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Médias

Mercredi 10 janvier 2007 3 10 /01 /Jan /2007 10:55
Depuis le 1er décembre, le CSA veille scrupuleusement, on l'imagine, au respect de l'équité entre les différents candidats à l'élection présidentielle.

Un souci d'équité bien tardif : nos camarades d'Acrimed (http://www.acrimed.org/article2526.html) montrent par exemple, chiffres d'Arrêts sur images à l'appui, qu'au mois de novembre, les grandes chaînes de télévision ont outrageusement favorisé le PS et l'UMP qui ont bénéficié à eux seuls de 76 % du temps d'antenne consacré à la politique dans les journaux télévisés de TF1, France 2 et France 3.
François Bayrou, Corinne Lepage et Marie-George Buffet se sont insurgés contre ce parti pris, qui n'a pas varié en décembre malgré l'obligation légale pour les chaînes de télévision de veiller à l'équité entre les candidats.

L'équité n'étant pas l'égalité, les chaînes de télévision se fondent sur les sondages pour mesurer ce que représentent chacun des candidats et leur attribuer en conséquence invitations et temps de parole. Au mois de décembre, au nom de l'équité, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont cumulé à eux seuls 36 % du temps d'antenne consacré à la politique sur TF1 et 55 % sur France 2. Une disproportion qui a conduit le CSA à faire un rappel à l'ordre, mais les grandes chaînes persistent et signent et dimanche, Robert Namias, le directeur de l'information de TF1 s'est refusé à toute autocritique.

Hier, Marie-George Buffet a tenu une conférence de presse pour dénoncer cette situation. Nous mettons la vidéo de son intervention en ligne sur notre blog.

La conquête d’une information honnête, transparente, équilibrée et donc forcément contradictoire demeure une des grandes affaires de la séquence démocratique qui s’ouvre. Elle doit concerner tous les médias et viser non la simple juxtaposition de temps de parole mais l’appropriation par tous les citoyens des moyens de se forger leur opinion en toute liberté.

Trop de paroles sont écrasées, trop d’opinions ignorées, trop de vies mésestimées, trop de hierarchies préfabriquées. Les communistes entendent apporter la contribution la plus efficace possible à un débat citoyen de haute tenue. En ne perdant jamais de vue à quoi sert une élection et donc théoriquement aussi la campagne qui la précède : donner la parole au peuple.

Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Vendredi 24 novembre 2006 5 24 /11 /Nov /2006 10:00
Je lis Libération chaque jour depuis des années et je suis triste de voir ce qui se passe dans les couloirs du quotidien de la rue Béranger.

Les salariés de Libération ont voté et ils ont approuvé à une courte majorité le plan de Laurent Joffrin, ex directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, qui prend la tête de Libération avec l'aval de l'actionnaire principal, Edouard de Rotschild.

Edwy Plenel, l'ancien rédacteur en chef du Monde, avait bien présenté un plan de relance avec un minimum de suppressions d'emplois, mais son plan n'était pas financé et Edouard de Rotschild ne voulait pas entendre parler d'Edwy Plenel. Sans un apport financier de l'actionnaire, Libération risquait le dépôt de bilan.

La venue de Laurent Joffrin risque malheureusement de ne rien arranger. Sur un effectif total de 280 salariés, le quotidien devra se séparer d'au moins 66 personnes, et Rotschild demande jusqu'à 100 suppressions d'emplois.

Comment faire remonter les ventes du journal, tombées de 170 000 numéros en 2001 à 130 000 en 2006, avec moins de journalistes et en sacrifiant notamment le service photos du journal, qui a fait sa renommée ? C'est le défi qui se posera à Laurent Joffrin et il n'est pas sûr qu'il puisse le relever.

Comme Edwy Plenel, Laurent Joffrin a affirmé devant les journalistes que la ligne éditoriale de Libération devait être une ligne de gauche...
Mais de quelle gauche parle Laurent Joffrin ?
Comme Serge July, qui insultait les électeurs du non au lendemain du 29 mai, comme les journalistes de Libération qui couvrent l'Amérique latine et qui attaquent constamment Hugo Chavez, Laurent Joffrin est un social-démocrate des plus modérés, qui déteste la gauche antilibérale.

