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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Soit deux salariés effectuant un même travail. L’un travaillant pour une entreprise publique, l’autre pour un sous-traitant privé et qui partira à la retraite quelques années plus tard. Que réclame l’équité ? D'aligner Pierre sur Paul ou Paul sur Pierre.

Pour le gouvernement Sarkozy, l’équité, c’est repousser l’âge du départ en retraite des salariés dont le statut est un acquis des luttes et un moteur du progrès social.

Mais pourquoi ne pas faire l’inverse ? Parce que, tout simplement, c’est l’ensemble des retraites qui est dans le collimateur libéral. Le président l’a dit. Il veut aller vite, très vite. Il s’agit dans un premier temps de faire sauter le garde-fou voire le repère que peuvent constituer les régimes spéciaux, quitte à s’engager dans une épreuve de force avec les syndicats en espérant les diviser ou leur faire mettre le genou à terre.

Dans un deuxième temps, dès 2008, il s’agit de mettre tout le monde au même régime. Travailler plus, plus longtemps, pour gagner moins. Qu’on en juge : passage à 41 annuités pour une retraite à taux plein alors même que les salariés entrent de plus en plus tard dans la vie active. Remise en cause de certains dispositifs tel celui des carrières longues. Remise en cause des droits familiaux et conjugaux dont les pensions de réversion qui permettent à des centaines de milliers de femmes, pour l’essentiel de s’en sortir après la mort de leur époux.

Et ce gouvernement, soit dit en passant, voudrait nous faire croire, quand il parle d’Europe, qu’il est pour l’alignement social par le haut quand, dès qu’il en a ici même l’occasion, il le fait par le bas.

Selon les Echos, une majorité de Français, 53%, trouveraient injustifiée la grève annoncée du 18 octobre. Elle serait justifiée pour 43%, ce qui témoignerait selon le journal économique d’une baisse de l’adhésion à une grève « par procuration » dont on a dit qu’elle avait marqué le mouvement de 1995 où un Juppé, « droit dans ses bottes », avait dû se déchausser.

Il est vrai que le gouvernement Sarkozy use et abuse de deux arguments massue. Un : ce sont tous les salariés qui paieraient les privilégiés des régimes spéciaux. Deux : il n’y aurait plus d’argent. Le premier argument est faux. Les régimes spéciaux, tout au contraire, contribuent au régime général. Le second argument n’est qu’à demi vrai. Il pourrait un jour ne plus y avoir d’argent dans les caisses si l’on ne réforme pas un système de cotisation qui épargne la richesse et qui persiste à ignorer que de nouvelles formes de salaires indirects en sont exonérées. Les actions gratuites ne cotiseront pas. Les stock-options ne cotisent pas, les revenus financiers non plus. Ainsi les masses d’argent dont se nourrissent les plus privilégiés et qui, en dernière instance, ne sont rien d’autre que le fruit du travail de tous, sont aussi intouchables que des vaches sacrées, disons des veaux d’or.

