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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Cher(e) Camarade,

Avec qui mener le combat après le 34ème congrès du PCF ?

Avec tous ceux qui veulent que le PCF demeure une force politique nationale capable de rompre avec le modèle de société capitaliste, une force politique capable de diriger la France pour construire un autre modèle de société : le communisme du 21ème siècle. Il y a des attentes fortes dans de nombreux milieux sociaux, syndicaux et intellectuels.

Les forces existent pour régénérer le PCF. Des dizaines de milliers de communistes pourront ré-adhérer. Des dizaines de milliers d’hommes et de femmes des classes populaires ont plus que jamais leur place comme adhérents. La préparation du congrès a mis en lumière des potentialités immenses. Il nous faut tendre la main à tous les communistes, sans a priori, en prenant appui sur le fait majoritaire, en menant avec conviction le débat et le combat politique et idéologique, en prise avec les réalités de la vie.

Il est important de préciser un certain nombre de choses qui sont liées au congrès.

- Les refondateurs qui s’appellent maintenant « communistes unitaires » ont décidé d’avoir un pied dedans et un pied dehors. Organisés depuis octobre 1989, avec Charles Fiterman, ils mènent le combat depuis 20 ans pour réduire le PCF à une organisation politique de second plan. Ils se sont mis à découvert en annonçant leur vrai objectif : créer une autre force politique. Mais ils n’ont surtout pas pris le risque de se compter lors des votes des 29 et 30 octobre. L’initiative du 13 décembre, à la Défense met à jour leur méthode : créer des fractures pour handicaper au maximum le PCF. Il faut également se rappeler que les refondateurs ont toujours été partie prenante des choix stratégiques et associés aux postes à responsabilités depuis le congrès de Martigues, en 2000. Il y a une continuité, malgré les déclarations et les apparences, de leur engagement au 30ème, 31ème, 32ème, 33ème et peut-être même indirectement au 34ème congrès.

- Robert Hue dit que la mutation s’est heurtée « à une culture communiste enfermée, consciemment ou inconsciemment dans un modèle politique inadapté et conservateur ». Il annonce son départ du conseil national en confirmant qu’il met en cause la forme « parti » et en dénonçant le fétichisme du mot communisme. Il va jusqu’à nous sermonner en assurant que la gauche plurielle ce n’était pas si mal que cela ! Avec ce que dit Robert Hue, nous ne sommes pas loin du grand parti unique de la gauche dont rêve le Parti socialiste.

- Il faut regarder de près les propositions faites au conseil national par Marie-George Buffet et la direction sortante. Avec les élus de la liste conduite par Marie-Pierre Vieu, ceux qui sont favorables à la poursuite de la mutation et à la création d’une autre force politique sont toujours majoritaires à la direction nationale alors qu’ils sont minoritaires dans le parti.

- Nous étions en droit d’attendre de la part de Marie-George Buffet des explications, des mises au point, voire des prises de distance avec les refondateurs et ceux qui veulent poursuivre la mutation. Il n’en est rien. C’est le silence dans lequel on ressent une certaine gêne et la marque d’un mépris pour les représentants des deux textes alternatifs qui ont obtenu 40 %. La logique du tri sélectif  pour la désignation des délégués au congrès a servi la soupe aux refondateurs et aux huistes, gayssotisés. On l’a vu à la commission des candidatures et dans les votes des listes pour marginaliser ceux qui refusent les abandons, les reniements opérés depuis 15 années.

J’ai dit que nous étions au milieu du gué (endroit d’une rivière où l’on peut passer sans perdre pied).

A la fois, il y a le chemin parcouru depuis Martigues. N’oublions pas le rôle pionnier de la fédération du Pas-de-Calais pour mettre les pieds dans le plat, avec à sa tête, pour commencer, Rémy Auchedé et surtout, ensuite, Jean-Claude Danglot.

A la fois, il reste énormément à faire. Nous devons examiner de manière précise et détaillée, département par département, au vu des résultats d’octobre, comment engager à la base, dans les fédérations, une stratégie de reconquête, pour que le PCF revive et retrouve ses couleurs. Nous avons à réfléchir à des initiatives publiques interdépartementales.