Dans les années 80, alors qu'il dirigeait le service économique de Libération, il se vantait d'avoir été, avec Serge July, l'un des artisans de la victoire des idées capitalistes à gauche.
C'est le même Laurent Joffrin qui avait écrit le scénario de l'émission "Vive la crise", présentée par Yves Montand en février 1984. Yves Montand qui s'affirmait "de gauche, tendance Reagan" y expliquait que la seule solution pour sortir de la crise était de démanteler les droits sociaux et d'en finir avec "l'Etat-Providence" et les politiques keynésiennes.

Si c'est sur cette ligne de gauche, tendance Reagan, Thatcher et July que Laurent Joffrin compte relancer Libération, il y a fort à parier que Libé perdra encore des lecteurs en même temps que ses dernières plumes le quitteront.

Déjà, les chroniques économiques de Thomas Piketty ou des autres chroniqueurs économiques de Libération ressemblent à celles du très libéral Eric Le Boucher, qui officie dans les colonnes du Monde. Les chroniques politiques d'Alain Duhamel sont toujours aussi navrantes et la critique médiatique de Daniel Schneidermann est toujours aussi inoffensive. C'est à se demander ce que fait encore Pierre Marcelle dans cette galère...

On le voit, les raisons d'être inquiet sont nombreuses et Laurent Joffrin risque d'être le fossoyeur de Libération. Raison de plus pour que les lecteurs se fassent entendre et se mobilisent. Raison de plus, aussi, pour que la gauche prenne les mesures qui s'imposent  si elle est élue en 2007.
Le programme du rassemblement antilibéral comprend un certain nombre de pistes (en ligne sur le site d'Acrimed, ci-dessous) et le Parti Socialiste et les Verts pourraient nous rejoindre sur ces questions. Espérons qu'il ne soit pas trop tard pour sauver Libération...
http://www.acrimed.org/article2488.html
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Samedi 21 octobre 2006 6 21 /10 /Oct /2006 16:44
Nous reproduisons sur notre blog un appel pour sauver Politis.
Cet hebdomadaire altermondialiste qui paraît tous les jeudis est un journal utile et de qualité, sa disparition serait une perte importante pour la gauche de la gauche et les altermondialistes.

Les communistes ne sont pas toujours d'accord avec le contenu de Politis, en particulier sur la question du rassemblement de la gauche antilibérale, soutenu par l'hebdomadaire altermondialiste et qui nous paraît porteur de dangers pour l'avenir même du Parti Communiste.
Politis a toujours ouvert ses colonnes aux communistes refondateurs et soutient depuis plusieurs semaines la candidature de José Bové. Alors, oui, nous avons des désaccords, mais ils ne portent jamais sur l'essentiel.


De la même manière, sur les questions énergétiques ou sur la décroissance, nous avons des divergences somme toute mineures. Il reste que Politis est un journal largement ouvert et pluriel et qu'il ne tait pas les débats qui traversent la gauche de la gauche.

Nous vous invitons donc, si vous le pouvez à faire un don à Politis.

Politis risque de disparaître : placé en dépôt de bilan depuis le 8 août, notre hebdomadaire doit aujourd’hui faire face à une situation d’urgence pour assurer sa survie.
Après le retrait inattendu - la veille de l’audience - du seul repreneur pressenti, le personnel, grâce à l’association "Les Amis de Politis", a décidé de sauver son journal en devenant son propre patron : une souscription auprès des lecteurs est donc lancée afin de réunir la somme d’un million d’euros dans le mois qui vient.

Ce sont nos dons qui contribueront à sauver Politis, l’une des dernières voix indépendantes du paysage médiatique français.

Nos chèques seront déposés sur un compte bloqué et, en cas d’échec, leurs sommes nous seront remboursées jusqu’au dernier centime.

Un site de l’association "Pour Politis" est créé (www.pour-politis.org) afin de nous informer jour après jour de l’état de la situation et nous permettre de faire part de nos commentaires et réactions.

En outre, un espace est inséré dans le journal (qui continue à paraître normalement) pour rendre compte de l’avancée des recherches de financement.

