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Vie du parti

Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /Juin /2008 23:35

La première des trois rencontres nationales organisées dans le cadre de la préparation du prochain congrès du PCF en décembre vient de se tenir. Elle était consacrée à l’analyse de l’état du monde et de la mondialisation.
Une seconde traitant du projet politique de changement et de la conception du rassemblement aura lieu à Marseille ; puis à Tours les militants analyseront la conception du Parti communiste et les transformations à y apporter.

Avec ces trois rencontres, ni statutaires ni décisionnelles, la direction du PCF affiche la volonté de favoriser une réflexion en profondeur des communistes dont le parti traverse une « crise existentielle ». En décembre 2007, une « assemblée nationale extraordinaire de délégués de section » avait donné un mandat précis au PCF et à sa direction.

Il soulignait le « devoir d’invention » auquel les communistes devaient s’astreindre. Il appelait les communistes à affronter leurs opinions sans a priori et à ouvrir une phase de débat avant même l’ouverture statutaire de la procédure du congrès.

Pour Pierre Laurent, chargé d’en coordonner la préparation, la situation française reste « profondément ambivalente. Malgré le désaveu populaire qui grandit, Sarkozy tente d’exploiter à fond les divisions qui travaillent la société et l’absence d’alternative à sa politique ». Il note « la rapidité avec laquelle la contestation de la politique de la droite a repris le dessus », oppose « l’effervescence sociale », le « bouillonnement » dans la société, à une « situation politique qui paraît verrouillée. Le congrès sera réussi si nous formulons une offre politique lisible, accessible, qui permette de déverrouiller la situation ». Pour cela, il faut mieux comprendre l’état du monde, travailler la conception du projet des communistes et repenser l’avenir du parti.

Pour Marie-George Buffet, « nous avons besoin de nous repositionner, de nous donner une nouvelle ambition. Nous devons innover pour que beaucoup plus de communistes participent à la discussion et travaillent. Nous sommes pour le moment très peu nombreux à le faire ». Elle en appelle à « ouvrir le débat à des hommes et des femmes qui le souhaitent ».

Elle appelle également à « innover dans les comportements individuels et collectifs ». D’abord « en ne se payant pas de mots ». « Bien sûr qu’il faut être anticapitaliste, mais qu’est ce que ça veut dire aujourd’hui ? Quelle démarche est-ce que ça appelle ? Quelles sont les réformes nécessaires en France et en Europe pour contrer et dépasser la logique capitaliste ? Et être le Parti Communiste Français ? Je réponds oui pour ma part mais quel est le rôle de ce parti pour aller vers une majorité populaire et une majorité politique pour des changements ? »

La dirigeante demande un débat sans autocensure et sans peur et qui évite les comportements de clan : « Entre ne rien bouger et liquider le parti, peut-être qu’il y a des choses intéressantes à faire... »

Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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Samedi 29 mars 2008 6 29 /03 /Mars /2008 07:46
Les résultats de ces dernières élections municipales et cantonales ont un goût amer.

Autant ils donnent des raisons d'espérer en l'avenir du PCF, autant ils sont marqués par la politique de soumission au Parti socialiste. Autant les communistes dans leur diversité ont su prendre des initiatives, souvent originales, mener des batailles formidables pour faire entendre leur voix et obtenir des résultats, autant l'équipe dirigeante s'est enfermée dans une vision ringarde d'union de sommet.

Il y a un fossé, une fracture entre les communistes et leurs dirigeants, entre le communisme de terrain et le discours national.


La perte du département de Seine-Saint-Denis est le résultat direct d'une politique nationale déconnectée des réalités et des souffrances populaires, le résultat d'une stratégie d'échec qui ne date pas d'hier. Nous privilégions les institutions au détriment des classes populaires d'où notre difficulté à élaborer des réponses adaptées aux aspirations du peuple. Quelles solutions proposons-nous face à l'insécurité et aux violences quotidiennes, face aux difficultés croissantes de l'existence sociale, face à la paupérisation, la précarité, le pourrissement social, moral, culturel ?

Ce contexte a nourri le vote FN que nous avons sous-estimé et banalisé depuis les années 1980, en refusant de reconnaître qu'il peut être choisi par les électeurs communistes comme un vote de protestation et de sanction.

