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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Nous étions une vingtaine réunis ce matin pour rendre hommage, comme nous le faisons chaque année, à notre camarade Joseph Fontaine.

Après le dépôt d'une gerbe de fleurs, je suis intervenu pour rappeler le sens que nous donnions à la commémoration de l'assassinat de Joseph Fontaine.

L’assassinat de Joseph Fontaine s’inscrit dans la foulée du 6 février 1934, cette journée qui aurait pu faire basculer l’histoire, quand les ligues d’extrême droite réunies à Paris ont tenté un coup de force contre l’Assemblée Nationale.

Le 6 février 1934 a marqué l’histoire : de la Ligue des Droits de l’Homme à la CGT, du Parti Communiste à la SFIO, toute la gauche politique, syndicale et associative a pris conscience qu’elle devait s’unir pour combattre l’extrême droite. Deux ans plus tard, le Front Populaire était élu !

    C’est dans ce contexte que notre camarade Joseph Fontaine est mort : le 11 avril 1934, alors que le Parti Communiste manifestait contre la tenue d’une réunion des Camelots du Roi, les troupes de choc de l’Action Française, Joseph Fontaine se faisait assassiner par un des militants d’extrême droite. Joseph Fontaine aura donc été la première victime héninoise du fascisme.

    Plus de 70 ans plus tard, le combat antifasciste reste d’actualité. L’extrême droite nationaliste et autoritaire est toujours aussi menaçante et rêve de conquérir Hénin-Beaumont.
Ses thèmes de campagne n’ont pas changé : l’hostilité au parlementarisme, hier incarné par le parti radical, aujourd’hui par l’« UMPS » ; à 70 ans de distance, le populisme et le poujadisme de l’extrême droite sont les mêmes. Leur antifiscalisme, leur détestation des fonctionnaires n’ont pas varié. Leur xénophobie latente se cache désormais derrière une islamophobie que le 11 septembre a rendu acceptable y-compris dans les rangs d’une partie de la droite modérée.
Comme les ligues des années 30, le FN est le pire ennemi du mouvement ouvrier. Son programme est parfaitement ultralibéral. Aujourd’hui, alors que la jeunesse lutte contre le CPE, les dirigeants du FN multiplient les déclarations martiales à l’encontre des syndicats et annoncent leur intention, s’ils arrivaient au pouvoir d’interdire les grèves de solidarité. Leur soutien aux mesures de précarisation des salariés est sans faille, ils voudraient même aller plus loin que Villepin, plus loin que Sarkozy !
Oui, décidément, l’extrême droite n’a pas changé. Elle est juste devenue plus présentable, elle a cessé de faire peur… 

