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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Gêné, le Front National, par la révélation vendredi, dans un article signé par Christophe Forcari, journaliste au service politique de Libération, du passé de Robert Ottaviani, ex-chanteur d’Ultime Assaut, un groupe de rock identitaire français (RIF) de la mouvance skinhead qui préside aujourd’hui l’association Energie Bleu Marine créée pour soutenir la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle de 2012.

D’après le journaliste de Libération, Robert Ottaviani aurait commis dans les années 90 des chansons à la gloire de la LVF, la Légion des volontaires français contre le bolchevisme, dont les membres se sont engagés sous l’uniforme allemand durant la Seconde Guerre Mondiale avant d’être versés dans la division SS Charlemagne.

Robert Ottaviani dément et Christophe Szczurek, pour le Front National d’Hénin-Beaumont, s’est fendu d’un article hier pour attaquer Christophe Forcari sur son passé à la LCR - au passage, le militant frontiste confond le courant frankiste et le courant lambertiste, successivement incarné par l'OCI, le MPPT et le PT devenu POI - et l’affaire Rouillan. Le rapport avec l’article de Libé ? Aucun ! Mais c’est un grand classique du FN. Plutôt que de s’expliquer, les militants d’extrême droite préfèrent crier au complot, mettre en cause leurs interlocuteurs et jouer au petit jeu bien connu dans les cours de récréation du « C’est celui qui le dit qui y est ».

Ce faisant, Christophe Szczurek évite de répondre aux questions que soulève l’article de Christophe Forcari.

Le parcours prêté à M. Ottaviani est-il oui ou non emblématique des valeurs prônées par le Front National ? En d’autres termes, l’idéologie du Front National est-elle oui ou non imprégnée de fascisme ?

A l’évidence, la réponse est oui.

De fait, en politique, il ne suffit pas de tenir compte de ce que les membres d’un mouvement disent d’eux-mêmes ; les partis politiques s’inscrivent dans une histoire, ils naissent, meurent et laissent des héritages. Des pages très intéressantes ont été écrites sur les liens entre le PSF du colonel de La Rocque qui naît en 1936 et le RPF fondé par De Gaulle en 1947. De la même manière, le Front National n’est pas né sur une table rase, contrairement à ce que Steeve Briois et ses amis voudraient nous faire croire.

Je ne connais pas Christophe Szczurek, mais j’imagine que comme la plupart des militants du Front National, il ne se définirait pas comme « fasciste » ou « raciste ». On ne tranchera pas ici quelle est la part de sincérité et quelle est la part d'autocensure, mais le fait est que lorsqu’on interroge des militants du Front National, ils se définissent eux-mêmes comme « patriotes », ils se classent à droite. Il faut prendre acte de cette auto-définition et la passer au crible de la critique historique.

Parti de petits commerçants et artisans radicalisés par l'arrivée du PS au pouvoir, le Front National a connu ses premiers grands succès, au début des années 1980, à une époque où une partie de l’électorat de droite ne s’est plus reconnu dans un mouvement gaulliste qui avait largement perdu son assise populaire. Le programme du Front National met encore aujourd’hui l’accent sur le poids de la fiscalité. En matière de retraites ou de services publics, le FN a un programme parfaitement ultra-libéral. On reconnaît là les principaux éléments du poujadisme.

Pour autant, le Front National s’inscrit dans une histoire qui le classe incontestablement à l’extrême droite. Héritier du boulangisme, avec son culte de l’homme fort, héritier des ligues qui se constituent au moment de l’Affaire Dreyfus, le Front National emprunte une partie de ses thèmes, de ses références culturelles, historiques et politiques à l'Action Française, aux ligues des années 30, au régime de Vichy, aux partis collaborationnistes. L’admiration d’un certain nombre de militants d’extrême droite pour le régime de Vichy, pour la LVF ou la Waffen SS est un secret de polichinelle…

Aucune surprise, donc, lorsqu’on apprend dans Libé qu’un proche de Marine Le Pen admirait, dans sa jeunesse, la LVF.

Aucune surprise, mais plutôt la confirmation de ce qu’est réellement le FN. Si certains préfèrent soigneusement cacher cette vérité qui les dérange, le Parti Communiste continuera de jeter la lumière sur ce qu'est la vraie nature du Front National.
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