur des terres prolétaires par un notable local de l’UMP, avocat d’affaires légumineux mais qui habite sur place, cela se conçoit. Mais de quelle légitimité peut se targuer Peillon pour s’exprimer au nom de « la gauche française » ? Car ses déboires électoraux n’ont nullement ralenti le flux de ses épanchements médiatiques. Au contraire : moins il a d’électeurs, plus il a d’intervieweurs.

Il est vrai que Peillon a touillé toutes les couleurs du lavis socialiste, d’Emmanuelli à Strauss-Kahn, de Jospin à Royal. Bien que n’exerçant aucune fonction de porte-parole au PS, il campe le parfait portrait-robot du socialiste rénové. Opposé au Traité constitutionnel européen de 2005, il soutient en 2007 la déclinaison sarkozyste de ce même traité. En 2002, il tonne contre « le très grand danger de la dérive sociale-libérale » et courtise la mouvance altermondialiste. Cinq ans plus tard, en pleine affaire Airbus, il rectifie : « Moi, je ne suis pas du tout pour la suppression des stock-options, je pense qu’elles ont un rôle. » Son ennemi d’aujourd’hui ? « Les gauchistes et tribunitiens », qui « à force de trouver la gauche pas assez à gauche ont installé durablement la droite au pouvoir ».
Finis, les tracas d’un « terrain » grouillant de chômeurs, de précaires et de salariés délocalisables. Plus besoin de s’encombrer des ouvriers de Laperche, ni de les convaincre que leurs malheurs sont dus aux « gauchistes » : la démocratie médiatique supplée avantageusement au bourbier électoral.

Le 19 mai, Peillon paradait à nouveau dans « Mots croisés » sur France 2, où il représentait « l’opposition » face à la ministre Valérie Pécresse. La suppression de 10 000 postes dans l’Éducation nationale ? Le tricard du Vimeu est « pour ». L’attaque contre le droit de grève des profs ? Ce « n’est pas dérangeant », concède-t-il. Yves Calvi jubile : « Si successivement vous nous dites que vous êtes d’accord sur le service minimum et sur les réductions d’effectifs, alors là, je dois dire, la gauche est en train de beaucoup évoluer dans ce pays !
– Écoutez, ça me semble une évidence
», fanfaronne « l’opposant ». Évidence pour évidence, le Parti de la presse et de l’argent (PPA) a trouvé en Peillon la « gauche » qui lui ressemble.

 

Source : Le Plan B n°14
Article paru dans le numéro de juillet-septembre 2008
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Les antilibéraux
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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /Oct /2008 06:30
Nos amis du Plan B, le journal délicieux de critique des médias et d'enquête sociale nous proposent cette semaine une nouvelle vidéo intitulée "Vive la réforme !".
De Christine Ockrent à Yves Calvi en passant par Arlette Chabot, Franz-Olivier Giesbert et Serge Moati, de Jacques Attali à Alain-Gérard Slama en passant par Jacques Marseille et Ted Stanger, les perroquets du Parti de la Presse et de l'Argent n'ont qu'un seul mot à la bouche : "la réforme" !
Cette vidéo sardonique est en ligne sur le site internet du Plan B que nous vous encourageons à aller consulter.

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /Oct /2008 06:30
Nos amis du Plan B, le journal sardonique de critique des médias et d'enquête sociale nous proposent une nouvelle vidéo accablante pour Philippe Val, le dictateur qui règne sur Charlie Hebdo. Comme ces alchimistes qui transforment l'or en plomb, Philippe Val a transformé un journal libertaire poilant en bulletin de liaison oui-ouiste et néoconservateur.
Pierre Carles épingle Philippe Val dans cette nouvelle vidéo du Plan B que nous mettons en ligne sur notre blog pour tous les sardons.

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /Sep /2008 06:30
Après avoir comparé le traitement journalistique de l'affaire Fourniret et des drames sociaux survenus sur la même période, nos amis du Plan B, le meilleur journal de critique des médias du monde, ont étudié le traitement médiatique de l'affaire Chantal Sébire. Que pèsent les informations économiques et sociales face au fait divers ? La réponse est dans la vidéo : presque rien.
Une fois de plus, la conclusion est sans appel : le fait divers fait diversion.