Politis, notre hebdomadaire, celui de la gauche antilibérale, des altermondialistes, doit continuer à vivre !

Attention à tous ! Il y a extrême urgence. Hier, 18 octobre, 500.400 euros ont déjà été versés. Mais il en faut encore davantage puisque l’objectif est le million.

Envoyons nos dons AVANT LA FIN DE CE MOIS d’octobre à l’Association « Pour Politis » c/o Politis, 2 Impasse Delaunay, 75011 Paris.

Il reste 12 jours pour gagner. Tous ensemble, une nouvelle, fois, on peut y arriver.

Raoul Marc JENNAR
 
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Les antilibéraux
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Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /Oct /2006 09:26
Le 4ème numéro du Plan B (http://www.leplanb.org/page.php?rubrique=accueil) est sorti le 6 octobre dernier et il se lit avec autant de délectation que les précédents numéros !

Le dernier numéro du Plan B contient toujours le même dosage de reportages de qualité dans l'esprit de Fakir et de critique radicale et sardonique des médias, dans l'esprit qui était celui de PLPL

Les avis peuvent être assez tranchés : certains (dont je suis) adorent, d'autres n'accrochent pas du tout.

Il y a quelques semaines, Rouge, l'hebdomadaire de la LCR, consacrait par exemple un petit entrefilet assez hostile au Plan B. Apparemment, certains ligueurs n'admettent pas les coups de griffe du Plan B contre le narcissime médiatique de leurs chefs.

C'est une erreur et il faut bien admettre que les critiques du Plan B sont souvent justes.

Dans le dernier numéro, on trouve ainsi une petite brève qui se passe de commentaires : l'équipe du Plan B a comptabilisé le nombre de passages télévisuels d'Olivier Besancenot, de José Bové, d'Arlette Laguiller, de Marie-George Buffet et de Clémentine Autain sur les plateaux d'Ardisson, de Fogiel et de Ruquier entre 2002 et août 2006.

Besancenot est ainsi passé 8 fois dans les émissions people, Bové 6 fois, Arlette Laguiller 5 fois, Clémentine Autain 4 fois et Marie-George Buffet 3 fois. 26 passages télévisuels pour les leaders de la gauche radicale et en tout et pour tout 1 propos hostile aux médias et évidemment, pas la moindre lutte sociale déclenchée par ces passages télé...

A la différence de PLPL qui n'était diffusé que par abonnement et vente militante, le Plan B est aussi présent en kiosques et on le trouve sans problème dans les presses héninoises.
N'hésitez pas à l'acheter, pour 2 €, c'est un concentré d'humour, de lucidité et d'exigence que tous les militants de la gauche radicale devraient lire...

Au sommaire du numéro 4 (06/10/2006)

Petits tourments de « grands électeurs » (p. 3)
Les notables qui cadenassaient la IIIe République étaient appelés « grands électeurs ». Aujourd’hui, les journalistes ont pris leur place : avant chaque scrutin, ils pré-sélectionnent des candidats agréés par la classe dirigeante. Face à cette prétention, comment réagit la gauche ?
Lire (extrait gratuit) : http://www.leplanb.org/page.php?article=34

La grande peur des sociaux-libéraux (p. 4-6)
Hors d’état d’enfanter le moindre projet, les partis de gouvernement sous-traitent l’élaboration de leurs programmes à des clubs de réflexion. La « République des idées » compte au nombre de ces supermarchés de la pensée. Oracle au PS, omniprésent dans la presse, ce cénacle de sacs à vent redessine une « gauche » qui caresse l’euro dans le sens des zéros.

Du cake dans la barbiche (p. 4-6)
Dresser un journaliste ? C’est facile avec le guide pratique du Plan B en huit leçons.

La chasse aux malades du travail (p. 7-8)
Miracle ! Le nombre d’arrêts-maladie baisse tandis que les souffrances au travail augmentent. Le Plan B enquête sur les dessous d’un marchandage entre la Sécurité sociale, les patrons et les médecins libéraux.

Bayrou, Besancenot… (p. 10-11)
Lequel est centriste mou ? Lequel est communiste révolutionnaire ? Analyse croisée de deux prestations médiatiques.

