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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Sarkozy, ministre sans interruption depuis 2002, n’a cessé de mener des politiques ultralibérales.

Chomage.jpg Il a retiré les astreintes et de nombreux temps de déplacement du temps de travail effectif et fait passer le contingent légal d’heures supplémentaires de 130 à 200 heures. Un salarié devra donc, maintenant, attendre la 201ème heure de travail supplémentaire pour percevoir la majoration de 100 % qu’il percevait, auparavant, dès la 131ème heure. Pire, il a autorisé les branches professionnelles à dépasser ce plafond qui est maintenant de 230 heures dans la poissonnerie et de 360 heures dans l’hôtellerie restauration !

Moins de droits pour les salariés

Demain ce seront les employeurs, si Sarkozy est élu, qui continueront à imposer les heures supplémentaires. Aucun salarié ne sera « libre de travailler plus s’il le souhaite » comme le prétend Sarkozy. Aujourd’hui bien des caissières des hypermarchés souhaiteraient travailler plus et avoir un travail à temps plein pour ne plus subir le temps partiel qui leur est imposé. Mais elles ne peuvent pas ! Faire croire que ce sont les salariés qui pourraient décider de leur temps de travail sans tenir compte de la volonté des employeurs et de la réalité du carnet de commandes d’une entreprise est une supercherie.

Sarkozy veut exonérer les heures supplémentaires de cotisations sociales et même d’impôt sur le revenu. La conséquence sera d’affaiblir encore la protection sociale (moins de retraite, moins d’assurance-maladie) et de rendre les heures supplémentaires moins chères que l’embauche. Le chômage des uns serait alors la contrepartie du surtravail des autres !

Davantage de chômage

Contrairement à ce qu’il prétend, Sarkozy n’a pas fait reculé le chômage. Sauf dans les statistiques ! Le taux de chômage était de 8,9 % en mars 2002, il s’élève aujourd’hui, selon les derniers chiffres officiels (Eurostat) à 8,8 % ! Pourtant, les radiations de chômeurs se sont multipliées, de nombreux chômeurs se sont trouvés comptabilisés dans d’autres catégories que la catégorie 1 de l’Insee : celle qui permet d’afficher le nombre « officiel » de chômeurs.

Sarkozy a supprimé les emplois-jeunes. Il a même diminué de moitié le plafond légal des indemnités des salariés licenciés en cas de liquidation de l’entreprise où ils travaillent. Il a laissé faire les délocalisations et les plans de licenciements qui se sont multipliés.

Il a refusé de remplacer une partie des fonctionnaires qui partaient en retraite. Il veut que la retraite puisse se cumuler avec le salaire. Mais en permettant ce cumul, ce sont des centaines de milliers de jeunes auxquels il barre l’accès à l’emploi.

Davantage d’insécurité sociale

Il veut obliger un chômeur à accepter n’importe quel emploi, même s’il ne correspond pas à ses qualifications ou au salaire qu’il percevait précédemment. Après deux refus, un chômeur n’aurait plus le choix, il devrait accepter n’importe quel emploi ou perdre ses allocations.

Quel progrès peut bien représenter le Contrat nouvelle embauche (CNE) qui permet de licencier, sans motif, un salarié pendant deux ans ? Sarkozy affirme que 700 000 emplois ont été créés grâce au CNE. C’est faux, ces 700 000 soi-disant créations d’emplois ne sont qu’un « effet d’aubaine » : les salariés embauchés en CNE auraient de toute façon été embauchés sous une autre forme : CDI ou CDD.

Ce que propose Sarkozy est purement et simplement la mort du droit du licenciement : la possibilité pour un employeur de rompre unilatéralement le contrat de travail sans motif. Pas seulement pour les jeunes de moins de 26 ans comme voulait l’imposer le CPE. Pas seulement pour les 5 millions de salariés des entreprises de moins de 20 salariés comme le CNE. Pas seulement pendant une période de deux ans comme le CNE et le CPE mais tout au long de la vie professionnelle, un employeur pourra vous licencier sans motif.

Etre licenciable sans motif, c’est ne plus pouvoir correctement se défendre aux prud’hommes contre un licenciement sans cause réelle et sérieuse, abusif ou boursier.

Etre licenciable sans motif, c’est un retour en arrière de 120 ans dans le droit, la dignité élémentaire des salariés, c’est le retour à Germinal, à Zola.

Pas un salarié, pas un chômeur, pas un jeune de ce pays n’a intérêt à ce que Sarkozy gagne l’élection le 6 mai.

Article initialement publié sur le site Avenir d'Attac (http://www.avenirdattac.net/spip.php?article262).
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