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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL


Nous avons eu tout au long de notre journée un débat riche, contradictoire qui a permis de mettre en évidence de vraies questions sur lesquelles il nous faut désormais avancer.

Permettez-moi à partir de ce débat d’aborder directement la question du Congrès. Depuis la présidentielle, le débat est engagé : l’assemblée de décembre, les trois journées nationales, les rencontres dans les sections mais nous sommes encore loin du compte. Nous avons besoin d’un bouillonnement d’idées beaucoup plus important.

Cela demande d’y associer plus de communistes. Nous n’avons pas encore assez d’initiatives qui nous permettent de trouver des réponses nouvelles. Cela demande beaucoup d’efforts, particulièrement des premiers responsables car le chemin n’est pas simple au regard de l’objectif et de l’ambition que nous avons.

J’entends ici et là que je serais la gardienne du temple : les clefs à la ceinture, prête à verrouiller les portes. Quelle vision dépassée de ce parti et de ses militantes et militants qui portent des opinions et qui les assument ! Mais aussi de la société : les idées aujourd’hui utilisent tous les chemins les plus modernes pour circuler, regarder la place d’Internet , des blogs….

Mais surtout, comme la grande majorité des camarades, la militante que je suis ressent intimement le besoin d’une dynamique nouvelle pour écrire une page inédite de notre combat. Nous avons commencé à le faire avec le travail sur l’état de la société, du monde, sur le projet politique et, c’est l’objet de notre débat d’aujourd’hui, sur la force politique dont nous avons besoin pour y parvenir.

Alors camarades, mettons cartes sur tables et débattons.

Et permettez-moi de le faire en toute franchise.

D’abord interrogeons nous : où en sommes nous du rapport du peuple à la politique.

Oui il existe une crise politique, celle de la réponse des partis, mais contrairement à d’autres époques, il y a chez les femmes et les hommes qui souffrent de la politique de la droite , qui luttent aussi envie de réponse politique.

Les parents et enseignants qui ont occupé leur école cette nuit ont besoin de cet engagement politique pour élargir leur action. Ils ont besoin pour gagner que des lois soient abrogées, que des moyens financiers soient dégagés et donc d’élus et de forces politiques portant leurs combats. Le syndicaliste qui agit pour maintenir son domaine d’activité dans le secteur public a besoin d’une autre volonté politique que celle du tout marchand.

C’est cela faire de la politique. C’est bien sûr lutter, résister mais ce n’est pas que cela. Faire de la politique, c’est avant tout avoir un projet pour la société et être capable de le faire vivre dans la gestion et les institutions. Et si c’est ça la politique, des hommes et des femmes découragés par la politique politicienne retrouveront le chemin de l’engagement, et pour être efficaces elles s’organiseront.

Alors oui, il y a besoin d’un parti.

Et ce parti doit-il être révolutionnaire ? Regardons les réalités.

Nous sommes dans un monde qui recèle plein de potentialités, vous le savez aussi bien que moi. Et vous savez comme moi combien ces potentialités sont entravées par des logiques de domination, qu’elles soient capitalistes ou patriarcales. Et il faut parler des deux. A une époque, nous considérions les luttes féministes inutiles sous prétexte que le socialisme règlerait la question de l’égalité des femmes. Aujourd’hui, le féminisme est pour nous au coeur des luttes émancipatrices dans la société.

Et dans ce monde, les tenants des logiques en place se sont dotés d’instruments de pression, de l’OMC aux banques centrales, des directives aux lois régressives, pour empêcher toute alternative. Ils ont utilisé cette belle idée de l’Europe pour corseter toute avancée pour les peuples.

Et pourtant des mobilisations se lèvent. Regardez l’Irlande hier ! Des peuples se donnent des gouvernements progressistes ! Par la force de majorités politiques et populaires, ils parviennent à marquer des points. Mais ils vérifient aussi la force des affrontements de classe. Ils ont des décisions extrêmement difficiles à prendre. Nos camarades vietnamiens cherchent à concilier socialisme et économie de marché. À Chypre, ils doivent construire la réconciliation nationale et une politique progressiste dans le cadre de l’Europe libérale. En Bolivie, le peuple fait face à une oligarchie menaçante.