    Contre les héritiers des ligues, nous devons plus que jamais retrouver l’esprit du 1er mai 1934 et de juin 1936 qui a vu le peuple se lever contre le fascisme et conquérir de nouveaux droits. 
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E
je vous félicite d'honorer les combattants  pour le mieux-être des travailleurs.<br /> continuez ! votre combat finira bien par payer..déjà le CPE.... <br /> salut et fraternité<br /> EL DIABLO
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P
les questions de Laurent et son analyse sont tout à fait , et historiquement  et pour aujourd'hui réalistes et concretes , ta réponse l'est de la meme maniere , en étant terre à terre et sans faire en ce qui me concerne de la politologie que je ne sais moins bien ,et de loin, faire que vous , je comprends qu'un parti qui ne presente pas de candidats perd inévitablement sa crédibilité et ses subventions , et je comprend , mais dire que JOSPIN avait un bilan négatif de meme que son programme ? peut etre ,    mais on a preféré , en ce qui concerne une partie de la gauche , le programme et bilan de Chirac et aujourd'hui   voilà  , désolé , les seules avancées sociales , meme petits pas a petits pas sont venues de la gauche et tous les reculs que l'on voit aujourd'hui de qui?  Lutte ouvriere , et d'autres preferent , a mon humble avis notre chaos plutot que soutenir le candidat le mieux situé a gauche , meme si son programme n'est pas parfait .  Mes amities et pardon si le texte est un peu touffu
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L
Cher David, c'est intéressant ce retour au Front populaire, car cela fait écho à un autre message où j'exhortais au rassemblement de la gauche dès le 1er tour... dont tu n'es pas favorable.Mais pour mémoire :- Le front populaire est bien ce rassemblement fait après la crise du 4 février 1934, où les ligues d'extrême-droite s'en sont directement pris au parlement aux cris de "à bas les voleurs" (en référence au scandale de l'affaire Stavinski)...La réaction à gauche a été au rassemblement, qui a permis de faire gagner le front populaire !Or sans faire d'amalgame, il me semble que l'Histoire tend à se répéter aujourd'hui, avec la possibilité d'un 2e tour Sarkozy-Lepen, les deux défendant des thématiques parfois proches...Autre cas pour mémoire :- En Allemagne en 1933, les forces de gauche sont partis divisés (avec la fameuse image du "sociaux-traître" socialiste... ce qui est absurde !)... Et plusieurs historiens ont montré que cette division avaient facilité l'accession d'Hitler au pouvoir !Deux cas, deux résultats... Et cela ne suffit pas à te convaincre ??
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D
Le Front Populaire, avant de se concrétiser par des accords de désistement réciproques en faveur du candidat de gauche le mieux placé au second tour des législatives, il s'est réalisé dans la rue, entre militants CGT et CGTU, socialistes et communistes qui se sont mélangés le 1er mai et le 14 juillet 1935.Je suis bien entendu très favorable à une réunification syndicale (autour de la CGT et de la FSU par exemple) et je suis partisan de l'unité d'action la plus large avec les autres organisations dans les luttes. Sur le plan électoral, je ne suis pas à LO, que ça soit clair, je ne suis donc pas partisan d'une tactique "classe contre classe" et du maintien systématique de candidats PCF au second tour des législatives. Le principe du scrutin uninominal majoritaire à deux tours nous contraint à la "discipline républicaine" et au désistement en faveur du candidat de gauche le mieux placé à l'issue du premier tour. Jusqu'à présent, on a toujours joué le jeu. De deux choses l'une : soit nous considérons, comme le font les groupuscules trotskystes que le Parti Communiste est le parti de la classe ouvrière, que la notion de gauche est une notion bourgeoise et inopérante, que tous les autres partis sans exception à commencer par les sociaux-démocrates sont des partis bourgeois (ou "ouvrier-bourgeois") et qu'en conséquence, aucun accord de désistement réciproque n'est possible entre nous au second tour. Au cas où nous nous qualifierions pour le second tour avec un candidat social-démocrate arrivé devant nous et un candidat de droite, on maintient notre candidat... Ce n'est pas ma position, je ne raisonne pas comme ça. Pour moi, le terme de gauche est opérant. Il ne reste donc que la deuxième option, celle de s'inscrire dans la gauche, mais à condition de ne pas s'y perdre. Pour mémoire, je te rappelle que le PC est faborable à la proportionnelle, qui permettrait une plus juste représentation de l'électorat... Tu crains l'élimination de la gauche dès le premier tour et un second tour Sarkozy-Le Pen. Je ne vois pas les choses comme ça. Si Jospin a été distancé par Le Pen en 2002, c'est parce que son bilan était décevant et que son programme ne proposait pas la rupture décisive avec le libéralisme que beaucoup attendaient. Si le candidat désigné par le PS porte des propositions fortes, son électorat ne lui fera pas défaut cette fois-ci. Mais un candidat unique de la gauche façon Prodi, si c'est pour se présenter devant les électeurs avec un programme centriste, je ne vois pas l'intérêt. Le PC ne servira pas de caution de gauche à un gouvernement social-libéral. Ce serait pour le coup ouvrir un boulevard au FN.