Aujourd'hui, l'abstention populaire a atteint des records historiques jamais vus depuis la guerre. Un Français sur deux ne participe plus aux scrutins. Une fracture civique et politique relègue massivement les milieux populaires, à l'instar de ce qui se passe aux Etats-Unis. La ségrégation sociale et spatiale se double d'une ségrégation électorale.

Cette grève des urnes, cette abstention protestataire doit interpeller directement le PCF, sous peine de disparition. La première des raisons d'être de notre parti, c'est de faire émerger les classes populaires dans le champ politique. Or les ouvriers, les employés se sont détachés du PCF. La mésentente entre le parti et les classes populaires a pris les allures d'un gouffre géant. Des millions de gens ont envoyé un message de protestation aux dirigeants nationaux.

Dans ces conditions, proposer une « union de la gauche innovante », au moment où le clivage droite/gauche se réactualise, c'est faire une gigantesque marche arrière jusqu'aux années 1960, c'est proposer une réponse ringarde qui revient à acter l'hégémonie du PS et placer un PCF affaibli en position supplétive. La direction propose tout simplement de nous aligner, alors qu'un espace considérable existe pour une gauche authentique avec un PCF en situation de rebondir.

Nous devons couper le cordon ombilical avec le Parti socialiste

S'il est une leçon à tirer de ces élections, c'est bien que l'union se construit sur le terrain avec les acteurs de la vie citoyenne et non pas dans un tête-à-tête au sommet entre des appareils qui nous a conduits, ni plus ni moins, à être dépendant de la bipolarisation de la vie politique française car le mode d'élection du président de la République au suffrage universel est mortifère pour les partis politiques. Cette stratégie est sans issue. Surtout, elle est en contradiction avec les potentiels, les énergies communistes, les rassemblements fiers d'être communistes, ces militants ouverts qui surprennent par leur volonté d'exister.

Nous devons travailler à une union du peuple de France avec le PCF en coupant le cordon ombilical avec le PS, tout en refusant une ligne «antisocialistes » improductive. Devenons majeurs en nous adressant directement au peuple de gauche sans dépendre des logiques de sommet et d'appareil.

Les succès obtenus sont à mettre à l'actif des communistes, des militants, des élus. Mais on reste amer devant la posture de l'équipe de Fabien qui a plombé la dynamique portée dans les villes et les départements. Une direction absente dans l'affrontement politique national, prête à justifier n'importe quel accord pour avoir des élus à tout prix, à n'importe quel prix. Une direction qui poursuit l'effacement de l'identité communiste devant le PS : gauche plurielle avec Jospin, pour les régionales de 1998, les régionales de 2004, refus de mener les présidentielles sous l'étiquette PCF.

Continuer à claironner « la gauche, la gauche, la gauche », tenir un meeting aux côtés de François Hollande, avant le premier tour, avec un PS qui cherche à nous trucider chaque fois qu'il en a l'occasion, c'est vraiment donner des verges pour se faire fouetter.

Oui, l'origine de nos difficultés est bien dans notre décrochage avec les classes populaires, le monde du travail et intellectuel. Notre direction nationale est en rupture avec le peuple de France, son discours politique est décalé, déconnecté de la France profonde. Ce sont les communistes qui ont sauvé l'honneur du PCF, notamment avec des milliers de « petits » candidats qui ont fait des centaines et des milliers de voix aux quatre coins de la France, dans des municipalités ou des cantons où ils n'avaient aucune chance d'être élus. Ils ont fait la preuve que la signification du vote communiste était loin d'être éteinte.

Nous devons être pugnaces pour reconquérir le terrain perdu

Avec 20 villes de plus de 30 000 habitants perdues en 2001, nous avons payé cash notre alignement sur la politique de Jospin. En 2008, Dieppe reconquise a sauvé l'honneur, mais 9 anciennes villes communistes sur 20 seront dirigées par le Parti socialiste. Pourquoi pas par nous ? Avons-nous tout fait pour ? A quel moment la direction s'est-elle donné les moyens de les reconquérir ?

