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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Une fois n’est pas coutume, Patrick Piret nous proposait hier un article qui ouvre des pistes de réflexion. Allons-y, ce sera l'occasion d'expliquer à nos lecteurs de façon pédagogique en quoi les critiques formulées par l'Alliance Républicaine à mon encontre sont nulles et non avenues.

« J’ai déjà voté communiste. […] J’ai aussi voté Jacques Chirac le 5 mai 2002. J’ai à plusieurs reprises donné mon suffrage à des candidats du PS. Mon refus de l’abstention m’a aussi déjà conduit à glisser dans une urne communale un bulletin vert. […] Le discours tenu lors des dernières présidentielles par F. Bayrou m’a séduit. » avouait hier le rédacteur du blog Alter Echo, qui concluait être « simplement quelqu'un d'attaché aux hommes et aux femmes ».

Sur un point au moins, le discours de Patrick Piret est inexact. Je n’ose pas croire que Patrick Piret, qui ne jure que par l’honnêteté et l’éthique ait été attaché au Jacques Chirac des emplois fictifs de la Mairie de Paris et de la cassette Méry.

En d’autres termes, Patrick Piret a, au moins une fois, voté pour une autre raison que son attachement aux hommes et aux femmes. Comme moi, Patrick Piret a sans doute voté pour le candidat républicain contre un candidat d’extrême droite. Cela va sans doute écorcher les yeux de Patrick Piret, mais il a donc voté pour des raisons idéologiques.

Qu’est-ce qui détermine le vote d’un citoyen ? Cette question est la grande absente des multiples commentaires sarcastiques et haineux des amis de Patrick Piret qui pointent du doigt ma supposée « mauvaise foi »…

Patrick Piret nous donne pourtant deux éléments de réponse : pour certains citoyens, comme Patrick Piret et sans doute nombre de ses amis de l’Alliance Républicaine, c’est l’attachement aux hommes et aux femmes qui va déterminer le vote et peut-être l’engagement en politique. L’attachement aux hommes et aux femmes va ainsi primer sur les raisons idéologiques et partisanes.

Pour d’autres personnes, c’est l’espérance d’une rétribution, en terme d’emploi ou de logement, qui déterminera le vote.
D’une façon générale, Daniel Gaxie montre très bien dans La démocratie représentative que l’investissement en politique suppose toujours une forme de gratification : gratification financière, sociale ou personnelle. Celui qui s’engage en politique peut espérer obtenir un emploi ou un mandat électif, il devient membre d’un groupe avec lequel il crée des liens affectifs, il peut apprendre à rédiger des tracts ou à s’exprimer en public en faisant du porte-à-porte.
La simple satisfaction de défendre une cause qui le mérite constitue déjà une forme de rétribution. Pour ma part, c'est la seule forme de gratification que j'aie jamais recherchée.

Jamais on ne pourra me faire de chantage à la délégation parce que je n'ai jamais cherché de rétribution financière. Je me suis toujours battu pour la gauche, pour le Parti Communiste, pour le mouvement social.
Alors, quand je lis certains commentaires sur le blog Alter Echo sur le thème "ils vont à la soupe", je me sens profondément insulté. Ces gens-là sont des poujadistes dont les attaques abjectes ne méritent que le mépris.

Attachement aux hommes ou aux femmes, espérance d’une rétribution, attachement à un parti… de multiples raisons déterminent le vote d’un individu et souvent coexistent.

Pour certains citoyens, l’attachement à un camp, à un parti, prime sur les considérations de personnes. Patrick Piret et ses amis doivent l’admettre.
Je le confesse aisément : pour moi, l’attachement au Parti Communiste, à la gauche et au mouvement social primera toujours sur les considérations de personnes.

Depuis 2001, je me suis engagé dans le mouvement altermondialiste et dans le mouvement syndical avant de rejoindre le Parti Communiste. Je suis un militant du mouvement social et je ne vote pas en fonction des personnes, mais d’abord et avant tout pour faire gagner mon camp et mon parti.

