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Interviews et reportages sur Méricourt

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Publié par David NOËL

C'est aujourd'hui que Ségolène Royal, que tous les instituts de sondage placent en tête des présidentiables socialistes, se rend à Courrières à l'invitation d'Albert Facon.

Disons-le tout de suite, la venue de Ségolène Royal dans la XIVe circonscription est un non-événement.
En 1995, s'il avait fallu écouter les instituts de sondage, Edouard Balladur aurait affronté Jacques Delors au second tour de l'élection présidentielle !

Ségolène Royal ne remet pas en cause les institutions monarchiques de la Ve République, elle ne remet pas en cause la dérive libérale du Parti Socialiste. Elle avoue au contraire son admiration pour Tony Blair, qui a poursuivi l'oeuvre de Margaret Thatcher...

Ségolène Royal incarne la starification et la "peopolisation" de la vie politique que nos amis d'Acrimed dénoncent avec beaucoup de justesse (http://www.acrimed.org/article2343.html).

Les militants du mouvement social ne se laisseront pas abuser par l'engouement médiatique et sondagier artificiellement créé autour de Ségolène Royal. C'est dans les luttes sociales, pas en couverture de Paris-Match et de VSD, que se construira l'alternative antilibérale que des millions de citoyens attendent.

Le Parti Communiste entend bien construire, avec vous, cette alternative et porter en 2007, vos colères comme vos espérances.
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L
Euh là, David, tu y vas un peu fort... Tu connais mon grand désaccord à la candidature d'un candidat PCF, mais là, tu ne te rends pas forcément compte de tes propos...1) Oui, les sondages sont critiquables... Mais ils sont aussi utiles pour connaître l'opinion, et il faut savoir les accepter : tu ne peux t'appuyer sur les sondages anti-CPE pour motiver son retrait et en même temps dire qu'ils ne valent rien sur la teneur d'un présidentiable. Même s'il est clair que ce n'est pas aux sondages de choisir, mais bien aux Français. Il reste qu'il faut tenir compte de la malléabilité de cette opinion, ce que Sarkozy a bien compris.2) Ségolène représente aussi actuellement les valeurs défendues par une bonne partie de la population, qu'on le veuille ou non : la recherche de sécurité (en terme social, économique mais aussi des personnes), la défense de valeurs comme la famille, l'imprégnation d'un libéralisme bien ancré et de la méritocratie... Certes, ce n'est pas la gauche de la gauche, ni la gauche défendue par les communistes ! Mais il faut savoir accepter que des personnes représentent des courants d'opinion (et cela est aussi valable pour le FN, dont la manif vous a desservi et a eu l'effet inverse recherché...)3) En tant que géographe ayant travaillé sur l'aménagement du territoire en GB, je peux t'affirmer qu'il existe une différence flagrante entre la politique tatchérienne et blairienne... Et les mettre dans le même paquet, c'est être caricatural ou de mauvaise fois.Voilà quelques réactions qui peuvent, je le pense, faire avancer les choses. Tu me connais bien David, je défend aussi une autre manière de faire de la politique au-delà des guéguerres intestines entre partis... Car les dissensions entre les gauches tuent la gauche... et encore plus je le pense le PCF !
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D
D'abord, moi je crois que ce qui tue la gauche, ce ne sont pas les dissensions, mais les reniements.Qu'il faille accepter les autres opinions, je n'ai aucun souci avec ça. J'ai un souci avec les fascistes qui veulent s'approprier symboliquement les espaces du mouvement ouvrier : c'est de la captation d'héritage. J'ai un souci avec les hommes de gauche qui justifient leur virage à droite au nom du réalisme ou de la modernité. J'ai des copains socialistes, on s'est battus ensemble pour le non au Traité Constitutionnel Européen, mais en effet, les gens qui en appellent à un aggiornamento idéologique du PS sur le modèle blairiste ou sur le modèle du SPD allemand, les gens qui appellent le PS à faire son congrès de Bad Godesberg ne sont pas mes camarades. Sur l'imprégnation du libéralisme et sur le FN, j'ai une autre analyse que la tienne. C'est le volontarisme intellectuel de la droite qui a permis de faire avancer les thèses libérales dans la société et la gauche devra elle aussi retrouver un volontarisme intellectuel si elle veut construire une alternative et ne pas se contenter d'arriver au pouvoir à la faveur de l'alternance (c'est tout le travail d'Attac, de la Fondation Copernic, d'Acrimed...). Serge Halimi, dans un de ses articles du Monde Diplomatique évoquait Reagan et son exemple du T-bone steak. Reagan a remporté les élections de 1980 en réussissant à dissocier les prolétaires et les exclus : en évoquant le cas d’un allocataire-type, présumé noir, de coupons alimentaires « qui devant vous à la caisse achète un T-bone steak pendant que vous attendez avec votre paquet de viande hachée », il savait ce qu’il faisait. Le FN a adopté exactement la même stratégie. Alors, on ne réussira pas à contrer les idées libérales de la droite et du FN en leur donnant raison et en adhérant à leurs valeurs. Pour reprendre l'exemple du T-bone steak, ce n'est pas en disant : "oui, vous avez raison, certains chômeurs abusent, il faut les remettre au travail en leur supprimant les allocations !", ce n'est pas en reprenant le discours de Raffarin et de Le Pen qu'on fera progresser les idées de gauche. On les fera progresser si on a pas peur de dire : "Il faut taxer les entreprises qui font des profits et qui licencient, il faut augmenter l'ISF, il faut mener une vraie politique de relance en augmentant les salaires." C'est le rôle de la gauche que de dire que le chômage a une histoire (je te renvoie à l'excellentissime documentaire de Gilles Balbastre), qu'il a été utilisé par les patrons bien contents de disposer d'une "armée de réserve" pour briser les solidarités ouvrières et les syndicats. A choisir entre le soutien à la candidature de Mme Royal ou la reconquête patiente d'une hégémonie intellectuelle - pour reprendre les termes de Gramsci - que les libéraux (Hayek, Friedman...) ont acquise dans la société avec l'aide de la droite et d'une partie de la gauche, mon choix est vite fait. Moi, je ne me bats pas pour des places.