Que l’on me comprenne ! Anticapitaliste, antilibéral, communiste, ce sont des mots qui ont sens pour nous.

Mais pensons à ce qu’il y a dans les têtes.

L’envie de changement existe, mais elle est dévoyée, émoussée. On nous dit sans cesse que le fin du fin en politique serait de tout accepter pour être moderne !

Alors nous avons le devoir d’aller aux réalités derrière les mots.

Dépasser le capitalisme ne relève pas d’un slogan ni d’une démarche volontariste. Cela demande construction, prise de responsabilités, capacité à rassembler et volonté politique pour faire bouger les rapports de force.

Mesurons l’ampleur du chantier.

Si je vous dis cela, c’est tout simplement, parce que pour moi, ce qui fonde l’utilité d’un parti qui veut porter une espérance révolutionnaire aujourd’hui, ce que nous avons appelé la visée communiste, c’est avant tout la qualité de son combat pour faire reculer la frontière des possibles. C’est-à-dire, permettre à chaque individu d’être en maîtrise des enjeux et donc de retrouver confiance en sa capacité de peser pour trouver des solutions à ses problèmes, pour obtenir des progrès, des droits, des avancées de civilisation.

C’est chaque conscience qu’il faut éveiller à la possibilité de changer les choses.

Mais une fois que nous avons dit tout cela, avons-nous tout dit ? Je ne le pense pas.

Quelle est pour une génération l’objectif palpable de ce parti ? En quoi est-il utile pour elle, à quoi pourrait-il servir qu’elle le mette au pouvoir ? Bien sûr on peut se gausser de ces forces politiques qui ne pensent qu’à la prochaine présidentielle. Mais nous, quelle image notre peuple a-t-il de nous ?

On n’arrête pas dans les médias de nous balader entre l’extrême gauche et la social-démocratie. Et nous, ne répondons-nous pas trop souvent par un « ni-ni » sans portée ? Quand j’ai appelé à révolutionner la gauche, cela n’est-il pas apparu comme une incantation ? En fait n’avons-nous pas à répondre clairement à cette question : que veut-on ? Et si tout simplement nous voulions être la force qui parce qu’elle prend en compte les contradictions du monde, parce qu’elle porte un combat d’émancipation humaine, était capable d’inventer et de mettre en œuvre avec d’autres les grandes réformes permettant de gripper la machine, d’inverser les logiques en place et donc de construire dans l’exercice du pouvoir et les luttes des solutions aux problèmes de notre temps ? Tout simplement une force porteuse d’un projet capable par sa force, sa crédibilité et son audace de faire reculer les résignations et de mobiliser pour l’imposer.

Alors oui, il faut une force politique ancrée dans les réalités pour les dépasser. Un parti qui fonde ses propositions, ses positions, dans ces réalités, et dont le discours ne soit pas virtuel mais appuyé de façon palpable sur tous les possibles. Cela demande un parti ouvert à toutes les évolutions, à toutes les connaissances, à toutes les remises en cause.

Du productivisme au développement durable, de l’égalité par le socialisme au féminisme, du collectivisme à la prise en compte de l’intérêt de chaque individu, nous avons déjà beaucoup évolué dans nos discours. Mais ces changements dans les textes, l’avons-nous vraiment traduit dans notre pratique , dans notre comportement, dans nos objectifs ? Cela reste à voir…

Et ce projet devrait dépasser la défense de telle ou telle catégorie pour être ressenti comme porteur de l’intérêt général et d’avancées pour toute la société.

Et ce projet, en portant cette perspective, peut permettre de dépasser les divisions en cours dans notre société !

Aussi sachons, pour tout cela, être un parti ouvert à tous les rassemblements et aux alliances nécessaires pour le concrétiser. Au nom de ce rassemblement, j’entends parfois que le seul moyen serait d’aller vers un grand parti de la gauche, ou vers un parti de la gauche de la gauche. Est-ce la bonne voie ? Je ne le pense pas. Cet objectif de rassemblement est beaucoup plus exigeant que cela.

Il demande de façon vitale que nos concitoyennes et concitoyens en soient acteurs et actrices.

