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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

"Dans un climat de suspicion générale vis-à-vis de médias omniprésents, la tentation est de les soupçonner de parti pris. L'opinion étant majoritairement hostile à la grève, ce sont les grévistes qui se sentent victimes de la partialité supposée des organes d'information. Le même sentiment, poussé jusqu'à la diabolisation, est exprimé par les étudiants qui réclament l'abrogation de la loi sur l'autonomie des universités, votée cet été, et qui militent pour le blocage des établissements. Encouragés par des sites Internet qui usent et abusent de la dénonciation des journalistes, les uns et les autres rendent les médias responsables de leur propre incapacité à convaincre l'opinion."

Non, l'éditorialiste anonyme du Monde qui ose cette analyse à tomber par terre n'est pas devenu fou et paraît tout à fait sérieux. Partialité des médias ? Quelle partialité ? Il faut s'appeler Acrimed ou Le Plan B pour voir de la partialité là où il n'y a que des journalistes faisant leur travail, sans parti pris !
A hurler de rire, car comme l'écrivent avec humour Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts dans Libération d'hier, la grève des cheminots a trouvé son héros, défenseur de la veuve et de l'usager torturés par les grévistes privilégiés... Ce héros s'appelle... Jean-Pierre Pernaut !

Depuis mardi, toutes les télés se sont mises au diapason de TF1 et on ne nous épargne rien des tracas des fameux usagers en colère. L'information se limite à des micro-trottoirs et les journalistes qui couvrent les grèves étudiantes d'opposer une poignée d'étudiants bloqueurs politisés à la majorité d'étudiants désireux de reprendre les cours et qu'importe si les leaders des "anti-blocage" sont en fait des militants de l'UNI ou de Liberté Chérie tout aussi politisés que les étudiants en grève, les journalistes n'en disent rien. 
Depuis mardi, les journaux télévisés et la presse écrite font leurs choux gras de sondages soi-disant défavorables aux grévistes. Comme d'habitude, tout est dans les questions... Aucun sondage n'a mis en avant les propositions des organisations syndicales : retraite à 60 ans à taux plein, retour aux 37,5 annuités de cotisations dans le public comme dans le privé, financées par une taxation des revenus du capital et une augmentation des cotisations patronales. L'alternative est là, mais dans les colonnes du Monde, du Figaro ou dans les sujets de TF1 et de France 2, ces propositions sont systématiquement évacuées.

Le Parti de la Presse et de l'Argent (PPA comme l'appellent nos amis sardons du Plan B) a choisi son camp : celui du gouvernement et du MEDEF qui exige le passage à 42 puis à 45 annuités de cotisations et la mise en place de fonds de pension. Logique, les salariés ne pourront pas cotiser 45 annuités et par le jeu des décôtés, ils ne pourront prétendre qu'à des pensions dérisoires...

Alors, cette après-midi, les ultra-libéraux de Liberté Chérie et d'Alternative Libérale, les étudiants sarkozystes de l'UNI et des élus UMP entendent bien défiler à Paris et rejouer le coup du 30 mai 1968, quand la fameuse "majorité silencieuse" gaulliste défilait contre la "chienlit". Même slogans, même hargne anti-grèves et anti-syndicats et nul doute que les journaux télévisés de ce midi et de ce soir relaieront avec complaisance une initiative présentée par ses initiateurs comme une manifestation d'usagers "apolitiques" favorables à la liberté du travail bafouée par des grévistes nantis et privilégiés...

Le PPA joue sa partition. Les habitants d'Hénin-Beaumont ne sont pas dupes, les Héninois savent bien ce qu'il en est. Fermetures de Metaleurop, de Sublistatic, d'Energy Plast, licenciements chez Faurecia, suppressions de postes au lycée Darchicourt et au lycée Pasteur... La logique du profit touche sans distinction les salariés du public comme du privé.
A la porte de Faurecia, les ouvriers de 55 ans que nous rencontrons nous disent la pénibilité de leur travail, les douleurs, le mal de dos, la hâte de partir en retraite...

