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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Le cinéma de proximité est-il condamné ? A Liévin, les membres de l’Association des spectateurs de l’Arc-en-Ciel se battent pour que ça ne soit pas le cas. Leur combat est notre combat.

L’Arc-en-Ciel de Liévin ? Avec 25 000 entrées annuelles dont 70 % pour le grand écran, l’Arc-en-Ciel fait mieux que résister au géant Pathé. A l’Arc-en-Ciel, il faut compter 4,50 € pour une place adulte et le prix chute jusqu'à 2,30 € grâce à la carte Amitié, la place pour les films jeune public étant à 2,30 €. En face, les multiplexes vendent des places à 8 € en tarif plein et 6,20 € en tarif réduit.
A l’Arc-en-Ciel, la moyenne de fréquentation est de 22 spectateurs par séance, dont les deux tiers de public scolaire, et le budget cinéma correspond à 15 % de celui du centre culturel, selon les chiffres de la direction.

Dans les trois salles, classées art et essai, du centre culturel de Liévin, on pouvait voir il y a quelques semaines Into the wild, La graine et le mulet ou encore Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal en version originale.

Alors, quand les habitués de l’Arc-en-Ciel ont appris la nouvelle de la fermeture des salles de cinéma, l’incompréhension a cédé la place à la colère.
« L’Arc en ciel est le seul cinéma Art et essai pour plus de 200.000 habitants, il mène des projets avec des écoles primaires et les lycées, notamment Henri Darras, le seul du Pas-de-Calais à proposer une section cinéma. Il y a des enfants qui ne vont au cinéma qu'ici, et surtout qui n'ont qu'ici l’occasion d’avoir une culture à l’image très jeunes. Le bassin minier, qui n’était déjà pas très riche en offre culturelle, n’avait pas besoin de ça», déplore Valérie Fayt, présidente de l’Association des spectateurs de l’Arc-en-Ciel, interrogée par Haydée Sabéran pour Libé Lille.

Oui, mais voilà, selon la direction, la subvention du Centre national du cinéma a chuté de 30.000 à 8.000 euros en trois ans. Les deux salaires de contrats aidés dédiés au cinéma ne seront pas renouvelés, et enfin, la salle n'a «pas les moyens de passer au numérique», considéré comme une priorité par Hassan Amrani, directeur, et Hélène Flament, adjointe à la culture.
Des arguments repris par Jean-Pierre Kucheida, Député-Maire PS de Liévin, qui a donné la parole aux défenseurs du cinéma à l’ouverture de la séance du conseil municipal du 30 juin dernier :

« Depuis l’arrivée du cinéma Pathé, l’Arc-en-Ciel a reçu annuellement des subventions de la part du Centre National de la Cinématographie afin de financer sa nouvelle vocation de cinéma dit « Arts et Essais ». Ces subventions se sont avérées tout d’abord considérables à hauteur de 33 000 euros par an pour ensuite descendre depuis environs 4 ans à 9 000 euros par an. A partir de ce manque financier de l’ordre de 82 000 euros annuel que nous devions combler il a fallu trouver ensemble des solutions. […]
Considérant la faible rentabilité fiscale de la population liévinoise et entendu que nous possédons le budget le plus faible de France, nous ne pouvons pas nous permettre d’être trop exigeant envers le contribuable moyen qui, statistiquement, ne fréquente pas plus que cela les cinémas d’Arts et d’Essais […] De plus comme les spectateurs liévinois ne représentent que 30% des spectateurs, nous ne pouvons pas fiscalement subvenir à une augmentation de tarif alors que les autres villes fournissant les autres spectateurs peuvent éventuellement le faire. J’ai contacté le président du Conseil Régional afin qu’il fasse tout ce qui est en son pouvoir pour nous aider puisque les 70 % de spectateurs restant viennent d’un peu partout de la Région Nord/Pas-de-Calais.
»

Pour les défenseurs des salles, la faible fréquentation du cinéma Arc-en-Ciel s’explique aussi par l’absence de volonté politique qui s’est traduite, année après année par un manque chronique de communication de la structure pour le 7ème art, notamment depuis l'ouverture du complexe cinématographique en 2001. Dans la ville, seul le Pathé est fléché, et sur le site municipal, quand on clique sur "cinéma", le lien pointe vers le site de Pathé.
On peut légitimement mettre en doute la sincérité de Jean-Pierre Kucheida qui a découvert ces dysfonctionnements le 30 juin dernier…

Du côté de l’association des spectateurs, on veut garder espoir : « Tant que la décision de fermeture du cinéma n'est pas entérinée lors d'une assemblée générale, nous gardons espoir », explique Valérie Fayt à La Voix du Nord.

L'augmentation du prix moyen des séances (passant de moins de 3 € à 4,50 €), et l'arrêt des places offertes (pour 8 achetées, la 9ème était jusqu'alors gratuite) permettraient de gagner 20 000 € de recettes supplémentaires.
S’il manque encore à ce jour 38 000 euros pour assurer la survie des trois salles, Jean-Pierre Kucheida s'est néanmoins engagé à tout tenter pour réunir cette somme durant l'été. La fermeture de l’Arc-en-Ciel ne semble plus être l'unique option.
 
Il reste que les procédures de licenciement du personnel se poursuivent, malgré la trêve estivale. Trois salariés sont concernées par le plan social, tandis qu'une seule a accepté le reclassement.

Ce qui arrive aujourd’hui à l’Arc-en-Ciel de Liévin pourrait arriver demain à l’Espace Lumière d'Hénin-Beaumont, au Familia d'Avion ou au Prévert de Harnes. Le combat des spectateurs de l’Arc-en-Ciel est notre combat.

Dans un contexte de désengagement de l’Etat sur les politiques culturelles, les Villes doivent avoir le courage politique de soutenir leurs cinémas de proximité. La mise en réseau et la mutualisation des ressources des cinémas de proximité du bassin minier peuvent être une solution.

David NOËL, Adjoint au Maire délégué à la Culture et tous les militants de la section d’Hénin-Beaumont du Parti Communiste, attachés à un cinéma de qualité et de proximité au service de nos populations, soutiennent le combat des spectateurs de l’Arc-en-Ciel.

Nous invitons tous nos adhérents et sympathisants à signer la pétition contre la fermeture du cinéma Arc-en-Ciel et à nous rejoindre dans notre combat pour la défense des cinémas de proximité.
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Lelouch 12/07/2008 16:36

Et savez-vous qu'existe un cinéma dans une commune de 10 000 hab, à gestion purement communale, proche de vous qui survit bien dans ce monde de brut assoiffé d'euros ? le "Travelling" de Courrières ! Encore un exemple de bonne gestion...