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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Les militants du Parti Communiste étaient présents mardi matin, aux portes du lycée Pasteur, où l'UNL et le SNES appelaient à un rassemblement contre les suppressions de postes.

40 ans après mai 68, la révolte de la jeunesse est porteuse d'espoirs.

A Hénin-Beaumont, à Avion, à Lille, les lycéennes et les lycéens se rebellent contre le plan d’austérité éducative que veut imposer le gouvernement. Ils ont raison. La droite au pouvoir n’a qu’une idée : obtenir de toutes et tous, la soumission aux règles de la grisaille capitaliste et de la bureaucratie financière.

En étranglant les solidarités nationales (sécu, retraites) et les services publics, c’est à dire l’hôpital, la justice, les transports publics et bien sûr l’école, les lycées et l’université, elle veut construire une société du chacun pour soi, du seul contre tous, un monde de ségrégation sociale, d’autoritarisme et d’égoïsme froid.

Ce monde, livré aux puissances de l’argent, au marché, nous n’en voulons pas ! Nous voulons le meilleur pour l’école et la fac.

La jeunesse attend autre chose, notamment de son école et de la fac. Pour se construire comme citoyen, critique et responsable, pour accéder à des emplois épanouissants et rémunérateurs, et pour que cela ne soit pas réservé à une petite élite sociale, nous avons besoin d’un système éducatif qui permette d’amener tous les élèves au plus haut niveau de culture commune.

Permettre à chacun de prendre sa part pour relever les défis économiques, scientifiques, artistiques et environnementaux de ce siècle, suppose donc d’accomplir un effort sans précédent dans l’éducation et la recherche.

La droite et Sarkozy font tout le contraire :

- En supprimant près de 80.000 postes dans l’éducation nationale depuis 2002, près de 12.000 cette année, plus encore les années suivantes, elle surcharge les classes, étouffe tout suivi pédagogique et accroît les inégalités scolaires ;

- En nivelant les programmes par le bas, elle s’apprête à former pour une part des exécutants de l’économie capitaliste, capables de « mémoriser » et d’être « dociles », et à développer des capacités de réflexion et des compétences pour les autres mais en les payant au rabais sans reconnaître leur qualification ;

- En s’attaquant à l’Université (Loi LRU), elle y accroît les mécanismes de sélection, renforce un système à deux ou trois vitesses, et marchandise l’accès au savoir, aux qualifications ;

Les jeunes sont dangereux ?

Non seulement cette droite ne considère pas la jeunesse de notre pays comme une chance, mais elle la stigmatise, surtout lorsque jeunesse rime avec banlieue.

- Pendant que certains parlent d’encadrement militaire pour les jeunes, d’autres dialoguent à coup de flashball et de cars de CRS.

- L’Internet est mis sous surveillance pour empêcher le téléchargement et garantir les profits des majors de l’industrie culturelle, pas des artistes ;

- On met au point des répulsifs anti-jeunes pour les faire abandonner à coup d’ultrasons les lieux où il ne sont pas les bienvenus. Etc...

La jeunesse leur fait peur, mais d’abord et surtout lorsqu’elle prend son avenir en main, qu’elle fait valoir ses droits et sort du gentil moule dans lequel on veut la faire rentrer : une formation au rabais, un boulot mal payé sous les ordres d’un petit chef et Secret Story pour se détendre le soir.

Les mobilisations en cours dans les lycées, les manifestations des 1er et 3 avril montrent, au contraire des discours caricaturaux, beaucoup de rêve, de responsabilité et de solidarité dans ce mouvement : avec les enseignants, le reste de la société et entres les jeunes eux-mêmes. Alors, ne nous laissons pas diviser.

Nous aussi, on peut changer les choses !

Ne nous racontons pas d’histoire, 2008 ce n’est pas 1968. Le monde que nous voulons est à construire à partir des rêves, des besoins et des moyens d’aujourd’hui, et nous n’avons donc pas à « revivre » les luttes engagées par nos parents et grands-parents il y a 40 ans.

Par contre, c’est ce même ordre archaïque, poussiéreux, et que mai 1968 avait bousculé et fait reculer, qui fait son retour avec Sarkozy, Fillon, Darcos, etc... Une France de gros propriétaires, de grands patrons qui nous propose de « travailler plus » pour pas un rond, nous fait la morale et veut faire croire que les inégalités sont naturelles. Elle peut être mise en échec.

Les mobilisations d’hier comme d’aujourd’hui montrent leur portée et leur efficacité lorsqu’elles rassemblent la diversité des forces sociales prenant conscience de leurs intérêt et de leur avenir commun : élèves, enseignants, étudiants, ouvriers, employés, chercheurs, chômeurs, artistes, paysans, sans papiers...

La France n’a jamais été aussi riche, capable de répondre aux besoins qui s’expriment dans tant de domaines (salaires, logements, services, santé, accès à la culture, à la mobilité, développement personnel, démocratie, coopération...). Mais pour cela, il faut que tous les citoyens et toutes les forces qui, à gauche, veulent résolument ce changement, se rassemblent et se mettent au travail pour construire un projet véritablement alternatif. Sans attendre, c’est à cela que veulent contribuer les femmes et les hommes du Parti communiste Français.
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