Les robinets picards arrivent à pied par la Chine (p. 12-13)
Reportage sur les prodiges de la mondialisation : dans le pays du Vimeu, serrureries et robinetteries avaient façonné une terre de bas salaires et d’anarcho-syndicalisme. Aujourd’hui, ce tissu se déchire.

Frappes médiatiques sur le Liban (p. 14-15)
Quand une guerre éclate entre une puce et un éléphant, les alliés médiatiques de l’éléphant connaissent la musique. Il leur faut à la fois humaniser le pachyderme et diaboliser le plus faible, forcément plus fourbe, en particulier s’il est arabe.

Journalistes embrigadés par Thierry Breton (p. 16-17)
Comme en Corée du Nord, le ministère des Finances mobilise des journalistes pour chanter ses louanges. En dépit d’une résistance héroïque opposée par Claude Perdriel, propriétaire du Nouvel Observateur et de Challenges.

Le Monde, droit dans le mur de l’argent (p. 18)
Allié avec Lagardère dans le Sud-est, le quotidien vespéral prépare le lancement d’un « gratuit » en partenariat avec Bolloré. Analyse d’une stratégie industrielle.

Faut-il interdire la presse bourgeoise ? (p. 19)
Tel est le grand débat citoyen lancé par les communards en 1871.

Le procès de Jacques Marseille (p. 20)
«…Vous êtes l’historien économiste préféré de Sarkozy, des médias et du Medef » lance le juge. Frétillant sur son banc, l’accusé s’asperge d’eau de Cologne et entame sa défense…

Et plein d’autres pépites à découvrir…
Prochain numéro : 8 décembre 2006
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Lundi 2 octobre 2006 1 02 /10 /Oct /2006 06:01
La chaîne de télévision alternative Zaléa TV a repris sa diffusion vendredi sur le canal 79 de la Freebox.

Vendredi soir, Zaléa TV a ainsi diffusé une séquence inédite de 12 minutes tournée en mai 1999 par Pierre Carles, où Pierre Bourdieu explique calmement que certains responsables politiques dits de gauche sont en fait de droite. Il prend l'exemple de Ségolène Royal, qui selon lui  est de droite mais a choisi la gauche à la sortie de l'ENA parce qu'il n'y avait pas de bonnes places à prendre à droite.

Pour visionner en ligne cette séquence fort instructive (qu'Albert Facon et Gérard Dalongeville devraient regarder de toute urgence !), il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous.

http://www.youtube.com/watch?v=W1_YNeNd_g8
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Lundi 25 septembre 2006 1 25 /09 /Sep /2006 06:18
La diffusion de l'Humanité est en hausse et c'est une bonne nouvelle.
D'après les chiffres de l'OJD, entre juillet 2005 et juin 2006, la diffusion moyenne du quotidien communiste s'élève à plus de
52 000 exemplaires, en progression de 6,5 %.
L'Humanité est un des seuls quotidiens nationaux à voir sa diffusion progresser : c'est la preuve que la presse communiste intéresse les lecteurs, qui ont besoin des analyses sans concession de l'Huma pour comprendre le monde.

L'étude de l'OJD montre également - c'est plus inquiétant - que l'audience de la presse gratuite est en hausse, au détriment de celle de la presse payante. Rien de surprenant quand on voit le nombre d'exemplaires de Métro, 20 Minutes, Lille Plus et Direct Soir distribués chaque jour à la sortie de la gare de Lille Flandres.
Des journaux gratuits dont les pages politiques sont généralement sans intérêt et ne font que recycler des dépêches AFP...

Mais ce n'est pas dans la presse gratuite ni sur TF1 que l'on apprendra par exemple comment la commission de Bruxelles impose la privatisation et le démantèlement de GDF, comme l'Huma le révélait à ses lecteurs il y a deux semaines.

