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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par PCF

monnaie.jpgS’il innove dans la forme, en proposant aux salariés de « se payer » eux-mêmes leurs augmentations en puisant dans leurs épargnes, Sarkozy reste sur le fond fidèle au dogme avec lequel gouvernements successifs et patronat justifient depuis des décennies le refus de revaloriser les rémunérations : impossible d’augmenter le « coût du travail » sous peine de mettre en péril la compétitivité.

Un discours sans cesse ressassé qui ignore systématiquement un autre coût, assumé par les entreprises : dividendes versés aux actionnaires, pactoles jetés dans des opérations de fusion-acquisition, de rachat d’actions, prix du crédit élevé ( imposé par la BCE et sa politique d’euro fort)... Une montagne de prélèvements sur les richesses produites, de ressources brûlées sur l’autel des marchés financiers, au détriment, faut-il le préciser, des salaires et de l’investissement. De 1993 à 2006, alors que la richesse nationale créée (PIB) s’est accrue de 33 %, les revenus financiers des entreprises ont gonflé de 162 % (de 58 milliards d’euros à 183 milliards en euros constants).

Comment inverser la tendance ?

En luttant à l’échelle européenne pour changer les priorités de la BCE, mais aussi en France pour donner aux salariés pouvoir d’intervenir dans les choix de gestion de leur entreprise afin de mener la « chasse aux coûts du capital ». Et à l’inverse de valoriser le travail. Nombre d’études le soulignent : la qualification du travail, atout majeur pour l’efficacité des entreprises, n’est pas reconnue dans les grilles de salaires. Une vaste opération de mise à jour s’impose en la matière. Ce pourrait être l’objet d’une conférence tripartite ( syndicats, patronat, gouvernement) sur les rémunérations dont la gauche unie réclame la convocation.

Impulser une dynamique favorable aux salaires implique aussi de remettre en question les politiques publiques qui ont dégradé la situation. A commencer par la précarisation de l’emploi dont une étude de l’INSEE vient de montrer qu’elle est la raison essentielle de la stagnation depuis trente ans du revenu salarial annuel. A l’opposé des nouvelles déréglementations recherchées par le MEDEF dans l’actuelle négociation sur le marché du travail, il s’agirait donc de mettre à l’ordre du jour une sécurisation de l’emploi. Dans un premier temps, la taxation du recours aux emplois précaires, au temps partiel contraint, irait en ce sens. Deuxième levier entre les mains des pouvoirs publics : les exonérations de cotisations sociales (plus de 26 milliards d’euros par an) sur les bas salaires, largement responsables du phénomène de smicardisation de la France, et sans efficacité prouvée pour l’emploi.

Cette critique étant de plus en plus difficile à esquiver, Sarkozy dit vouloir conditionner l’octroi des exonérations à l’ouverture de négociations salariales. Cela ne suffit pas à donner aux salariés l’assurance d’un résultat sur la fiche de paie. De ce point de vue, un moyen plus efficace serait de moduler le niveau des cotisations selon la part de la valeur ajoutée consacrée aux salaires.
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