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /Sep /2008 06:29

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /Sep /2008 06:36
Nos amis du Plan B, le meilleur journal de critique des médias du monde, ont étudié le traitement journalistique de l'affaire Fourniret et des drames sociaux survenus dans plusieurs entreprises au printemps 2008. La conclusion est sans appel : le fait divers fait diversion.

Les médias mentent
envoyé par mattlouf
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /Août /2008 06:14
UNE GRANDE SOUSCRIPTION POUR L’HUMANITE
Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité

En vous présentant les comptes de gestion de l’Humanité le 11 juillet dernier, nous alertions sur les graves difficultés économiques de notre journal.
Nous vous avons aussi informé, depuis près d’un an, que nous avions dû nous résoudre à mettre l’immeuble de l’Humanité en vente pour reconstituer nos fonds propres et faire face à nos échéances financières.
Un bon compromis de vente a été signé en ce sens depuis plusieurs mois. La vente devait avoir lieu dans un premier temps fin mars mais avait été reporté à la demande de l’acquéreur, du fait de la crise financière interbancaire qui retardait la levée de crédit. Ainsi, il était convenu que le paiement définitif de la vente de l’immeuble aurait lieu mercredi 16 juillet. Or, cette échéance de paiement n’a pas été tenue. Ceci aggrave encore nos difficultés.
Nous multiplions évidemment depuis lors les démarches pour que la vente soit définitivement réalisée et payée. Mais cela peut prendre encore plusieurs semaines .Or nous ne pouvons prendre aucun risque. Nous ne pouvons plus attendre sans réagir. L’Humanité a dû investir pour emménager dans ses nouveaux locaux, et nous sommes contraints de créer d’urgence les conditions pour disposer des moyens financiers nécessaires à son fonctionnement. Nous avons un absolu besoin de sécuriser la trésorerie du journal.

Voilà pourquoi, face à cette situation inattendue et alarmante, nous appelons chaque ami, chaque militant, chaque lectrice et lecteur à participer à une grande souscription populaire pour que l’Humanité dispose des moyens financiers dont elle a besoin cet été pour faire face à ses échéances. Celles et ceux qui le souhaitent peuvent faire parvenir des dons. D’autres peuvent souscrire des prêts à l’Humanité. Ceux-ci seront remboursés dès la vente de l’immeuble réalisé.

En même temps nous devons amplifier les initiatives individuelles et collectives pour réussir une grande Fête de l’Humanité, en proposant hardiment le bon de soutien donnant droit à l’entrée de la Fête. Sa programmation musicale, la qualité des débats en préparation, la période politique qui appelle à construire un grand rassemblement de riposte à la politique destructrice de la droite et la nécessité d’inventer un chemin nouveau pour le changement, doivent nous conduire à une activité exceptionnelle pour construire une grande et belle Fête.

Chacun comprend bien que nous sommes face à un enjeu politique d’importance.

Ces dernières semaines, l’Humanité a prouvé son utilité comme journal de décryptage de l’information, de débats et de combat. L’Humanité a été le seul journal à révéler article par article le contenu du traité de Lisbonne, et à montrer comment il était devenu caduc après le vote Non des Irlandais. Il a été le seul journal à publier et analyser le projet de changement de la constitution, à démontrer comment la droite a démolit les 35 heures, à combattre activement la directive européenne de la honte sur l’immigration, à soutenir jour après jour la lutte pour les travailleurs sans papiers, à combattre les nouveaux projets de déremboursement des médicaments, à soutenir les Dunlop et les mouvements sociaux, des retraites ou des enseignants…
Bref tout le mouvement progressiste serait encore plus affaibli si la voix de l’Humanité venait à disparaître.

Ne laissons pas affaiblir ou bâillonner la voix de l’Humanité au moment où nos concitoyens ont plus que jamais besoin d’une information pluraliste. Le monde du travail, les jeunes et les retraités ont besoin d’un journal porteur des urgences sociales et démocratiques. Ne laissons pas éteindre la flamme des combats que relaie et porte l’Humanité et notre magazine l’Humanité Dimanche. Toute la gauche sociale et politique qui cherche la voie d’un projet alternatif de changement, un changement de pouvoir et de société ont besoin de ce journal. L’enjeu du pluralisme, l’efficacité de la riposte à la droite et d’une perspective de changement appellent à une mobilisation exceptionnelle créant les conditions nécessaires pour que l’Humanité ne soit pas étranglée.

