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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Au numéro 235 de la 23ème rue, rien n'annonce que les deux derniers étages de l'immeuble new-yorkais hébergent le siège national du Parti communiste américain (CPUSA), petite organisation marxiste-léniniste qui vit une deuxième jeunesse depuis la crise financière.

Situé en face du Chelsea Hotel, symbole de la bohème éprise d'alcool et de drogue des années 60 et 70, l'immeuble appartient à une société immobilière dont le conseil d'administration est communiste. Il constitue le trésor de guerre des "camarades" américains.

"Nous avons de plus en plus d'appels de gens qui s'intéressent à nous avec cette gigantesque crise financière, parce que nous sommes à un tournant. Je vois un rôle pour le parti communiste dans la période qui s'ouvre", assure Libero Della Piana, 36 ans, un imposant métis à barbichette et queue de cheval qui préside le parti dans l'Etat de New York.

Fondé en 1919, le PC américain était considéré comme un groupe faisant de la propagande pour une "puissance étrangère" (l'Union soviétique) pendant la Guerre froide, et ses membres ont souvent perdu leur emploi pendant la période du maccarthysme dans les années 50.

Entre 3.000 et 3.500 adhérents

Le CPUSA, dirigé au plan national par Sam Webb, compte aujourd'hui entre 3.000 et 3.500 adhérents, mais Libero Della Piana et Erica Smiley, coordinatrice de la "Ligue des jeunes communistes", affirment que "le chaos actuel" va faire grossir les rangs des sympathisants.

Loin de vouloir faire cavalier seul, les communistes américains veulent "construire la plus large base possible, avec les mouvements de femmes, d'étudiants, les syndicats, pour défaire la droite", et "croient le moment venu". "Les préoccupations des jeunes sont : la guerre, l'emploi, et la couverture médicale, et nos réponses sont les bonnes", dit Erica Smiley.

"La crise nous a montré que le marché ne peut pas se réguler de lui même, et qu'en laissant faire on a déréglé cette machine, qui n'était que du crédit construit sur un fantôme", renchérit M. Della Piana, qui porte une tunique en batik sur son pantalon.

"Nous allons être moins sur la défensive, pour la première fois depuis les années 80, et nous aurons notre mot à dire dans la reconstruction de l'Amérique sur de nouvelles bases, et plus seulement au profit de la cupidité de quelques-uns", assure-t-il.

Soutien à Barack Obama

Dans les quelque 500 m2 de bureaux récemment rénovés, les oeuvres complètes de Lénine et Marx côtoient des ouvrages sur le racisme ou la cause des femmes. Mais beaucoup de militants sont absents. "Ils sont en campagne pour inciter les gens à voter", explique Bill Davis, un retraité inscrit depuis 37 ans.

Même s'il n'a pas officiellement apporté son appui au candidat démocrate à la Maison Blanche, le parti le soutient ouvertement et la plupart des militants portent des macarons à l'effigie de Barack Obama. L'hebdomadaire "Le monde du peuple" vilipende à longueur de colonnes le camp républicain. A l'entrée du local, une boîte représentant le visage de John McCain distribue des mouchoirs en papier à travers la bouche du candidat républicain.

"Nous allons retrouver les camarades d'Amérique Latine et du reste du monde à Sao Paulo (Brésil) fin novembre, et nous leur expliquerons la situation aux Etats-Unis après l'élection présidentielle, même si le Komintern (Internationale communiste) n'existe plus et que chaque parti a ses spécificités", souligne Libero Della Piana.

Source : nouvelobs.com
Article paru le 14 octobre 2008
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