Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

 

Publié par David NOËL

Coudry-Julliard.jpg Bruno Julliard vient de démissionner de la présidence de l'UNEF pour "raisons personnelles". En fait, l'ancien président du syndicat étudiant devrait figurer sur les listes de Bertrand Delanoë aux élections municipales de mars prochain.

Il n'y a bien entendu rien de choquant à ce qu'un syndicaliste s'engage en politique, mais l'annonce de la démission de Bruno Julliard sonne comme une mauvaise farce.

D'abord parce que l'ancien président de l'UNEF a cédé, durant le conflit contre le CPE, aux sirènes des plateaux de télévision, jouant le jeu de la médiatisation avec Julie Coudry, la présidente de la Confédération Etudiante.

A la starification des responsables syndicaux étudiants à l'oeuvre au printemps 2006 s'opposent les critiques antilibérales d'étudiants radicaux nourris des analyses d'Acrimed et du Plan B.
Dans les AG de 2006 comme dans celles de cet automne, les étudiants en lutte ont refusé la personnalisation des luttes collectives, en mandatant plusieurs porte-paroles, en imposant la rotation des mandats.

Dans le numéro de mai-juin 2006, nos amis du Plan B analysaient les deux logiques concurrentes des syndicats étudiants représentatifs et des coordinations étudiantes :

"Deux logiques s'opposaient donc : celle, radicale, des coordinations étudiantes, soucieuses, pour ne pas personnaliser une lutte collective, de ne pas propulser des porte-parole dans les médias ; et celle, contestée par la base, des organisations étudiantes représentées par des « vedettes » d'autant plus appréciées des journalistes qu'elles acceptaient toutes les mises en scène.
Lauréate de la CPE-académie : Julie Coudry. La porte-parole de la Confédération étudiante (émanation de la CFDT) surclassa ses concurrents grâce à une trouvaille de marketing, une casquette en velours qu'elle refusait d'ôter même sous la canicule des projecteurs.
La personnalisation ouvre la voie à la récupération. Elle permet aux médias de transformer une contestation en comédie, avec ses héros dépolitisés, ses intrigues, ses jeunes premiers et ses cocus. « On va recevoir un étudiant qui en l'espace de deux mois est devenu une véritable coqueluche des médias », aboie Marc-Olivier Fogiel en accueillant le président de l'UNEF, Bruno Julliard. Sitôt que ce dernier esquisse un raisonnement politique, l'animateur exige qu'il dévoile « la part de perso qui se joue là-dedans ».
"

Bruno Julliard a joué le jeu des médias, pour le meilleur et pour le pire, obtenant au passage une légitimité médiatique en plus de la légitimité institutionnelle de l'UNEF. Rien d'étonnant à ce qu'il soit insulté par les lecteurs du Figaro qui le traitent d'apparatchik. En acceptant la personnalisation d'une lutte collective, Bruno Julliard a transformé son combat de responsable syndical en aventure individuelle.

Erigé en icône du mouvement étudiant et fort de sa légitimité médiatique, le président de l'UNEF a participé aux négociations, début juillet, sur la loi LRU et a obtenu un certain nombre de concessions.

L'UNEF est évidemment hostile à la loi LRU et à ce qui ressemble fort à une privatisation programmée des universités, mais comment traduire cette hostilité en actes, quand le président du premier syndicat étudiant se retrouve sous les feux des projecteurs à débattre avec tout ce que les plateaux de télévision comptent d'"experts" à la Jacques Marseille et consorts ?

Au fond, Bruno Julliard s'est laissé piéger par la respectabilité conférée par sa notoriété acquise lors du combat contre le CPE et c'est ce qui explique les atermoiements de l'UNEF, qui pendant tout le mouvement étudiant, s'est refusée à exiger l'abrogation de la loi LRU.