Suis-je saisie d’un virus de basisme ? Non.

Aujourd’hui, il y a comme une grande attente messianique d’initiatives à gauche, l’attente du coup de baguette magique qui d’un seul coup réglerait tous les problèmes et ferait le grand rassemblement de l’ensemble des forces de gauche.

Bien sûr, notre parti a toujours été et doit être de toutes les tentatives de rassemblement de la gauche. Sincèrement nous avons voulu le Programme commun, participé à la gauche plurielle et plus récemment été de la démarche des collectifs antilibéraux.

Aucun de ces rassemblements n’a été au bout de son objectif. Pourquoi ? Peut être d’abord à cause de l’état de la gauche lui même, de l’éparpillement de ses organisations et de ses orientations , de ses hésitations. Ensuite certainement parce que construire un rassemblement durable et politique demande du temps et surtout demande de ne pas fixer son aboutissement dès la ligne de départ. Enfin parce que la gauche elle-même n’a pas créé les espaces nécessaires pour que les hommes et les femmes de gauche se mêlent de ce débat. Aussi, je pense que notre parti trouvera toute son utilité en aidant aux mobilisations populaires par le rayonnement de ses idées, en leur donnant un débouché politique par des initiatives à gauche. Ne faut-il pas sans cadre préétabli, travailler à construire avec les citoyens et des organisations des contenus des fronts- conjoncturels ou durables- des alliances électorales, pour que peu à peu ils deviennent le ciment de nouveaux rapports de force et d’accords politiques ?

L’union ce n’est pas l’effacement. L’union, c’est un parti en initiative vers d’autres, avec d’autres pour cet objectif.

C’est pourquoi je vous ai proposé de tenir partout des rencontres populaires, comme je vous propose de poursuivre notre présence active partout où la gauche débat, au plan national comme au plan européen .Et je me félicite que nous puissions débattre le 19 juin avec nos amis européens lors d’une rencontre publique où j’espère nous pourrons accueillir des représentants du Sinn Fein.

Car ce parti, peut-il concevoir son action dans l’unique cadre national ? Notre République fruit d’une Révolution, a été depuis des décennies l’espace de combats qui ont permis de grandes avancées sociales et démocratiques.

Mais aujourd’hui, peut-on penser de la même façon qu’il y a 50 ans ? A l’évidence les décisions politiques au niveau de l’Union européenne, la situation en Afrique, l’émergence de la Chine, de l’Inde ou du Brésil, la fantastique victoire du peuple irlandais, tout cela pèse sur les choix nationaux et vice versa. Tout cela a un impact sur la situation des salariés, la relance industrielle, l’harmonisation sociale comme la lutte contre les pollutions. Et tout cela pèse sur les mentalités, modifie les opinions.

Alors, oui, il y a une bataille nationale car il s’agit bien de changer de choix et de pouvoir ici en France. Mais on y arrivera qu’en intégrant les questions européennes et internationales à notre combat national. Et cette orientation, c’est bien celle qui devrait être la nôtre pour les prochaines élections européennes. Et la conception de nos listes devait porter ce message.

Alors ce parti doit poursuivre et amplifier des liens de réflexion et de combat avec l’ensemble des autres forces progressistes de l’Europe et mener des batailles européennes .Nous sommes membres depuis 4 ans du PGE , nous allons accueillir son exécutif dans quelques jours. Comment pouvons nous encore mieux contribuer à développer son activité et comment pouvons nous encore mieux utiliser cet espace pour mener nos propres combats ?. Avons-nous assez de contacts avec la CES ? Comment notre débat nourrit et se nourrit des luttes sociales ou des expériences politiques des autres pays d’Europe ? Toutes ces questions sont posées.

Et au-delà, avons-nous été au bout des changements qui se sont opérés au sein des forces communistes du monde entier et donc du besoin d’un nouvel internationalisme, comme l’a souligné la première de nos rencontres nationales à Paris.

Et je me félicite qu’au mois de novembre nous tenions une initiative internationale sur le sujet.

