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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Ben-Barka.jpgL'Express du 5 au 11 Juillet 2007 a cru devoir se faire le propagateur d'un bien étrange montage d'un journaliste tchèque, Petr Zidek , visant à accréditer une non moins étrange théorie selon laquelle Mehdi Ben Barka aurait collaboré, dans les années 60, avec les services de renseignements de la Tchécoslovaquie d'alors.

A l'appui de la thèse: des documents qui ne sont au demeurant rien de plus que des compte-rendus attribués à d'hypothétiques agents tchécoslovaques, des 'documents' qui demanderaient a être authentifiés par de véritables historiens dont l'impartialité est indiscutable. Mehdi Ben Barka entretenait avec tous les responsables des pays non-alignés ou des pays socialistes de l'époque, des relations régulières et normales. Contrairement aux allégations du journaliste, ces relations ne se situaient pas au niveau du personnel diplomatique ou des services de renseignements, mais plutôt au niveau qui était le sien, celui des dirigeants politiques et des chefs d'État.

Mehdi Ben Barka est l'un de ceux à qui le Maroc doit son accession à la souveraineté nationale en 1955-56, il a été l'un des principaux dirigeants du mouvement progressiste marocain, maghrébin et arabe. Durant son exil, à partir de 1963, il a été le principal coordinateur du Comité de Fond de solidarité afro-asiatique au profit des mouvements de libération nationale et l'animateur de la préparation de la Tricontinentale. A ce titre il a été amené à se concerter étroitement, non seulement avec les leaders du Tiers-monde , mais également avec ceux des pays socialistes. Gamel Abdel Nasser, Fidel Castro, Mao Tsé Toung étaient alors, parmi d'autres, ses interlocuteurs et ses alliés naturels. Va t'on découvrir aujourd'hui que les mouvements de libération nationale et leurs leaders bénéficiaient des appuis idéologique, logistique et financier du camp socialiste? Le monde a changé, bien entendu , la République fédérale de Tchécoslovaquie n'existe plus, mais un peu partout en Europe de l'Est on joue encore les apprentis sorciers en manipulant les archives d'une époque révolue.

Ce qui est plus consternant c'est qu'une publication comme l'Express se soit prêtée à ce mauvais feuilleton qui survient dans un contexte où précisément le combat pour la vérité de la famille du disparu se heurte aux mêmes obstacles au nom de la raison d'Etat, tant en France qu'au Maroc. Nous regrettons, encore une fois, qu'une publication, dont les journalistes avaient mené des enquêtes remarquables sur l'enlèvement de Mehdi Ben Barka en 1965, se soit fait le vecteur d'une telle opération de désinformation.

Nous demandons à toutes les personnes éprises de justice de s'élever contre cette nouvelle tentative de salir la mémoire d'un homme qui a voué sa vie, dans son pays et dans le monde, au combat pour l'équité, la démocratie et la paix.

Nous demandons à tous ceux qui se battent contre les atteintes aux droits humains, contre les disparitions forcées et contre l'impunité d'exprimer, par cette pétition, leur solidarité avec la famille de Mehdi Ben Barka.

http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1292
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S
On peut deviner l'objectif de l'Express à travers ces "révélations": accréditer l'idée que "Ben Barka était un agent de Moscou".En 1978, c'est la même idée qui a traversé l'esprit du directeur du Point en lançant contre Henri Curiel une campagne de lynchage. Quelques semaines plus tard, il était assassiné dans son ascenseur par les tueurs du commando Delta, anciens de l'OAS.Mais on ne meurt qu'une fois et Mehdi Ben Barka a été assassiné il y a 40 ans. Les journalistes de l'Express de l'époque, qui n'étaient pas de cette espèce de charognards, mais qui n'étaient pas non plus de grands révolutionnaires, ont eu le mérite avec d'autres rares organes (France Observateur, "le vrai" Libération, l'Huma) de faire connaitre la vérité sur cette affaire à un large public.Et ce n'est certainement pas en tant que "moscoutaire" ou que révolutionnaire communiste que cette "troisième gauche" respectait et admirait Ben Barka, mais en tant que leader du tiers monde, représentant de la bourgeoisie progressiste des anciennes colonies. Le "curseur" idéologique des classes dirigeante a vraiment viré à l'extrême droite pour vouloir maintenant le faire passer pour un agent d'influence soviétique.Je m'éloigne sur un aspect du communiqué: l'entretien de relations régulières, officieuses ou officielles, avec des ministres, des chefs d'Etat, pour un dirigeant politique en exil passe nécessairement par les intermédiaires que sont les diplomates ou les agents de différents services de renseignement: voilà ce que "prouvent" ces documents, en considérant l'hypothèse selon laquelle ils ne sont pas caviardés.PS: la campagne de diffamation et d'injure contre le Parti communiste et Jacques Duclos sur le thème "quand le PCF négociait avec les nazis" aurait mérité elle aussi une forte réaction de la part des dirigeants et des militants du PCF.
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E
A l'évidence l'article de "l'express" s'inscrit dans la campagne de "criminalisation du communisme" qui redouble depuis la fin de l'URSS. Ceux qui orchestrent cette campagne poursuivent l'objectif de liquider, pour une longue période historique, toutes les conquêtes politiques et sociales des peuples entre 1917 et la fin des années 60. Il s'agit de ne pas mêler sa voix à ces beuglements et de faire la clarté en partant du point de vue de classe. Je pense notamment à l'attitude ambigüe du PCF à propos de Cuba socialiste et de Fidel Castro. Salut et fraternité
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