J’ai la conviction que la lutte des classes est une réalité, que l’exploitation s’intensifie à l’heure de la mondialisation néolibérale et que les partis du mouvement ouvrier, au sein du mouvement social et avec les organisations syndicales doivent lutter ensemble pour une société plus juste. Au même titre que la grève ou la manifestation, le bulletin de vote est une arme pour briser nos chaînes. Le vote communiste, ou d’une façon plus générale le vote de gauche est porteur de sens politique et porteur d’espoir.

Je reviens à la conclusion de Patrick Piret et aux attaques qu’il développe ou que ses amis développent contre moi. Patrick Piret se targue d’être « simplement quelqu’un d’attaché aux hommes et aux femmes ». Pourquoi pas ?
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise raison de s’engager et de voter. Patrick Piret a parfaitement le droit d’être d’abord attaché aux hommes et aux femmes, mais pourquoi diable donne-t-il l’impression de mépriser ceux qui s’engagent d’abord pour leur parti et pour leur camp ? Pourquoi la raison qui a déterminé le choix de M. Piret serait-elle plus honorable que celle qui a déterminé mon choix ?
 
En votant pour l’Alliance Républicaine, avec le discours qu’elle a tenu, Patrick Piret et ses amis ont voté pour une liste d’ouverture à droite qui était aussi porteuse d’un sens politique, idéologique et partisan. Ce n’est pas insulter les hommes et les femmes de l’Alliance Républicaine que de le reconnaître.   

Tous les militants de l’Alliance Républicaine étaient-ils forcément des traîtres à la gauche, vendus au bayrouisme ? Je ne le pense évidemment pas. Ce n’est pas ce qui a déterminé leur vote et leur engagement et je suis même convaincu que des militants de gauche sincères ont pu se retrouver derrière l’Alliance Républicaine.

Pour ma part, je suis un militant du mouvement social. J’ai voté pour faire gagner mon camp et mon parti. Sans rien céder de ma liberté de parole, j'ai conclu une alliance avec une équipe d’hommes et de femmes emmenée par Gérard Dalongeville. Gérard Dalongeville déplaît fortement aux militants de l’Alliance Républicaine et c’est tout à fait leur droit, mais là où Patrick Piret et ses amis sont dans la malhonnêteté intellectuelle, c’est quand ils m’accusent d’une « complicité » qui n’existe pas parce qu’ils se refusent à faire l’opération mentale que je fais pour eux et à comprendre ce qui a déterminé mon engagement.

Manque d’empathie ? Stratégie politicienne ? Volonté de nuire ? Toujours est-il que Patrick Piret et ses amis ne semblent pas prêts à renoncer à m’accuser d’une « complicité » qui n’existe que dans leur imagination. Cette stratégie du dénigrement calquée sur celle du Front National trouvera vite ses limites…
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Avanti Popolo 06/09/2008 12:32

C'est un très bel article David qui répond de façon intelligente aux attaques nauséabondes que tu subis quotidiennement.Je suis toujours surpris du climat politique héninois. Il me donne parfois la nausée et si je viens travailler avec plaisir à Hénin, je trouve la plupart des acteurs politiques héninois assez pitoyables, empétrés dans des querelles personnelles idiotes.Comme j'anime une Section du Parti dans une ville de la métropole lilloise, j'ai des éléments de comparaison avec la situation héninoise D'abors les socialistes "déconnent" chez nous, ici comme ailleurs,  puisqu'ils ont pratiquement tous abandonné leurs fondamentaux idéologiques en se soumettant au marché et à son idéologie.A propos des impôts et des budgets municipaux à équilibrer, Hénin anticipe sans doute ce que beaucoup de villes vont connaître en 2009. J'ai vu le maire de ma commune hier, il ne sait comment boucler les finances  sans des coupes sombres....Sur les indemnités d'élus et pour clarifier ce point chez nous et éviter l'opportunisme qui nous a fait aussi du mal., il faudrait faire differemment des autres partis politiques.Dans ma Section, l'élu reverse totalement ses indemnités ( moitié Parti, moitié Section) mais ses frais ( sur notes précises lui sont remboursés) cela évite les dérives opportunistes et, du coup, nous ne nous battons pas pour être élus!Dans ces conditions, l'élu est un élu-militant en charge de ce travail spécifique..et participe au travail collectif de la Section.En tout cas bon courage...