Sur les 9 villes de 20 000 habitants perdues en 2001, 3, Firminy, Fourmies et Portes-lès-Valence ont été reprises par le PCF, mais 4 seront dirigées par le PS. Pourquoi ? Et n'oublions pas la perte de Drancy, donnée à la droite pour convenance politicienne d'un dirigeant du PCF.

En 2001, rappelons-nous les gains par le PCF de Sevran, et surtout d'Arles, malgré l'accord national PC/PS. Quant à Tulle, ce fut la cerise sur le gâteau. La direction du PCF a accepté que François Hollande soit la tête de liste dans cette ville historiquement communiste.

En 2008, n'oublions pas Le Havre que nous aurions pu gagner si le PS n'avait pas tout fait pour nous empêcher coûte que coûte de diriger cette ville avec Daniel Paul. Prenons le temps de regarder de près ce qui s'est passé à Nîmes, Corbeil, Sète et Romilly, que nous pouvions regagner.

Les communistes ont mal avec les pertes de Calais, Aubervilliers, Montreuil, Pierrefitte, Denain. Pour ma part, je ne veux pas avaler ces pertes. Je veux comprendre les raisons locales mais aussi les raisons politiques de fond, en lien avec notre stratégie nationale. Surtout nous devons prendre l'engagement solennel de tout faire pour reconquérir ces villes en 2014 et prendre les dispositions d'organisation pour y parvenir. Non ! Nous ne voulons plus rééditer ce scénario sinistre où des villes communistes deviennent socialistes en passant par l'antichambre de la droite.

Nous devons prendre l'engagement solennel de reconquérir la Seine Saint-Denis, en 2011, de présenter des listes communistes aux élections régionales, en 2010, de reconquérir les villes perdues en 2001. Cessons d'être timorés face au suffrage universel et de nous comporter comme si celui-ci devait nous être fatalement défavorable.

Se contenter de dire, vis-à-vis du PS : « Pas d'attitude de revanche » revient à passer l'éponge, à accepter les coups de Jarnac et cette pratique si détestable qui consiste à se faire épauler par la droite pour battre les communistes.

Mais la direction espère-t-elle, peut-être, ainsi, escamoter sa responsabilité dans le fait que nous ayons rejoint, dès le premier tour, des listes avec le Modem ou des UMP masqués comme ce fut le cas à Grenoble ou à Marseille. Le Modem désormais présent à gauche et à droite dans des villes et des départements est loin d'être en échec. Sa politique de recomposition est à l'œuvre. Et il faudrait regarder de près les listes de Gérard Collomb, à Lyon. A gauche jusqu'où ? De quelle gauche parlons-nous ?

Nous devons porter ces questions sur la place publique, nationale et ainsi nous démarquer, nous différencier des politiques de droite menées par le PS, à l'exemple de Guérini dans le département des Bouches-du-Rhône qui fait la chasse aux pauvres. A défaut, nous risquons de cautionner à notre insu une recomposition qui vise à écarter du champ politique la perspective d'un changement de société. Nous ne devons pas minimiser les dangers que notre marginalisation fait courir à notre peuple, visant à le borner au seul horizon du capitalisme. Il y en a marre de notre attitude nationale molle et de faire le dos rond quand on parle du PS.

Un examen approfondi, ville par ville, est nécessaire, tout comme l'analyse du déclin progressif de l'audience nationale du PCF depuis un quart de siècle, tombée au plus bas aux présidentielles de 2007 (1,93 %).

Les dirigeants du PCF n'ont rien compris à la nouvelle donne économique, sociale, culturelle, spirituelle, urbaine de la « banlieue ».


Où est l'analyse des émeutes de 2005 ? Ils sont incapables d'intégrer à leurs raisonnements les réalités auxquelles sont confrontées les classes populaires, à produire des réflexions théoriques débouchant sur des stratégies de territoire.

Il y a un vide politique, stratégique à un moment où l'évolution de la société capitaliste appelle de construire un nouveau modèle d'alliance entre la classe ouvrière et les couches intellectuelles et une nouvelle conception géopolitique.

