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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

charb-adn.gifEn instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre d’un regroupement familial, l’amendement Mariani, adopté par l’Assemblée Nationale, fait entrer la génétique dans l’ère d’une utilisation non plus simplement médicale et judiciaire mais dorénavant dévolue au contrôle étatique. Cette nouvelle donne pose trois séries de problèmes fondamentaux.

Tout d’abord, des problèmes d’ordre éthique. En effet, l’utilisation de tests ADN pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent en France pose d’emblée cette question : depuis quand la génétique va t’elle décider de qui a le droit ou non de s’établir sur un territoire ? Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes génétiques ? Sont pères ou mères les personnes qui apportent amour, soin et éducation à ceux et celles qu’ils reconnaissent comme étant leurs enfants.

Ensuite, cet amendement fait voler en éclats le consensus précieux de la loi bioéthique qui éloignait les utilisations de la génétique contraires à notre idée de la civilisation et de la liberté.

Enfin, cet amendement s’inscrit dans un contexte de suspicion généralisée et récurrente envers les étrangers qui en vient désormais à menacer le vivre ensemble. Car tout le monde s’accorde à dire que la fraude au regroupement familial ne peut être que marginale au regard des chiffres d’enfants annuellement concernés et au regard de l’absence de raison substantielle qu’il y aurait à frauder dans ce domaine. En effet, quelle étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans notre pays des enfants qu’ils sauraient ne pas être les leurs ? Autrement dit, l’amendement instaurant les tests ADN n’a pas pour fonction de lutter contre une fraude hypothétique mais bien de participer à cette vision des immigrés que nous récusons avec force.

Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble introduit des changements profondément négatifs. C’est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Président de la République et le Gouvernement à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l’idée que l’on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d’un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l’immigration.

Premiers signataires :

Isabelle Adjani, actrice
Raymond Aubrac, ancien résistant
François Bayrou, président du Modem
Laurent Fabius, ancien Premier ministre
Dan Franck, écrivain
René Frydman, professeur de gynécologie-obstétrique
François Hollande, premier secrétaire du PS
Axel Kahn, généticien
Bernard-Henri Lévy, philosophe
Pierre Mauroy, ancien Premier ministre
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO
Jeanne Moreau, actrice
Patrick Pelloux, médecin urgentiste
Ségolène Royal, présidente de Région
Jorge Semprun, écrivain, homme politique espagnol
Dominique Sopo, président de SOS Racisme
Francis Spizner, avocat à la cour
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT
Lilian Thuram, footballeur professionnel
Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre

