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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Début 2006, les groupes - vous avez remarqué comme "groupe" fait tout de suite plus chic ? - Banque Populaire et Caisse d’Epargne s’engagent à mettre au monde Natixis. Les deux parents jettent dans la corbeille plus de trois millions de "sociétaires". Pour en arriver là, il a d’abord fallu que la Caisse des dépôts et consignations - instrument public français - se retire de la Caisse d’Epargne. Pour créer un joyau de l’épargne salariale, de banque-assurance et de la gestions d’actifs - comme ils disent, c’est-à-dire pour jouer avec les quelque 5 000 milliards quotidiens qui s’échangent sur les bourses mondiales et les achats ventes de devises - il fallait ne pas avoir l’Etat derrière soi, même si celui-ci s’était, ces dernières années, montré assez "souple" avec la CDC.

Natixis est donc née et a fait ce que ses fondateurs attendaient d’elle : elle a joué sur tous les marchés financiers du monde. Merveille, c’est l’époque où la bulle gonfle ; Natixis, comme tous ses congénères, en profite pour en faire autant. Ce bel instrument français s’est jeté, avec une rare clairvoyance et un savoir-faire tant vanté, sur le marché immobilier étasunien y compris, bien entendu, les fameux "subprime". Comme on l’imagine, tout cela s’est fait avec le plein accord de 3 000 000 de "sociétaires" qui, à ce titre, n’ont pas manqué d’être consultés... mais pour gagner du temps - vous savez comme les marchés sont volatils - la direction de Natixis a supposé qu’il ne pouvaient qu’être d’accord !


L’action Natixis est "cotée" à près de 20 € quelques mois après son lancement, deux ans et une crise financière plus tard elle "vaut" environ dix fois moins. Pour une institution experte des marchés financiers, et maître es actions et autres instruments, cela fait mauvais genre. Pour faire tourner cette belle machine, il a quand même fallu des salariés, tant il est vrai que même au paradis financier, il est encore besoin de cet instrument archaïque, le travail. Plus de 6 000 personnes ont été recrutées. Parmi elles ces fameux "traders" aux "bonus" mirobolants mais aussi tous ceux et celles sans qui les faramineux gains de "valeur" ne pouvaient pas être traités. Et puis, voilà que la "valeur" disparaît, montrant, grandeur nature, ce qu’est une bulle et l’inanité du système ! Que faire alors pour ces messieurs qui s’étaient précipités sur cette "activité pleine d’innovation" ? Ce que font tous les propriétaires du capital, licencier. Jouer sur la seule" variable" qu’ils connaissent, l’emploi.


Que voulez-vous, il faut bien "renforcer le plan de redressement de l’entreprise", alors ce sont 1 650 personnes - aujourd’hui - qui vont être priées d’aller "travailler plus", mais ailleurs ! 


Jacques Cossart

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C
La caisse d'épargne est bien représentée dans notre département; elle a même changé de nom pour faire disparaitre celui du Pas de Calais et le remplacer par "Nord France Europe"...avec à l'appui une campagne publicitaire dont j'aurais aimé connaître le coût. Qui est intervenu pour interroger notre 'ami financier' ? et pourtant des gens de gauche siègent à son conseil. Je ne me souviens pas les avoir entendu émettre quelques réserves au moment de la création de Natixis. A vrai dire, pourquoi oser émettre des réserves quand on connaît le lieu qui unit cette institution aux représentants du "peuple de gauche" ?
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