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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

La mise en garde de François Hollande pour que « au delà des débats qui doivent être organisés en notre sein, chacun (puisse) comprendre qu’il y a une volonté collective de nous opposer et de proposer » est tombée à plat. L’université socialiste de La Rochelle, qui s'est achevée dimanche dernier, a rejoué la conspiration des ego sans parvenir à se tourner vers ces Français « qui souffrent en ce moment d’une politique injuste, inefficace, brutale ». La ronde des prétendants a occupé toute la scène, laissant une image de division et de surplace.

Cette paralysie n’affecte cependant pas toute la gauche.

Les communistes assemblés au Vieux-Boucau ont au contraire délibérément affiché une détermination à contrer la politique de Sarkozy sur ce qui en est l’emblème, la baisse du pouvoir d’achat et en organisant la mobilisation le 26 septembre en faveur de l’augmentation des salaires. Le PCF ne peut évidemment pas faire l’impasse sur son avenir et son projet de société mais il réagit sans attendre – renouant peut-être avec des réflexes un peu délaissés – face aux urgences sociales.

Il est grand temps d’ailleurs que la gauche présente une opposition cohérente à l’entreprise de démolition du contrat social engagé par l’UMP. En effet ni la chute de popularité de l’exécutif ni les chaos ou les couacs de la présidence Sarkozy n’ont freiné cette offensive qui n’a pas trouvé de réplique à la hauteur. Le président de la République a habilement intégré les propositions des plus droitiers du Parti socialiste et de quelques uns de leurs représentants dans son cabinet et ses commissions (dernier en date, Claude Allègre), désarmant ceux qui rêvent de réhabiliter le libéralisme et d’alliance avec la droite centriste. Et le PS n’arrive toujours pas à formuler officiellement la revendication d’augmentations de salaires, empêtré qu’il est dans les dogmes économiques de la mondialisation capitaliste. Les militants socialistes sentent ce piétinement et ressentent le besoin de se mettre dans le sens de la marche. C’est à quoi répond la proposition de leur premier secrétaire que soient organisés des forums de l’alternative.

La gauche a besoin de lieux et d’occasions pour discuter, sans exclusive de chapelle ou prétentions d’hégémonie, des moyens de transformer la société et des rassemblements qui seront nécessaires pour dépasser la docilité gestionnaire et l’imprécation solitaire. Ça ne fait pas tout pour battre cette droite dure mais c’est déjà beaucoup. Elle a aussi besoin en plus d’idées neuves de parler clair et d’actions fortes.

Une majorité de Français aspirent à des changements - de préférence rapides - de leurs conditions de vie et, à la lumière des injustices, des gâchis et des menaces pour la planète que fait peser la mondialisation capitaliste, résiste au culte des marchés financiers. Ce n’est pas en accommodant les restes des idées ultralibérales que la gauche peut retrouver de la vigueur et rompre le cycle des défaites qu’elle connaît depuis vingt ans lors des élections nationales. Une autre société, un autre avenir peuvent se dessiner dans ses propositions au jour le jour, pour la France comme pour l’Europe et au delà pour le monde sur lequel des nuages guerriers s’amoncellent.
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