Alors ce parti qui doit porter tous ces objectifs, est-ce le PCF rénové, faut-il l’inventer ? Quels contours à ce nouveau parti ? Dire également en quoi le PCF serait a priori à dépasser pour que du neuf émerge ! Ces options ont été esquissées par des camarades. Elles restent à préciser pour nourrir le débat.

Pour ma part je pense que nous devrions avoir la même démarche sur cette question que celle que nous retenons pour notre combat émancipateur. S’appuyer sur les potentiels, élargir les possibles pour lever les entraves et créer de nouvelles dynamiques.

De quelle organisation faut-il nous doter pour cela ?

Ses potentiels existent-ils ? Je le crois. Ce sont les hommes et les femmes qui le composent avec leur idéal, engagements et intelligences. Ce sont tous ceux et celles qui ont envie d’en être. Ce sont ses liens noués dans les luttes, les solidarités, un ancrage populaire avec des élus reconnus pour leur proximité et leur efficacité, on l’a vu aux dernières élections !

Et les possibles, c’est l’audace dans l’innovation, l’efficacité d’un projet, la modernité d’une démarche citoyenne, le choc des idées, la prise d’initiatives audacieuses, une nouvelle conception du parti.

Tout cela demande–t-il de refaire le congrès de Tours ?

Encore faudrait-il savoir dans quel sens le refaire. Retourner dans « la vieille maison » comme le disait Léon Blum, retourner vers les « 21 conditions » et ce qui s’ensuivit ?

Attention aux symboles, ils ne sont pas toujours d’actualité. Nous sommes au 21ème siècle, le monde a changé, les modèles se sont écroulés. Aussi, dans cette belle ville de Tours, si nous ne retenions de son célèbre Congrès qu’une seule chose : le formidable espoir, cette énorme volonté politique de la part de nos camarades de construire une société meilleure.

Alors, si tout simplement ce parti, nous le prenions tel qu’il est aujourd’hui et que nous décidions tous ensemble de le transformer pour qu’il nous permette la même ambition et le même espoir !

Le chantier est immense. Et l’innovation n’est pas simple. Mais nous avons d’ici le Congrès le temps de produire de belles choses.

Et dans le cadre des innovations que nous avons à travailler, des questions très concrètes sont venues dans la journée. Je voudrai insister sur quelques points.

Ne discutons pas de façon formelle de nos structures en nous demandant à priori si il faut et où il faut ou non des cellules, des section…. Notre objectif doit être d’irriguer de nos idées le débat politique. La question est donc le rayonnement de chaque adhérente et adhérent. Visons à ouvrir partout à cet effet, le plus en bas possible, des espaces de réflexion et d’action. Mais veillons à la transversalité , à ce que ce souci de proximité ne prive pas ces camarades de l’apport du débat plus large dans le parti et la société. Travaillons à des formes nouvelles pour le permettre. Veillons à ce que cette proximité ne se conjugue pas avec repli sur soi nourrisse un combat de portée nationale, un combat européen.

Nous sommes revenus sur le contenu de nos débats dans les introductions. Mais qu’est-ce qui nous empêche de débattre de questions précises et de travailler sur des enjeux de société ? C’est peut-être lié à une conception de la politique dont nous n’arrivons pas à nous débarrasser. Une conception où le champ de la politique se réduirait à la seule critique du pouvoir et au débat stratégique pour en changer. Ne faut-il pas au contraire prendre le champ de la politique à partir de ce qu’en vivent les gens, à partir d’un fait de société, d’une parole ou d’un événement politique controversés…

Aussi, comment travaillons-nous à ce que tous les espaces communistes deviennent de meilleurs réservoirs à idées sur toutes les questions qui traversent la société ? Comment mettre tout le parti en appétit de comprendre pour agir, de comprendre pour créer ?

Et concernant nos élu-e-s, il ne s’agit pas seulement de mieux bénéficier de leur apport dans la gestion, mais de nourrir de leur expérience de gestion l’élaboration de notre projet et donc leur place dans le parti. Ils et elles vivent très concrètement l’affrontement de classe dans l’exercice de leurs responsabilités. Et n’avons-nous pas dans le même temps à dépasser le cadre de nos institutions actuelles, pour devenir le parti de l’intervention populaire ? Le parti permettant au peuple de non seulement désigner ses représentants mais aussi de délibérer, décider, respecter et faire appliquer ses décisions ?