Analysons ce que sont et ce que vivent les classes moyennes, y compris les patrons de PME/PMI. Prenons en compte le fait que l'érosion du pouvoir d'achat touche toutes les catégories de salariés, même les plus élevées tandis qu'elle épargne toutes les catégories de spéculateurs, même les plus petits. Imaginons une nouvelle alliance avec toutes les catégories de la population victimes de la précarité, de la grande pauvreté. Montrons toujours plus et mieux que les soubresauts de notre société sont le fait de la domination sans partage d'un capitalisme cynique et sans pitié.

La direction du PCF utilise les mêmes schémas que dans les années 1960 et 1970, des outils totalement dépassés par les évolutions de la société, de l'économie et des territoires. Notre discours est tellement large et imprécis que nous finissons par être totalement creux et dénués de sens politique.

Surmontons cette impuissance politique et intellectuelle pour affronter les nouvelles conditions de la mondialisation de l'économie, des mutations qui affectent des territoires régionaux, la prédominance des services sur l'industrie, le découpage lieux de travail et résidence, la mobilité, l'instabilité résidentielle et de nouvelles attentes sociales en matière de qualité de vie, de bien-être alors même que le lieu de vie devient inhumain, voire invivable. Comment éviter la transformation de villes populaires en ghettos sociaux, ghettos de la misère ?

Les conditions existent pour que le PCF rebondisse

Après ces élections municipales et cantonales, l'enjeu à long terme est la régénération, la renaissance de l'identité communiste sur la base d'un projet à définir, sur la base d'une alliance à trouver qui ne soit pas seulement électorale, orientée vers les partis, mais aussi et surtout des rassemblements politiques entre les catégories sociales.

La stratégie actuelle du PCF, loin d'être un point d'appui, le transforme en une force supplétive du PS. Elle le ballote entre la gauche réformiste et l'extrême gauche.

Je refuse d'être un allié faible, de ne plus envisager le PCF que dans un déclin irréversible. Les conditions existent pour que le PCF rebondisse comme le montrent les 9 % des voix obtenues au niveau national. Il n'y a aucune fatalité à notre perte d'influence.

Les résultats des présidentielles de 2007 et de 2002 nous obligent à une totale remise en cause des équipes qui se succèdent place du colonel Fabien et qui ont poursuivi une même stratégie, nous conduisant dans le mur. Nous devons changer d'époque et accepter les divergences au sein de la direction du PCF, refuser la pensée unique.

Les pratiques, les expériences des communistes, des militants et des élus dans maints endroits sont des preuves palpables qui montrent que le renouveau est possible et qui indiquent le chemin de la reconquête. Au nom de quelle logique, ce qui est valable au plan local ne le serait pas au plan national ?

On l'a testé aux régionales de 2004 dans le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie et la région Centre, mais nous avons ignoré ces expériences pour justifier toujours et encore notre effacement devant le PS. Nous avons banalisé des résultats réalisés au nom du PCF et du rassemblement parce qu'ils faisaient désordre dans le décor.

Comment marquer notre différence à l'égard d'un PS qui penche pour le Blairisme et se sent les coudées franches avec une direction du PCF sur la défensive ? Cette question est névralgique pour reprendre le combat en vue du changement de société et du renversement révolutionnaire du capitalisme, ce mode de production qui a fait son temps.

L'abandon de ce combat est à l'origine de nos difficultés. Nous n'avons pas voulu renouveler, revisiter, revivifier notre identité communiste pour incarner un autre avenir, une modernité révolutionnaire au cœur des défis de civilisation. Un PCF autonome, ouvert, rassemblé, capable de voler de ses propres ailes.

La direction nationale doit rendre son mandat


Plus que jamais nous avons besoin d'une thérapie de choc pour préparer un vrai congrès d'élaboration politique.

Il est grand temps de remettre les choses à plat, de rompre avec les stratégies des précédents congrès qui nous ont conduits au déclin et à la marginalisation politique. Sans quoi, nous risquons d'apparaître franchement ridicules à affirmer que nous sommes le troisième parti de France.

Nous devons affirmer notre volonté de conquérir le pouvoir, notre prétention à diriger la France, certes pas dans l'isolement mais tout au contraire en construisant une véritable alternative solide et durable avec le peuple de France, uni avec ses classes populaires et ses forces sociales.