Pour rester informés, pour disposer chaque jour d'une analyse lucide de l'actualité lisez, achetez ou abonnez-vous à l'Humanité et à l'Humanité Dimanche !
http://www.humanite.presse.fr/
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Mercredi 13 septembre 2006 3 13 /09 /Sep /2006 11:15
Depuis quelque temps, n'en déplaise à Claire Chazal ou à Alain Duhamel, la critique des médias rencontre un vif succès et il faut se frotter les yeux pour s'assurer qu'on ne rêve pas lorsqu'on voit François Bayrou fustiger les connivences entre de grands groupes capitalistes comme Bouygues, Lagardère et Dassault et Nicolas Sarkozy, ou lorsqu'on lit, comme ce matin, que le FN s'apprête à créer un observatoire des médias locaux.

Le FN a évidemment raison de dire qu'il a toujours critiqué les médias, mais leur critique des médias était très différente de la nôtre : jusqu'à présent, le FN se retrouvait avec les ultra-libéraux pour dénoncer une prétendue pensée unique "gauchiste" et "droit de l'hommiste".
Les ultra-libéraux de Liberté Chérie ou d'autres associations néoconservatrices allaient encore plus loin : favorables à la guerre contre l'Irak, ils dénonçaient à longueur de tracts les prises de position jugées anti-américaines et pro-Saddam des médias...
Pour les amateurs, on pourra se référer au livre d'Eric Brunet, conseillé il y a quelques jours sur le blog de Steeve Briois, Etre de droite, un tabou français, (inutile de l'acheter, ça n'en vaut pas la peine) qui contient tous les poncifs du genre contre les médias, les syndicats, ou encore l'Education Nationale.

Dans le même temps, une critique antilibérale des médias s'est construite et développée. Le conflit social de novembre-décembre 1995 en aura été l'événement fondateur.
A l'époque, des émissions comme La Marche du Siècle (présentée par Jean-Marie Cavada) invitaient en duplex des grévistes auxquels le présentateur coupait systématiquement la parole et en plateau des intellectuels pro-réforme qui pouvaient s'exprimer autant de temps qu'ils le désiraient.
Pierre Bourdieu et un certain nombre d'intellectuels avaient alors protesté.

Sur ces questions, on lira avec intérêt, aux Editions Raisons d'Agir, le petit livre de Pierre Bourdieu, Sur la télévision, et celui de Serge Halimi, journaliste au Monde Diplomatique, intitulé Les nouveaux chiens de garde (réédité en 2006).
Leur réflexion a débouché sur la naissance de l'association Acrimed (http://www.acrimed.org/) - à laquelle je collabore - et plus tard du journal PLPL, devenu Le Plan B (http://www.leplanb.org/page.php?rubrique=accueil) après sa fusion avec le journal alternatif amiénois Fakir.
Il faut savoir qu'aujourd'hui, les ventes de Charlie Hebdo sont en chute libre. Lassés des prises de position sociales-libérales de Philippe Val, des milliers de jeunes militants de la gauche radicale se sont abonnés au Plan B. Poussés par de nombreux militants sensibilisés à ces questions, le PCF, la LCR et Attac ont dû réfléchir à leur rapport aux médias.

Un groupe de travail du PCF auquel des gens comme Henri Maler, d'Acrimed, ont participé, a récemment produit une brochure intitulée : "Pour une appropriation populaire des médias". Pour ceux qui le souhaitent, cette brochure sera disponible au local de Montigny.

La critique des médias et le développement d'internet ont parallèlement donné naissance à des sites d'information alternatifs comme Indymedia (plutôt anarchiste) ou Bellaciao (plutôt altermondialiste).
Pour ne pas être en reste et surfer sur la vague, des militants identitaires (l'extrême droite de l'extrême droite) ont récemment créé Novopress (http://www.acrimed.org/article2106.html) sur le modèle d'Indymedia.

Le FN héninois a-t-il raison de voir dans la critique des médias un succès pour les thèses qu'il a toujours défendues ?
Evidemment non ! Après la réforme des retraites de 2003, c'est la campagne référendaire de l'année dernière lors de laquelle la plupart des éditorialistes ont soutenu le Oui qui a véritablement mis sur le devant de la scène la critique des médias. Une critique qui n'est heureusement pas celle de Liberté Chérie ou de Novopress, mais qui reprend pour l'essentiel les idées développées depuis des années par la gauche radicale et altermondialiste.