La grève du 18 octobre, comme le veulent la plupart des syndicats dont la CGT, ne sera pas une épreuve de force entre des professions accrochées à leurs privilèges et un gouvernement qui veut réformer. Elle devrait être un grand moment d’explication dans tout le pays sur l’enjeu de ce qui se passe autour des retraites et que le gouvernement veut masquer avec les régimes spéciaux. Un grand moment pour éclairer démocratiquement la politique dite sociale du gouvernement. Une politique et cela le sondage des Echos le dit aussi, dont les Français doutent de plus en plus.
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E
ANTI-INTOX =>Sur mon blog vous pourrez prendre connaissance de l'argumentaire des cheminots CGT à propos du régime spécial de retraite SNCF...très instructif  et à utiliser dans les discussions avec vos collègues de travail...
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E
Parfait, mais Hénin-Beaumont n'est pas toute la France...
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E
Effectivement j'ai publié ce texte d'un prof de Lyon sur mon blog. C'est un excellent texte bien utile  mais au rayonnement restreint car c'est une initiative individuelle. Mais ils sont où les PCF, CGT ...etc...et leur logistique pour aider à porter les arguments du monde du travail sur la question des retraites vers les hommes et les femmes aujourd'hui un peu asphyxiés par la déferlante sarkozienne.?
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D
Nous sommes bien là, El diablo, rassurez-vous et on a sacrément bossé. Nous avons passé le weekend à préparer une manifestation unitaire jeudi matin sur Hénin-Beaumont. Un tract commun a été rédigé et sera distribué en début de semaine. Plus d'informations sur le blog demain !
D
Un bon article d'un prof de math de l'ENS de Lyon sur "l'équité " entre le public et le privé. Je l'ai piqué sur le site d'El Diablo...Il me pardonnera... Torchons ou serviettes ?   Un grand battage médiatique ne cesse actuellement d'opérer une comparaison entre le nombre d'annuités nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein, avec 37,5 ans dans le public et 40 ans dans le privé et de déduire de ces deux chiffres que c'est inéquitable.     Mais personne ne pense à préciser que le même mot « annuité » correspond à des réalités tellement différentes dans les deux régimes que la comparaison n'a guère de sens :   Autant donc ajouter des torchons et des serviettes !     Démonstration :   Nous avons tous appris à l'école qu'on n'ajoute pas des choux et des carottes ou des torchons et des serviettes. Tout comptable sait que des comparaisons ne sont valables que si elles sont effectuées " à structure comparable ".   En tant que scientifique, j'ai le devoir, lorsque je compare deux données chiffrées, de commencer par vérifier qu'elles correspondent à la même réalité, par exemple elles sont exprimées dans la même unité. Sinon, on peut faire dire absolument n'importe quoi aux chiffres. Le mot " annuité " correspond en fait à un nombre issu de calculs totalement différents dans les deux régimes. En gros :       - Dans le public, le nombre d'annuités correspond au temps où l'on occupe effectivement un emploi, au prorata du temps de travail (ainsi, 1 an de travail à mi-temps donne une demi-annuité, 1 an à 80% donne 0,8 annuité, etc.).   - Dans le privé, c'est bien plus compliqué. Cela dépend d'abord des sommes perçues : On valide, pour chaque année civile, un nombre de trimestres correspondant au salaire soumis à cotisations dans l'année. C'est ainsi, pour prendre un exemple, qu'un cadre qui a travaillé 3 mois dans une année civile obtiendra une annuité entière (alors qu'un smicard qui a travaillé 3 mois n'obtiendra lui que 0,5 annuité : est-ce bien équitable ?).   De même, un an de travail à mi-temps compte pour une annuité complète. On rajoute ensuite certaines périodes non travaillées : chômage (en partie), congé parental (sous conditions), etc. A cela s'ajoutent des bonifications qui diffèrent totalement entre les deux régimes, dont la bonification pour enfant accordée aux mères (2 ans dans le privé, 1 dans le public) (1). En résumé il est parfois plus " facile " d'obtenir des annuités dans le privé que dans le public.   Voilà un exemple qui montre bien les limites de cette comparaison.  Puisque les médias se sont fait l'écho de certains avantages (oubliant les inconvénients) des femmes fonctionnaires mères de 3 enfants, prenons l'exemple d'une mère de 3 enfants qui décide de travailler 8 ans à mi-temps pour les élever :   - Si elle est dans le privé, elle aura une bonification de 6 annuités et les 8 ans à mi-temps compteront pour huit annuités. Pour obtenir une retraite à taux plein (40 annuités), il lui faudra donc obtenir 40-8-6, soit 26 annuités supplémentaires.   - Si elle est fonctionnaire, la bonification sera de 3 annuités et les 8 ans à mi-temps compteront pour 4 annuités. Pour obtenir une retraite à taux plein (37,5 annuités), il lui faudra travailler effectivement 30,5 années à plein temps.  