L’existence de l’Humanité a toujours été un combat. Sans ses lectrices et lecteurs, ses amis, elle n’existerait plus depuis longtemps. Voilà pourquoi, une nouvelle fois, nous appelons à surmonter ensemble l’obstacle auquel nous sommes confrontés en lançant cette grande souscription populaire.

Merci d’avance à toutes et tous de votre engagement.

Je participe à la soucription
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Lundi 4 août 2008 1 04 /08 /Août /2008 06:03
LA REPUBLICA (extraits)
Montevideo

Pour les nouveaux esclaves de l’ère de l’économie mondialisée (qui, selon des statistiques récentes, sont presque 100 millions), pour les prolétaires forcés de regarder le monde d’en bas (le tiers de l’humanité) et pour quelques autres millions de personnes sensibles qui ne sont ni pauvres ni prolétaires, mais qui ont décidé de regarder le monde avec les yeux de ces derniers, le vieux Marx a encore des choses à dire, même si son buste est tombé des piédestaux érigés à sa gloire par des adorateurs d’une autre époque.

Quelles sont ces choses ? Qu’y a-t-il encore d’actuel dans l’œuvre du vieux Marx, après qu’il a été renié par ceux qui avaient bâti des Etats et des partis en son nom ? Marx a beau être un classique de la pensée socio-économique et politique, il n’est pas encore possible d’apporter à cette question une réponse qui soit du goût de tous, comme on le ferait peut-être pour un classique de la littérature. Ce n’est pas possible, parce que Marx est un classique qui a un point de vue très tranché sur une des questions qui divisent le plus les mortels : l’importance des luttes entre classes sociales. Cela oblige à une restriction lorsqu’on veut parler de ce qui est encore d’actualité chez Marx. Et la restriction est de taille : car la pensée de Marx est actuelle seulement pour ceux qui continuent à regarder le monde d’en bas, avec les yeux des malheureux, des esclaves, des prolétaires et des opprimés. Bien entendu, il n’est pas nécessaire d’être marxiste pour avoir ce regard. Il suffit d’avoir quelque chose qui ne court pas les rues ces temps-ci : de la compassion pour les victimes de la mondialisation néolibérale (qui est à la fois capitaliste, pré-capitaliste et postmoderne). Mais il faut malgré tout un peu de marxisme pour que la compassion ne tourne pas à la jérémiade, pour passer de la compassion à l’action.

Pour ceux qui pensent de la sorte, même s’ils sont souvent sans voix, Marx est aussi actuel que le sont Shakespeare ou Cervantès pour les amoureux de la littérature. Et ils ont d’excellentes raisons pour cela. En voici quelques unes. Marx a dit que le capitalisme a créé pour la première fois dans l’Histoire les bases matérielles de l’émancipation de l’humanité, mais que la logique interne du système menace de transformer les forces de production en forces de destruction. Nous en sommes toujours là. Le capitalisme a changé à beaucoup d’égards, mais cette menace est encore plus flagrante. Marx a dit que « chaque progrès de l’agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol ; chaque progrès dans l’art d’accroître sa fertilité pour un temps, un progrès dans la ruine de ses sources durables de fertilité ». Aujourd’hui, grâce à l’écologie et à l’écologie sociale, nous sommes plus conscients de cette ambivalence, mais des millions de paysans prolétarisés en souffrent dans le monde.

Marx a dit que la principale cause de la menace qui transforme les forces de production en forces de destruction et épuise ainsi « les sources d’où jaillit toute richesse » est la logique du profit privé, la tendance à tout ramener à la valeur argent, le fait de vivre dans « les eaux glacées du calcul égoïste ». Des millions d’hommes et de femmes, en Afrique, en Asie et en Amérique surtout, éprouvent aujourd’hui le sentiment que ces eaux sont encore plus froides aujourd’hui, ce que confirment les rapports annuels de l’ONU et d’autres organismes internationaux sur l’état du monde.