Un tel objectif demande qu’au sein même du parti la souveraineté des adhérents soit une réalité.

Et cette souveraineté ne peut seulement se mesurer au nombre de consultations effectuées. Elle doit consister à donner les moyens aux adhérentes et adhérents d’être en conduite de leur activité politique, là où ils et elles sont, et, ou sur les sujets qui les intéressent.

Ce qui me fait venir sur la question de l’unité du parti. Quand je prononce ce mot, des camarades me disent : mais tu veux revenir en arrière !

Non. Je ne crois pas que la question de l’unité autour d’objectifs, dans l’engagement pour le succès d’une initiative, d’une élection soit une idée dépassée. Ce qui est dépassé ce serait de chercher à construire cette unité de façon formelle et autoritaire. L’heure n’est pas je crois de reparler sanctions pour régler nos problèmes, les camarades de la Somme par exemple, nous montrent combien mener le débat politique sur le fond permet de reconstruire un parti et une unité à partir de valeurs et d’un engagement communs, sans prendre de raccourci sur le fond des divergences. Ce qui est dépassé c’est la diversité vécue comme affrontements, c’est le clan qui divise, c’est l’émiettement qui stérilise. Ce qui est créateur et efficace, c’est la prise en compte de l’apport de chaque individu, la mise sur la table de toutes les idées, la prise de décisions et leur mise en œuvre commune.

Enfin, abordons la question dite sensible de la direction nationale. Il ne s’agit pas de crier haro, de nourrir des réflexes anti-sommet mais d’être lucide sur le bilan, et j’en porte une large part de responsabilité ; et donc de poser de façon responsable la redéfinition du rôle des directions et de leur composition. En évitant les caricatures comme celle de présenter la direction nationale comme parisienne puisque tel n’est pas le cas, ni au Conseil national ni au CEN. Mais en recherchant la meilleure efficacité. Car nous avons besoin d’une nouvelle efficacité, sans rien gommer de notre diversité, qui permette de s’enrichir mutuellement de nos débats plutôt que de tenir des discours parallèles sans s’écouter. Nous avons besoin de créer les conditions pour les futurs dirigeants et dirigeantes d’être en mesure d’exercer pleinement leur mandat. Cela peut-il se faire sans un profond renouvellement ? Je pense que nous en avons besoin pour trouver un souffle nouveau.

A ce propos, peut-on ignorer la question de notre image ? Aujourd’hui on sait la place du miroir médiatique dans la vie politique. On nous a collé une image passéiste. Cette image ne se résume pas aux personnes, même si cela en fait partie. Peut-elle se résoudre par un changement de nom, j’en doute en sachant que le « PCF », « le parti », est un repère, une garantie pour beaucoup d’hommes et de femmes ? Mais réussir à modifier cette image ne dépend-il pas aussi de nos idées, de la façon de les porter, de les renouveler, de leur force, de nos initiatives et de la façon de les organiser ?

Enfin permettez moi de traiter de façon particulière la question du renforcement. Notre parti ne doit-il pas devenir l’espace politique ouvert à tous ceux, toutes celles qui, sans partager tout notre projet, trouvent dans cet espace que nous leur offrons un moyen de s’y sentir à l’aise et mener avec nous un combat commun.

Aussi, je souhaiterais m’adresser aux hommes et aux femmes inquiets de l’état de la gauche. Nous n’avons pas tous et toutes eu les mêmes chemins, les mêmes repères. Mais nous partageons des mêmes combats et avons les mêmes espérances à gauche. Pourquoi ne pas leur proposer, devant l’urgence à construire une alternative, de devenir membres de ce parti, et de venir le transformer avec nous, pour qu’ils et elles se donnent les moyens de faire vivre leur idéal de gauche.

