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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Cédant aux pressions des hommes du président, à la surenchère de promesses de dernière heure, à la drague des élus les moins insensibles aux primes de la trahison, une majorité (à une voix près !) des trois cinquièmes du Congrès, réuni à Versailles, a finalement accepté d’affaiblir la République en accentuant le déséquilibre des pouvoirs au profit du Château. Et en acceptant la dérive monarchique des institutions.

UNE MUTATION DU SYSTEME POLITIQUE

Pour Sarkozy, le seul objectif de l’opération était de se donner le loisir de venir tenter d’imposer sa volonté dans le seul lieu dont la Constitution lui interdit l’accès au nom de la séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif. Une séparation qui est une condition de l’Etat de droit, qui remonte à Montesquieu et l’Esprit des lois. Cette réforme institutionnelle va accélérer la dangereuse mutation du système politique. et légaliser la dérive déjà bien amorcée. Sarkozy en effet occupe les médias audiovisuels comme aucun de ses prédécesseurs n’avait osé le faire. Il se pose en chef des programmes, en rédacteur en chef et en directeur des ressources humaines quand il s’agit de démettre l’un et de menacer l’autre.

LE MODELE AMERICAIN

Il a déjà aboli dans les faits la fonction de premier ministre, confinant Fillon à de vagues missions de représentation, là où le président dédaigne de se rendre. D’une certaine manière, Sarkozy a fait éclater le gouvernement en réunissant un cabinet bis, de quelques ministres, dont la composition est le fait du prince et dont le chef (officiel) du gouvernement est exclu. Le principe de la Ve République, selon lequel le premier ministre conduit la politique de la nation, est piétiné sans vergogne. Le régime abandonne sans le dire la matrice de 1958 pour se rapprocher du modèle de l’administration américaine.

UN DEBAT PUBLIC ENREGIMENTE

Sarkozy va utiliser ce vote favorable du Congrès pour se renforcer, et se rengorger, alors que sa cote ne quitte plus les profondeurs abyssales d’une impopularité record. Il va s’en servir pour se remettre en selle, pour réaffirmer le caractère intouchable de la toute puissance présidentielle, pour figer la vie politique entre soutiens et opposants au président, pour enrégimenter encore davantage le débat public.

REVIVIFIER NOTRE DEMOCRATIE

Plus que jamais, il faut revivifier notre démocratie, donner en toutes circonstances la primauté aux choix populaires, empêcher toute confiscation de la vie de la cité. Il faut imposer la proportionnelle, instituer enfin le droit de vote des étrangers, depuis si longtemps promis.

L’unique voix de majorité versaillaise ne renvoie pas cette ambition aux calendes grecques, elle la rend pressante.

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J
Michel Cardoze, dans un article de HD il y a quelques mois, faisait la distinction entre la République sarkozyste et la Monarchie. Personnellement, je pense que nous sommes en monocratie, ce qui n'est pas la même chose. C'est le pouvoir d'un seul mais sans les limites que forment des contrepouvoirs, par exemple provinciaux ou syndicaux : une Monarchie, elle, accepte et engendre des contrepouvoirs qui, d'ailleurs, peut parfois entraîner sa propre chute... Mais c'est un risque que prend la Monarchie alors que la monocratie sarkozyste est autoritariste et ne respecte plus les libertés des journalistes...
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