A l’impossible nul n’est tenu. Le chemin à parcourir devient plus exposé mais peut-être plus productif. La question n’est pas de savoir si nous avions raison. La question clé, c’est le respect de la souveraineté des communistes. Nous devons tenir notre ligne de conduite, sans naïveté, avec lucidité devant toutes les chausses trappes qui seront sur notre route. Ce congrès a redonné l’espoir. Ne boudons pas notre plaisir. En même temps nous sommes mieux en mesure d’apprécier la situation, les rapports de forces et les enjeux liés à l’appareil et à l’équipe dirigeante. Notre potentiel est immense. Faisons-le fructifier avec soin dans le respect de la diversité territoriale et personnelle. Les communistes doivent être unis dans l’action mais pas dans l’abstraction, avec comme objectif central, l’engagement militant pour un parti communiste de combat.

Comment mener le combat ?

Ne nous laissons pas voler les votes des 29 et 30 octobre. Notre socle, notre ligne de mire, notre crédibilité, notre légitimité : c’est d’exiger en permanence le respect de la souveraineté des communistes.

Nous devons renforcer notre cohésion issue de l’épreuve du congrès. La vie nous donne raison. Poursuivons, en appréciant que le temps peut nous être compté, en étant mobilisés dans les mois qui viennent, pour la préparation du prochain congrès afin d’atteindre l’objectif que les communistes reconquièrent leur parti jusqu’à la direction nationale.

Nous devons battre dans la vie, dans les luttes, la ligne réformiste d’abandon et de reniement en travaillant d’arrache-pied les idées neuves d’un projet révolutionnaire pour la France du 21ème siècle. Dans notre démarche nous portons la modernité. A nous de surprendre toujours avec l’objectif d’unir les communistes dans l’action avec la passion du débat.

Ce chantier commence dès maintenant. Je vais faire au début de l’année des propositions dans ce sens. Il serait bien d’en parler, d’échanger pour les suites à donner.

Reçois, Cher(e) Camarade, mes fraternelles salutations.

André GERIN
Député Maire PCF de Vénissieux
Le 29 décembre 2008
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A
NB: parceque les PS et la gauche en général a voulu se "dépoussiérer" et se "moderniser"...Et on a vu ce que ça a donné! La "modernisation" c'est un mot vraiment fourre-tout qui signifie surtout abandon des valeurs communistes/socialistes. Y'a pas à tortiller du cul....Pourquoi ne pas déja travailler sur l'existant = le PCF, et renouer vraiment cette fois ci avec le monde du travail, pas juste de loin, mais mettre les mains dans le cambouis? Renouer avec les aspirations des artisans, petits commerçants, agriculteurs, ouvriers, et pas seulement, désolée, les profs/professions libérales/fonctionnaires! Je vis avec un artisan, communiste, et il se sent complètement délaissé par la gauche. La droite n'en parlons pas c'est une catastrophe. Alors quoi? Ces gens là ne seraient pas de gauche? Je crois qu'on se trompe de démarche. Au lieu de chercher à faire un parti qui ferait plaisir aux militants, genre "qu'on est sympas, qu'on est beaux, qu'on est bien tous ensemble" (ça c'était les collectifs) il faudrait plutôt un parti (pour moi, le parti communiste) qui déja recommence à réfléchir, établisse un vrai programme économique (sur des bases marxistes, mais pas non plus faire de marx une idole sacralisée) et pas pompé sur celui des altermondialistes ou de la guche molle s'il vous plait, et surtout, réinvestisse le terrain.voilà :) mon ptit coup de gueuleet salut à David au passage et à tous mes camarades du PDC
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A
ça signifie quoi "dépoussiéré" et ""modernisé"? Merci. :)
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B
Personnellement, je pense qu'il serait bon qu'ily ait à gauche du PS un parti dépoussiéré et modernisé.Il y va de l'avenir de la gauche entière.En revanche, tu as absolument raison de refuser l'idée d'un seul parti de gauche. Ce serait une erreur monumentale.
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