- Je crois toujours que la consultation des communistes doit être organisée par référendum afin qu'ils se prononcent sur la pertinence de garder un parti politique qui s'appelle PCF.

- Je souhaite la mise en place d'une direction provisoire pour préparer le congrès, représentative de la pluralité des opinions.

- Je suis favorable à l'élection des dirigeants au suffrage universel, par les adhérents à tous les niveaux pendant le congrès et sa préparation.

Le 20 mars 2008
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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Lundi 11 février 2008 1 11 /02 /Fév /2008 18:04
undefined Si le but de l’Assemblée extraordinaire du PCF, qui s’est tenue les 8 et 9 décembre dernier, était vraiment d’identifier les causes de la régression électorale et organisationnelle du parti, et de proposer des solutions concrètes, force est de reconnaître qu’elle n’y a pas réussi.

De manière générale, les textes versés au débat par les dirigeants du parti montrent à quel point leurs idées sont éloignées des idées fondamentales du communisme. Le langage employé rend bien des textes littéralement incompréhensibles. Un camarade parisien nous a fait rire, dans un article de La Riposte, quand il a cité deux phrases typiquement obscures d’Olivier Dartigolles, les comparant à la « novlangue » que Georges Orwell décrit dans son roman 1984. Mais malheureusement, le vide idéologique que cherche à masquer ce langage confus est loin d’être une plaisanterie.

Une majorité importante contre la dissolution

Cela dit, l’Assemblée n’a pas servi à rien. Premièrement, grâce aux comptes-rendus des assemblées fédérales et de section, mais aussi grâce aux interventions et discussions des délégués à l’Assemblée, on a pu constater l’hostilité d’une très large majorité de la base du parti à toute dissolution ou « refondation » du PCF, tout comme à l’abandon de son nom. Deuxièmement, il est apparu évident que les différentes sortes de « liquidateurs » occupent, au Conseil National et dans les instances fédérales, une place beaucoup plus importante que ne le justifie le poids de leurs adeptes dans les sections et cellules du parti.

L’Assemblée aurait pu marquer un sérieux pas en avant si elle avait voté une résolution qui, prenant acte du rapport de force au sein du parti, refusait toute dissolution ou changement de nom. Une résolution dans ce sens aurait été massivement adoptée. Mais la direction s’est arrangée pour laisser toutes les possibilités ouvertes, ce qui n’est pas dans l’intérêt du parti. Plus longtemps le PCF laissera planer au-dessus de lui un point d’interrogation sur cette question vitale, plus il s’affaiblira. Après tout, pourquoi l’électorat et de nouveaux adhérents potentiels feraient-ils confiance à un parti qui se pose la question de sa propre disparition ?

Ce n’est pas, hélas, un problème nouveau. L’une des raisons du mauvais score du PCF aux présidentielles – pas la plus importante, mais une raison tout de même – réside précisément dans le doute savamment entretenu, jusqu’à une date avancée de la période pré-électorale, sur la candidature de Marie-George Buffet. Ce genre de flottement est extrêmement nuisible à la crédibilité du PCF.

Les « liquidateurs » n’aiment pas qu’on leur colle cette étiquette. Il est pourtant difficile d’en trouver une plus appropriée. Quel est, au juste, le projet de cet éventail de dirigeants – Gayssot, Martelli, Cohen-Séat, Zarka, Braouezec, Sève, etc. – qui veulent faire « autre chose » ? Si on fait abstraction des nuances dans les propos des uns et des autres, l’essentiel de ce qu’ils proposent se ramène à ceci : le PCF doit cesser d’exister.

Des nuances, en effet, il y en a. L’adepte des privatisations et ex-ministre Jean-Claude Gayssot dit explicitement qu’il faut abandonner le communisme et le parti. Patrice Cohen-Séat affirme la supériorité du capitalisme sur le socialisme. Le « philosophe » Lucien Sève prétend qu’il faut rester « communiste » – et ce qu’il entend par là est très flou – mais qu’il faut en finir une fois pour toutes avec le PCF. Dans un texte intitulé Le Communisme est mort, vive le communisme, Sève conclut que vouloir garder le PCF, c’est se condamner à un « désastre ». Il propose donc d’abandonner le parti au profit d’un réseau « horizontal » composé d’« ateliers » locaux qui pourraient « multiplier les initiatives transformatrices désaliénantes sur tous les terrains et avec la participation de qui veut. » A la question : « comment résoudre les problèmes du PCF ? », Sève répond, en substance, que si le parti cessait d’exister, il n’y aurait plus de problèmes. En effet !