Cent vingt-cinq ans après la mort de Marx, on pourrait se poser la question en ces termes : avons-nous produit, depuis, quelque chose qui donne davantage d’espoir à ceux qui n’ont rien ? Et, si la réponse est non, qu’y a-t-il d’étrange à ce que, même au Royaume-Uni, la patrie classique du capitalisme (et du libéralisme moderne), on pense que Marx a été le plus grand penseur de tous les temps ?

 

Francisco Fernandez Buey
Professeur de philosophie politique à l’université Pompeu Fabra de Barcelone
Chroniqueur à Rebelion, le site d'information des altermondialistes hispanophones

 

Article paru dans Courrier International n°924 du 17 au 23 juillet 2008
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /Juil /2008 06:04
Le mardi 8 juillet, sur les ondes de RTL, Claude Askolovitch, journaliste du Nouvel Observateur dénonçait « un article antisémite dans un journal qui ne l’est pas ». Claude Askolovitch faisait allusion à une chronique de Siné dans Charlie Hebdo dont nous reproduisons le texte ici :

« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

Effrayé par la perspective d’un procès pour antisémitisme, Philippe Val, directeur de publication, a enjoint à Siné de signer une lettre d’excuses dans Charlie Hebdo, ce que le caricaturiste a refusé de faire.

« Val voulait des excuses auprès de Jean Sarkozy et de la famille Darty. Je lui ai demandé s'il ne se foutait pas de ma gueule. Je préfère me couper les roubignolles », a déclaré Siné, qui collabore à Charlie Hebdo depuis la relance du titre en 1992 après avoir participé à l'ancienne formule aux côtés de Cavanna et du Professeur Choron.

Résultat, la direction de Charlie a suspendu sa collaboration avec Siné, comme elle l'annonce dans l'édition du 16 juillet.

Où est l’antisémitisme dans le texte de Siné ? Il y dénonce seulement, avec le ton fleuri qui est sa marque de fabrique, l’opportunisme du fils du président de la République.

En réalité, il semble bien que Siné paie ses critiques contre Philippe Val à la suite d'un éditorial dans lequel le directeur de publication de Charlie attaquait Denis Robert. Dans le numéro du 25 juin, Philippe Val avait en effet signé un édito qui a déclenché la crise actuelle. Sous le titre "L'avocat de Clearstream se nourrit aux OGM", Val y publiait une fiction humoristique tournant en dérision les enquêtes de Denis Robert sur la chambre de compensation luxembourgeoise. Le journaliste, qui venait de renoncer à se défendre publiquement dans cette affaire (ce que ne mentionnait pas Val), y était dépeint comme paranoïaque. Avec des arguments - Robert "a perdu ses procès" ; les erreurs de son enquête en font une enquête erronée - très proches de ceux de Clearstream, dont l'avocat, Me Richard Malka, est aussi celui de Charlie Hebdo.

L'édito se concluait sur une attaque contre la journaliste de Télérama Weronika Zarachowicz, coupable d'avoir écrit un article où elle rendait hommage au travail de Robert, sans préciser qu'elle avait cosigné avec lui un entretien avec Noam Chomsky, que Val fustigeait aussi, en passant. Il associait l'article de Zarachowicz, qui se terminait par un rappel des deux clientèles de Me Malka, aux Protocoles des Sages de Sion, un faux document antisémite du XIXe siècle utilisé depuis par l'extrême droite.
L'éditorial de Val a suscité une fronde en interne, avec menace de démission de plusieurs journalistes, finalement non suivie d'effet. Siné était en pointe de la contestation et Philippe Val le lui a fait payer.

Lecteur de Charlie Hebdo depuis plus de 10 ans, je ne reconnais plus le journal satirique radical, écolo et altermondialiste qui m'a fait découvrir ATTAC et que je lisais chaque mercredi avec bonheur. Bien sûr, il y a encore Cavanna, son humour et sa sensibilité, il y a encore les dessins de Charb, mais Charlie Hebdo me fait de moins en moins rire.

