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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Liberte62La lutte exemplaire des cheminots en grève depuis mardi soir, mais aussi des agents de la RATP et des étudiants qui refusent la loi LRU, synonyme de privatisation programmée des universités ouvre un chemin vers l’avenir.

Le mois dernier, le pouvoir célébrait, avec Guy Môquet, une Résistance  soigneusement vidée de tout contenu subversif ; depuis mardi, les cheminots et les étudiants, qui seront rejoints la semaine prochaine par les fonctionnaires nous montrent que la résistance est une idée neuve.

Car malgré le bal des sondages et des micro-trottoirs qui ne visent qu’à opposer les salariés les uns aux autres, malgré les éditoriaux fustigeant les « privilégiés », malgré les appels de Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur, aux étudiants anti-grévistes, les citoyens ne sont pas dupes.
Le gouvernement mène une politique de classe à destination des plus riches et les accents anti-syndicalistes des ministres de la République disent assez dans quel camp se trouvent Nicolas Sarkozy, François Fillon et leurs complices. Si quelqu’un en doutait encore, le paquet fiscal de 14 milliards d’euros voté début juillet pour les plus favorisés ne laisse plus aucun doute.

Le gouvernement est au service du patronat, les Français l’ont bien compris, mais excédés par la précarité, le chômage, la baisse continue du pouvoir d’achat, ou convaincus par les discours de Christine Ockrent ou de Jean-Marc Sylvestre qui expliquent à longueur d’émission qu’ « il n’y a pas d’alternative », beaucoup de nos concitoyens peuvent être tentés de céder au fatalisme.
Pourtant, la droite n’a pas encore gagné la bataille idéologique, les résistances qui se lèvent un peu partout le montrent chaque jour.

Le dernier rapport du COR, le Conseil d’Orientation des Retraites, estimait que pour garantir les 37,5 annuités de cotisation et un niveau des pensions inchangé, il faudrait, à l’horizon 2050, consacrer entre 2 et 5 points de PIB supplémentaires aux retraites. Où est donc le problème des retraites quand on sait que le PIB va doubler, d’ici 2040 ? Pour résoudre le problème des retraites, il suffirait d’augmenter les cotisations de 15 %. Lissée sur 40 ans, cette augmentation représenterait une augmentation annuelle des cotisations de 0,37 %. C’est la cotisation des employeurs jointe à l’élargissement de l’assiette de prélèvement à tous les éléments de rémunération (intéressement, stock-options) qui doit supporter l’essentiel de cette augmentation. 

Présents dans les luttes aux côtés des syndicalistes et de tous les citoyens qui refusent la fatalité d’un capitalisme toujours plus dur, les communistes doivent porter haut et fort les couleurs de la résistance à la droite et à sa politique de casse sociale.

Résister, comme le font les cheminots et les étudiants en lutte, c’est montrer qu’un autre monde est possible, qu’il n’y a pas de fatalité, c’est créer de l’espoir et des alternatives.

Résister, c’est inventer de nouvelles formes de solidarité et faire vivre le beau mot d’égalité, quand la droite lui substitue une « équité » synonyme d’alignement par le bas. 

Résister, c’est enfin relever la tête, refuser la soumission et se battre pour une société plus juste et plus solidaire.

1936, 1947, 1968, 1995… Les mouvements de grève ont souvent permis de défendre et de conquérir de nouveaux droits, ils ont parfois changé la société. L’automne 2007 sera-t-il cet automne de la résistance que des millions de Français attendent ? On ne le sait pas encore, mais les étudiants, les cheminots et demain les fonctionnaires nous en montrent le chemin. Suivons-les !

Résister, c'est créer   
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