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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Hier soir, je me suis rendu, à l'invitation de Pierre Ferrari, responsable du MJS Hénin-Carvin-Billy, dans un café d'Hénin-Beaumont pour assister au débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Le MJS, qui a mené une campagne remarquable, avait proposé à toutes les forces politiques progressistes d'assister au débat autour d'un verre dans une ambiance sympathique.

Une invitation à laquelle avaient répondu hier soir Jean-Pierre Policante et ses amis du MRC, Annick Genty pour le PS "canal historique" ainsi qu'un responsable de l'UDF. Jean-Marc Bureau pour les Verts, Eric Mouton pour le PRG et Olivier Vergnaud pour la section radicale-socialiste du PS avaient également été invités par le MJS et s'étaient fait excuser.

Dans la salle, une cinquantaine de militants, dont plusieurs militants syndicalistes et associatifs, assistaient au débat.

Sur le fond, les candidats ont joué à contre-emploi. Nicolas Sarkozy voulait prouver aux téléspectateurs qu'il n'était pas l'excité violent que l'on décrit tandis que Ségolène Royal, qui n'avait plus rien à perdre, voulait prouver sa pugnacité.

Que dire sur Sarkozy qui n'ait pas déjà été dit ? Hybride de Thatcher, de Bush et de Le Pen, Nicolas Sarkozy est porteur d'un projet réactionnaire qui doit être absolument combattu. Je voterai donc évidemment pour Ségolène Royal, c'est le seul moyen de battre Nicolas Sarkozy.

Pour autant, et le débat d'hier l'a confirmé, le programme de Ségolène Royal est loin de me convenir.

Certes, Ségolène Royal a donné des gages à la gauche en indiquant qu'elle recruterait dans la fonction publique. Elle a dénoncé le scandale des 65 milliards d'euros d'aide aux entreprises qui vont pour l'essentiel (54 milliards) aux entreprises du Cac 40 ; elle a évoqué une taxe sur les revenus boursiers. Sur tous ces points, on ne peut qu'approuver la candidate socialiste. Souvent imprécise, Ségolène Royal a manifesté un volontarisme politique au moins verbal.

Malheureusement, à plusieurs reprises, Ségolène Royal a cédé au moins en partie, à l'orthodoxie libérale, comme ce fut le cas sur le thème des retraites ou sur celui des 35 heures. Une modération tactique pour séduire les électeurs de Bayrou ou une modération idéologique au coeur du projet du PS depuis le tournant de la rigueur de 1983 ?

Je suis convaincu que c'est malheureusement une modération idéologique. Une modération idéologique qui aura  en même temps accompagné et accentué le virage à droite de la société française. Le Parti Socialiste dispose pourtant de responsables antilibéraux de talent comme Jean-Luc Mélenchon ou Gérard Filoche. Les militants socialistes sont nombreux à Attac, à la Fondation Copernic, à la Ligue des Droits de l'Homme.

Ségolène Royal a choisi de les ignorer pour proposer un programme qui ne risque guère d'effrayer les patrons du MEDEF. C'est dommage...

Au soir du 6 mai et quelque soit le résultat obtenu, le Parti Socialiste devra réfléchir à ce que doit être le Parti Socialiste du XXIe siècle. En quoi les socialistes de distinguent-ils des démocrates bayrouistes ? Jusqu'à quand continueront-ils de donner des gages aux éditorialistes de Libé ou du Nouvel Obs qui leur reprochent à satiété de "ne pas avoir fait leur Bad Godesberg" ?

Toutes ces questions, les socialistes devront se les poser. En attendant, Nicolas Sarkozy doit être absolument arrêté.

Pas une voix ne doit manquer à Ségolène Royal dimanche !
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