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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Il n’y aura pas de plan de rigueur : cette affirmation, réitérée avant les municipales et encore maintenant, était à prendre, cela va de soi, avec les pincettes qui conviennent, tant ce pouvoir a un rapport disons relatif à la vérité. On l’a bien vu dans l’affaire de Gandrange.

C’est tout juste si, hier, Sarkozy n’allait pas convoquer le PDG du groupe siderurgiste indien Mittal pour lui tirer les oreilles et lui faire voir avec quel coke il devait faire son acier. C’était avant que Fillon ne se montre autrement accomodant :« Nous ne voulons pas gérer les entreprises à la place des entreprises ». Arcelor Mittal doit pouvoir « opérer librement dans une économie de marché ». Ah, cette liberté d’attenter à celle des autres, en les privant de travail, de salaire et des fruits mêmes de leur travail quand ce sont eux qui ont grossi les fortunes de leurs actionnaires et patrons.

Il n’y aura pas de plan de rigueur mais de la gestion sérieuse. Avec l’aplomb d’un Pinocchio, Fillon ne cesse de le répéter. Mais tout le monde le voit, son nez s’allonge. Le gouvernement envisage sept milliards d’économies. Comment ? Sur le dos des plus modestes dans les secteurs du logement, de la santé, de l’emploi, de la formation. Une centaine de mesures au total baptisées « Modernisation de l’économie » dont 35 000 suppressions d’emplois dans la fonction publique, déjà en train, avec les réactions que l’on sait, dans l’éducation nationale.

Combien dans les hôpitaux, combien dans les services de l’emploi déjà bien en peine et que lorgnent les agences d’intérim, combien de subventions en moins pour les associations dans les quartiers difficiles, combien en moins pour la culture ? Le sport ?

Le gouvernement et Sarkozy avaient fait grand cas de l’arrivée dans leur équipe de Martin Hirsch, président de la Communauté d’Emmaüs avec dans ses cartons le RSA, le revenu de solidarité active permettant à un allocataire du RMI ou autre de garder ses revenus en cas de reprise d’un travail. C’était un beau moyen, nous disait on alors, avec les accents de sincérité évoqués de favoriser et encourager le retour à l’emploi.

« Trop coûteux » a dit Fillon. Pas enterré certes ( « on va essayer en 2009 »...) mais trop coûteux. Au fait que devient le plan banlieue de Fadela Amara ?

On voit à ce propos ce qu’il en est de l’ouverture. Kouchner muet quand il n’est pas dans son habit de va-t-en guerre. Bockel rétrogradé. Fadela Amara et Martin Hirsch inutiles. C’était un leurre, un mensonge de plus. C’était un choix tactique permettant à l’UMP d’aborder l’échéance des municipales en jouant de la flûte de gauche pour entre autres camoufler les voix du FN. Les municipales sont passées. Dès le soir du second tour, le gouvernement niait qu’il s’agisse d’une sanction et voulait y voir un encouragement à poursuivre les « réformes ». C’était une stratégie. Fillon était en réserve.

Maintenant il frappe, pour de vrai...
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