Les atouts des liquidateurs

Les propagandistes de la liquidation du parti ont trois atouts principaux. Premièrement, ils occupent, comme nous l’avons dit, une place importante – trop importante – dans les instances dirigeantes du parti. Il faut que tous les communistes soucieux de l’avenir du parti se mobilisent pour que ce problème soit réglé, aux prochaines élections internes. Deuxièmement, ils sont appuyés par les médias capitalistes. Le Monde, par exemple, qui voue un culte sans faille à Sarkozy, les appuie également sans réserve.

Troisièmement, ils se positionnent comme ceux qui veulent un changement. Ce n’est pas pour rien que les liquidateurs traitent ceux qui veulent maintenir le PCF de « conservateurs », voire de « réactionnaires ». Par exemple, sur le site de Braouezec, La Riposte a été récemment classée comme la tendance « la plus orthodoxe et réactionnaire du PCF » ! Bon nombre de militants, déboussolés par les échecs successifs de ces dernières années, sont convaincus que le parti a fait fausse route et que quelque chose doit changer. Ils ont raison sur ce point, un point que les liquidateurs exploitent pour les prendre dans leur filet. Cette même conviction, qu’on « ne peut pas continuer comme avant », est partagée par pratiquement tous les communistes, qu’ils soient pour ou contre le maintien du PCF.

Idées et programme

Dans les débats, au sein des sections du PCF, de nombreux communistes ne se contentent pas de refuser sa dissolution. Ils formulent, très souvent, l’exigence que le parti « revienne aux idées fondamentales » du communisme. C’est exactement ce qu’il faut faire. Il faut expliquer à tous les camarades que la source des difficultés du PCF est de nature politique, idéologique.

Le nœud du problème, c’est que le réformisme « anti-libéral » est incapable d’offrir une alternative concrète au capitalisme. L’expérience du PCF au pouvoir – de 1981 à 1984 déjà, mais surtout de 1997 à 2002 – a convaincu des millions d’électeurs potentiels et des dizaines de milliers d’ex-membres du PCF que celui-ci ne constituait pas une alternative sérieuse au « réformisme sans réformes » du PS. Le gouvernement Jospin a privatisé à une échelle sans précédent. Il a engagé la France dans une guerre impérialiste en Serbie, puis en Afghanistan. Il a résisté aux revendications sociales, au point de provoquer des grèves massives. Et le PCF, qu’a-t-il fait ? Marie-George Buffet avait mille fois raison, quand elle a dit, en 2002, que le parti avait reculé parce qu’il était allé « de compromis en compromis, de concessions en concessions ».

On ne peut pas régler un problème politique au moyen d’astuces et d’expédients organisationnels. Indépendamment des formes organisationnelles, un mauvais programme reste un mauvais programme. « Revenir aux idées fondamentales » signifie, en clair, revenir aux idées du marxisme. Ceci nous ouvrira, à tous les communistes, la possibilité de reconquérir le terrain perdu, de renouer avec les couches les plus militantes et les plus conscientes du mouvement ouvrier et de la jeunesse, et d’offrir une issue à la crise du capitalisme. Non à la dissolution du PCF ! Oui à son réarmement politique et à la lutte pour en finir avec le capitalisme !

Greg Oxley
PCF Paris
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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Samedi 16 décembre 2006 6 16 /12 /Déc /2006 10:55
Le Conseil National du PCF se réunit depuis hier et devrait prendre une décision. Le Monde d'hier et Libération de ce matin indiquaient qu'après avoir imaginé de présenter Francis Wurtz à la présidentielle en lieu et place de Marie-George Buffet, rejetée par nos alliés associatifs, la direction nationale du PCF va reconsulter les communistes pour valider à nouveau la candidature de notre secrétaire nationale.

