Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

 

Publié par David NOËL

11-11-07.JPGLes communistes ont assisté, hier matin, à la traditionnelle cérémonie du 11 novembre.

C'est un enfant de l'école Breuval qui a lu la lettre d'Alain Marleix, secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, avant les remises de gerbe de la municipalité et des présidents des associations patriotiques.

Dans la soirée, les militants communistes se sont rendus à la maison de quartier Maurice Thorez où avait lieu une lecture-spectacle des Carnets de guerre de Louis Barthas. En ce 11 novembre, la lecture du très beau texte du tonnelier de l'Aude était particulièrement émouvante.

Artisan tonnelier de Peyriac Minervois, Louis Barthas avait 35 ans en 1914. Louis Barthas n'avait pour seul bagage que son certificat d'études, mais était un véritable autodidacte lecteur de Marx, Zola et Victor Hugo.
A la veille de la première guerre mondiale, Louis Barthas militait à la SFIO et à la CGT et possédait une solide culture socialiste et pacifiste qui explique pourquoi il n'a jamais adhéré à un patriotisme qui lui répugnait.

Tout au long de ses Carnets de guerre, rédigés sur 19 cahiers d'écolier soigneusement recopiés après la guerre, Louis Barthas condamne la bêtise des officiers et des journalistes "patriotards", il célèbre les scènes de fraternisation, comme celle de Neuville-Saint-Vaast et les trêves localisées qu'on observe dans de nombreux endroits du front, il évoque les mutineries de 1917 et les soldats refusant d'aller au combat en chantant l'Internationale ou en criant : "Paix ou révolution" ! Il termine ses carnets en se promettant de lutter "sans trêve ni merci jusqu'à [s]on dernier souffle pour l'idée de paix et de fraternité humaine".

Alors, certes, toute la question, du point de vue de l'historien, est de démêler la reconstruction pacifiste opérée après guerre, des sentiments réels des auteurs de carnets de guerre, mais rien ne permet de mettre en doute la sincérité de Louis Barthas.
On sait maintenant qu'en 1914, beaucoup de Français ont d'abord ressenti de la consternation à l'annonce de la déclaration de guerre, une consternation qui a pu laisser place à de la résolution, mais on peut douter qu'il y ait eu une réelle ferveur patriotique. Loin d'être consentants, la plupart des soldats ont été contraints de faire la guerre par tout un appareil d'Etat à la fois policier et idéologique.  

Depuis sa tombe, Louis Barthas nous crie paix et fraternité. La section communiste d'Hénin-Beaumont remercie l'Escapade pour avoir organisé cette émouvante lecture-spectacle décentralisée à la Maison de Quartier Maurice Thorez.

A l'heure où des jeunes gens se font tuer en Irak et en Afghanistan, Louis Barthas nous rappelle que la guerre est toujours un crime et ses promoteurs des assassins. En ce 11 novembre, quel meilleur hommage pouvait-on rendre aux combattants de la première guerre mondiale ?  
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article