BOUQUILLON 04/09/2008 22:22

Je ne tiens pas à polémiquer sur cette question qui n'est pas bien grave. Mais être un théoricien, cela est loin d'être une insulte. Quant à tes articles, je n'en nie pas la qualité mais reconnais qu'il sont parfois assez ardus.Rappelle toi également ce que j'ai écrit quand tu as pris la tête de ta section.Merci pour tes voeux de rétablissement.

Bouquillon 04/09/2008 15:00

Après un séjour à l'hosto et une opération chirurgicale, je tente de me replonger dans la poitique Héninoise. D'est donc sans aucun esprit de polémique que je te pose une question:Qui à l' AR reproche à quiconque une démarche idéologique?Nous sommes nombreux, voire très majoritaires à avoir combattu pour une cause idéologique.....je préférerais dire "pour un idéal"......

David NOËL 04/09/2008 19:46



D'abord, je te souhaite un bon rétablissement.

Ensuite, je m'étonne de ta question. Souviens-toi par exemple de cet article que tu m'avais consacré pendant la campagne :  tu me qualifiais de "théoricien du parti dont le blog est
parfois plus hermétique que les articles du Monde" :
http://alliancerepublicaine.typepad.fr/mon_weblog/2008/01/nol-en-janvier.html

Je n'ai pas le temps d'aller chercher dans les articles de Patrick Piret, mais de mémoire, dans un article sur sa visite à la bibliothèque, il opposait son "pragmatisme" à mon goût pour
l'idéologie marxiste...



jeune masi pas gégé ni la pop star du FN 04/09/2008 13:29

Vous parlez que certains sont vendus au "bayourisme". A t'il sa commune dans le rouge lui ? et cela à deux reprises...?Certains sont vendus au dalongevilisme... n'est ce pas ?

David NOËL 04/09/2008 14:51



Quelle commune ? François Bayrou n'est pas maire, il a été battu aux élections par Martine Lignières-Cassou...

Je ne sais pas ce que c'est que le dalongevilisme. C'est une maladie ? Moi, je suis communiste et élu d'une majorité de gauche.
Si certains sont dalongevilliens, je les plains. Si certains sont anti-dalongevilliens, je les plains aussi. Je ne cèderai jamais à la personnalisation du débat politique.



Christine Coget 03/09/2008 13:53

"vendus au bayrouisme" est une expression à connotation très négative et très choquante.Dans le mot "vendus", il y a notion de contrepartie. Adhérente au PS pendant quelques années, c'est en toute liberté et sans aucun intéressement personnel que j'ai choisi d'adhérer au MoDem de François Bayrou. Je ne suis pas pour autant "vendue".Votre engagement au sein du Parti Communiste, je le respecte, je n'en attends pas moins de vous en retour.

David NOËL 03/09/2008 14:29



Evidemment que c'est une expression à connotation très négative, c'est bien la raison pour laquelle je ne l'applique pas aux militants de l'AR !

Par "traîtres vendus au bayrouisme", je parle de ces éditorialistes à gage prétendument de gauche comme Laurent Joffrin ou Claude Askolovitch, qui officient dans la presse et à la radio pour
inviter la gauche à être moins de gauche et à s'inspirer de François Bayrou, je parle de ces socialistes droitiers comme Manuel Valls, Claude Allègre ou Eric Besson, qui sont pour certains passés
avec armes et bagages chez Sarkozy.

Les électeurs de gauche de l'Alliance Républicaine n'ont pas soutenu une liste de rassemblement au centre par dérive droitière ; je leur reproche d'avoir personnalisé le débat politique autour de
Gérard Dalongeville.
Un certain nombre d'électeurs de l'AR étaient sans doute des hommes de gauche sincères ou des centristes convaincus et je suis le premier à respecter leur engagement.

Pour autant, une liste d'union de la gauche a un sens politique fort, une liste de rassemblement au centre a un autre sens politique, avec lequel je serai toujours en désaccord.