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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Voilà, c'est fait. Malgré la mobilisation de tous et de toutes, malgré notre campagne, nos pétitions, la révision constitutionnelle est passée et permettra au Président de la République d'adopter le Traité de Lisbonne sans référendum. Dans le détail, les résultats du vote du Congrès réuni à Versailles montrent le décalage entre la représentation nationale et la volonté des citoyens.

Résultat du vote :
Inscrits : 908 (577 députés et 331 sénateurs)
votants : 893
exprimés : 741
majorité requise de 3/5 des exprimés pour l'adoption : 445
Pour l'adoption : 560
Contre l'adoption : 181


Tous les députés et sénateurs communistes, rejoints par 121 parlementaires socialistes et quelques députés souverainistes ont voté contre la révision constitutionnelle. 

Au nom des députés communistes et républicains, Alain Bocquet, député du Nord est intervenu pour condamner ce qui constitue une véritable forfaiture. Le texte et la vidéo de l'intervention d'Alain Bocquet sont en ligne sur notre blog.

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Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, Chers collègues,

Vous proposez une révision de la Constitution déjà revue sur le même point en février 2005. A l’époque seuls les députés et sénateurs communistes en tant que groupe avaient dit Non. Ici même, 93% de parlementaires sûrs d’eux disaient Oui, avant que le 29 mai 2005, 55% des Français rejettent le traité constitutionnel.

Échaudés par l’expérience, vous avez mis en place un scénario pour faire passer le même texte sur le fond. Valéry Giscard d’Estaing l’avoue : dans le Traité de Lisbonne, « les outils sont exactement les mêmes. Seul l’ordre a été changé dans la boite à outils »

Aujourd’hui, il faudrait donc entériner votre refus d’un référendum ou encourager des manœuvres politiciennes aboutissant au même résultat. Nous disons Non à ce coup de force privant notre peuple de sa souveraineté. La vraie question c’est la démocratie. Les Français qui ont rejeté le traité de 2005 veulent à nouveau, se prononcer. Et Nicolas Sarkozy le disait lui-même, le 9 mai 2004, devant l’UMP :« La souveraineté c’est le peuple. A chaque grande étape de l’intégration européenne, il faut donc consulter le peuple, sinon nous nous couperons du peuple. » Mais là encore, ses actes ne suivent pas ses paroles. Autant emporte le vent du libéralisme !

La démocratie, voilà en fait ce que redoutent la Commission européenne, le Président de la République et les forces qui vous soutiennent parce qu’elles sont soumises aux attentes des milieux d’affaires.

Et pour cause ! L’Europe que vous voulez faire passer en force, ce n’est pas l’Europe des peuples mais la leur ! Celle de la concurrence libre et non faussée ; de la libre circulation des capitaux ; de la liquidation des services publics ; d’une Banque Centrale Européenne indépendante pour mieux peser sur les salaires... Vous liez la France aux quatre volontés d’une Europe supercapitaliste aux 65 millions de pauvres, aux 20 millions de chômeurs, aux dizaines de millions de mal-logés dont trois millions en France.

Comment cette Europe-là dont vous refusez de soumettre le bilan et les projets au jugement des Français, pourrait-elle répondre à leurs attentes ? Cette Europe de l’argent-roi devenu l’argent fou, comme le révèle le scandale de la Société Générale !

La France s’est prononcée au premier tour de la présidentielle pour un référendum, puisque tous les candidats sauf Nicolas Sarkozy, en étaient partisans. Les peuples européens réclament majoritairement (59% en France), une consultation référendaire. Refuser de consulter les peuples, c’est bâillonner la démocratie. Et si le dernier mot, qui est dû au peuple, lui est confisqué par cette manœuvre politico constitutionnelle, alors il faut voter contre, s’opposer à la forfaiture et faire respecter la démocratie.

Alors que les deux cinquième de parlementaires déterminés suffiraient à imposer la consultation du peuple, voter la réforme constitutionnelle ou laisser passer reviendra au même.

Je le dis fraternellement à nos collègues socialistes : pourquoi remettre au lendemain ce qui est possible le jour même ? Demain il sera trop tard, même pour une motion référendaire qui connaîtra, à l’Assemblée, le même échec qu’au Sénat face à la majorité parlementaire l’UMP. Pourquoi servir de béquille à la frénésie d’une Europe ultralibérale de Nicolas Sarkozy, lui que vous combattez avec les mots les plus durs par ailleurs ? Vous dites être favorables à un référendum ? C’est le moment de le montrer. Hic Rhodus, hic salta ! Voici Rhodes, c’est ici qu’il faut sauter. En substance, c’est le moment de montrer ce dont vous êtes capables « ici et maintenant ».

Alors que ce traité menace d’être irréversible, il faut, pour préserver la perspective et l’espoir de construire l’Europe des peuples, faire droit à l’exigence des Français d’être consultés. Nous voterons pour mettre en échec la réforme constitutionnelle que vous préconisez. Nous voterons pour le respect de la démocratie. En conséquence, nous voterons contre ce texte.

Alain BOCQUET

- Député du Nord
- Porte-Parole des député-e-s communistes et républicains

 
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M
"Pour le PC comme pour le PS, l'alliance est une nécessité vitale"Ah ! Ben ! N'effet ! Si tarik le dit (et il n'est pas le seul), ça doit être vrai.Sauf que, j'en connais une autre de "nécessité vitale", c'est d'être crédible aux yeux des électeurs du "populaire" (on disait autrefois, des "masses") et là, faut bien avouer que ça commence à coincer grave !Je n'aurai pas la cruauté de rappeler les scores du PCF dans un passé pas si lointain (aux alentours des 20%),  étrangement, on a vu ceux ci "plonger" régulièrement  à mesure que les dirigeants de ce parti  tentaient à tout prix (et à quel prix en effet !), de passer des accords qui ressemblaient fort à des compromissions plutôt qu'à des compromis (ce qui, à la rigueur aurait pu être admis). Simple coïncidence me direz vous (va savoir Charles).Comme le disait très bien un certain Joseph (Iossif) Vissarionovitch Djougachvili, plus connu sous un autre nom qui n'a d'ailleurs pas laissé (pour d'autres raisons) que des bons souvenirs dans l'Histoire ( j'en conviens, mais quand même) : "Il ne peut y avoir d'accord qu'entre égaux", je vous laisse juge.Cordialement
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T
ne soit pas désolé Aurélien ! Pour le PC comme pour le PS, l'alliance est une nécessité vitale.
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A
 Dommage de voir qu'après cela le PCF continue de s'allier avec le PS un peu partout en France...
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