L'annonce de la démission de Bruno Julliard n'est qu'un nouvel épisode d'une capitulation en rase campagne qui s'est en réalité jouée bien avant, dès lors que le président de l'UNEF, dès 2006, avait délaissé les AG pour les lambris des palais de la République et les flashs des projecteurs.

Alors que le mouvement étudiant s'effiloche, c'est désormais la crédibilité de l'UNEF comme syndicat ancré dans les luttes qui est en question et il y a fort à parier que les étudiants les plus radicaux se tourneront de plus en plus vers SUD Etudiant, très actif durant tout le mouvement. 

Mais Bruno Julliard s'en moque et ne rendra pas de compte, Bertrand Delanoë lui a promis un poste d'adjoint...
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
W
Réponse ce dimanche David.
Répondre
W
"Alors que le mouvement étudiant s'effiloche, c'est désormais la crédibilité de l'UNEF comme syndicat ancré dans les luttes qui est en question et il y a fort à parier que les étudiants les plus radicaux se tourneront de plus en plus vers SUD Etudiant, très actif durant tout le mouvement."Clap clap clap. Alors  là David, c'est le ponpon. Médites tes propos en remplaçant UNEF avec PC , étudiants avec électeurs héninois et Sud Etudiant avec un des partis extrémistes de ton choix. Et stp dis moi que vois tu ?
Répondre
D

En tout cas, je ne vois pas ce que vous cherchez à démontrer puisqu'à la différence de l'UNEF au cours du mouvement contre la LRU, le PCF est dans les luttes.

C'est justement parce que nous sommes dans les luttes que contrairement à d'autres, nous sommes encore capables de voir quand le danger fasciste est à nos portes.

Mais, vous où étiez-vous au moment du CPE, où étiez-vous cet été quand il a fallu mobiliser contre le service minimum, où étiez-vous le 18 octobre quand le PCF d'Hénin-Beaumont a initié une
manifestation pour les services publics et contre la casse des retraites ?
Les tracts, c'est moi qui les ai écrit, c'est moi qui les ai envoyés aux syndicats et aux autres partis pour qu'ils co-signent, y-compris à la LCR. Il faut être d'une rare mauvaise foi pour nous
accuser de ne pas être dans les luttes.
D'autant plus que je ne vous ai pas vu... C'est un peu facile de ne rien faire et de venir jouer aux donneurs de leçons.


P
J'ai lu ton message sur le syndicalisme étudiant.J'ai lu ce que tu écris sur la FSE, syndicat dont j'ai été secrétaire national pendant 3 ans.Si tu étais passé ne serait-ce que 10 minutes sur le stand que nous tenons depuis 3 ans à la fête tu n'aurais écrit que la FSE est Marxiste-Léniniste.Je suis profondémen t choqué de ton ignorance.Pierre-Olivier POYARD, membre du PCF et de la JC depuis 2004
Répondre
D


Loin de moi l'idée d'attaquer les camarades de la FSE.

Bien entendu, on ne peut pas réduire un syndicat étudiant à une seule "culture politique". La présentation que j'ai faite des différents syndicats étudiants était volontairement sommaire, pour
que les lycéens qui nous lisent puissent savoir qui est qui.

La FSE n'existe pas sur Lille. Le syndicat qui en est le plus proche, l'Agel-RS, a refusé la réunification de l'UNEF en 2001, comme les AGE qui composent l'actuelle FSE ; l'Agel-RS est proche de
la Coordination Communiste, c'est de notoriété publique.
A ma connaissance, les AGE oppositionnelles de l'UNEF qui ont rejoint le réseau UNEF-RS ou la FSE en 2001 l'ont fait sur des bases politiques souvent proches.

Après, la FSE est un syndicat étudiant, il n'y a pas une seule "culture politique" à la FSE. Je ne l'ai jamais écrit et je ne le pense pas.



R
bon débarras...mr julliard n'est pas un syndicaliste dans la mesure ou sa petite carriere prime sur le combat collectif...
Répondre