Chères et chers camarades,

Le défi qui nous est lancé est énorme. Nous avons montré ces derniers mois de l’envie et du ressort pour y arriver. Nous le savons tous et toutes, il faudra pour cela travailler pour créer, tout en étant dans le combat au quotidien ! Je crois que c’est possible parce que je crois en la créativité des communistes et en la modernité de notre combat. Nous serons dans les manifestations le 17 juin, nous allons continuer à faire signer les pétitions, nous les porterons en manifestations devant l’Elysée à la rentrée après la fête de l’Huma, nous aurons je crois quelques initiatives surprises en juillet, l’Université d’été du PGE et celle du PCF fin août au Vieux Boucau. Nous avons à organiser partout, dans chaque entreprise, chaque commune des rencontres populaires sur la riposte à la droite, sur notre projet, sur l’avenir de la gauche. Nous allons avec la diffusion de la vignette faire une belle fête de l’Huma. Nous allons entamer la campagne des européennes. Nous allons faire tout cela avec passion.

Et je dois dire au Président de la République et à ses amis, 2009 va être dur pour eux, parce que si les communistes réussissent leur congrès, cela va être un levier pour les luttes et pour ouvrir un espace à gauche.

Marie George Buffet
Tours, le 14 juin 2008
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M
C'est encore moi (oui, je sais, j'abuse)A l'attention de ceux qui se sentent encore concernés par la "lutte des classes" (doit bien en rester quelques uns), ne pensent pas (comme moi), que l'ajout d'un parti "social démocratisant" de plus, changera quoi que ce soit à notre triste paysage politique désespérant, je signale "la lettre ouverte aux états majors syndicaux" parue sur l'excellent blog du camarade Diablo. Tout n'est pas "écrit" (comme l'affirment certains), la preuve.Comme l'affirme un proverbe Russe : "L'espoir, c'est ce qui meurt en dernier".http://eldiablo.over-blog.org/article-20578870.htmlAlllez y voir, vous serez pas déçus.Cordialement
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M
Mon cher David.D'abord te faire part de mon soulagement. Enfin du abandonnes le terrain nauséabond de la "politique politicarde" qui semble, dans une ambiance (à couper au couteau), dominer les "débats" à Henin Beaumont. Ce n'est pas que je méprise en quoi se soit "le terrain", mais quand ça vole au niveau que tu as signalé, est-il bien indispensable d'en "faire des tonnes" autour ?Passons donc aux choses sérieuses.J'ai lu, j'ai relu, avec attention, la déclaration de la camarade Marie George et franchement je n'y ai trouvé que la poursuite (en attendant l'aggravation), de cette "excellente ligne raisonnable" qui nous a conduits aux résultats que tu sais lors des dernières élections.Tu as rangé cette note (si je ne me trompe pas), dans la rubrique "Un PCF de lutte de classes !" (excusez du peu). Mais elle est où la lutte des classes dans les propos de Marie George ?Le "sociétal", moi je veux bien, mais tout le monde au PS et même à l'UMP, fait dans le "sociétal", visiblement, ça change pas grand chose au "chm'ilblick" et souvent ça débouche sur rien, faute de perspectives claires et d'analyses pertinentes (on imagine pourquoi).Pendant ce temps là, le "petit facteur" (avec un talent incontestable), surfe sur la vague que nous avons gentiment délaissée à sa seule disposition.T'as lu les sondages du "petit facteur" ?Etonnant non ?Finalement et à la réflexion, pas tant que ça. Ils montrent juste que les gens, le "raisonnable" et tout et tout, ils en ont ras la casquette ("Et pi fé tout !", comme dit Lucas).Ils en ont marre les gens qu'on leur explique que de toute manière, le libéralisme est aux commandes pour les "siècles des siècles" et que contre ça, personne ne peut plus rien ou presque, because : la mondialisation.Tu me répondras sans doute "maladie infantile", gauchisme et tout. Perds pas ton temps, je connais. Quand même.Sans être le moins du monde sensible aux sirènes gauchistes (à plus forte raison trotskardes), je me dis qu'il doit bien y avoir une raison pour expliquer une telle "adhésion populaire" à un discours qui, bien que fort discutable (on est d'accord), offre une alternative de "radicalité"  et un espoir à beaucoup de gens.Allez David ! Le parti de la lutte des classes, c'est pas la LCR, c'est le Parti. Mais si ça continue, on devra parler au passé et dire "c'était". Pendant qu'il en est encore temps, si on relevait de drapeau ?Après ...Cordialement
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