Est-ce bien équitable ?  (1) Vous pensez peut-être que ce projet, qui se veut équitable, va revenir sur cette différence ? Détrompez-vous : s'il instaure une validation des périodes de congé parental, le projet supprime purement et simplement la bonification d'un an des femmes fonctionnaires, pour les enfants nés après le 1er janvier 2004 ! Mais la suite parait claire : s'il passe, vous entendrez dans quelques années à la télévision : " Dans le privé il y a une bonification de 2 ans par enfant qui n'existe pas pour les fonctionnaires, c'est inéquitable ". Et on supprimera la bonification des mamans du privé !   Tout cela pour dire que comparer le nombre d'annuités nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein dans les deux régimes et en déduire que ce serait inéquitable car 37,5 est inférieur à 40 n'a aucun sens et relève de l'imposture.   D'autant plus que la notion de " retraite à taux plein " n'a strictement rien à voir entre les deux régimes et qu'on ne tient pas compte des retraites complémentaires du privé !   Un jour où j'avais pris un énarque en flagrant délit de comparaison de chiffres incomparables, il m'avait répondu : " D'accord, mais vous, vous vous intéressez au sujet. Pour les gens, il faut des idées simples !".   Je ne voudrais pas que l'opinion publique soit convaincue que les fonctionnaires seraient des privilégiés du simple fait que les médias colportent une idée aussi simple qu'inexacte. II n'empêche que cette stratégie de dresser le privé contre le public, sur la base d'une " idée simple " permet de faire passer au second plan certaines réalités.   Elle permet d'oublier que la réforme Balladur de 1993, en augmentant la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans (là on peut comparer les données puisque c'est le même régime), mais surtout par l'introduction de la décote et l'allongement de la période de référence, a déjà diminué et surtout va encore dégrader fortement les retraites du privé.   Elle permet de faire passer au second plan que la réforme ne concerne pas les seuls fonctionnaires, puisque l'on va passer pour tous, de 40 annuités en 2008 à environ 42 en 2020. C'est faire oublier un des principes de ce projet de loi, qui me pose personnellement problème. Alors que depuis le dix-neuvième siècle, l'augmentation de la richesse de la France (et des pays riches) est allée de pair avec une diminution phénoménale de la part de sa vie qu'une personne consacre à travailler, le projet revient sur l'histoire, en décidant que désormais, sur une vie, la proportion du temps consacrée au travail ne devra plus diminuer.   J'entends d'ailleurs tous les jours dans les médias des personnes me dire sur un ton docte et péremptoire: " il faut que les Français comprennent qu'il faut travailler plus ". Soit, ils ont peut-être raison. Mais dans la mesure où une telle affirmation est contraire à ce qui s'est passé dans les 150 dernières années, je considère, en tant que scientifique, qu'ils doivent justifier leurs affirmations. Or je n'ai jamais entendu personne me donner un véritable argument selon lequel nous serions vraiment aujourd'hui dans une situation nouvelle justifiant une inversion du phénomène historique, c'est-à-dire une augmentation du temps de travail.     Elle permet de faire oublier que ce projet est un choix politique de faire supporter aux seuls salariés actuels (pas aux employeurs ou à l'impôt) le coût de l'augmentation de l'espérance de vie, en justifiant cela par une nouvelle " idée simple " :   On nous répète qu'il n'y aurait pas d'autre choix, ce qui est bien sûr faux. Surtout, cela permet d'occulter le fait que les inégalités au sein du privé sont bien plus criantes qu'entre le privé et le public. Dans le privé, tout va dépendre de la convention collective, de la taille de l'entreprise ou encore du temps partiel subi ou choisi. Vaut-il mieux être employé à temps partiel subi d'une PME du nettoyage ou à temps plein d'une grande entreprise, avec un accord 35 heures, un CE et une convention collective très favorables ?     Claude D., Maître de conférences de mathématiques à l'École normale supérieure de Lyon.  
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E
On sait le rôle que joue la télévision (et pas seulement TF1) dans ce domaine: Il n'y a aucun débat organisé à une heure de grande écoute avec des syndicalistes sur la question des retraites, mais on nous assène  sans cesse des arguments fallacieux afin que l'on se résigne à accepter d'abandonner les acquis des luttes sociales. Qu'elle organisation est prête à éditer un argumentaire lisible par le plus grand nombre  pour dénoncer l'imposture, qu'elle organisation a les moyens de diffuser un tel argumentaire dans tout le pays et notamment dans les entreprises?
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