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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Il est peu d’indicateurs aussi précis que la fiscalité sur le sens d’une politique. D’ailleurs Sarkozy n’avait-il pas fait adopter la mise en place du paquet fiscal et de son fameux bouclier comme une priorité au lendemain de son élection ?

Aujourd’hui encore, le président refuse que les grandes fortunes soient égratignées par la taxe finançant le RSA et brandit ce fameux bouclier fiscal contre quelques députés de droite qui craignent l’effet de cette mansuétude pour les plus riches.

Pire, ce qui se dégage du méli-mélo de la fiscalité verte, de ses bonus-malus ou des taxes sur la vaisselle jetable, c’est la volonté d’alourdir toujours plus la TVA sous ses différentes variantes. Cet impôt est pourtant le plus injuste qui soit puisqu’il prélève le même montant sur le pauvre qui consacre 10% de son budget quotidien à acheter une baguette et le riche qui ne lui destine que 0,001% de ses revenus du jour.

L’injustice est aussi flagrante quand il s’agit de taxer les consommateurs - bien sûr les plus démunis - qui achètent l’appareil ménager ou le véhicule le plus polluant donc le moins cher. Le cynisme est la chose du monde la mieux portée sur les bancs du gouvernement qui brandit l’urgence environnementale pour mieux faire passer l’impératif patronal d’un transfert du poids de l’impôt sur ses sociétés vers les salariés.

Au lieu d’inciter les entreprises à produire autrement et proprement, le gouvernement se prépare à salement racketter les consommateurs. C’est ce qu’il a fait tout l’été concernant l’énergie dont on appréciera en passant combien les prix à la pompe s’envolent vite à la moindre hausse du baril et combien ils mettent du temps à diminuer quand les cours mondiaux sont à la baisse. Un miracle de la physique sans doute ! Quant aux prix du gaz, ils s’engouffrent désormais dans les poches des actionnaires privés du Suez-GDF que le gouvernement a décidé de combler d’attentions.

La taxe « pique-nique » s’ajoutant à l’envolée des prix alimentaires et à la baisse du pouvoir d’achat, la tranche de jambon sera mince dans l’assiette en plastique si le président de la République garde la main. Ce dernier a beau fulminer sur l’hôpital, inventer des billevesées comme l’affichage des taux de mortalité à l’entrée des établissements, le temps se gâte.

La colère contre le fichier Edvige vient de le contraindre à le réviser ; le mouvement contre la privatisation de la Poste le contraint à créer une commission (pas sûr qu’elle parviendra à enterrer le sujet !) ; il s’empêtre dans ses taxes à répétition et reste le muet du sérail financier, toujours incapable de prendre la mesure de la crise.

Ou plus exactement hésitant à proclamer qu’il va continuer à taxer les pauvres pour donner aux riches, en refusant les augmentations de salaires. Or cette revendication qui mobilisera le 27 septembre pour une marche vers l’Elysée n’est pas seulement une bouffée d’oxygène dont des millions de foyers ont un pressant besoin, elle est aussi un excellent antidote à la récession.

Plutôt que d’alimenter les brasiers financiers qui laissent derrière eux des cendres, les profits des actionnaires trouveraient là un débouché utile à notre vie en commun.
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