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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Alain-Hayot-Salle.JPG La section d'Hénin-Beaumont du PCF, la Fédération départementale du PCF et le CIDEFE organisaient jeudi une conférence-débat en présence d'Alain Hayot, adjoint au maire de Vitrolles, conseiller régional PACA et membre du Comité National du PCF.

De nombreux élus et militants communistes étaient présents salle Prévert : Dominique Watrin, conseiller général de Rouvroy, Véronique Buard, adjointe au maire à Evin-Malmaison, Jean Haja, maire de Rouvroy, Bernard Baude, maire de Méricourt, Yves Coquelle, Jean-Claude Danglot... 
Au nom de la section d'Hénin-Beaumont, j'ai accueilli les nombreux militants présents avant d'essayer de décrypter ce qu'est le FN : un parti qui n'est pas fasciste, mais imprégné de fascisme, un parti poujadiste, un parti populiste. Ce dernier point me semble être le bon angle d'attaque. Le FN s'adresse aux classes populaires en les divisant : travailleurs français contre travailleurs étrangers, travailleurs du privé contre ceux du public, salariés contre "assistés"... La division des classes populaires sert les intérêts des capitalistes qui ont face à eux un monde du travail fragmenté, atomisé, qui a peur de son voisin.

Je suis convaincu que les militants, les cadres et les élus communistes doivent être à l'offensive sur ces questions. "Travailleurs français, travailleurs étrangers, même patron, même combat"... Ce slogan est le nôtre et il faut le marteler. Steeve Briois divise les classes populaires pour qu'elles soient affaiblies face au patronat, il stigmatise une fois les sans-papiers, une autre fois les nomades et se veut le héraut des "bons Français" (comme s'il y en avait des mauvais !), des "petits blancs" des classes moyennes qui seraient oubliés et devraient payer pour des "assistés" et des étrangers... Ce discours est insupportable. En réalité, la fracture ne passe pas entre les classes populaires, elle ne sépare pas les "bons Français" qui votent FN des autres, la fracture sépare les classes populaires et les capitalistes.
Cette fracture-là, le FN la cache. C'est la stratégie habituelle de l'extrême droite dont la vision de la nation est une vision pleine de haine, fondée sur l'exclusion des indésirables, des corps étrangers.
A l'époque de Maurras, les indésirables étaient juifs, protestants ou franc-maçons ; sous la plume de Steeve Briois, ce sont les nomades ou les sans-papiers.

Ce discours, je le tiens à tous les travailleurs que je rencontre et je continuerai de le tenir. Unies, les classes populaires ont changé le monde : nos droits, nous ne les devons ni à la droite et encore moins à l'extrême droite, nous les devons à l'union de la gauche soutenue par tout le mouvement social et le mouvement ouvrier en 1936, en 1944 ou en 1968...

Alain-Hayot-Tribune.JPG Alain Hayot est revenu sur son expérience d'élu de terrain, confronté au Front National. A Vitrolles, le FN surfait sur une crise sociale doublée d'une crise politique. Les Vitrollais ne se reconnaissaient plus dans les partis de gauche comme de droite de la ville, coupés de la population.

Aux élections municipales de 1995, le PCF, autonome, avait obtenu 5 % des voix. Six ans plus tard, en 2001, Alain Hayot et ses amis sont allés à la rencontre de toutes les associations, de tous les habitants et ont élaboré le programme avec eux. Ils ont fait de la démocratie participative - le mot est galvaudé - une réalité pour les Vitrollais. Résultat : la liste ouverte à l'initiative du PCF a obtenu 17 % des suffrages et l'année d'après, Catherine Mégret a été défaite.

Le débat s'est poursuivi avec la salle, impressionnée par l'exposé tout à fait convaincant d'Alain Hayot ; un exposé qui nous donne de l'espoir et qui conforte les communistes héninois dans leur ambition de participer à la construction d'un rassemblement de la gauche porteur d'une alternative en terme de projet, une alternative sociale, citoyenne et démocratique.
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