Les propos de François Bayrou sur TF1 comme ceux aujourd'hui du FN confirment en réalité le bien-fondé de nos thèses. On peut simplement regretter que ce ne soit pas Marie-George Buffet qui les ait prononcés.
Lorsque François Bayrou fustige Bouygues, Lagardère et Dassault sur le plateau de TF1 et qu'Olivier Besancenot participe aux Grosses Têtes sur RTL sans rien dire sur les grands groupes de presse capitalistes, on a parfois l'impression que c'est le monde à l'envers et on ne peut qu'espérer que la prochaine campagne présidentielle et législative sera l'occasion pour les militants communistes de poser la question des médias, comme nous le faisons sur notre blog depuis sa création.
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Jeudi 7 septembre 2006 4 07 /09 /Sep /2006 12:12
En juin dernier, les communistes héninois avaient relayé sur leur blog la pétition de soutien à l'émission Là-bas si j'y suis, l'émission modeste et géniale de Daniel Mermet menacée de relégation par la nouvelle direction de France Inter.

Nous reproduisons aujourd'hui le communiqué de l'équipe de Là-bas si j'y suis, qui a effectué sa rentrée lundi avec une rediffusion de l'interview de Maurice Kriegel-Valrimont par François Ruffin.

Vous pouvez également retrouver sur le site de Fakir (http://www.fakirpresse.info/frontoffice/main.php?rub=article.php&id=258) un très bel article de François Ruffin consacré à ce grand résistant disparu cet été à qui notre blog avait rendu hommage.

Bonne lecture !

La planche était bien savonnée, les peaux de bananes bien disposées, tout nous poussait vers l’île de Ré … mais, désolés amis fossoyeurs, « Là-bas » continue !

Parce que vous êtes 215 972 à avoir répondu à l’appel du 18 juin « Sauvons Là-Bas... ! ».

Parce que cette pétition en ligne a reçu 10 000 signatures par jour pendant 20 jours, entre le 16 juin et le 09 juillet 2006, sans compter des milliers de soutiens par courrier.

Parce que le 29 juin, au gymnase Japy à Paris, vous avez fait salle comble, pour acclamer à la fois, Alain Rey, Serge Halimi, Louis Bozon, Florence Aubenas et… « Là-bas», sur la question « Où va France inter ? »

Parce que cette question reste posée.

Parce que l’équipe de Là-bas est plus remontée que jamais et parce qu’il y a déjà pas mal de monde à l’ANPE.

            Parce que c’est une année à ne pas aller à la pêche à la ligne.

            Parce que Là-bas, comme une certaine sociologie est un sport de combat.

Parce qu’il se passe des choses encore plus importantes dans le monde et que nous avons encore envie de les raconter.

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Refusant tout dialogue et toute proposition, la nouvelle direction de F.I a imposé le déplacement de LBSJS de 17 heures à 15 heures, ce qui revient à amputer cette émission de plus de la moitié de ses auditeurs, la tranche de15 heures étant traditionnellement beaucoup moins écoutée quelle que soit la radio considérée.

Bien sûr nous ne sommes pas opposés à tout changement. Nous avons fait diverses propositions de déplacements, d’aménagements et de compromis, tout a été rejeté. Alors que l’audience de France Inter est en déclin, il nous semblait important qu’à travers cette forte mobilisation, le message des auditeurs reçoive un écho, il n’en a rien été.

Là-Bas n’est pas une émission neutre et cette relégation n’est pas neutre surtout au seuil d’une importante échéance électorale . La nouvelle direction de France Inter est offusquée par une telle calomnie . Innocente comme l’agneau qui naît, elle n’a pas l’ombre du début de la moindre arrière pensée de nature politique ou idéologique. Des élections ? Quelles élections ? Des pressions ? Quelles pressions ? La seule et unique mission de nos nouveaux maîtres est de redresser les chiffres d’audience, jurent-ils. Soit. Mais alors pourquoi est-il si urgent de reléguer une équipe qui gagne ?

Jusque là, les explications médiamétriques de la direction n’ont pas entièrement convaincu les professionnels de la radio, ni les observateurs des médias qui, du Nouvel Observateur au Canard enchaîné, du Monde Diplomatique à Marianne dénoncent normalisation, climat de reprise en main et atteinte au pluralisme. (voir extraits de presse sur le site www.la-bas.org) .

