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Interviews et reportages sur Méricourt

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Publié par David NOËL

logo-ps.pngIl reviendra peut-être, dans quelques années, à un historien, à un spécialiste de l'histoire politique locale de se pencher sur l'implosion de la section héninoise du Parti Socialiste et de redonner du sens à une situation politique que beaucoup trouvent incompréhensible.

Depuis plus de 5 ans, les observateurs en sont réduits à commenter les rebondissements feuilletonesques de ce qui était autrefois la première force politique locale.

C'est à la fin de l'ère Darchicourt que se noue le premier acte : déconsidéré dans sa propre section par sa gestion jugée autocratique, Pierre Darchicourt est unanimement méprisé par les principaux dirigeants de la fédération socialiste du Pas-de-Calais.
Il ne parvient pas à enrayer le vent de dissidence qui se lève autour de Gérard Dalongeville, son ancien directeur de cabinet.
On connaît la suite : la liste des dissidents du PS menés par Gérard Dalongeville, alliés aux Verts pour la circonstance, remporte les élections municipales de 2001.

Gérard Dalongeville et ses proches ont besoin d'une étiquette politique : ce sera celle du Pôle Républicain sous les couleurs duquel Gérard Dalongeville se présente aux élections législatives de 2002. Mais le Pôle Républicain prend l'eau de tous côtés et Jean-Pierre Chevènement lui-même est battu aux législatives.

Gérard Dalongeville et ses proches n'intègrent pas le MRC. En attendant le grand pardon de la fédération socialiste du Pas-de-Calais, ils choisissent de rester indépendants.
Ils se regroupent d'abord dans une éphémère Association de Rassemblement pour la Ville d'Hénin-Beaumont avant de fonder "Le poing et la rose", une association dont le nom transparent se veut un brevet de fidélité à la cause socialiste.
Combien sont-ils, ces socialistes dissidents, qui soutiennent Gérard Dalongeville ? On ne le sait pas exactement. Tous ne sont sans doute pas des militants socialistes convaincus, loin s'en faut, mais après tout, il n'y a pas de mauvaise raison d'adhérer à un groupement politique ; tous les partis politiques fournissent à leurs adhérents une formation intellectuelle, dans tous les partis politiques, des liens d'affinité se créent, dans tous les partis politiques, le militantisme est rétribué, d'une manière ou d'une autre, de façon plus ou moins symbolique selon les positions de pouvoir occupées. La satisfaction du devoir accompli, l'amitié, l'accès à des fonctions à la tête du groupement politique en question sont des rétributions tout aussi importantes que les autres. Il serait donc injuste de soupçonner les dissidents socialistes groupés autour de Gérard Dalongeville d'attendre du maire une rétribution que tous les partis fournissent de toute façon à leurs membres, ou de leur dénier a priori la qualité de "socialiste" qu'ils revendiquent.

Il reste que les socialistes restés fidèles à Pierre Darchicourt, puis après sa désertion, à Daniel Duquenne, sont vraisemblablement minoritaires face aux socialistes dissidents regroupés autour de Gérard Dalongeville.

Dans cette affaire, on peine à distinguer la position officielle de la fédération socialiste du Pas-de-Calais. Certes, les dirigeants de la fédération sont attachés à la discipline partisane et ne peuvent accepter qu'un socialiste dissident se présente et élimine le candidat officiel du Parti Socialiste. De même, il est hors de question pour la fédération d'un parti politique démocratique de contester la légitimité d'un secrétaire de section largement réélu en 2003 dans le cadre du congrès de Dijon et en 2005 à l'occasion de celui du Mans. Daniel Duquenne bénéficie d'une légitimité qui n'est pas discutable.
Pour autant, la fédération socialiste du Pas-de-Calais l’a soutenu comme la corde soutient le pendu. Christine Coget et ses amis ont d'ailleurs quitté la section PS héninoise et fondé une association pour cette raison.

Incontestablement, un nouvel acte vient de se jouer cette semaine : on vient en effet d’apprendre que les dirigeants départementaux du Parti Socialiste ont accepté la création d’une section « radicale-socialiste » présidée par l’ex-PRG Olivier Vergnaud et manifestement conçue comme un « sas de décompression » pour accueillir les partisans de Gérard Dalongeville qui ne pouvaient pas adhérer à la section locale du PS.

Le désaveu est clair pour Daniel Duquenne. Il s’explique par deux raisons, qui n’ont rien à voir avec une quelconque prise de position de la fédération socialiste du Pas-de-Calais sur la gestion municipale de l’équipe emmenée par Gérard Dalongeville : Gérard Dalongeville a sans doute pour lui le nombre d'adhérents, c'est la première raison, qui est loin d'être anecdotique. Mais plus profondément et c'est la seconde raison, la fédération socialiste du Pas-de-Calais a parfaitement intégré les règles du scrutin uninominal majoritaire et de la personnalisation de la vie politique qu'il entraîne. Concrètement, les dirigeants socialistes du Pas-de-Calais rêvent de trouver "l'homme fort", le "patron" de la XIVe circonscription qui pourra succéder à Albert Facon. Gérard Dalongeville pourrait être cet homme fort tant attendu...

On ne peut que déplorer l'inélégance du procédé à la fois vis-à-vis du PRG et vis-à-vis de Daniel Duquenne et des adhérents de la section héninoise du PS, qui peuvent légitimement se sentir trahis. Certes, le souci de panser les plaies après une dissidence qui a vu l'implosion de la section socialiste d'Hénin-Beaumont n'est pas condamnable en soi. Ce sont les considérations politiciennes qui ont prévalu qui sont condamnables. Elles pourraient faire le jeu d'une extrême droite qui est plus que jamais à l'affût.
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E
Bon d'accord, je veux bien accepter votre explication. Je sais qu'il existe des militants PCF sincères et vraiment communistes, et je pense que vous êtes de ceux-là. Dommage que les dirigeants PCF soient encore une fois prêts à avaler, pour quelques miettes de pouvoir, les énormes couleuvres socialistes. Dans ces conditions ma voix le manquera.<br /> Salut et fraternité<br />    
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E
je me demande franchement si cette cuisine politicienne intéresse les citoyens...qu'un militant du PCF en fasse une telle "tartine" me suprend, enfin...je devrai dire....ne me suprend malheuresusement plus!<br /> Bien à vous
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D
<br /> <br /> Il y a quelque chose d'inconvenant de la part des hiérarques du PS à imaginer de tels coups tordus à l'heure où Sublistatic va licencier, à l'heure où Benalu quitte le site<br /> d'Hénin-Beaumont...<br /> <br /> Certes, c'est de la cuisine politicienne, je suis bien d'accord, mais il faut aussi parfois se donner un peu de recul, remettre les choses dans leur contexte et donner au lecteur des clés de<br /> compréhension de cette "cuisine politicienne".<br /> <br /> Pour moi, les choses sont claires : le besoin d'avoir un "homme fort" et donc de relégitimer M. Dalongeville témoigne de la manière dont le PS (mais il n'y a pas que lui, malheureusement) a<br /> intégré des règles du jeu politique et médiatique que les partis du mouvement social devraient combattre avec la dernière énergie.<br /> <br /> <br /> <br />
L
très bon article, David. j'ai enfin compris la situation héninoise, moi qui suis Arrageois. Merci encore !!
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