Si les militants communistes l'approuvent, alors, le PCF pourrait partir enfin en campagne avec les militants antilibéraux sincères et respectueux du choix des collectifs. Rappelons que Marie-George Buffet a été choisie comme candidate de rassemblement antilibéral par 55 % des collectifs qui se sont prononcés !

Tous les adhérents de la section d'Hénin-Beaumont ont été consultés par courrier et ont approuvé à l'unanimité la motion proposée par le Bureau Fédéral.

J'ai donc écrit jeudi à Marie-George Buffet (la lettre est téléchargeable ici) pour lui faire connaître la position des communistes d'Hénin-Beaumont.

Notre position a visiblement été entendue puisque la presse évoque un changement d'alliances de la direction nationale du PCF.

Marie-George Buffet et ses proches auraient apparemment compris que la stratégie des refondateurs qui veulent fondre le PCF dans un nouveau mouvement sur le modèle du Linkspartei allemand, nous mène à l'impasse. Surtout, cette stratégie ne nous permettra pas de reconquérir les classes populaires orphelines de représentation politique.

Espérons que le Conseil National du PCF prendra donc la bonne décision et que nous pourrons bientôt entrer en campagne et proposer aux citoyens, avec Marie-George Buffet, un autre choix de société.

 


 
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti
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Dimanche 22 octobre 2006 7 22 /10 /Oct /2006 17:01

Ce week-end, j'étais à Villejuif pour la Conférence Nationale du PCF (les photos sont en ligne sur le blog). 600 délégués des fédérations, les 220 membres du Conseil National et nos 46 parlementaires étaient réunis pour décider quelle stratégie mettre en oeuvre, avec quel programme et derrière quelle candidature pour les élections de 2007.

Notre fédération du Pas-de-Calais avait envoyé 16 délégués. Comme il fallait s'y attendre, nous avons été largement battus.
Le projet de résolution du Conseil National et le bulletin de vote qui sera envoyé aux communistes ont été approuvés par 80 % des délégués.

Après le retrait de la candidature d'André Gérin, les militants communistes auront donc le choix, lors de notre comité de section du 8 novembre entre trois options :
- voter pour que Marie-George Buffet propose sa candidature aux collectifs antilibéraux qui la choisiront ou pas
- voter pour une candidature PCF de Maxime Gremetz
- voter pour une candidature PCF de Jean-Jacques Karman

Avec d'autres délégués, nous aurions souhaité que Marie-George Buffet se présente à la présidentielle au nom du PCF, pas en celui de la "gauche antilibérale". Nos objections n'ont pas été retenues.

C'est la règle du jeu dans la vie d'un parti que d'être parfois minoritaire. Il faut l'accepter.

Pour autant, je reste convaincu que la stratégie suivie risque d'affaiblir le Parti Communiste Français et de décourager ses militants. Je ne crois pas que les collectifs pourront se substituer dans la durée aux cellules et sections. Là où des camarades abandonnent le travail en direction des entreprises et les réunions de section pour se réunir en collectif, ils ne parviennent pas à échapper aux pratiques délégataires qu'ils croient dénoncer. Au contraire, ils risquent de dégoûter des adhérents heureux de militer pour se retrouver au bout du compte entre intellectuels et activistes gauchistes qui formeront de fait une nouvelle avant-garde éclairée.

Il n'est évidemment pas question pour les communistes héninois d'abandonner le travail de terrain et de se réunir en collectifs pour discuter de José Bové, de Clémentine Autain, des avantages du keynésianisme sur le marxisme et du sexe des anges.

Dès mercredi, les communistes héninois seront aux portes des entreprises pour distribuer le 4 pages fédéral spécial équipementiers automobiles. Un nouveau numéro de L'Héninois.com est également en préparation.
Loin de la place du Colonel Fabien et des stratégies des refondateurs pour transformer le PCF en "mouvement" de la gauche antilibérale, la lutte et le travail continuent pour les communistes d'Hénin-Beaumont !

Cliquez sur le lien pour lire le texte de l'intervention de Jean-Claude Danglot.
Par David NOËL - Publié dans : Vie du parti - Communauté : Parti Communiste Français
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