http://www.touchepasamonadn.com/
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M
Et maintenant, une petite devinette : je vais retranscrire un article ici, sur ce blog, mais pour une fois je n'écrirai le nom du journal qu'à la fin. Le jeu consiste à trouver le nom de ce journal avant d'avoir fini la lecture. Et défense de tricher !"L'ADN DE LA HONTE""Les questions d'immigration font parler les instincts les plus bas chez les hommes politiques, qui devraient pourtant faire preuve de bon sens. Le Congrès américain l'a démontré il y a quelques mois, et le Parlement français vient de lui emboîter le pas. Les députés s'apprêtent en effet à adopter une nouvelle loi scélérate qui permettrait d'utiliser des tests ADN pour mieux rejeter des candidats à l'immigration espérant rejoindre leur famille installée en France. Les tests ADN sont parfois utiles pour démontrer l'innocence ou la culpabilité d'un individu. Mais ils n'ont rien à faire dans la législation sur l'immigration. La famille française moderne, tout comme la famille américaine moderne, repose sur bien d'autres fondements que le sang et la génétique. Et c'est une réalité dont la plupart des acteurs politiques et des électeurs français devraient être conscients.De la même façon qu'ils devraient être conscients des leçons de l'histoire française récente. Sous l'occupation nazie et le régime de Vichy, des concepts pseudo-scientifiques de pureté de la race ont été introduits dans le droit français avec les conséquences tragiques que l'on sait. L'amendement ADN, proposé par un parlementaire proche de Nicolas Sarkozy, est violemment dénoncé par l'opposition de centre gauche, mais aussi par ceux qui, à droite, ont des principes. Et même par une ministre, Fadela Amara. La loi s'est certes vue parée de quelques précautions langagières, mais cela reste insuffisant. Le président de la République, qui aurait pu intervenir à tout moment pour interrompre l'examen de cette loi et peut encore le faire, ne l'a pas fait et ne le fera vraisemblablement pas. Fils d'un immigré hongrois, Nicolas Sarkozy s'est fait un nom par ses violentes critiques envers des étrangers arrivés plus récemment, notamment d'Afrique du Nord. Sa démagogie e la matière lui a permis de séduire un électorat qui avait coutume de voter pour l'extrême-droite et son éternel candidat Jean-Marie Le Pen. La diatribe anti-immigrés est une méthode électorale qui a fait ses preuves. Malheureusement, elle conduit à des lois et à des politiques particulièrement abjectes, et inflige des souffrances injustifiées aux êtres humains et aux familles qu'elle cible et qu'elle exploite. Si Nicolas Sarkozy veut être considéré comme homme d'Etat, il devrait commencer par se comporter comme tel."Alors ? De quel affreux titre de presse gauchiste cette attaque en règle de l'amendement Mariani, cet article très bien écrit ? Libération ? L'Humanité ? L'hebdo de la LCR ? Lutte ouvrière ? Politis ? Non, non et non ! Vous n'y êtes pas du tout... ô tiens, mais quelle surprise ! Le New York Times...
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M
Article paru dans Charlie Hebdo (Emmanuelle Veil, 10/10/2005) : "LES TESTS ADN HORS LA LOI". "La preuve de filiation par l'ADN pour les étrangers n'est pas encore en vigueur que, déjà, il est permis de douter de sa viabilité. A peine adoptée par le Sénat, elle a suscité l'ire du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), qui la juge "en contradiction avec l'esprit de la loi française". Les quarantes membres du Comité, guère convaincus par le toilettage de l'amendement Mariani, "malgré toutes les précautions, c'est tout de même discriminatoire vis-à-vis des étrangers", notent, dans leur avis du 4 octobre rendu à l'unanimité, que cette mesure "conduirait furtivement à généraliser de telles identifications génétiques, qui pourraient se révéler à terme attentatoires aux libertés individuelles". Les sages se doutent bien qu'en ouvrant cette brèche Nicolas Sarkozy compte ultérieurement enfoncer la digue qui protège l'identité sociale et culturelle des individus d'une définition purement biologique. La manoeuvre est grosse comme une maison !Même la docile défenseure des enfants, Dominique Versini, ex-cacique du RPR et secrétaire d'Etat sous Raffarin, s'inquiète publiquement des dérives possibles. La presse s'en est peu fait l'écho, mais Versini a, elle aussi, émis un avis négatif : "Cette porte ouverte laisse entrevoir les demandes personnelles à des fins de vérification de filiation que cela ne manquera pas de susciter au-delà du seul regroupement familial." Le Parlement et le gouvernement traitent piur l'instant avec mépris les mises en garde des hautes instances morales de notre pays, dont l'avis, il est vrai, n'est que consultatif. Sarkozy ne craint qu'une chose : la censure du Conseil constitutionnel. Mais admettons que les sages valident le texte... Quand bien même, cela ne serait pas gagné : l'introduction des tests ADN trouveraient sur sa route un autre obstacle juridique.Une telle législation violerait la Convention internationale relative aux droits de l'enfant (CIDE), ratifiée par la France en 1990. "Ce projet touche à trois articles de CIDE : le 2, le 9 et le 10. Cela nous soucie", indique-t-on à l'Unicef. "Il contrevient en particulier à l'article 10 sur la réunification familiale, précise Barbara Walter, présidente du Cofrade (Conseil français des associations pour les droits de l'enfant, qui regroupe une soixantaine d'associations dont l'Unicef). Un pays qui signe la Convention s'engage à mettre sa législation en accord avec elle. Ce n'est pas ce qui est en train d'arriver." Contrairement à ce que l'on pourrait penser de prime abord, le fait que le texte viole la CIDE n'est peut-être pas une mauvaise nouvelle. C'en est peut-être même une bonne, dans la mesure où cela offre une possibilité de contestation devant les tribunaux.Le test ADN de Brice Hortefeux pourrait ainsi subir le malheureux sort du CNE (contrat nouvelle embauche) de Dominique de Villepin, contesté avec succès devant la justice. Des salariés victimes de ce contrat de travail Kleenex ont vu leur licenciement annulé par les tribunaux devant lesquels ils avaient fait valoir l'infraction à la Convention 158 de l'Organisation internationale du travail, qui interdit de licencier sans motif. Seule solution pour Sarkozy, qui semble tenir par-dessus tout à ces histoires d'empreintes génétiques : intimider le Conseil constitutionnel puis sortir de la Convention internationale des droits de l'enfant."
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D
Une info du MRAP comme quoi l'UMP applique le programme du Front National......Les enfants de migrants sont les premières victimes des politiques menées par Sarkozy et Hortefeux. Refus de cantine à des enfants congolais de 5 et 3 ans : le MRAP étudie des poursuites judiciaires Le MRAP vient d’apprendre avec stupeur et consternation la décision du maire UMP de Digoin (Saône-et-Loire) Maxime Castagna qui, en toute illégalité, refuse l’accès à la cantine à deux enfants congolais de 5 et 3 ans en adoptant une posture d’officine du ministère de l’intégration. Pour le MRAP, instrumentaliser politiquement des enfants pour servir une politique à la fois cruelle et inhumaine relève de l’indécence, de l’immoralité et de l’irresponsabilité. Le MRAP étudie toutes les suites judiciaire à donner à cet affront fait à la dignité des enfants et de leurs familles. Paris, le 28 septembre 2007.
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