Philippe Val a soutenu la guerre au Kosovo, s'est séparé d'Olivier Cyran, parti fonder CQFD, s'est brouillé avec Serge Halimi, a soutenu le Oui au Traité Constitutionnel Européen aux côtés de Daniel Cohn-Bendit... Val a recruté Fiammetta Venner et Caroline Fourest, poussant Philippe Corcuff à la démission. Le patron de Charlie Hebdo est parti en guerre contre l'islamo-gauchisme et ses complices, l'altermondialisme et la critique des médias taxée de complotisme et suspectée d'antisémitisme.

Pleins de fatuité, les éditoriaux de Philippe Val dans lesquels il cite à tout propos Spinoza et Montaigne ne font plus rire personne. Le directeur de publication de Charlie Hebdo a pris en otage le journal satirique et y déverse chaque mercredi des odes affligeantes à la "social-démocratie" et au réformisme.

Le procès infamant qui est fait à Siné est indigne d'un journal chargé d'histoire comme Charlie Hebdo. Pilier du journal, le caricaturiste anarchiste n'avait peur de rien ni de personne.
Siné, pendant la période coloniale, a été un vrai militant prenant de très gros risques : trafiquant de faux papiers, porteur de valises, organisateurs de rencontres, auteurs de textes et de traits pointus comme des couteaux. La moitié des dessins qui traduisent la vérité de Mai 68 sont signés Siné. Et c’est ce militant historique de l’antiracisme que Philippe Val ose accuser d’antisémitisme !

En quelques jours, une pétition de soutien à Siné a recueilli 2000 signatures. D'autres pétitions ont été lancées et remportent le même succès. Guy Bedos et Gisèle Halimi ont envoyé des messages de soutien à Siné. Pour les lecteurs de Charlie, le renvoi de Siné ne passe pas.
En attendant, Le Plan B, CQFD et d'autres ont repris l'héritage de l'humour sardonique que Charlie Hebdo, sous la conduite de Val, abandonne chaque semaine un peu plus.

Alexandre Adler, qui a pris la défense de Philippe Val sur France Inter ne peut-il pas glisser un mot à Etienne Mougeotte pour recruter Philippe Val au Figaro ? Sa haine de l'altermondialisme et de l'extrême gauche seraient sans aucun doute appréciées... et les lecteurs de Charlie débarrassés ! Rendez-nous Siné ! Libérez Charlie Hebdo !

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Samedi 21 juin 2008 6 21 /06 /Juin /2008 06:31
Pour fêter la sortie du numéro 14 du meilleur journal de critique des médias du monde, nos amis du Plan B nous offrent deux reportages mémorables en forme de tribune offerte par TF1 à des anti-grévistes des beaux quartiers excédés par les grèves.

De 1995 à 2007, les techniques journalistiques sont restées les mêmes pour opposer les fonctionnaires "privilégiés" et les usagers "pris en otage".

Cette vidéo sardonique est en ligne sur le site internet du Plan B que nous vous encourageons vivement à aller visiter.

Vous y trouverez une sélection d'articles parus dans l'édition papier du bimestriel sardonique.

Pour le reste, courez vite dans une maison de la presse pour acheter le dernier numéro du Plan B, un numéro lesté d'un imposant et drôlissime courrier des lecteurs commenté.

"Abandonnez votre chien... Adoptez un socialiste" titre le Plan B.
Un titre un rien provocateur, mais qui se justifie pleinement à la lecture d'un démontage de texte consacré à l'inénarrable Sylvain Bourmeau (des Inrockuptibles et de Mediapart). Disciple de Laurent Joffrin et de Bertrand Delanoë, Sylvain Bourmeau appelle, comme tant d'autres, les socialistes à faire leur Bad Godesberg et à se convertir au social-libéralisme.

Le démontage de texte offert par le Plan B est un véritable chef d'oeuvre à coller dans chaque local de section du PS, pour garder les idées claires.

A chaque numéro, le Plan B contribue, avec humour, à réarmer idéologiquement les militants anticapitalistes ; une lecture indispensable qui égaiera l'été de tous les militants...
Convaincus ? Alors, n'hésitez pas plus longtemps ? Courez l'acheter  !

Ppacomp
envoyé par LePlanB
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Les antilibéraux
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