Pas dupes non plus les 215 972 auditeurs qui ont signé la pétition. Jamais nous n’avions imaginé une telle mobilisation surtout dans cette période de coupe du monde. Par comparaison, la pétition lancée le 25 juin suite au départ de Serge July, directeur de Libération avait au 1 septembre, recueilli 1 762 signatures.

Mais, face à cette réaction de fond, la direction, droite dans ses bottes, a pris la responsabilité de ne pas entendre ces auditeurs intempestifs. Ce mépris ne manque pas de surprendre au moment où cette même direction affirme n’avoir aucune autre mission sur cette terre que la reconquête des auditeurs perdus.

Pourtant il s’agit tout simplement d’auditeurs vigilants et actifs qui sont la fierté de ceux qui chaque jour font France Inter, des citoyens et non pas des clients.

A travers les messages reçus s’exprime la crise de confiance qui s’est développée entre France Inter et ses auditeurs, suite notamment au flagrant manque d’équité dans le traitement de la campagne pour le referendum de mai 2005. Depuis un an, 600 000 auditeurs ont quitté la tranche 7-9.

Plus généralement, dans un paysage médiatique de plus en plus contrôlé par les puissances d’argent, ils attendent que la radio publique affirme son indépendance envers tout pouvoir, économique , politique ou médiatique, en faisant entendre sa différence et non pas sa ressemblance.

Prendre le chiffre d’audience pour seul but c’est aligner France inter sur le système commercial des radios privées et c’est préparer sa privatisation. La dérive n’est pas nouvelle, voilà des années que France Inter est une « marque » et nos émissions des « produits ».

Aucun autre horizon n’est évoqué, aucun projet, aucun souffle à la hauteur d’un tel Bien public, tout restant confiné dans les eaux glacées des calculs médiatiques comme si l’audiovisuel public n’était pas par nature, un terrain et un enjeu politique majeur.

L’ exigence de ces auditeurs n’est ni de gauche ni de droite, elle appelle à une vraie information et à un vrai débat sur le contrôle des médias publics, sur les garanties de leur indépendance, notamment dans la campagne électorale qui s’ouvre. Nous en ferons un de nos thèmes de travail cette année. Il y a du pain sur la planche et nous comptons sur vous !

Ce grand souffle de soutien nous a redonné des ailes.

Nous concoctons projets et complots. Que partout les AMG * restent en alerte !

Attendez-vous à des messages en provenance de Londres ou du maquis…

L’équipe de Là-bas , 3 septembre 2006 .


* Auditeurs Modestes et Géniaux

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Là-bas continue à 17 heures sur www.franceinter.com.

Et aussi sur www.la-bas.org

Et aussi sur France Inter à 15 heures, eh oui…
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Dimanche 13 août 2006 7 13 /08 /Août /2006 10:19
Personne ne regrettera Denis Jeambar, qui quitte cette semaine la direction de L'Express.
Depuis longtemps, cet hebdomadaire qui, à l'époque où il est né soutenait Pierre Mendès-France et dénonçait la guerre d'Algérie, s'était transformé en un énième ersatz du Point ou du Figaro-Magazine bourré de publicités.

Chaque semaine, les éditoriaux de Denis Jeambar étaient un concentré de ce qui se fait de pire en terme de "pensée de marché" : Denis Jeambar était favorable à toutes les contre-réformes libérales. Comme son collègue Claude Imbert, du Point, Denis Jeambar  haïssait les syndicats combatifs, détestait la gauche radicale et les altermondialistes et avait les yeux de Chimène pour la gauche sociale-libérale : il ne manquait jamais une occasion d'inviter les socialistes français à suivre les exemples de Michel Rocard, de Jacques Delors et de Tony Blair.

Depuis le 11 septembre 2001, Denis Jeambar s'était converti au bellicisme bushiste. Férocement atlantiste et pro-israélien, il consacrait la plupart de ses éditoriaux à fustiger les pacifistes et à dénoncer la supposée faiblesse de la diplomatie chiraquienne pour l'islamisme.