Acquis aux intérêts du capital, le PPA participe au conflit de classe qui se joue sur fond de division des classes populaires et de volonté d'une droite thatchérienne et ultra-libérale d'écraser le mouvement social. C'est peut-être le paradoxe des luttes sociales actuelles : jamais la lutte des classes n'a été aussi visible, jamais la volonté revancharde du patronat et de la droite aussi transparente.

La lutte des classes existe et le camp du patronat est bien organisé. Pour défendre nos droits contre les attaques du patronat, de la droite et du Parti de la Presse et de l'Argent, soyons révolutionnaires !
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A
Un lien vers une galerie d'images critiques des médias : http://www.local.attac.org/paris19/article.php3?id_article=193
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E
Des patrons qui cherchent à acheter les militants syndicaux c'est vieux comme la classe ouvrière. De là à généraliser, il y a un pas à ne pas franchir. Plus les syndicats  auront d'adhérents,militants actifs mieux pourront être isolés les éventuels "vendus"des syndicats.  Par les  temps  actuels tenir des discours du style  "tous les syndicats sont pourris" c'est aider Sarkozy à casser les acquis sociaux. Soyons constructifs et solidaires çà vaudra mieux ! GADAREM LOU MORALSALUT ET FRATERNITE - EL DIABLO -
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E
QUAND ON VOIT QUE LES SYNDICATS ET LEUR LEADER SONT PAYES AU NOIR PAR LE PATRONAT .NE SOYONS PAS SURPRIS QUE CES DERNIERS BAISENT LES OUVRIERS.A TITRE PERSONNEL,LORSQU'ILS ONT ACCEPTE QUE LA RETRAITE PASSERAIT DES 10 AUX 25 MEILLEURS ANNEES,J'AI VU LA MIENNE DIVISE PAR DEUX.car dans le privé(contrairement au public) ,et grace à mon travail,j'ai pu faire évolué mon salaire en gimpant des échelons professionnels.alors MERCI les corrompus .quand rendrez vous des comptes, les fumeurs de cigare!!!!!!! qui trahissent le monde ouvrier qui vous a mis au pouvoir. pauvre france.....
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E
La "défense élastique" ?! ... Moi-même j'espère car il ne nous reste plus que la CGT pour défendre notre bifsteack...
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E
Sans voir faire de comparaisons trop hâtives, on sent dans l'attitude de Thibault (et d'autres dirigeants de la confédération d'ailleurs) comme un air déjà entendu du côté de R.Hue au PCF dans les années 90 : la capitulation en rase campagne face au capitalisme. Mais les choses ne seront  si simples  à la CGT  car la "base"  qui bosse  dans  les  entreprises  a les  moyens  d'inverser  la vapeur  (si je puis  dire sans jeu de  mots  facile...)
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D
Franchement, je ne sais pas qu'en penser. Est-ce qu'il s'agit d'une capitulation en rase campagne face au capitalisme ? ou alors, d'une "défense élastique" comme l'espèrent les camarades de Réunification syndicale ? http://www.webzinemaker.com/admi/m6/page.php3?num_web=27907&rubr=1&id=341137J'ai envie que ce soit un choix tactique réfléchi, mais je ne sais pas.
E
Ce matin à l'émission "l'esprit public" sur "France-Culture" (débat entre intellectuels dont Max Gallo, ex-porte parole de Mitterrand), Bernard Thibault est couvert d'éloges par les mêmes qui dénigrent les cheminots grèvistes ...Cherchez l'erreur
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D
Bien sûr, ces gens-là se félicitent du revirement de Bernard Thibault, ils rêvent que la CGT devienne une CFDT-bis, ils ne conçoivent pas le syndicalisme de lutte, pour eux, le syndicalisme doit être un instrument d'accompagnement de la casse sociale.