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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Robert Michels avait décidément tout compris lorsqu’il analysait les travers du mouvement socialiste de son temps et nous ferions bien de nous en inspirer…

Le sociologue allemand, dans un passage d’une grande lucidité de son ouvrage devenu classique, Les Partis politiques, décryptait les enjeux des luttes de pouvoir au sein des partis socialistes du début des années 1900.

D’une façon générale, la direction d’un parti socialiste comme le SPD allemand, la SFIO française ou le PSI italien sera toujours accusée par son opposition de gauche de dérives oligarchiques et réformistes. L’opposition de gauche aura alors beau jeu de brandir la carte de la radicalité, de la démocratie interne et du renouvellement des générations.

Cette ligne de fracture se retrouve trait pour trait, un siècle plus tard à l’intérieur du PS où la direction Hollande-Royal-DSK est dépeinte en oligarchie verrouillée et réformiste par l’opposition PRS-NPS solidement implantée dans le MJS et l’UNEF.

Inutile de dire que la démonstration ne vaut pas que pour le PS… Pour Robert Michels, il s’agit dans tous les cas d’une opposition de façade et les opposants qui brandissent l’étendard de la démocratie interne oublient leurs bonnes intentions si d’aventure ils conquièrent la majorité du parti. Eux aussi se transforment en notables et finissent par former une oligarchie verrouillée face à laquelle d’autres oppositions émergeront.

Fortement influencé par l’anarcho-syndicalisme de la CGT, Robert Michels se montre sceptique sur la capacité du mouvement socialiste à rompre avec les pratiques oligarchiques et la personnalisation de la vie politique qui émoussent les révolutionnaires les plus endurcis.

L’histoire de la défaite de Pierre Darchicourt, de l’arrivée au pouvoir et de la transformation de Gérard Dalongeville était déjà écrite dans le livre de Robert Michels. Incarnant une gestion « oligarchique » et verrouillée de la municipalité, Pierre Darchicourt a été battu par un Gérard Dalongeville qui brandissait l’étendard de la transparence, de la démocratie et du renouvellement générationnel.
Des bonnes intentions très vite oubliées : comme Pierre Darchicourt en son temps, Gérard Dalongeville est devenu un notable autoritaire au point qu’après six ans de traversée du désert, c’est un Pierre Darchicourt transformé qui rêve d’un retour gagnant.

L’histoire se répètera-t-elle ? Robert Michels n’est là d’aucun secours. Inutile de prendre sa carte à la CNT. Pour l’auteur des Partis politiques, le syndicalisme révolutionnaire développe les mêmes travers que le mouvement socialiste et les anarcho-syndicalistes les plus orthodoxes ne sont pas prémunis contre toute dérive oligarchique.

Les Héninois en ont assez des notables, ils en ont assez des pratiques monarchiques et oligarchiques du pouvoir. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le FN qui pousse la starification et la personnalisation de la vie politique à des limites jamais atteintes dans notre ville ne gagnera pas l’élection : qui peut croire que Steeve Briois et Marine Le Pen qui se baladent déjà avec des gardes du corps, deviendront les humbles promoteurs de la démocratie participative ? Personne n’y croit !

Loin des débats politiciens qui agitent le microcosme et qui opposent des notables en place à des notables en devenir, le PCF d’Hénin-Beaumont travaille avec ses partenaires de gauche à un programme qui mettra enfin un terme aux dérives oligarchiques et autoritaires du pouvoir. Au niveau local, les hommes et les femmes de gauche peuvent se rassembler pour faire vivre la démocratie participative et lever un nouvel espoir pour notre ville.
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H
Et guy Creuze ?Et jean Bernard Deshayes ?Il faut savoir laver devant sa porte.
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D
Jean-Bernard Deshayes a quitté la section PCF d'Hénin-Beaumont et n'a plus sa carte au Parti communiste. Quant à Guy Creuze, son refus répété de suivre la section sur la voie de l'indépendance lui a valu d'être radié du comité de section. Dans un parti du mouvement ouvrier, dans un parti marxiste et révolutionnaire, il n'est pas admissible d'avoir des élus qui n'en fassent qu'à leur tête et fassent de la résistance pour empêcher le parti de s'affirmer. Ce que j'écris, je l'applique.