Autant dire que les militants du mouvement social ne regretteront pas l'ex-directeur de la rédaction de L'Express.

C'est Christophe Barbier qui assurait jusqu'à présent la direction du service politique de l'hebdomadaire qui le remplacera au poste de directeur de la rédaction.
Christophe Barbier est un journaliste bien connu des télespectateurs de France 5 et d'i-télé.
Il participe presque quotidiennement à C dans l'air, l'émission d'Yves Calvi, où il se passionne pour la politique politicienne et les relations entre Chirac, Villepin et Sarkozy. Christophe Barbier est en outre régulièrement invité par Serge Moati sur le plateau de Ripostes, le dimance soir.

Jusqu'en juillet dernier, il "affrontait" chaque semaine Eric Zemmour (du Figaro) dans l'émission ça se dispute, animée par Victor Robert, sur i-télé. De grands moments de télévision, à réserver aux aficionados du genre !

Il y a fort à parier que la ligne éditoriale de L'Express ne changera donc pas...
Les militants du mouvement social préfèreront acheter L'Humanité Dimanche, qui s'engage cette semaine avec le Secours Populaire Français pour aider les populations civiles au Liban et consacre ses autres articles à la situation des 14 000 sans-papiers menacés d'expulsion ou à la stagnation du pouvoir d'achat (http://www.humanite.presse.fr/infos/info826761).
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Mercredi 5 juillet 2006 3 05 /07 /Juil /2006 18:39
Une fois n'est pas coutume, la lecture de l'édition d'hier du journal Le Monde aura réussi à nous faire pleurer de rire !
Il faut dire que le "point de vue" signé par les sénateurs Jean-Marie Bockel (PS), Alain Lambert (UMP) et le député (apparenté UDF) Christian Blanc contient tous les poncifs qui dominent la vie politique française depuis de nombreuses années...

A lire ce texte appelant les libéraux et les modérés de droite et de gauche à élaborer ensemble un manifeste pour la "modernisation" (libérale) de la France, on croirait presque entendre Alain Minc ou un autre de ces intellectuels médiatiques qui se sont fait une spécialité d'exiger des travailleurs des "sacrifices" (dont les patrons sont toujours exonérés) pour s'adapter à la mondialisation néolibérale.

Alain Minc et ses amis de la Fondation Saint-Simon, en leur temps, avaient l'ambition de fédérer les énergies de droite comme de gauche modérée pour faire triompher la pensée libérale.
Contre l'extrême droite et surtout contre la gauche de gauche, le "cercle de la raison" cher à Alain Minc devait rassembler les libéraux des deux bords autour d'un programme de "modernisation", c'est-à-dire, concrètement, de destruction des services publics et de réduction des droits des salariés.

Le texte grotesque de Jean-Marie Bockel, d'Alain Lambert et de Christian Blanc est de la même veine. Sans surprise, les trois auteurs déplorent que les caisses soient vides sans s'interroger sur les faramineuses réductions de cotisations dont bénéficient les entreprises du Cac 40, sans s'interroger sur les baisses d'impôts qui ont ciblé les catégories socio-professionnelles les plus favorisées.
Dénonçant la "démagogie et la lâcheté" qui consisterait à préserver les services publics, Jean-Marie Bockel, Alain Lambert et Christian Blanc se tressent eux-mêmes une couronne de lauriers, en hommage à "l'intelligence et au courage" de ceux qui veulent gérer les services publics comme des entreprises, privatiser et supprimer des postes de fonctionnaires.

Bockel, Lambert et Blanc espèrent recevoir le soutien des associations et des syndicats autour de leur programme de modernisation libérale. Nul doute que le MEDEF applaudira des deux mains leur projet. Il se trouvera peut-être même des syndicats assez sots pour s'asseoir à une table et négocier sur le rythme des réformes libérales (que les trois auteurs souhaitent brutales, car selon eux, la méthode des petits pas est vouée à l'échec).

Les électeurs de gauche ne s'y tromperont pas. Derrière le discours convenu sur les "réformes" et la "modernisation" qui exigeraient un rassemblement des hommes de bonne volonté de droite et de gauche, c'est bien le visage de la droite la plus réactionnaire et libérale qui se cache.
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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