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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Mercredi 16 juillet s'est tenu le dépouillement des bulletins de vote pour les élections des représentants étudiants au CNESER (Conseil National de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche). Le CNESER est l'organe représentatif de la communauté universitaire. Ses compétences touchent à tout ce qui concerne l'élaboration, la conservation et la transmission du savoir en France. Il est présidé par le ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Le CNESER est composé de 60 membres parmi lesquels se trouvent 11 représentants des étudiants, élus au suffrage indirect par les élus étudiants en conseils centraux (CA, CEVU, CS) de toutes les universités et grandes écoles de France. Le renouvellement de ce collège étudiant se fait tous les deux ans à la proportionnelle à la plus forte moyenne.

L'UNEF conforte sa place de première organisation étudiante de France avec 38,2 % des suffrages et 5 élus (774 voix), la FAGE, en recul, obtient 19,5 % des voix et perd un élu (394 voix, 2 élus), l'UNI obtient 13,1 % et gagne un élu (265 voix, 2 élus), la Confédération Etudiante 12,2 % et 1 élu (247 voix) et PDE 10,5 % et 1 élu (212 voix).

Avec 6,5 % et 131 voix, la liste SUD-Etudiant / FSE n'emporte donc pas de siège à seulement 5 voix. C'est d'autant plus dommage que la tête de liste et le second suppléant sont des camarades de fac et de vrais militants qui sont de toutes les manifestations et que je revois régulièrement sur Lille.

SUD Etudiant et la FSE ont immédiatement réagi à ces résultats par un communiqué demandant l'annulation d'un scrutin visiblement entâché de plusieurs cas de fraudes.

Il faut rappeler que ces élections se font par correspondance : le matériel de vote n'est pas envoyé par des moyens sécurisés par le ministère (ni même en recommandé). Au cours de la campagne, plusieurs élu-e-s sur les listes SUD étudiant ou FSE ont vu leurs boîtes aux lettres fracturées, et beaucoup d'autres n'ont tout simplement pas reçu leur matériel de vote (devant ainsi solliciter un nouvel envoi auprès du ministère que nos élu-e-s n'ont jamais reçu).

D'autre part, lors du dépouillement (dont les résultats sont donnés université par université), il semblerait que de nombreux bulletins des élu-e-s SUD ou FSE ne soient pas arrivés jusqu'au ministère, alors qu'ils avaient été envoyés à temps.

Lors de la période de campagne, plusieurs cas de boîtes aux lettres fracturées d’élu-e-s SUD ou FSE avaient été recensés et plusieurs élu-e-s avaient été contraints de solliciter l’envoi d’un deuxième matériel de vote (pour cause de non-réception du premier). Lors du dépouillement, on a ainsi pu constater que l’on avait parfois les deux bulletins des élu-e-s concernés sur les tables du dépouillement. Dans ces cas de doublons, les bulletins ont été conservés par le ministère, et seul ce ministère et la justice peuvent y avoir accès. Mais les fraudes ne s’arrêtent pas à ces cas.

Dans plusieurs universités, les élus SUD Etudiant et FSE ont découvert que tous les bulletins envoyés n’avaient pas été comptabilisés lors du dépouillement : s’agit-il d’une interception postale lors de l’envoi ? S’agit-il d’une interception lors de l’arrivée des bulletins au ministère ? Nous ne pouvons, en l’état actuel des choses, le savoir de manière exacte.

Enfin, le troisième cas de figure est le plus frappant. Dans certaines universités, des élu-e-s n’ont pas été en mesure de voter, et ont donc conservé leur matériel de vote intact. Or, leur vote a été comptabilisé lors du dépouillement. Il s’agit donc ici non seulement d’une usurpation d’identité, mais aussi d’un usage de faux puisque cela suppose que les auteurs des faits aient été en mesure d’éditer le matériel de vote.

De fait, des organisations présentes au CNESER ont reconnu que le scrutin était entaché de fraudes.

Reste à souligner un fait important : la liste du syndicalisme étudiant de lutte SUD / FSE a su rassembler au-delà des villes où SUD Etudiant et la FSE sont implantés. Alors que l'UNEF perd 3 % des voix, passant 41,8 % des suffrages à 38,2 %, la liste SUD / FSE gagne 3 points et passe de 3,5 % à 6,5 %. Avec 131 voix contre 68 en 2006, la liste SUD / FSE double quasiment son nombre de voix. C'est la preuve de la force croissante du syndicalisme de lutte, engagé contre la loi LRU, et du courant de sympathie qui l'accompagne et doit continuer de croître de manière unitaire.
 
SUD Etudiant et la FSE ont annoncé qu'ils présenteront un recours rapide au ministère (garant légal de la bonne tenue du scrutin) pour demander l'annulation de ces élections du fait de la non-sincérité du scrutin.

Un refus de réponse de la part du ministère serait une nouvelle marque de discrédit sur ce scrutin : nous attendons donc que la Ministre prenne ses responsabilités en annulant ces élections au plus vite, et en sollicitant d’elle même la justice pour que la lumière soit faite sur les responsables de ces agissements.
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