Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

 

Publié par David NOËL

Quelques idées pour contribuer au débat et au rassemblement des communistes pour la renaissance, le renouveau du Parti communiste français, à l’opposé de tout processus vers une dissolution.

Le résultat des élections législatives est un encouragement pour les communistes, ce qui n’empêche pas la lucidité. Mesurons nos responsabilités. Débattons sans nous laisser paralyser par les doutes existentiels de quelques-uns.

Nous pouvons « donner un signal fort à la société » : priorité à des initiatives nationales d’action pour contribuer, sur les chantiers ouverts par le nouveau pouvoir, à des luttes fortes d’idées alternatives solides, plutôt que limitées à une protestation dominée par les idées du consensus libéral. Cela nous aiderait pour un débat critique et constructif pour l’avenir de notre Parti.

Il y a besoin du Parti communiste, et de son renouveau profond, parce qu’une transformation radicale de la société et du monde capitaliste, le dépassement du système capitaliste sont des enjeux plus actuels et réalisables qu’auparavant. Ce Parti doit être ouvert, rassembleur et unitaire, pour la transformation, et pour cela il doit être autonome de la social-démocratie et de l’extrême gauche.

Cette exigence est d’autant plus cruciale qu’une refondation de la gauche est à l’ordre du jour ; elle concerne les idées de fond ; d’énormes pressions s’exercent sur le PS pour son « aggiornamento ». Mais pour une refondation, possible, de la gauche dans un sens favorable au combat transformateur, l’existence du Parti communiste est un élément décisif. Cela serait contredit par un processus de dissolution, remplaçant le PCF par l’addition de communistes, de socialistes de gauche, de verts, de trotskistes au sein d’une formation vouée à être hétéroclite et divisée, et où l’apport communiste serait refoulé ou marginalisé.

Cela reviendrait à confondre unité d’action, recherche de l’union, nécessaires particulièrement avec les forces se réclamant de la transformation sociale, avec une fusion au sein d’une force dite « de transformation sociale » (fusionnant donc différentes conceptions et contenus de la transformation, révolutionnaire, réformiste...) ; cette fusion nous ferait disparaître comme Parti inscrivant son action dans la visée d’une transformation radicale effective de la société.

Je suis donc fermement opposé à toute formule, directe ou par étape, de dissolution du PCF dans un « nouveau parti », un parti social-démocrate de gauche, dont les communistes ne seraient plus qu’une tendance dominée et sans autonomie.

Trop souvent, on inverse les facteurs : on commence par les calculs électoraux. Alors qu’il faut commencer par le projet, la raison d’être. L’influence électorale, c’est important, mais c’est un résultat ; ça se construit, dans la durée, sur la cohérence perçue d’un projet, des propositions et de l’action qu’il inspire (soit dit en passant, si, en 1920, des calculs électoraux avaient prévalu sur l’exigence politique de fond de rupture avec la conception et l’orientation sociale-démocrate du Parti, le Parti communiste ne serait pas né à Tours, et peut-être jamais...).

Des constructions électoralistes ne sauraient primer sur le besoin plus actuel que jamais d’un Parti à la démarche révolutionnaire : un Parti qui articule théorie, lutte et élections, sans cesser de viser un dépassement effectif du capitalisme, c’est-à-dire une nouvelle civilisation supérieure à ce système, une civilisation communiste.

Face aux idées de dissolution du PCF, travaillons plutôt, dans l’action et sur le fond, à une relance novatrice du Parti communiste.

L’enjeu n’est ni partisan ni « identitaire ». Il concerne notre peuple, et toute la gauche, la dimension transformatrice du rassemblement.

Sauf à considérer qu’il faille s’adapter au capitalisme mondialisé et renoncer au communisme en faveur d’un « socialisme démocratique » ou d’un néo-communisme, dépouillé de sa dimension de transformation radicale, réduit à quelques « grandes valeurs de gauche, liberté, égalité, fraternité, solidarité » (conception qui peut esquisser le périmètre d’un nouveau parti...), il y a besoin du PCF pour promouvoir et expérimenter, dans l’action et dans la lutte des idées, les propositions du projet communiste, définir et déployer les initiatives de lutte rassembleuses et la politique d’union efficaces face à Sarkozy et pour construire une perspective transformatrice.

Le choix n’est pas entre la dissolution pour créer un autre parti et le « maintien » d’un « PCF amélioré ». L’effort de novation est aussi primordial que le refus de tout processus de dissolution. Il doit être mené sur des bases différentes de ce qui a été tenté jusqu’à présent.

Il devrait concerner deux directions jamais encore vraiment explorées de façon suivie :

-  une priorité résolue et durable à l’action (depuis si longtemps marginale dans notre pratique stratégique), avec des initiatives nationales sur les principaux enjeux sociaux, à commencer par l’emploi, pour nourrir la lutte contre la politique du pouvoir des idées les plus fortes et novatrices de notre programme, sur les objectifs sociaux, les moyens financiers et les pouvoirs ;

-  l’impulsion d’un travail politique et théorique visant à nous doter des repères révolutionnaires correspondant aux réalités du monde et du combat actuels, et à nous permettre, avec une réorganisation, une politique solide de formation, une démocratisation profonde, d’ouvrir largement le Parti, particulièrement en direction des syndicalistes et des jeunes, dont il faudrait aussi viser à faire l’ossature de la future direction.

La politique d’alliance à gauche, indispensable, mais qui, depuis trop longtemps, prime sur tout au détriment de l’action et de la bataille sur les idées communistes, pourrait se déployer sur de nouvelles bases plus solides.

Nicolas Marchand,
membre du comité exécutif du PCF
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article